Une mobilisation nationale et internationale pour soutenir le militant des droits de l’homme algérien Abdelkader Kherba.

Publié: avril 27, 2012 par W dans L'actualité
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Arrêté le 18 avril alors qu’il assistait à une manifestation pacifique organisée par les travailleurs du secteur de la justice afin de revendiquer l’amélioration des conditions de travail en tant qu’observateur -une manifestation violemment réprimée par la police-, Abdelkader Kherba, ce jeune militant et membre du Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs (CNDDC) et la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) risque trois ans de prison ferme pour « incitation à attroupement, trouble de l’ordre public et usurpation d’identité » requis par le procureur lors de l’ouverture de son procès au tribunal d’Alger.

Abdelkader Kherba

Abdelkader Kherba

Actuellement en détention à la prison de Serkaji au centre d’Alger, l’arrestation « arbitraire » d’Abdelkader Kherba, – l’activiste des droits de l’homme qui a commencé une grève de la faim en signe de protestation contre sa détention arbitraire -  suscite une large condamnation locale et internationale, hier et en marge du procès, une quarantaine d’activiste ont tenté d’organiser un sit-in devant le tribunal d’Alger pour défendre la cause de Abdelkader Kherba, un sit-in brutalement dispersé par les forces de police, selon les témoignages du syndicaliste et membre du  CNDDC Yacine Zaid, recueillis par le site d’information algérien « DNA-ALGERIE », « un grand nombre de policiers en civil a tenté de nous empêcher de nous rassembler……… Avant même l’ouverture du procès, une dizaine de personnes ont été arrêtées devant le jardin du Square Saïd, non loin du tribunal. Une dizaine d’autre été dispersée par des policiers », selon les mêmes témoignages, un journaliste d’une agence de presse étrangère a été arrêté avant d’être relâché après vérification d’identité.

Une fois auditionnés, les militants arrêtés ont été conduit vers un hôpital de la capitale pour un contrôle de santé, puis relâchés.

Considérée comme une arrestation arbitraire et qui a pour but de museler toute personne qui proclame et qui demande ses droits élémentaires, plusieurs organisations comme le Rassemblement action jeunesse (RAJ) et la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) ont dénoncé l’arrestation et la peine requise à l’encontre d’Abdelkader Kherba, ces ONG nationales ont condamné aussi la répression dont ont été victimes des citoyens, chômeurs et représentants de la société civile venus soutenir Abdelkader Kherba.

D’autres ONG internationales ont condamné cette nouvelle entrave des droits des citoyens algériens comme l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, l’Observatoire a interpellé le président de la république, le ministre de l’Intérieur et d’autres responsables algériens à intervenir de toute urgence pour mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire » à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme en Algérie.

Actions requises par l’Observatoire pour soutenir Abdelkader Kherba :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités algériennes en leur demandant de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de l’ensemble de MM. Abelkader Kherba, Hakim Addad, Tahar Belabès, Mourad Tchiko, Abdou Bendjoudi et Yacine Zaïd, ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme algériens ;

ii. Libérer de manière immédiate et inconditionnelle MM. Abelkader Kherba, Hakim Addad, Tahar Belabès, Mourad Tchiko, Abdou Bendjoudi et Yacine Zaïd, ainsi que tous les défenseurs détenus arbitrairement, en ce que le harcèlement judiciaire dont ils font l’objet ne semble viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;

ii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de MM. Abelkader Kherba, Hakim Addad, Tahar Belabès, Mourad Tchiko, Abdou Bendjoudi et Yacine Zaïd ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme algériens, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à :
son article 1 qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international »,

et son article 12.2, qui dispose que « l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration » ;

iv. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par l’Algérie.

Adresses :

M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, Présidence, El-Mouradia, Alger, Algérie, Tél : 00 213 21 69 15 15 ; Fax : +213 21 69 15 95. E-mail : President@el-mouradia.dz
M. Farouk Ksentini, Président de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, Avenue Franklin Roosevelt, Allée du Peuple, 16000 Alger, Tél : +00 213 (0) 21230311 / 230214
M. Abdelaziz Ziari, Président de l’Assemblée populaire nationale, 18 boulevard Zirouf Youcef, 16000 Alger, Tél : 00 213 021 73 86 00 / 10
M. Daho Ould Kablia, Ministre de l’Intérieur, Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, de l’Environnement et de la Réforme Administrative, Rue du Docteur Saâdane, Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 73 23 40 / 00 213 (0) 21 73 23 48 / 00 213 (0) 21 73 12 00 00 213 ; Fax : (00 213 0) 21 92 12 43
M. Tayeb Belaiz, Ministre de la Justice, Ministère de la Justice, 8 Place de Bir-Hakem. El-Biar, Alger, Algérie. Tél : 00 213 (0) 21 92 16 08 ; Fax : 00 213 (0) 21 74 76 64 / + 213 21 92 17 01 / 29 56
Procureur général de la Wilaya de Relizane, Fax : + 213 469 149 993
S.E. Idriss Jazaïry, Ambassadeur, Représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU à Genève, Route de Lausanne 308, CH-1293, Bellevue, Suisse, E-mail : mission.algerie@mission-algerie.ch, Fax : +4122 / 774.30.49
Ambassadeur de l’Algérie auprès du Royaume de Belgique, Avenue Molière 207, 1050 Bruxelles, Fax : 0032 343 51 68, E-mail : Iinfo@algerian-embassy.be

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques d’Algérie dans vos pays respectifs.

Ici pour lire le communiqué de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme.

L’arrestation d’Abdelkader Kherba a suscité l’indignation de l’organisation non gouvernementale Frontline Defenders, dans un communiqué rendu publique hier, l’ONG demande au gouvernement algérien d’assurer la libération immédiate et sans condition de Kherba Abdelkader et d’abandonner toutes les charges contre lui, Frontline Defenders invite le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir l’intégrité physique et psychologique de Kherba Abdelkader pendant sa grève de la faim et de veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains en Algérie, soient en mesure d’opérer sans restrictions ni représailles, y compris le harcèlement judiciaire.

Vous pouvez lire l’intégralité du communiqué de Frontline Defenders ici (en anglais).

Traduction en français :

Arrestation arbitraire d’Abdelkader Kherba : Condamnation de Frontline Defenders.

Liberté pour Abdelkader Kherba

Liberté pour Abdelkader Kherba

Le 26 avril 2012, le procès de défenseur des droits humains M. Abdelkader Kherba commencera à Sidi Mohamed. Il a été arrêté par la police judiciaire le 18 avril 2012 alors qu’il assistait à une manifestation devant l’édifice des tribunaux à Sidi Mohamed. Il a ensuite été accusé de «incitation directe à attroupement» et placé en détention provisoire. Kherba Abdelkader est un membre du Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs (CNDDC) et la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH).

Kherba Abdelkader a été arrêté alors qu’il assistait à une manifestation organisée par les travailleurs du secteur de la justice afin de revendiquer l’amélioration des conditions de travail. Kherba Abdelkader, qui a assisté à la manifestation en tant qu’observateur ainsi qu’afin d’exprimer sa solidarité, a eu son appareil photographique confisqué au moment de son arrestation. Le lendemain, 19 avril 2012, Kherba Abdelkader a été emmené devant le procureur de Sidi Mohamed qui l’a interrogé au sujet de sa présence à la manifestation. Le procureur a formalisé l’accusation de «incitation directe à attroupement» en vertu de l’Article 100 du Code Pénal et a ordonné qu’il soit placé en détention provisoire. Kherba Abdelkader est actuellement détenu à la prison de Serkaji, et il sera emmené devant le tribunal le 26 avril pour l’ouverture du procès. Suite à son arrestation, Kherba Abdelkader a commencé une grève de la faim en signe de protestation contre sa détention arbitraire.

Front Line Defenders exprime sa préoccupation face à l’arrestation et la détention de Kherba Abdelkader, et estime qu’elles soient directement liées à son travail légitime et pacifique pour la défense des droits humains, en particulier son engagement avec le Comité de Défense des Chômeurs et la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme. Compte tenu de la grève de la faim qu’il a commencé, Front Line Defenders est également préoccupé par l’intégrité physique et psychologique de Kherba Abdelkader pendant sa détention.

Front Line demande instamment aux autorités algériennes de:

  1. Assurer la libération immédiate et sans condition de Kherba Abdelkader et abandonner toutes les charges contre lui, car elles semblent être motivées uniquement par son travail légitime et pacifique en défense des droits humains;
  2. Prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir l’intégrité physique et psychologique de Kherba Abdelkader pendant sa grève de la faim;
  3. Veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains en Algérie, exerçant leurs activités légitimes de défense des droits humains, soient en mesure d’opérer sans restrictions ni représailles, y compris le harcèlement judiciaire.

Le verdict est attendu pour le 3 mai.

commentaires
  1. hum… D’accord sans être d’accord avec vous ! ;)

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