Libye: Amnesty International appelle l’Otan à enquêter sur les victimes civiles de ses frappes aériennes.

Publié: mars 19, 2012 par W dans L'actualité
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L’organisation non gouvernementale Amnesty International a appelé aujourd’hui, le lundi 19 mars l’Otan à mener une enquête exhaustive sur les civils tués dans ses raids aériens en Libye, l’appel lancé dans une nouvelle synthèse de l’organisation intitulée « Libya: The forgotten victims of NATO Strikes / Libye : Les victimes oubliées des frappes aériennes de l’OTAN » et publiée un an après le déroulement des premières frappes sur le site de l’ONG de défense des droits de l’homme.

Amnesty International "Lybie : Les victimes oubliés des frappes aériennes de l’OTAN"

Amnesty International "Libye : Les victimes oubliés des frappes aériennes de l’OTAN"

Le rapport composé de 22 pages explique que de très nombreux civils libyens qui n’étaient pas impliqués dans les combats ont été tués et beaucoup d’autres blessés, pour la plupart chez eux, par les frappes aériennes de l’OTAN. Elle ajoute que l’OTAN n’a pas mené les investigations nécessaires, ni même tenté d’entrer en contact avec les survivants et les familles des victimes.

Les équipes d’Amnesty qui se sont rendues sur plusieurs sites durant le mois janvier et le mois de février où ont eu lieu des frappes aériennes de l’OTAN, ont recensé 55 victimes civiles identifiées, dont 16 enfants et 14 femmes tuées dans le cadre de frappes aériennes à Tripoli, Zlitan, Majer, Syrte et Brega dont certains de ces pertes sont dues à des frappes aériennes lancées contre des logements privés.

Ali Hamed Gafez près des ruines de sa maison à MajerAli Ali Hamed Gafez près des ruines de sa maison à Majer, le 8 Août 2011 © Amnesty International, 8 Août 2011 © Amnesty International

Ali Hamed Gafez près des ruines de sa maison à Majer, le 8 Août 2011 © Amnesty International, 8 Août 2011

Le rapport  a ajouté que dans la soirée du 8 août 2011, deux maisons appartenant aux familles Gafez et al Jaarud ont été touchées à Majer, à l’ouest de Misratah. Selon des membres de la famille qui ont survécu à cette attaque, 34 civils, dont huit enfants et huit femmes, ont été tués et plusieurs ont été blessés lors de trois frappes distinctes. D’après la famille, aucune personne n’était présente ni aucune activité engagée près de leur domicile qui pourrait expliquer ces attaques.

« Il est profondément décevant que plus de quatre mois après la fin de l’opération militaire, les victimes qui ont survécu et les familles des personnes tuées par les frappes aériennes de l’OTAN ne sachent toujours pas ce qui s’est passé ni qui était responsable », a estimé « Donatella Rovera », conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

Le rapport qui reconnu que l’OTAN a déployé des efforts appuyés afin de réduire le risque de pertes civiles, notamment en utilisant des munitions à guidage de précision et, parfois, en avertissant au préalable les habitants des zones visées. Toutefois, cela ne décharge pas l’OTAN d’enquêter sur les frappes qui ont blessé et tué de nombreux civils et d’octroyer des réparations aux victimes et à leurs familles.

L’ONG internationale estime que l’OTAN est obligé de veiller à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies soient menées dans les meilleurs délais sur toutes les allégations de graves violations du droit international imputables aux participants de l’opération « Unified Protector » et à ce que leurs conclusions soient rendues publiques. Lorsqu’il existe suffisamment de preuves recevables, les suspects doivent être poursuivis.

Le rapport complet d’Amnesty International intitulée « Libye : Les victimes oubliées des frappes aériennes de l’OTAN » (en anglais) est accessible ici.

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