Bahreïn : Selon Reporters sans frontières, le gouvernement continue à museler la presse.

Publié: avril 24, 2012 par W dans L'actualité, Qui sommes nous ?
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À l’occasion du Grand-Prix de Formule 1 de Bahreïn, qui se tient du 20 au 22 avril 2011, Reporters sans frontières dénonce les atteintes à la liberté de la presse récemment commises par les autorités bahreïnies.

“Alors que la monarchie cherche à faire croire que le Bahreïn est un pays ouvert, l’organisation a recensé de nombreuses atteintes à la liberté d’informer depuis le début de cette année. En décembre 2011, nous avions classé Manama parmi les dix endroits les plus dangereux pour les journalistes et, jusqu’ici, nous n’avons observé aucune amélioration significative des conditions de travail des médias. La propagande du gouvernement doit céder sa place à une presse réellement libre”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 10 avril, le ministère bahreïni des Affaires étrangères a déclaré, dans un communiqué de presse, que le royaume “réitère son respect des principes des droits de l’homme, de la justice et de la liberté dans le cadre de la loi et de l’ordre.” Le gouvernement ne semble pas y inclure la liberté de la presse, tant les atteintes contre celle-ci sont nombreuses.

Refus de visas

Plusieurs journalistes n’ont pas pu se rendre au Bahreïn pour couvrir le Grand Prix de Formule 1, point d’orgue de la propagande gouvernementale. Ainsi, le correspondant en chef de Sky News, Stuart Ramsay et le producteur de la chaîne Matog Saleh se sont vus refuser l’entrée au Bahreïn, sans qu’aucune raison ne leur soit donnée. Le reporter Simeon Kerr, du Financial Times, a également été refoulé à l’aéroport de Manama.

En outre, un photographe de l’Agence France Presse et deux journalistes d’Associated Press, tous les trois basés à Dubaï et accrédités par la Fédération internationale de l’automobile, n’ont pas reçu leur visa à temps.

Par ces refus de visas, les autorités bahreïnies essaient une nouvelle fois d’imposer un black-out de l’information. Dernièrement, à l’approche des manifestations du 14 février 2012, qui ont célébré dans les rues du royaume les débuts de la révolte populaire, les autorités ont refusé de délivrer des visas à plusieurs journalistes.

Aggressions et interpellations

En outre, les informations obtenues par Reporters sans frontières indiquent que les journalistes en marge des manifestations sont systématiquement pris à partie par les forces de sécurité.

Ainsi, le 16 avril, trois photojournalistes, Mazen Mahdi (Deutsche Presse-Agentur), Hassan Jamali (Associated Press) et Hamad Mohamed (Reuters), ainsi qu’un cameraman de Reuters, ont été brièvement détenus par les forces de sécurité, alors qu’ils couvraient une manifestation pour protester contre le meurtre d’Ahmed Ismail, journaliste-citoyen tué par balles lors d’une manifestation fin mars.

Le 9 avril, le journaliste Ahmed Al-Bosta, 57 ans, a été arrété par les forces de l’ordre, alors que la police dispersait des manifestants à Manama. Détenu environ une demi-heure, il a été passé à tabac et insulté par des membres des forces de l’ordre avant d’être relaché.

Comme le montrent les images du photographe, le 7 avril, en marge d’une manifestation pour la libération d’Abdulhadi Al-Khawaja, un militant bahreïni de premier plan condamné à la prison à vie, un officier de la police a discrètement placé une grenade de gaz lacrymogène près de Mazen Mahdi. Celui-ci assure qu’aucun manifestant ne se trouvait à proximité au moment des faits.

Le 6 avril, Mazen Mahdi a été interpellé en marge d’une manifestation à Nuwaidrat. Pour l’empêcher de couvrir l’événement, la police a prétexté que sa carte de presse pouvait être fausse, tout en réfusant de vérifier sa validité. À Sanabis, Hamad Mohamed a été blessé à la jambe par un tir de gaz lacrymogène. Il a passé deux heures à l’Hôpital militaire, un hôpital public, sans recevoir de soins, avant de se résoudre à se rendre dans un établissement privé.

Plus tard dans la même journée, les photographes Mazen Mahdi, Hamad Mohamed et Hassan Jamali ont été détenus par les forces de l’ordre, à Sanabis, soit disant “pour leur propre sécurité”. La police a refusé de vérifier leurs cartes de presse délivrées par le ministère de l’Intérieur. Au bout de 45 minutes, elle a finalement laissé partir les trois journalistes.

Reporters sans frontières rappelle le journaliste-citoyen Ahmed Ismail a été tué par balle le 31 mars 2012. Par ailleurs, entre les mois de janvier et mars 2012, l’organisation a recensé 15 agressions de journalistes, neuf cas de blocage d’accés à l’information, six instances de menaces à l’encontre de journalistes et un cas de confiscation de matériel.

Procès

Le 19 avril 2012, après plusieurs reports d’audiences, la justice a condamné, pour diffamation et agression physique, la journaliste Reem Khalifa à verser une amende de 100 dinars bahreïnis (près de 200 euros) et une compensation de 500 dinars bahreïnis (environ 1000 euros) aux trois victimes présumées. Seule réelle victime dans cette affaire, la journaliste s’est vue endosser le rôle d’agresseur. La journaliste avait engagée une action en justice contre les partisans du gouvernement qui l’avaient violemment battue et insultée en février 2011. La journaliste a décidé de faire appel contre ce jugement, l’audience devrait se tenir en septembre. Dans une interview qu’elle a faite le 15 avril 2012, la journaliste était revenu sur la situation de la liberté de la presse au Bahreïn.

Le 18 avril 2012, la haute cour pénale bahreïnie devait statuer sur le sort de la journaliste Naziha Saeed, correspondante de France 24 et de Radio Monte Carlo Daouliya, dans l’affaire qui l’oppose à une policière accusée de l’avoir torturée au cours de son interrogatoire, le 22 mai 2011. Le procès a été ajourné sous prétexte que les procédures légales de l’enquête ne seraient pas terminées. Étant donné que c’est la deuxième fois que le procès est reporté, il semblerait que les autorités cherchent à gagner du temps en retardant les conclusions de l’enquête.

Agissez !

Le 13 avril 2012, Reporters sans frontières a lancé une pétition pour dénoncer la propagande de la monarchie bahreïnie et les violences commises contres les professionnels des médias et les journalistes-citoyens.

Le gouvernement continue à museler la presse – Version arabe

Source : Reporters sans frontières.

commentaires
  1. P3Lo dit :

    C’est effarant ! Le conflit prends de l’ampleur depuis un an et personne n’en parle, internet a une trés faible pénétration dans ce pays , c’est pas facile je penses pour les anonymes de faire passer les messages.. A ce sujet voici quelques photos qui datent du début du mois :

    http://desmond.imageshack.us/Himg841/scaled.php?server=841&filename=bahrainapril201215.jpg&res=landing

    http://desmond.imageshack.us/Himg831/scaled.php?server=831&filename=bahrainapril20124.jpg&res=landing

    http://desmond.imageshack.us/Himg10/scaled.php?server=10&filename=silencea.jpg&res=landing

    • W dit :

      Merci pour les photos, en plus de la répression violente, les médias lourds de la région comme Aljazeera et Alarabiya ne couvrent pas les évènements qui secouent le pays depuis plus d’une année, sans oublier le silence des usa et des autres pays occidentaux.
      Comme le montre une de tes photos: Silence is a war crime!!.

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