10PARIS183: Borloo contre un traité contraignant à Cancun

Publié: décembre 17, 2010 par argulamaton dans France, traduction de câbles
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NOTE:  Il s’agit d’une traduction sommaire.  N’hésitez pas à apporter des correctifs dans vos commentaires

pour améliorer cette traduction.

Les protagonistes:

  • Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie du 18/06/2007 au 13/11/2010 et président du parti radical, mouvance de l’aile gauche de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire).
  • Charles Rivkin: ambassadeur des Etats-Unis en France, nommé par le président des Etats-Unis, Barack Obama le 01/06/2009
N° de référence créé publié Classification Origine
10PARIS183 2010-02-17 11:11 2010-12-10 21:09 CONFIDENTIEL Ambassade de Paris

VZCZCXRO5558
RR RUEHAG RUEHDH RUEHHM RUEHPB RUEHROV RUEHSL RUEHSR RUEHTRO
DE RUEHFR #0183 0481130
ZNY CCCCC ZZH
R 171130Z FEB 10
FM AMEMBASSY PARIS
TO RUEHC/SECSTATE WASHDC 8324
INFO RHEHAAA/NATIONAL SECURITY COUNCIL WASHINGTON DC
RHEBAAA/DEPT OF ENERGY WASHINGTON DC
RUEHZN/ENVIRONMENT SCIENCE AND TECHNOLOGY COLLECTIVE
RUCNMEM/EU MEMBER STATES COLLECTIVE
C O N F I D E N T I AL PARIS 000183
SIPDIS
E.O. 19528: DECL: 12/03/2019
TAGS: SENV KGHG ENRG FR
SUJET: Changement climatique – BORLOO dit qu’il faut abandonner l’idée d’un traité contraignant
REF:09 Paris 1635
Classifié par Amb. Charles H. Rivkin pour les Raisons 1.5 (b)(d)
Résumé
1. (C) Le ministre Français de l’environnement Jean-Louis Borloo a raconté à l’ambassadeur que la clé
pour avancer dans les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique est
d’abandonner l’idée de contrainte juridique préférant un système qui repose sur des
engagements nationaux. Il a aussi soutenu que ce serait possible pour un groupe de huit ou dix chefs
d’Etat, et leurs sherpas, de négocier une application de l’accord de Copenhague. Borloo a attribué
l’obession européenne des traités juridiquement contraignants à son histoire
et son expérience de l’après-guerre en créant l’Union Européenne par un transfert progressif
de la souveraineté au moyen de traités. La clé pour atteindre ce type d’accord serait une action
crédible sur les droits à polluer, les forêts, et la finance en incluant des mécanismes innovateurs
de financement. L’accord de Copenhague n’était pas un échec, mais laisser les moyens devenir une
fin en soi était un piège.
Fin du résumé

2. (C) L’ambassadeur, M Rivkin, réclama au ministre d’Etat au développement durable, Jean Louis
Borloo, le 11 février d’examiner la Conférence de Copenhague et les prochaines étapes de l’accord.
Ils se sont vus pour la dernière fois la veille de la conférence (reftel). Borloo exprima de
différentes manières l’idée que la conférence de Copenhague fit fausse route à cause de son approche qui
était trop occidentale et européenne. Les puissances émergentes n’étaient pas prêtes à transférer
leur souveraineté à un traité, alors que les membres de l’UE voyaient cela comme quelque chose
d’essentiel et tout à fait normal. Borloo observa que la conférence de Copenhague a en fait posé
les termes d’un possible accord global sur la réduction des émissions par les Etats-Unis, la Chine
et l’Europe. Nous ne voudrons pas toucher à cet équilibre à la prochaine Conférence des Parties (COP)
à Cancun, a-t-il dit.

3. (C) Borloo a insisté sur le fait que les négociateurs de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques) n’ont pas la capacité d’aboutir à un accord après des années
de négociations continues. Cela devait être maintenant le tour des chefs d’Etat des principales
puissances. Il suggéra un groupe de huit ou dix pays: l’Allemagne et la France pour l’Europe,
les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Algérie et l’Ethiopie (et éventuellement
l’Afrique du Sud).
Quand les chefs d’Etat seront d’accord sur un plan d’application des accords de Copenhague,
le reste du monde acceptera ce projet qui pourra être finalisé devant un forum des Nations Unies.
(Borloo écarta tout rôle que pouvait jouer l’Espagne à la présidence de l’UE, expliquant que
l’Espagne avait dépassé de plus de 50% les objectifs du protocole de Kyoto et qu’elle était
embourbée par sa situation économique interne. Les Nations-Unies, elles aussi, étaient incapables
de faire avancer les négociations, déclara-t-il.)

(C) Borloo a soutenu que la clé pour mettre en oeuvre « l’équilibre » révélé à Copenhague était un
arrangement qui serait volontaire mais aussi automatique dans son application et qui inclurait les
droits à polluer (avec des marchés du carbone communs), une politique de reboisement (REDD Plus,
programme collaboratif de l’ONU de réduction des émissions liés à la déforestation et à la
dégradation des forêts dans les pays émergents) et le financement qui reposerait sur des mesures
novatrices et un mécanisme « fast start ». Il a commenté le fait que la Chine serait d’accord pour un
tel système de loin préférable à une taxe carbone au frontière ou à des mesures douanières
européennes ou américaines.

(C) Borloo pensait que l’adhésion à l’accord de Copenhague serait plus qu’adéquat à imposer son
approbation, et il espérait que la plus part de l’Afrique et trois quart des Etats insulaires
signent. Il a relayé que la France continue de préconiser l’adhésion [au traité] et il a dit
qu’il voyageait et rencontrait personnellement ses homologues de pays clefs, incluant la Chine et
l’Inde.

6. (C) COMMENTAIRE: Borloo a exprimé une vue stratégique des négociations qui a changé de manière
significative. Nous notons tout particulièrement qu’il estime qu’un instrument juridique
contraignant est non seulement inutile mais impossible à mettre en œuvre. Il a aussi souligné
qu’à la différence de quelques Européens, les Français comprenaient la position du gouvernement
américain et n’ont pas été critiques vis à vis des États-Unis à Copenhague. En réalité, dit-il,
le succès de l’accord de Copenhague pour le gouvernement américain résulte de l’engagement direct
du président Obama.
FIN DU COMMENTAIRE

7. (U) Borloo a aussi passé une lettre qu’il a écrite, au nom du peuple français, au secrétaire de
l’énergie, Steven Chu, exprimant ses condoléances pour les vies humaines perdues dans l’accident de
la centrale électrique à gaz de Middletown dans le Connecticut, et exprimant son souhait que les
gens blessés dans l’accident se remettront rapidement. L’ambassade a faxé la lettre au département
de l’énergie.

RIVKIN

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