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Le câble diplomatique 09ALGIERS1162, qui date de décembre 2009, révèle  que le gouvernement algérien a donné le feu vert aux avions de reconnaissance américains de type EP-3, à survoler la région du sud-ouest de l’Algérie (près de la wilaya de Tindouf) ainsi que la bande frontalière avec la Mauritanie et le Mali.

Le câble original en anglais est accessible ici

Numéro d’identification

Créé le Publié le Classification Origine
09ALGIERS1162 2009-12-30 16:04 2010-12-06 21:09 SECRET//NOFORN

Embassy Algiers

  1. VZCZCXYZ0000
  2. OO RUEHWEB
  3. DE RUEHAS #1162 3641633
  4. ZNY SSSSS ZZH
  5. O 301633Z DEC 09
  6. FM AMEMBASSY ALGIERS
  7. TO RUEHC/SECSTATE WASHDC IMMEDIATE 8283
  8. INFO RUEHBP/AMEMBASSY BAMAKO PRIORITY 1060
  9. RUEHNK/AMEMBASSY NOUAKCHOTT PRIORITY 6822
  10. RUEHRB/AMEMBASSY RABAT PRIORITY 2813
  11. RHMFISS/HQ USAFRICOM STUTTGART GE PRIORITY
  12. RUEKJCS/SECDEF WASHDC PRIORITY

CLASSE PAR : Le chef de mission adjoint (DCM) William Jordan; raisons 1.4 (b) et (d). (La lettre S en début des chapitres annonce des commentaires Secrets. Les lettres NF (NoForn) en début des chapitres annoncent qu’aucune personne non américaine n’est autorisée à lire le câble diplomatique, excepté quelques Britanniques et Australiens.).

avions de reconnaissance EP-3

avion de reconnaissance EP-3

Résumé.

¶ 1. (S / NF)   Le chef du bureau du conseil de sécurité (OSC) à livré le 29 Décembre au bureau des relations extérieures et la coopération du Ministère de la Défense algérien (DREC) une demande de permission de survol des avions de reconnaissance EP-3. Il n’y avait pas de réponse immédiate, mais le DREC a convoqué le chef d’OSC pour une réunion de suivi le 30 Décembre pour l’affirmer (1) qu’aucune décision n’a été possible avant la semaine prochaine et (2) que les demandes de survol exigent généralement un préavis de deux semaines avant qu’ils puissent être approuvés.

La mission des avions de reconnaissance EP-3.

¶ 2. (S / NF)   le 30 Décembre, le chef de mission adjoint (DCM) a eu un double suivi sur la demande de permission de survol des avions EP-3 avec Sabri Boukadoum, directeur général Amérique au ministère des Affaires étrangères algérien, le chef de mission adjoint (DCM) a souligné que la demande avait pour but (1) de surveiller des zones de la Mauritanie et le Mali où AQMI « Al Quaida du Maghreb Islamique » mènent ses opérations. (2), sans savoir ce que donnerait l’enquête, l’USG ne pouvait prendre aucun engagement à l’avance sur les données qu’il peut partager avec le gouvernement algérien (GOA), et (3) que cette demande doit être considérée comme un suivi de la récente visite du commandant de l’AFRICOM le général Ward et une démonstration sur la coopération de sécurité renforcée que nous voulons face à la menace d’AQMI dans la région du Sahel (trans-sahara). Il vous a expliqué que nous avions fait la même demande à d’autres gouvernements dans la région et nous sommes dans l’attente de leurs réponses.

Trajectoire de vol des EP-3.

¶ 3. (S / NF)   Boukadoum a demandé des informations sur la trajectoire de vol prévue des avions de reconnaissance EP-3 dans l’espace aérien algérien (DCM a confirmé que le départ de ces avions s’effectuent de la base aéronavale américaine de Rota, située dans le sud de l’Espagne pour survoler la région du sud-ouest algérien « près de Tindouf »), sur la question si l’avion chercherait à survoler la Mauritanie et le Mali dans la même mission (DCM a répondu que les missions seraient divisés entre ceux principalement survolant le Mali ou la Mauritanie, mais pas les deux), et si la collecte se produirait à l’intérieur de l’espace aérien algérien (DCM a réaffirmé que la collecte sur l’AQMI ne s’effectue pas en Algérie à moins que le gouvernement algérien (GOA) l’a demandé.

Réponse du gouvernement Algérien.

¶ 4. (S / NF)   Comme avec le bureau des relations extérieures et la coopération du Ministère de la Défense algérien (DREC), Boukadoum a indiqué que nous ne devrions pas attendre une réponse définitive avant la semaine prochaine, toutefois, il nous a confirmé de transmettre notre demande jusqu’à sa hiérarchie immédiatement. Boukadoum s’attend à ce que les plus hauts niveaux du gouvernement algérien (GOA) examineraient la demande.

Commentaire.

¶ 5. (S / NF)    Bien que les bureaux soient fermés pour la fête du nouvel an à partir du 30 Décembre, nos interlocuteurs savent comment atteindre les principales Point de Contact (POC) de l’Ambassade si cela s’avère nécessaire avant de rouvrir le dimanche, 3 janvier. Dans l’attente d’une réponse et compte tenu de la longue durée de deux semaines exigées par la DREC pour répondre à toute demande de survol, les planificateurs de cette mission devrait être prêt à fournir au moins un calendrier théorique pour les vols des avions de reconnaissance EP-3 en questions. Nous avons insisté sur le nombre des sorties  et le calendrier envisagé pour ces opérations, mais il ne faut pas s’attendre à recevoir une autorisation générale pour tous les survols. Avoir le maximum d’informations possible sur ces vols pour les partager avec le gouvernement algérien (GOA) devrait minimiser le besoin potentiel d’avoir une permission pour chaque vol avec 14 jours d’avance.

PEARCE.

Contexte:

L’année 2005 a été cruciale pour le Moyen-Orient:

  • Le 14 février 2005, l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri hostile à la tutelle syrienne est assassiné à Beyrouth. Très vite, le Hezbollah et la Syrie sont soupçonnés d’être derrière l’attentat. Les manifestations pour réclamer le départ des forces armées syriennes et la vérité sur l’attentat deviennent quotidienne, le 14 mars 2005, un millions de Libanais sont dans la rue à Beyrouth. La révolution du cèdre aboutit au départ des soldats syriens fin avril 2005. Le régime de Bachar el Assad sort considérablement affaibli et marginalisé de cette épreuve. Le président syrien fera son retour en grace en 2008 quand il assista au défilé du 14 juillet à côté du président français, Nicolas Sarkozy.
  • Le 8 août 2005, quelques jours après l’élection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, l’Iran reprend la conversion de l’uranium, faisant voler en éclats l’accord passé avec trois pays de l’Union Européenne (Allemagne, France et Royaume-Uni). L’affaire sera portée par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) devant le conseil de sécurité de l’ONU le 11 août qui décide d’un renvoi pour le mois de mars de l’année suivante.
    • En novembre 2004, l’Iran, menacée d’être trainée devant le conseil de sécurité pour violation du traité de non prolifération (TNP) nucléaire, avait accepté de suspendre son programme d’enrichissement et l’assemblage des centrifugeuses en échange de la coopération de trois pays de l’UE (Allemagne, France et Royaume-Uni) d’où le nom anglais de « EU-3 ageement ». Pour savoir plus sur le rôle de l’UE dans le dossier nucléaire iranien, cliquez ici pour lire le rapport du 9 décembre 2009 de l’Institut de Recherche International et Stratégique (IRIS) et de la maison de l’Europe à Paris.
    • Cet accord a été violemment critiqué par les conservateurs iraniens proche du guide suprême Ali Khamenei. L’ancien président Rafsanjani (de 1989 à 1997) est donné favori à l’élection présidentielle. Il est réputé modéré comme le président de l’époque Khatami, partisan de la poursuite du programme nucléaire mais ouvert au dialogue avec la communauté internationale. Rafsanjani, en tête au premier tour avec 21% des voix, perd au second tour en récoltant seulement 35% des voix face au maire de Téhéran et outsider, Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier est réputé ultra-conservateur et proche du guide suprême Ali Khamenei. Dès sa prestation de serment, le nouveau président annonce la reprise du programme nucléaire iranien. Des articles d’époque:

Le câble relate une entrevue du 17 juin 2005 avec le chef du Mossad (les services secrets israéliens) , Meir Dagan. Le câble a été rédigé le 29 juin. Il est important de faire attention aux dates pour éviter les anachronismes et de ne pas s’emmêler les pinceaux.

logo mossad

"Mossad" signifie "institut", le nom complet est "Institut pour les renseignements et les affaires spéciales". L'institut fondé en 1949 sous Ben Gourion est une des trois agences israéliennes de renseignement avec le Shabak (sécurité intérieure) et le Aman (sécurité militaire

Les protagonistes:

  • Meir Dagan, chef du Mossad de 2002 à 2011. Ancien officier qui a fait la guerre des six jours, celle du kippour et la première guerre du Liban, il a été nommé en 2002 par  le premier ministre Ariel Sharon. Cette année, le chef d’Etat israélien, Netanyahu a refusé de prolonger d’un an son mandat à la tête du Mossad après le scandale de l’assassinat d’un dirigeant du Hamas à Dubaï. Il est actuellement dirigeant de la compagnie des ports israéliens. Dans ce câble diplomatique, Dagan expose ses vues sur la Syrie et l’Iran aux autres protagonistes:
    • Sur la Syrie, bien que Bachar el Assad soit très affaibli, il ne s’attend pas à ce qu’il parte. Selon lui, tous les pays voisins ont intérêt à ce qu’un Bachar el Assad très faible soit au pouvoir pour maintenir le pouvoir dans la région. Ce serait pire selon Dagan si quelqu’un de plus radical remplaçait Bachar el-Assad à la tête de la Syrie. Il ne croit pas que l’agitation organisée par le très remuant Rifaat el Assad, le plus jeune frère d’Hafez el Assad et qui est donc l’oncle de Bachar, va déstabiliser le régime syrien. Il ne s’attend pas non plus à des réformes majeures de la part de Bachar el Assad bien qu’il se pavane sous des apparences plus progressistes que son père.
    • Concernant l’Iran, le chef du Mossad s’est lourdement trompé. Il ne s’attendait pas de changement en Iran pensant que Rafsanjani allait être élu facilement. Il pensait que l’Iran allait toujours maintenir le dialogue tout en essayant de s’engouffrer dans la première brèche venue pour poursuivre leur programme nucléaire. Dagan recommande d’accentuer les pressions sur l’Iran et de saisir le conseil de sécurité. On peut dire qu’il a eu tout faux. Ahmadinejad a écrasé Rafsajani et les sanctions contre l’Iran n’ont pas du tout dissuadé cette dernière de reprendre son programme nucléaire. Aujourd’hui, l’Iran affiche ouvertement avoir repris l’enrichissement de l’uranium.
  • David Welch, secrétaire adjoint aux affaires proches orientales (assistant secretary of state for near oriental affairs , NEA AS) de 2005 à 2008 aux côtés de Condoleeza Rice. Ancien ambassadeur des Etats-Unis en Egypte de 2001 à 2005, c’est lui aussi qui a signé l’accord de rétablissement des relations diplomatiques avec la Libye en 2008. Il a aussi pris parti pou le Maroc dans le conflit du Sahara Occidental. Actuellement, il dirige la division de Bechtel, le géant californien des travaux publics, pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
  • Elliot Abrams, adjoint au conseiller national à la sécurité de 2005 à janvier 2009 (voir article de wikipédia sur le conseil de sécurité nationale qui détermine la politique étrangère américaine). Il a aussi conseillé le président Reagan dans les années 80. A l’époque, il a été mêlé dans l’affaire Iran-Contra et a été condamné à une peine modique après avoir plaidé coupable. Il a finalement été gracié par George Bush père. C’est un néoconservateur pur et dur, membre du Project for a New American Century (PNAC) qui dès 1998 a publié une lettre ouverte au président Bill Clinton où il lui est demandé d’envahir l’Irak. Comme tout néoconservateur, il est pro-israélien et pense que les Etats-Unis suivent une destinée manifeste et se doivent donc d’être le gendarme du monde pour faire régner l’ordre et la démocratie.
N° de référence Rédigé le Publié le Classification Origine
05TELAVIV4107 2005-06-29 13:01 2011-04-08 05:05 CONFIDENTIEL Ambassade de Tel Aviv


Ce procès verbal est un extrait du câble original. Le texte entier du câble original n’est pas disponible.
« C O N F I D E N T I A L SECTION 01 OF 02 TEL AVIV 004107


SIPDIS


NEA FOR WELCH, CHENEY/DIBBLE, E.
NSC FOR ABRAMS/DANIN


E.O. 12958: DECL: 06/20/2010
TAGS: PREL PARM PGOV PTER MNUC IR SY IS GOI EXTERNAL
OBJET: LE CHEF DU MOSSAD DIT QUE LA SYRIE EST FAIBLE ET NE PRÉDIT AUCUN CHANGEMENT EN IRAN


Classifié par: L’ambassadeur Daniel C. Kurtzer pour les raisons 1.4(b) and (et (d).

1. (C) Résumé: Le chef du Mossad Meir Dagan a raconté au secrétaire adjoint aux affaires proches orientales [ NEA A/S] David Welch, l’adjoint du conseiller à la sécurité nationale [DNSA] Elliott Abrams et à l’ambassadeur le 17 juin, qu’en dépit de la faiblesse du président Bachar el Assad, il est peu probable que ce dernier soit remplacé prochainement. Les voisins de la Syrie préfèrent qu’Assad reste au pouvoir tout en étant faible, comme ça il est moins probable qu’il puisse se mêler des affaires de ses voisins. A propos de l’Iran, Dagan a prédit une victoire de l’ancien président Rafsandjani aux élections présidentielles [NDLR: L’élection a été gagné par l’ultra-conservateur Ahmadinejad qui a laminé Rafsandjani au second tour avec plus de 61% des voix] mais quoiqu’il en soit, cela changera peu de choses: l’Iran continuera à chercher d’échapper progressivement à l’accord de suspension [de son programme d’enrichissement d’uranium] avec les EU-3 [Royaume-Uni, France et Allemagne]. Dagan a dit que la résolution du conseil de sécurité de l’ONU réglementant l’accord avec les EU-3 fournirait un meilleur mécanisme pour prendre des mesures contre les violations récurrentes de bas-niveau. Fin du résumé

Syrie — Bachar est faible

Cliquez ici, si vous ne pouvez pas voir la vidéo.

Rifat el Assad

Rifat el Assad, le plus jeune frère de l'ancien président Hafez et oncle du président actuel, Bachar. Très controversé, il a fait bombarder la ville d'Hama lors de son soulèvement au début des années 80. C'est aussi le mouton noir de la famille el Assad. Vous pouvez lire une biographie sur le site de jeune Afrique et sur sa tentative de retour en Syrie vers 2005-2006

2. (C) Dans une rencontre lors de la visite du NEA A/S David Welch, de l’adjoint du conseiller à la sécurité nationale Elliot Abrams et de l’ambassadeur le 17 juin, Dagan a dit que le président Syrien est très faible. Bien qu’il a créé une ambiance que Dagan a qualifié de « changement politique spectaculaire », après le dernier congrès du parti Baas, il est devenu clair que « rien n’est en train de changer en Syrie ». Ceci dit, Dagan poursuivit, il y a des éléments libéraux [NDLR: pour les américains, libéral est plus synonyme de progressiste] désireux de prendre le risque de manifester contre le gouvernement. Les discussions sur le retour de Rifat Al-Assad [NDLR: le plus jeune frère de Hafez el Hassad et oncle de Bachar. Ancien numéro deux du régime, il a perpétré le bombardement de la ville d’Hama et il a été exilé après une tentative de coup d’Etat en 1998] et les graffitis en Syrie proclamant son retour, sont des signes de l’affaiblissement de Bachar el-Assad.  [NDLR: Rifat el-Assad avait fait circuler des rumeurs sur son retour après l’assassinat de Rafik Ariri qui a jeté la lumière des projecteurs sur les agissements de la Syrie. Son retour n’a pas eu lieu]. Le processus de renouvellement de la vieille garde continue en Syrie, a dit Dagan, mais il a réitéré son point de vue initial sur le fait que cela ne signifie pas de véritable changement. Les pays voisins ont vraiment peur que des radicaux remplacent Bachar en Syrie; il y a une préférence forte et partagée pour un un Bachad el-Assad faible — mais au pouvoir — . Si une alternative convenable devait se présenter, cette équation pourrait cependant changer.  Le plus important pour les élites syriennes  est de conserver le pouvoir aux mains des Alaouites. [NDLR: la famille el-Assad est de confession alaouite, une branche du Chiisme alors que la majorité de la population syrienne est sunnite]


4. (C) Interrogé sur comment la Syrie voyait les Etats-Unis, Dagan a répondu que les Syriens « prenaient votre politesse comme un compromis ». La Syrie, selon le point de vue de Dagan, sera moins encline à se mêler des affaires de ses voisins si un Bachar el-Assad affaibli reste au pouvoir. D’un autre côté, la faiblesse de la Syrie signifie qu’elle sera incapable de contrôler la frontière Syrio-iraquienne. Un changement en Syrie aura aussi des conséquences négatives au Liban, Dagan a prédit.

IRAN – AUCUN CHANGEMENT

5. (C) Dagan et on équipe ont dit qu’ils s’attendaient à ce que l’ancien président Rafsanjani soit réélu en Iran, même s’il y aurait un deuxième tour [NDLR: Rafsandjani s’est fait écrasé au second tour par Ahmadinejad qui a récolté 61% des voix]. En tant que président, Dagan a prédit que Rafsanjani épouserait les mêmes idées que ses prédécesseurs mais avec un «meilleur emballage». L’ayatollah Khamenei reste encore très présent sur la scène, fit remarquer Dagan, une preuve de plus que les élections présidentielles ne signifieront pas de changement politique majeur.

6. (C) Dagan a affirmé que l’Iran continuera la même politique en ce qui concerne l’Irak, espérant que les Shiites gagneront un réel pouvoir après les élections. [NDLR: ce qui s’est effectivement passé avec la nomination du Chiite Nouri al-Maliki au poste de premier ministre en mai 2006] Dagan a prédit que la politique nucléaire de l’Iran resterait la même, tout comme leur politique envers le Hezbollah [NDLR: mouvement islamiste chiite au Liban, anti-israélien, pro-syrien et pro-iranien]. Le Mossad a découvert récemment comment le Hezbollah soutenu par l’Iran soutient financièrement le Djihad Islamique Palestinien (PIJ), a dit Dagan, au final l’argent destinée aux opérations du PIJ passe parles mains des agents des services de renseignement iraniens. L’Iran a déjà prouvé par le passé qu’elle peut freiner le Hezbollah quand ça l’arrange.

loo hezbollah

Le Hezbollah ou "parti de Dieu" a été fondé en 1982 pour lutter contre les forces armées israéliennes au Liban. C'est aussi un parti politique représenté au parlement libanais qui a déjà participé à plusieurs gouvernements. Financé par l'Iran et la Syrie, le hezbollah est considéré comme un mouvement terroriste par le Canada, les Etats-Unis et l'Australie. Vous pouvez retrouver une explication de l'emblème sur wikipédia.


  1. (C) Dagan a dit que l’Iran est très sensible aux pressions et c’est pourquoi elle devrait être «toujours soumises à une pression constante». Par exemple, Dagan a dit que les pressions européennes avaient finalement retardé les travaux sur le site nucléaire de Kashan, avec un nombre de travailleurs qui a été transferré ailleurs. Le DNSA Abramas a dit que les Etats-Unis sont opposés à tout compris sur le programme nucléaire iranien qui pourrait mener au développement du cycle du combustible nucléaire [NDLR:Le cycle du combustible nucléaire désigne l’ensemble des opérations nécessaires pour approvisionner en combustible les réacteurs nucléaires puis pour stocker, retraiter et recycler ce combustible] et qu’ils feront pression sur les Européens pour qu’ils maintiennent une ligne dure. Dagan a dit que l’Iran veut «plus que tout» contourner la suspension, et que même «le moindre compromis» qui laisse la porte ouverte pour des discussions ultérieures est suffisant. Le DNSA Abrams acquiesça, ajoutant que même une suspension à 100% basée sur le volontariat aurait les mêmes conséquences, vu le style iranien progressif de négociation.
cycle du combustible du nucléaire

cycle du combustible du nucléaire. Image et texte pris sur le site de la SFEN

Texte repris sur le site de la Société Française de l’énergie nucléaire (SFEN):Dans l’uranium naturel, on trouve, en proportion constante, deux sortes d’atomes (ou isotopes) : L’uranium 238 et l’uranium 235 qui constituent respectivement 99,3% et 0,7% du mélange. Seul l’uranium 235 est fissile. Certains types de réacteurs nucléaires (les plus répandus dans le monde) sont conçus pour fonctionner avec un combustible comportant une proportion d’uranium 235 supérieure à celle qui est présent à l’état naturel. Il convient donc d’augmenter jusqu’à 3% à 4% la teneur en isotope 235 de l’uranium naturel.

Divers procédés sont utilisés pour effectuer cette opération appelée « enrichissement ».


8. (C) Dagan a dit qu’Israël aimerait que plus de garanties soient imposés à l’Iran, utilisant les contrôles de sécurité comme un moyen de faire plus d’inspections et de renforcer le contrôle de l’AIEA. Une résolution du conseil de sécurité de l’ONU (UNSC) qui requiert un arrêt de toutes les activités prohibées serait aussi utile, cela traduirait les exigences des EU-3 sous une forme contraignante. Le personnel de Dagan a affirmé qu’il y avait déjà eu des violations suffisantes ces cinq derniers mois pour ouvrir la voie à une résolution de l’UNSC.

9. (U) L’A/S Welch et le DNSA Abrams ont effacé ce message.

KURTZER

Note de l’auteur: Le document traduit est le dossier d’Ahmed Bin Saleh Belbacha, détenu algérien à Guantànamo. Les révélations ayant été obtenus souvent la torture, elles doivent être prises avec précaution. Son dossier original en anglais est accessible ici.

Ahmed Bin Saleh Belbacha
photo d’Ahmed Bin Saleh Belbacha, prise sur wikipedia english

Ahmed Bin Saleh Belbacha est l’un des 26 détenus algériens sur les 779 prisonniers qui ont été détenu à Guantànamo. Bel Bacha est toujours à Guantànamo. Le cas de Bel Bacha est assez emblématique des détenus algériens de Guantànamo souvent liés au GIA et au GSPC et qui refusent de rentrer en Algérie car ils ont peur pour leur vie. Bel Bacha est détenu depuis le 4 janvier 2002 sans qu’aucune charge n’ait été contre lui et sans jamais avoir un juge. Il est détenu au titre « d’ennemi combattant ». Depuis l’arrêt Boumediene vs Bush le 12 juin 2008, les détenus de Guantànamo ont le droit de contester leur détention devant la justice.
en tête du dossier de Ahmed Bin Saleh Belbacha

MEMORANDUM POUR le commandant, commandement US Sud, 3511 NW 91st Avenue, Miami, FL 33172

OBJET: Recommandation pour un prolongement de la détention à  sous la direction du département de la défense (DOD) du prisonnier de Guantànamo. ISN: US9AG-000290DP (S)

Evaluation du détenu de la Joint Task Force de Guantànamo

1. (S//NF) Information personnelle:

  • JDIMS/NDRC nom de référence: Ahmed Bin Saleh Bel Bacha
  • Faux nom et actuel/vrai nom: Slim Antar; Suliman Antar; Salim Antar
  • lieu de naissance: Alger, Algérie (AG)
  • date de naissance: 13 décembre 1969
  • citoyenneté: Algérie
  • Numéro de Série d’Internement (ISN): US9AG-000290DP

2. (FOUO) Santé: Détenu en bonne santé. Son indice de masse corporel depuis le 9 février 2002 est de 24% [NDLR: un imc entre 18,5 et 25 indique une corpulence normale]. Il a une tuberculose latente et refuse de suivre le traitement. Il a mené une grève de faim de novembre 2002 à Août 2005. Il n’est sous aucun traitement pour soigner une maladie chronique. Il n’a pas d’allergies aux médicaments

3. (S//NF) Evaluation de la JTF de Guantanamo

a. (S) Recommandation: La JTF de Guantanamo recommande le prolongement de la détention du détenu sous le contrôle du  département de la défense (DoD control, CD). Si un accord satisfaisant peut être atteint, c’est à dire qui assure le prolongement de la détention et autorise l’accès au détenu et/ou d’être exploité par les services de renseignement, le détenu peut être transféré hors du contrôle du DoD (TRO). JTF GTMO avait recommandé précédemment le transfert du détenu sous le contrôle d’un autre pays pour une détention prolongée (TRCD)

b. (S//NF) Résumé : le détenu a été estimé comme un membre probable d’Al Quaïda qui a participé à un camp d’entrainement de l’organisation et qui avait des relations étroites avec le Groupe Islamique Armé (GIA) et le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC).1 Le voyage du détenu en Afghanistan a été facilitée par la mosquée de Finsbury Park à Londres, Royaume Uni (RU), lieu connu pour ses liens étroits avec les islamistes. C’est en Afghanistan, que le détenu a reconnu son affiliation avec le GIA, le GSPC, Al Quaïda et d’autres organisations affiliées. Le détenu a reconnu avoir reçu un entrainement au maniement des armes et a été identifié comme un participant à un camp d’entrainement d’Al Quaïda. Le risque que représente le détenu a été évalué comme MOYEN, il pourrait représenter une menace pour les Etats-Unis, ses intérêts et ses alliés. JTF GMO a établi que la valeur du détenu pour les services de renseignement était FAIBLE.

4. Récit des évènements par les détenus

La section suivante est fondée, à moins qu’autre chose ne l’indique, sur le propre récit du détenu. Ces déclarations sont jointes sans vérification de leur véracité, de leur exactitude et de leur fiabilité.

a. (S//NF) Histoire antérieure: De janvier 1990 à Septembre 1991, le détenu a accompli son service militaire comme policier militaire fusilier, et cuisinier dans l’armée algérienne et dans les réserves de l’armée algérienne.2 Il a travaillé par la suite comme secrétaire au wilaya d’Alger et au service juridique de la Sonatrach, où son père a aussi travaillé. Il a été réembauché par le wilaya d’Alger comme garde municipale. En 1999, après qu’il ait prétendu avoir reçu des menaces répétées et de plus en plus graves du Groupe Armé Islamique (GIA), le détenu a quitté l’Algérie pour démarrer une nouvelle vie en France.3 Dès son arrivée à Paris, il a acheté un faux passeport français sous le nom de Slim Antar.4 En mai 1999, le détenu est parti au Royaume-Uni pour y demander l’asile politique.5

b. (S//NF) Recrutement et voyage: Dès son arrivée à Londres, il s’est dirigé vers la mosquée de Finsbury Park, où il a entendu qu’il pourrait rester libre. Le détenu a écouté des prêches de Abu-Hamza (note de l’analyste : Abu-Hamza réfère probablement au Sheikh Abu Hamza Al-Masri) et a regardé des vidéos de recrutement pour le Djihad en Tchétchénie, en Bosnie et en Afghanistan. Le détenu a ensuite déménagé à Portsmouth, Royaume-Uni, où il a travaillé pendant environ deux ans dans un un hôtel. Le détenu a prétendu que sa demande d’asile politique a été rejeté et qu’il est retourné à la mosquée de Finsbury Park pour trouver de l’aide à faire appel de cette décision. Bien qu’à la mosquée, d’après certaines informations, Mohammed Al-Masri a recommandé au détenu de voyager en Afghanistan pour éviter le rapatriement en Algérie. (Note de l’analyste: Sheikh Abu Hamza Al-Masri est aussi connu sous le nom de Mohammed Al-Masri. Bien que ce qu’a rapporté le détenu soit peu concluant, c’est probable qu’il réfère au même homme) Al Masri a dit au détenu qu’entrer en Afghanistan était facile et qu’aucun papier n’était exigé. En juillet 2001, avec l’assistance d’Al-Masri, le détenu a quitté le Royaume-Uni pour l’Afghanistan. Le détenu est arrivé en Afghanistan via Peshawar, Pakistan (PK). Le détenu a prétendu qu’une fois à Peshawar, il a utilisé les contacts fournis par Al Masri pour entrer en relation avec Mohammed Al-Afghani. Al-Afghani a prétendument rencontré le détenu à son hôtel et puis il a aidé le détenu pour voyager à Jalalabad. Le 29 juillet 2001, le détenu est arrivé à Jalalabad et il est resté trois mois et demis à la maison des hôtes algériens possédée et dirigé par Abu Jaffar. (note de l’analyste : Mohammed Al-Afghani est probablement Mohammed Shah, connu pour avoir assisté Jaffar à faire traverser la frontière aux recrues. On pense que le facilitateur du réseau extrémiste nord-africain Abu Jaffar alias Omar Chabbani est décédé).

c. (S//NF) Entrainement et activité: Durant son séjour à la maison d’hôte, d’après certaines informations, le détenu s’est entrainé dur des petites armes (incluant des fusils Kalashnikov et Simonov) sous la direction d’Abu Jaffar. Le détenu a affirmé une fois qu’il a voyagé au camp d’entrainement de Derunta mais qu’il n’y a pas suivi d’entrainement. En novembre 2001, en raison de l’attaque de Jalalabad par les forces de la coalition, le détenu a fui dans les montagnes de Tora Bora avec d’autres résidents de la maison d’hôtes.

5. Information sur la capture

a. (S//NF) Le détenu prétend qu’il s’est caché avec le groupe des résidents de la maison d’hôte pendant une vingtaine de jours dans des grottes. Il a nié avoir assisté à des combats, il aurait seulement vu des avions voler au-dessus de sa tête. Du cantonnement de Tora Bora, le détenu a fui au Pakistan à pied avec un groupe d’environ 100 individus. Le 18 décembre 2001, d’après certaines informations, des villageois pakistanais ont mené le groupe à une unité de l’armée pakistanaise, qui a les a mis en détention. Le détenu a été ensuite transféré à une prison américaine le 4 janvier 2002. (note de l’analyse : étant donné la présence longue de l’individu à Tora Bora, et vu la date et lieu de sa capture, il est probable que le détenu a été impliqué dans des combats contre l’armée américaine ou les forces de la coalition dans la région de Tora Bora) (note de l’analyste: le détenu a probablement fui Tora Bora comme un membre d’un large groupe de combattant mené par un haut membre d’Al Quaïda Ibn Sheikh Al Libi. Le groupe a voyagé à travers la province de Nangarhar et a été convaincu par leurs hôtes pakistanais de se rassembler dans la mosquée où les forces pakistanaises les ont capturé.

b. (S) objets déténus:

  • 1 billet de 1000 roupies pakistanais
  • 1 billet 500 roupies pakistanais
  • 5 billets de 10 roupies pakistanais
  • 2 billets d’un roupie pakistanais
  • 1 billet de 20 livres britanniques
  • 5 billets de 10 000 afghanis
  • 3 billets de 1000 afghanis
  • des lunettes ehsan optics dans un boitier à lunettes noir
  • 1 livre de couverture orange écrit en Arabe
  • 1 anneau d’argent

c. (S) Transféré au JTF de GTMO le: 9 février 2002

d. (S//NF) Raisons de transfert au JTFM de GTMO: fournir des informations sur les points suivants:

  • Les leaders de la mosquée de Finsbury Park à Londres, Royaume-Uni
  • L’obtention de faux passeports en France
  • Un camp d’entrainement près de Jalalabad, AF, appelé Dar Wanta (Derunta)
  1. (S//NF) Evalutation du récit du détenu : Plusieurs points du récit du détenu sont flous en raison de son incohérence et de son imprécision durant les interrogatoires. Son itinéraire de voyage est analogue à celui de d’autres détenus qui ont été recruté à travers le réseau mondial de recrutement au Djihad pour suivre un entrainement en Afghanistan. Le détenu prétend avoir fui l’Algérie parce qu’il était menacé de mort par le GIA ou le GSPC. Cependant, lors de son voyage, il s’est associé à des individus et à des organisations notoirement liées à ces deux groupes. Il n’a jamais identifié qui lui a dit d’aller à la mosquée de Finsbury Park pour y rechercher de l’aide pour sa demande d’asile politique. Il prétend n’avoir participé à aucun combat contre les forces américaines ou celles de la coalition, bien qu’il était présent dans la région de Tora Bora et qu’il fut capturé avec un large groupe de moudjahidins.

7. (S//NF) Potentiel de menace du détenu

a. (S) Estimation: On a évalué que le détenu présentait un risque MOYEN, parce qu’il pourrait représenter une menace contre les Etats-Unis, ses intérêts et ses alliés.

b. (S//NF) Raisons pour prolonger la détention: On a estimé que le détenu était probablement un membre d’Al Quaïda qui a séjourné dans des camps d’entrainement et qu’il avait des liens directs avec les troupes du GIA et du GSPC. Le détenu a peut être suivi un entrainement avancé au maniement des explosifs lors de son séjour à la maison d’hôtes de Jalalabad. Le détenu a probablement participé à des attaques contre les forces américaines et celles de la coalition dans la région de Tora Bora.

  • (S//NF) Le détenu a reçu divers types d’entrainements djihadistes et militaires, et on a estimé qu’il a probablement reçu un entrainement avancé au maniement des explosifs
    • (S//NF) Le détenu a admis s’être entrainé sous la direction d’Abu Jaffar alors qu’il résidait à la maison d’hôtes algérienne à Jalalabad, AF. (note de l’analyste: on estime qu’Abu Jaffar réfère à Omar Chabani, alias Abu Jaffar Al Jazeeri, un dirigeant du GIA et membre d’Al Quaïda qui a des affiliations avec le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC). Abu Jaffar, un adjoint du facilitateur et cadre d’Al Quaïda Abu Zubaydah, a dirigé des maisons d’hôtes pour les extrémistes qui voyageaient en Afghanisan pour aller s’entrainer dans les camps d’Al Quaïda à Jalalabad ou ailleurs.
    • (S) Le détenu admet avoir reçu un entrainement dans un camp près de Jalalabad au maniement de Kalashnikov, Makarov et autres armes. (note de l’analyste: le détenu s’est probablement entrainé au camp d’Al Quaïda de Derunta près de Jalalabad)
      • (S//NF) Un membre qu’on estime avoir appartenu à Al Quaïda, Abdelli Muhammad Fegoul, ISN US9AG-00029DP (AG-292) a reconnu avoir vu le détenu à la maison d’hôtes algérienne à Jalalabad. (note de l’analyste: AG-292 a aussi été identifié au camp d’Al Quaïda de Derunta en même temps que le détenu).
      • (S//NF) L’ancien détenu, Mousa Zemmouri, ISN US9MO-000270DP (MO-270), dit avoir vu le détenu et AG-292 au camp de Derunta.
    • Le séjour du détenu à la maison d’hôtes coïncide avec la période où Younis Abdurrahman Chekkouri, ISNUS9MO-000197DP (MO-197), a mené des entrainements au maniement des explosifs. MO-197 est un entraineur au maniement des explosifs et un chef reconnu de la commission militaire du Groupe Islamique Combattant Marocain (GICM)6. MO-197 a aussi été identifié comme un spécialiste de l’électronique et des explosifs qui, entre la fin de l’année 2000 et septembre 2001, a été responsable de l’organisation des sessions d’entrainement au maniement des composants électroniques pour la fabrication d’explosifs à la maison d’hôtes algérienne dirigé par un associé du détenu, Abu Jaffar. (Note de l’Analyste: Il est possible que le détenu ait participé à des entrainements au maniement des explosifs; cependant il n’y a aucune information supplémentaire qui nous permettrait de le confirmer).
    • (S) Le détenu a reçu un entrainement militaire basique au maniement des armes et aux opérations de police pendant sa conscription dans l’armée algérienne en 1990. (Note de l’analyste: l’entrainement militaire initial du détenu aurait fait de lui un candidat intéressant pour le recrutement et cela lui aurait permis de passer plus rapidement les entrainements basiques qu’une recrue inexpérimentée. C’est ce qui pourrait avoir permis au détenu de suivre des entrainements plus poussés comme le maniement des explosifs)
  • (S//NF) Le détenu a été recruté redirigé par la mosquée de Finsbury Park à Londres, un centre connu d’Al Quaïda/d’extrémistes pour Djihadistes.
    • Le détenu a admis que la mosquée de Finsbury Park a aussi facilité des mouvements de personne qui souhaitaient mener le Djihad en Afghanistan.
    • Sheikh Abu Hamza Al-Masri a recruté le détenu et a pris les arrangements nécessaires pour son voyage et son entraînement en Afghanistan. (Note de l’analyste : Sheikh Abu Hamza Al-Masri est l’ancien imam de Finsbury Park et actuellement en détention en Grande-Bretagne. D’après certaines informations, il entretien des liens très étroits avec l’Armée Islamique d’Aden (IAA)7, Al Quaïda et d’autres groupes extrémistes.

c. (FOUO) Conduite du détenu: On a estimé que le détenu représentait une HAUTE menace dans le cadre de sa détention. Le comportement général du détenu a été non-coopératif et parfois hostile aux gardes et au personnel. Le détenu a fait l’objet de 23 signalements d’infractions au code disciplinaire listé dans DIMS [NDLR: le fichier des forces américaines qui recensent les infractions au règlement par les détenus de Guantanamo], la plus récente date du 2 septembre 2005. Il a appelé un garde par des surnoms péjoratifs lors d’un contrôle de sécurité au cours d’une fouille au corps. Le détenu a agressé un garde le 17 mars 2005 en lui jetant sa chaussure qui a heurté le visage de ce dernier. Plus tôt dans la même journée, le détenu avait dit à un garde, «Merde à l’Amérique» et «mort aux États-Unis». Les autres incidents pour lequel le détenu a été sanctionné incluent des mots et des gestes désobligeants vis à vis des gardes, le refus de suivre les instructions et le règlement du camp, agression, pour avoir fait passer des messages entre les bloques, dégradation des infrastructures, et possession d’objets de contrebande non dangereux. Le détenu a fait l’objet de 6 rapports d’infraction au code disciplinaire en 2005, incluant 2 menaces envers des gardes et une agression grave. Il était un fer de lance de la grève de la faim parmi les détenus, manquant ainsi plus de 100 repas selon les rapports des gardes dans DIMS. Dans la matinée du 24 novembre 2005, AG-290 a déclaré entamer une grève de la faim. Cependant sa grève de la faim a duré moins de deux heures, il a prétendu plus que tard des gardes l’ont aidé donc il a accepté de manger.

8. Estimation de valeur du détenu pour les services de renseignement:

a. (S) Estimation: JTF GTMO a déterminé que le détenu avait une valeur FAIBLE pour les services de renseignement.

b. Séjour et capture: Le détenu a été recruté et aiguillé par la mosquée de Finsbury Park et son imam, Sheikh Abu Hamza Al-Masri, qui est actuellement détenu en Grande-Bretagne. Il est vrai que le détenu s’est entrainé sous la direction d’Omar Chabani, un dirigeant du GIA et un membre d’Al-Quaïda qui a des affiliations avec le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC). Il est vrai qu’il a séjourné dans la maison d’hôtes algérienne à Jalalabad qui est connue pour envoyer des recrues au camp d’entrainement de Derunta. Son séjour à la maison d’hôtes de Jalalabad lui aurait donné accès aux étudiants et aux entraineurs au maniement des explosifs. Le détenu a été capturé dans la région de Tora Bora.

c. (S//NF) Évaluation des renseignements: Le détenu prétend qu’il a fui l’Algérie pour échapper aux pressions du GIA, mais son orientation et son voyage qu’il était déjà affilié avec des groupes extrémistes nord-africains comme le GIA et le GSPC. Il a fourni très peu d’informations sur ses contacts et ses activités antérieur à son départ de l’Algérie. Il est possible que le détenu a utilisé un pseudonyme en Afghanistan qui n’a pas encore été identifié. L’identification du pseudonyme du détenu nous fournira probablement des informations supplémentaires au regard de ses activités comme son entrainement avancé et ses relations Afghanistan. A cause de plusieurs points flous et et des incohérences dans le récit du détenu, sa valeur pour les services de renseignement et son rôle au sein du réseau d’Al Quaïda sont difficiles à estimer. Le détenu est probablement un moudjahidin engagé et entrainé, mais il est peu probable qu’il ait joué un rôle majeur ou significatif dans Al Quaïda.

d. Domaines potentiels d’exploitation :

  • Les planques algériennes dans Jalalabad, AF
    • Omar chabani alias Abu Jaffar
    • Le personnel des maisons d’hôtes
  • La maison d’hôtes de Jalalabad connu sous le nom de la maison des Algériens
  • Le Groupe Islamique Armé (GIA)
  • La mosquée de Finsbury park et ses liens avec le GIA et le GSPC
  • Les camps d’entrainement en Afghanistan

(S) Statut d’ennemi combattant : le statut d’ennemi combattant a été réexaminé le 24 février 2004 et il reste un ennemi combattant.


1Le GSPC et le GIA font partie du réseau mondial djihadiste d’Al Quaïda, une cible IICT Tier 0. Les cibles Tier 0 sont les groupes qui posent une menace claire et imminente aux citoyens et aux intérêts américains.

2

3(S/NF) D’après certaines informations, le GIA a essayé de forcé le détenu à quitter ou de faire des erreurs critiques afin d’embarrasser le gouvernement algérien. Le premier contact a eu lieu en 1995 et le dernier fut après qu’il ait quitté l’Algérie en 1999. Voir 000290 MFR 16-APR-2002

4

(S//NF) (note de l’analyste : le détenu affirme que la possibilité d’obtenir un faux passeport dans le quartier de Barbès à Paris est très connue parmi la population arabe) Voir IR 2 340 6379 02

5

6(S//NF) (Note de l’analyste: le GICM, comme le GIA, est un membre du réseau mondial de recrutement au Djihad, une cible de niveau 0 du contre-terrorisme

7La IAA est une cible du contre-terrorisme de niveau I (IICT Tier 1). Les cibles de niveau 1 sont les groupes terroristes, en particulier ceux qui bénéficient d’un soutien étatique, qui ont manifesté leur intention et leur capacité d’attaquer des citoyens ou des intérêts américains

Sujet : L’utilisation de la torture et la brutalité policière en Egypte

Numéro d’identification Créé le Publié le Classification Origine
09CAIRO79 2009-01-15 15:03 2011-01-28 00:12 CONFIDENTIEL Ambassade du  Caire
  1. VZCZCXYZ0003
  2. RR RUEHWEB
  3. DE RUEHEG #0079/01 0151524
  4. ZNY CCCCC ZZH
  5. R 151524Z JAN 09
  6. FM AMEMBASSY CAIRO
  7. TO RUEHC/SECSTATE WASHDC 1372
  8. INFO RUEHXK/ARAB ISRAELI COLLECTIVE
  9. RHEHNSC/NSC WASHDC
  10. C O N F I D E N T I A L
  11. CAIRO 000079
  12. SIPDIS
  13. DEPARTMENT FOR NEA/ELA, DRL/NESCA, INL AND INR/NESA NSC FOR PASCUAL AND KUTCHA-HELBLINGE.O.
  14. 12958: DECL: 01/15/2029
  15. TAGS: PGOV PHUM KDEM EG

Classifié par : ambassadeur Margaret Scobey pour raisons 1.4(b) et (d).

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Résumé et commentaire

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1. (C) Résumé et commentaire : La brutalité de la police en Egypte contre les criminels de droit commun est fréquente et répandue. Des contacts décrivent l’utilisation de la force par la police pour extraire des confessions des criminels comme un évènement quotidien, résultant d’une mauvaise formation et d’un manque d’effectifs. La brutalité contre les détenus islamistes a globalement diminué, mais les forces de sécurité ont encore recours à la torture contre les activistes des Frères Musulmans qui sont considérés comme une menace politique. Au cours des cinq dernières années, le gouvernement a cessé de nier l’existence de la torture, et depuis fin 2007 les tribunaux ont condamnés environ 15 officiers de police à la prison pour torture et meurtres.

Des ONG indépendantes ont critiqué les efforts du GOE [Governement of Egypt, soit gouvernement égyptien] qui ont conduit à une formation policière aux droits de l’homme inefficace, et un manque de volonté politique. Le GOE n’a pas encore fait de sérieux efforts pour transformer la police d’un actuel instrument du pouvoir du système en un service d’institution publique. Nous voulons continuer le programme de formation policière financé par l’USG (ref F), et à chercher d’autres moyens pour aider le GOE à diminuer la brutalité policière. Fin du résumé et du commentaire.

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Un problème omniprésent

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Photo prise dans un poste de police en Egypte

¶2. (C) La torture et la brutalité policière sont endémiques et largement répandues en Egypte. La police utilise des méthodes brutales majoritairement contre des criminels de droit commun pour leur extraire des confessions, mais également contre des manifestants, certains prisonniers politiques et des passants malheureux. Un avocat des droits de l’homme nous a dit qu’il y a des preuves que l’utilisation de la torture en Egypte remonte aux temps des Pharaons. Des contacts d’ONG estiment qu’il y a littéralement des centaines d’incidents de torture tous les jours dans les stations de police du Caire seulement. Les Egyptiens sont bombardés de bulletins de nouvelles consistantes à propos de la brutalité policière, allant d’incidents notoire comme des tirs accidentels mais mortels de policiers dans Salamut et Aswan l’automne dernier (refs B et C) qui ont déclenché des émeutes, aux rapports d’officiers de police tirant sur des civils lors d’une dispute concernant des tickets de circulation. En novembre 2008 seulement, il y a eu deux incidents de policiers hors service tirant et tuant des civils pour des litiges mineurs. Les poursuites engagées contre les deux officiers sont en train de faire leur chemin à travers le système judiciaire.

2. (C) Des contacts d’ONG et d’universités témoignent à travers le rapport du spectre politique de la brutalité policière dans le cadre de leurs vies quotidiennes. XXXXXXXXXX, un universitaire nous à dit qu’à XXXXXXXXXXX la police a battu un suspect féminin pour obtenir la confession des autres personnes impliquées dans un vol ainsi que le sort des objets volés. Un contact d’une ONG internationale a témoigné que la police a battu le portier d’un immeuble de luxe au Caire pour qu’il divulgue le numéro de l’appartement d’un suspect. Un autre contact d’une ONG des droits de l’homme nous a dit que ses amis ne reportent pas les vols dans leurs appartements parce qu’ils ne veulent pas que « tous les portiers » des environs soient l’objet de violences policières. Elle nous a dit que l’utilisation de la force par la police est rentrée dans la culture égyptienne dans la mesure où un feuilleton télévisé populaire a récemment mis en vedette un héros détective de la police qui bat des suspects pour recueillir des preuves.

4. (C) Des contacts attribuent la brutalité policière à une mauvaise formation, un manque d’effectifs et des sanctions officielles. L’avocat des droits de l’homme XXXXXXXX XXXXXXXXX XXXXXXXXX pense que les agents ont régulièrement recours à la violence à cause de la pression de leurs supérieurs pour résoudre des crimes. Il a affirmé quel la plupart des officiers pensent que résoudre des crimes justifie l’utilisation de méthodes d’interrogation violentes, et que certains policiers croient que la loi islamique sanctionne la torture. XXXXXXXXXX a fait observer que la culture de l’impunité judiciaire des policiers permet une brutalité continuelle. Selon XXXXXXXXXX, « les officiers de police se sentent au dessus de la loi et protégés par le procureur public ». L’avocat des droits de l’homme XXXXXXXXXXXX a attribué la brutalité policière contre les criminels de droit commun, y compris l’utilisation de chocs électriques, au problème des officiers démoralisés par de longues heures et leurs propres problèmes économiques. Il affirmé que la police battrait même les avocats qui entreraient dans les postes de police pour défendre leurs clients.

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Criminels et Islamistes

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Répression d'une manifestation du mouvement du 6 avril

¶5. (C) XXXXXXXXXXXX a expliqué que depuis que le GOE a ouvert le dialogue avec les anciens Islamistes violents, comme le Groupe Islamiste, suivant l’attaque terroriste de Luxor en 1997, la torture des Islamiste a diminuée. XXXXXXXXXX a affirmé que le GOE traite maintenant mieux les Islamistes que les criminels de droit commun. Il a affirmé que certains détenus Islamistes étaient « gâtés », avec le droit aux visites régulières d’amis et de proches, l’accès à une nourriture décente et à l’éducation. Avant l’attaque de Luxor, a commenté XXXXXXXXXX, le gouvernement aurait torturé les détenus Islamistes quotidiennement.

6. (C) L’avocat XXXXXXXXXXXXXX a dit que le GOE est plus réticent à torturer les Islamistes, y compris les membres des Frères Musulmans (FM), à cause de leur persistance à faire des constats politiques publics, et de leurs contacts avec des ONG internationales qui pourraient embarrasser le régime. XXXXXXXXXXX a émis l’hypothèse qu’il y ait une exception à cette règle lorsque des membres des FM mobilisent des personnes contre le gouvernement d’une façon que le régime considère menaçante, comme l’appel à la grève sur Facebook le 6 avril (ref D). Selon XXXXXXXXXXX, les blogueurs affiliés des FM et le membre du « Mouvement du 6 avril » XXXXXXXXXXX que la police à arrêté XXXXXXXXXXXX (ref A) tombent dans cette catégorie, et le GOE est probablement en train de le torturer pour intimider les autres membres du « 6 avril » et les faire cesser leurs activités politiques. L’affirmation de XXXXXXXXXX concorde avec les dires du membre du « 6 avril » XXXXXXXXXXX à propos de sa propre torture et d’allégations d’attentat à la pudeur d’une activiste féminine du « 6 avril » ce dernier novembre (ref A). Des blogueurs proches de XXXXXXXXX nous ont dit qu’après son arrestation il a été sévèrement torturé avec des chocs électriques et a nécessité une hospitalisation, mais que les forces de sécurité ont arrêté la torture lorsqu’il a commencé à coopérer.

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La conscience du gouvernement égyptien de ce problème

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Police égyptienne

¶7. (C) Nos contacts s’accordent sur le fait que depuis les cinq dernières années, le gouvernement a arrêté de nier l’existence de la torture, et a pris quelques mesures pour régler le problème. Toutefois, les contacts pensent que le ministère de l’Intérieur n’a pas la volonté politique de prendre des mesures concrètes pour changer la culture de la brutalité policière. XXXXXXXXXXX a affirmé qu’à la suite des ordres supposés du ministère de l’Intérieur entre 2000 et 2006 pour que la police tire, batte et humilie des juges dans le but de saper l’indépendance judiciaire, le GOE a pris une décision politique en 2007 pour permettre aux tribunaux d’infliger des peines de prison courtes à des officiers de police. XXXXXXXXXXX a décrit le cas Imad El-Kebir en 2007 comme étant un tournant décisif pour influencer le gouvernement et permettre la condamnation d’officiers de police.

(Note : pour la ref E, un tribunal a condamné deux policiers à trois ans de prison en novembre 2007 pour avoir agressé et sodomisé le conducteur de bus Imad El-Kebir. L’affaire a gagné en notoriété après qu’un enregistrement vidéo de téléphone portable ait été posté sur YouTube. Fin de note.)

8. (C) Environ 13 cas d’officiers accusés de brutalité font actuellement leur chemin à travers les tribunaux, et les juges ont prononcé des peines modérées, en général les trois ans de prison minimum, contre des policiers ces derniers mois, souvent pour des crimes haineux. Par exemple, en Octobre 2008, un tribunal a condamné un policier à trois ans de prison pour avoir battu et noyé un pêcheur. En novembre 2008, un tribunal a condamné deux policiers à trois ans de prison pour avoir accroché un homme à leur voiture et l’avoir traîné jusqu’à sa mort. XXXXXXXXXXXX a qualifié ces peines de « légères » en proportion de ces crimes, mais a commenté que toute condamnation à des peines de prison constitue une importante progression pour tenir la police responsable de ses crimes. XXXXXXXXXXXX a commenté que ces peines de prison démontrent que le GOE donne l’espace politique aux juges pour leur permettre de fonctionner de façon relativement indépendante, en réponse aux critiques des gouvernements étrangers et des ONG internationales. XXXXXXXXXXX a décrit les peines comme également importantes en attirant l’attention du public sur les crimes brutaux de la police, et en renforçant la main des avocats qui appellent à une réforme des problèmes systémiques au sein de la police.

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Les efforts du gouvernement égyptien

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Ahmed Haggag

¶9. (C) L’ambassadeur Ahmed Haggag, coordinateur du projet de capacité de construction des droits de l’homme de l’UNDP, détaché du MFA [NDLR : Ministère des Affaires Etrangères], nous a décrit les efforts de l’organisation pour former les ministères de l’Intérieur et de la Justice et les procureurs publics aux questions des droits de l’homme à travers des lectures et des ateliers. Reconnaissnt que la torture est « un problème, mais pas de tous les jours », Haggag a dit que l’UNDP forme les policiers aux conventions internationales des droits de l’homme, et tente de convaincre les policiers de résoudre les cas en utilisant « les moyens juridiques et éthiques » au lieu de la torture. Haggag nous a dit qu’il « doute qu’il y ait encore de la torture contre les prisonniers politiques ». Des membres du personnel du Conseil National pour les Droits de l’Homme quasi-gouvernemental ont décrit les ateliers du conseil pour les officiers de police, où des professeurs réalisaient des lectures sur les droits de l’Homme et la psychologie des prisonniers. Des contacts d’ONG ont critiqué en privé le projet de l’UNDP, le qualifiant d’inefficace, et se plaignant qu’il a interdit à des avocats des droits de l’homme crédibles de donner des lectures à la police en raison de leur opposition politique au NDP, et a invité à la place des responsables du MOI [NDLR : Ministère de l’Intérieur] complices de la torture pour réaliser des présentations sur les droits de l’homme.

10. (C) Fin décembre 2008, le MOI a annoncé avoir suspendu 280 officiers de police pour violation des droits de l’homme et licencié 1164 policiers de rang inférieur pour faute. Nos contacts d’ONG ont douté que les actions disciplinaires concernaient les droits de l’homme, et ont émis l’hypothèse que les officiers étaient probablement impliqués dans des prises de pots de vin ou d’autres activités illégales. XXXXXXXXXXX a affirmé que cette annonce ne constituait pas une politique du MOI sérieuse vis-à-vis des droits de l’homme. XXXXXXXXXXX a exprimé son scepticisme quant à savoir si ces actions disciplinaires se traduiront par des changements positifs sur le long terme XXXXXXXXXXX

11. (C) L’ancien cadre supérieur du Ministère de l’Intérieur Ihab Youssef, directeur de l’ONG « La Police et la Population pour l’Egypte » nous a dit fin 2008 que son ONG n’avait pas reçu beaucoup de propositions du public en réponse à sa sollicitation d’idées pour développer des projets afin d’instaurer la confiance entre la police et les citoyens. Youssef a dit que la page Facebook de l’ONG, qui permet au public de se plaindre de la police, a généré plus d’intérêt. En septembre 2008, Youssef a annoncé publiquement la création de son ONG, qui compte des personnalités telles que l’ancien FM Ahmed Maher parmi les membres de son conseil (ref C). Youssef ne reçoit pas de fonds de la part du GOE, et s’est tourné vers des entreprises égyptiennes privées pour lever des fonds. XXXXXXXXXXXX

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Commentaire

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12. (C) Le GOE n’a pas commencé à travailler sérieusement pour essayer de transformer la police et les services de sécurité d’instruments du pouvoir et de protection de régime en institutions opérant dans l’intérêt du public, malgré les slogans officiels clamant le contraire. Il semblerait que le gouvernement ait fortement intérêt à éviter de futurs tirs accidentels sur des innocents, comme les incidents de Salamut et d’Aswan qui ont déclenché des émeutes. Nous imaginons que l’arrêt de la torture des criminels de droit commun, qui sont généralement pauvres et peu influents, n’est pas la priorité sur l’agenda du GOE. Nous voulons continuer la formation des policiers financée par l’USG, et nous allons chercher des moyens pour aider les travaux de lancement de production de l’ONG XXXXXXXXXXXXXX.

SCOBEY

Ce câble met en avant la suspicion générale (par les partis d’opposition, l’ONU et certaines ambassades) d’une manipulation du taux de participation aux dernières élections présidentielles algériennes, en avril 2009. Il y a d’abord un rapide rappel des résultats (Bouteflika ayant récolté plus de 90 % des voix), puis le câble dévoile certaines manigances du gouvernement pour masquer la manipulation, entre autres l’hypothèse de l’utilisation d’images d’archives par la chaîne d’Etat afin de créer l’illusion d’un grand nombre d’électeurs à la télévision.

La suite résulte surtout d’un dialogue entre l’Ambassadeur des Etats-Unis en Algérie et un responsable de l’équipe d’observation de l’ONU (Abdool Rahman). Il est fait part des stratégies du gouvernement algérien pour éviter que certaines réunions n’aient lieu et pour en infiltrer d’autres. L’ONU évoque également les pressions du gouvernement pour qu’ils approuvent le processus de vote publiquement, ainsi que les moyens pour l’en convaincre (notamment l’organisation de réunions avec des citoyens dont les déclarations n’ont en fait rien de spontané, mais où tout est préparé à l’avance).

Les principaux protagonistes/organisations

  • Abdelaziz Bouteflika, actuel Président de l’Algérie (pour la troisième fois consécutive)
  • Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et l’un des fondateurs des services secrets algériens
  • L’ONU (Organisation des Nations Unies), notamment représentée dans ce câble par Abdool Rahman
  • Le RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), parti politique d’opposition algérien
Numéro d’identification Créé le Publié le Classification Origine
09ALGIERS370 2009-04-13 19:07 2011-01-22 21:09 CONFIDENTIEL Ambassade d’Alger
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  15. SIPDIS
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  17. TAGS: PGOV KDEM PHUM AG

SUJET : Bouteflika réélu dans un concours parfaitement organisé.

REF: A. ALGIERS 337

B. ALGIERS 331

C. ALGIERS 147

Algiers 00000370 001.14 of 004

Classifié par : DCM Thomas F. Daughton, raisons 1.4(b) et (d).

Résumé ————————–

1. (C) Sans surprise, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a été élu pour un troisième mandat le 9 avril [2009] lors d’une élection soigneusement chorégraphiée et lourdement contrôlée, avec des résultats officiels qualifiés de « Brezhnevians » par le leader de la principale opposition [NDLR : vient de Léonid Brejnev, en anglais Brezhnev]. Le ministre de l’Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni a annoncé lors d’une conférence de presse le 10 avril que 74,54 % des plus de 20 millions d’électeurs admissibles ont voté, avec Bouteflika recevant 90,24 % des votes. Les partis d’opposition et les candidats vaincus ont indiqué un taux de participation réelle entre 18 et 55 %, tandis que des observations informelles d’ambassades ont indiqué que la grande majorité des bureaux de vote étaient vides dans la capitale, avec une participation réelle de 25-30 % au plus. Une déclaration conjointe d’équipes d’observation de l’Union Africaine, la League Arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique a rapidement proclamé l’élection « équitable et transparente », mais les observateurs de l’ONU ont refusé de participer à cette déclaration malgré les pressions du gouvernement algérien pour qu’ils le fassent. Leurs préoccupations, présentées dans un rapport privé destiné au Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon, illustrent un système dans lequel les partis d’opposition et la société civile sont dos au mur et les citoyens ont peu à voir avec un processus politique de plus en plus détaché de la société. Avec le maintient sécurisé de Bouteflika sur le pouvoir, l’Algérie est aujourd’hui confrontée à un besoin urgent de dialogue entre la population et l’État, une situation qui laisse les observateurs de l’ONU profondément inquiets sur la suite des évenements. FIN DU RÉSUMÉ.

La « majorité écrasante » de Bouteflika ————————-

Bouteflika

¶2. (C) Le ministre de l’Intérieur Zerhouni a officiellement déclaré le Président Bouteflika vainqueur de l’élection du 9 avril lors d’une conférence de presse dans un hôtel à Alger le 10 avril, fermant le dernier chapitre sur la candidature du Président pour un troisième mandat rendue possible par la révision du 12 Novembre de la constitution, supprimant la limite du nombre de mandats présidentiels. Zerhouni a proclamé que 74,54 % des 20 millions d’électeurs algériens inscrits sont allé voter le jour précédent, fournissant une victoire écrasante pour le candidat sortant. Après le décompte du vote final, Zerhouni a dit que Bouteflika avait reçu 90,24 % des votes, suivi par la candidate du Parti Travailleur (PT) Louisa Hanoune avec un lointain 4,22 %, le Front National Algérien (FNA) de Moussa Touati avec 2,31 %, El Islah avec Djahid Younsi 1,37 %, Ali Fouzi Rebaine de l’Ahd 54 avec 0,93 %, et Mohamed Said du Parti non enregistré pour la Liberté et la Justice (PLJ) en dernière place avec 0,92 %.

¶3. (C) Comme beaucoup d’observateurs l’avaient prédit ici avant les élections (ref A), le taux de participation officiel a suscité plus de controverses que le résultat de l’élection lui-même. Deux heures après la fermeture des votes le jour de l’élection, Zerhouni a annoncé un taux de participation de 74,11 %, le revisitant légèrement à la hausse le jour d’après. La télévision d’État (ENTV) et les pages du journal du régime El Moudjahid ont montré des images de foules d’électeurs faisant la queue devant les bureaux de vote d’Alger. Mais d’anecdotiques rapports d’activité de votants ont suggéré que le chiffre de Zerhouni est grandement exagéré. Certains de nos employés locaux ont noté que la foule de votants des médias de l’État apparaissait habillée pour un temps froid, alors que le 9 avril a été globalement chaud et ensoleillé, suggérant que les fonctionnaires aient utilisé des images d’archive des précédentes élections. Le parti d’opposition du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a accusé le Ministre de l’Intérieur d’avoir transporté dans plusieurs bureaux de vote des électeurs fidèles comme des policiers habillés en civil pour créer une illusion correspondant au taux de participation désiré. XXXXXXXXX nous a dit que les bureaux de vote qu’il a visité avec un journaliste français étaient presque vides. Dans un cas, il a rencontré un chômeur qui a dit qu’il votait parce qu’on lui avait dit de présenter sa carte d’électeur pour obtenir un passeport. Une femme dans un autre bureau de vote a dit à XXXXXXXX qu’elle était là pour rendre visite à sa fille, qui était fonctionnaire [dans ce bureau], mais qu’elle n’avait pas l’intention de voter.

4. (C) Les partis d’opposition ayant boycotté les élections et les candidats perdants ont donné des taux de participation compris entre 18 et 55 %. XXXXXX nous a dit que les observateurs de son parti pensaient que 25 % était un chiffre plus précis pour la capitale, comparé aux 64,76 % proclamés par le Ministre de l’Intérieur. Le ministère des affaires étrangères avait refusé d’autoriser les agents d’Ambassades à observer le processus de vote, mais le personnel des Ambassades a observé informellement le vote dans plus de 30 bureaux de vote à travers la capitale et a vu passer seulement une poignée d’électeurs pendant et en dehors des heures de pointe. Certains employés ont été en mesure d’obtenir des statistiques informelles par des amis ou des proches travaillant dans des bureaux de vote. Dans un bureau de vote du quartier CEM Pasteur dans le centre d’Alger, 74 des 214 électeurs ont voté, donc un taux de participation de 34 %. Le décompte donnait 48 votes pour Bouteflika, 9 pour Lousia Hanoune, 5 pour Said et un pour Rebaine, Touati et Younsi chacun. Les électeurs ont détruit 10 bulletins de vote, généralement considérés comme « vote blanc » ou vote de protestation. Dans un autre bureau de vote du même quartier, 85 des 281 électeurs ont voté, avec 21 votes nuls. Ces pourcentages anecdotiques miroitent ce que l’équipe de contrôle de l’ONU nous avait dit avoir observé le 11 avril. Dans un bureau où les observateurs de l’ONU étaient présent, 120 des 345 électeurs inscrit ont voté (34 %) ; 75 % des votes, ont-ils-dit, étaient pour Bouteflika et 20 % des votes étaient nuls.

Objections des perdants ——————-

¶5. (C) Chacun des candidats perdants ont exprimé des doutes publics par rapport aux chiffres officiels de participation, tout en se résignant aux résultats. Fouzi Rebaine a accusé le gouvernement de gonfler les chiffres de votants et a dit qu’il pourrait facilement accepter la défaite si les chiffres étaient « réels ». Rebaine a menacé de remplir une plainte auprès de l’ONU au lieu de la Commission Nationale des Elections Algériennes, affirmant que les institutions algériennes reliées aux élections manquaient de crédibilité. Djahid Younsi a qualifié les résultats de l’élection de rien de moins que « miraculeux », et a estimé que la participation était proche de 25 %. La candidate Louisa Hanoune du PT pensait avoir gagné au moins 30 % des votes, et a ajouté que le taux de participation officiel donnait de l’Agérie l’impression d’une « république bananière ». Le chef des trois responsables de la mission de suivi de l’ONU, M.I. Abdool Rahman, nous a dit le 11 avril que sa mission était « tout à fait certaine » que quelque chose n’allait pas après avoir reçu des vagues d’allégations de fraude des partis d’opposition, mais le manque de détails a rendu impossible la description du type de fraude ou  la façon dont elle s’est produite. L’exemple le plus détaillé de manipulation de vote que nous avons reçu vient d’un employé de l’Ambassade qui a observé un appel téléphonique dans lequel un fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur disait à un employé de bureau de vote de gonfler le nombre de bulletins de votes déposés au cours de la journée. Quand le bureau de vote a fermé, la police du Ministère de l’Intérieur a présentée à l’employé du bureau de vote un protocole de vote à signer, avec un chiffre largement supérieur et des noms qu’il n’avait tout simplement pas vu dans la journée.

Drapeau noir du RCD

¶6. (C) Il y a eu d’autres signes d’efforts du gouvernement pour gérer l’optique du processus et garder les voix dissidentes à l’écart du public. Un agent de l’Ambassade a vu un soldat en uniforme faire gratter les posters de boycott du mur extérieur du Siège du parti FFS par un jeune Algérien à Alger le 10 avril au matin, avant même l’annonce officielle des résultats. S’attaquant à la campagne du RCD voulant faire du 9 avril une « journée de deuil national », Zerhouni a dit lors de la conférence de presse du 10 avril que les activistes du RCD devront faire face à la justice, notamment pour avoir remplacé le drapeau algérien au dessus de leur Siège par un drapeau de deuil noir. Sa déclaration a apparemment ouvert la voie à un raid de commando sur le Siège du RCD dans El Biar, organisé par le maire d’Alger Tayeb Zitouni, qui a dirigé un petit groupe d’hommes lançant des cailloux et tentant d’escalader les murs du RCD pour atteindre le drapeau noir. Le leader du RCD Said Saadi nous a dit le 11 avril que les résultats de l’élection étaient « Brezhnevian » et que les membres du RCD avaient réussi à contrecarrer l’attaque du 10 avril.

Incidents de sécurité ——————

7. (C) Il n’y a pas eu d’incident de sécurité majeur dans la capitale (où une présence exceptionnellement lourde de la sécurité était visible) mais il y a eu des rapports de violences isolées dans d’autres régions à travers le pays. Le cas le plus sérieux reporté était un kamikaze dans la ville de Boumerdes (30 miles à l’Est d’Alger) déclenchant une bombe dans un bureau de vote, tuant deux officiers de police. Fait notable, aucun électeur n’a été blessé dans l’attaque. A Tamait, dans la région Est de Bejaia, deux groupes d’opposition politique ont créé une bagarre à proximité d’un bureau de vote, causant l’interruption des votes. A Tizi Ouzou, un groupe de jeunes Algériens boycottant les élections s’est précipité dans un bureau de vote et détruit trois boîtes de bulletins de vote. Quand la police est intervenue, l’un des officiers a été blessé par un cocktail Molotov lancé par un des jeunes durant la confrontation. A Bouira, un groupe de jeunes hommes a mis le feu à un bureau de vote. La presse locale a également reporté des explosions de petites bombes à Skikda, Tipaza, Tebessa, Tizi Ouzou et Larbaa Nath Irrathen dans la région de Kabylie.

Une manœuvre parfaitement orchestrée ————————

ONU

¶8. (C) La gestion gouvernementale des activités les jours précédant l’élection et le jour de l’élection lui-même démontrent une stratégie soigneusement orchestrée afin de contrôler le processus en utilisant des règles de procédures complexes pour maintenir l’apparence extérieure de la transparence (ref A). Abdool Rahman de l’ONU nous a dit le 11 avril que le cadre juridique de l’Algérie était propice aux fraudes : « Pour chaque préoccupation que nous relevions, le gouvernement pouvait invoquer une loi dans l’ elecTnQ;g1fEQUxwQ[action [NDLR : tel quel dans le câble], «Nous n’avons pas eu beaucoup de bonnes conversations ». Abdool Rahman et ses collègues ont dit que la première faiblesse du processus était la crédibilité du gouvernement à être un acteur impartial. Il a noté qu’il n’y avait pas de rôle pour la société civile, ou de consultation avec des parties prenantes en dehors du gouvernement ou de l’administration de Bouteflika. Même l’institution chargée de recevoir les plaintes des candidats et des électeurs, la Commission Nationale de Surveillance des Elections Présidentielles (CNES), a été formée par le gouvernement et son chef nommé par le Président Bouteflika. « La société civile aurait du être à la tête ». Abdool Rahman a dit qu’il avait soulevé ces points lors d’une conversation avec le vice-président du Conseil Constitutionnel, qui était d’accord sur le fait que les partis d’opposition devraient être plus représentés dans les institutions électorales. Une autre préoccupation soulevée par l’équipe de l’ONU était que les candidats, à l’exception de Bouteflika, n’ont eu accès aux médias que durant la période de la campagne officielledu 19 mars au 7 avril. Abdool Rahman a ajouté que tout au long les partis boycottant les élections ont été interdit de parole. L’observateur de l’AU Calixte Mbari a partagé la préoccupation de l’ONU concernant l’accès aux médias : « C’est vraiment dommage que nous n’ayons pas pu être là pour voir l’environnement médiatique de la pré-campagne », nous a-t-il dit, « ça aurait été intéressant ».

9. (C) Abdool Rahman a dit que sa mission avait été entravée par les efforts du gouvernement pour contrôler ses réunions et utiliser la présence de la mission pour rendre l’histoire électorale officielle. Il a noté qu’en dehors de ses réunions liées aux élections, il n’avait rencontré que des missions étrangères des Etats-Unis ou de l’Union Européenne au cours de ses visites à Alger, quelque chose a-t-il dit que le gouvernement avait activement essayé d’éviter. Abdool Rahman a dit que les autorités algériennes avaient obligé un changement d’horaire pour éviter une réunion à l’Ambassade durant la visite de l’équipe mi-mars. Il a fait remarquer qu’un fonctionnaire du MFA [Ministry of Foreign Affairs, soit Ministère des Affaires Etrangères] avait même tenté de participer à une réunion interne de l’équipe du pays de l’UNDP, ainsi qu’à une réunion privée à l’Ambassade française. « Nous avons du lui dire non poliment », a-t-il dit. Aux réunions organisées par le gouvernement, le membre de l’équipe Tadjoudine Ali-Diabacte a dit qu’il était difficile de parler à des gens « réels ». Il s’est plaint que l’équipe ait été forcée d’assister à la mise en scène d’une réunion de la société civile à Tizi Ouzou et d’écouter les déclarations déjà écrites à l’avance sur l’équité de l’élection. Nous avons eu l’expérience d’une situation similaire lorsque l’Ambassadeur a tenté de répondre le 10 avril au leader de la Mission d’Observation de l’AU, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique. Après avoir à l’origine convenu d’une réunion à 9h15, l’équipe de l’AU nous a informé que la réunion était décalée à 10h00, heure à laquelle Zerhouni devait donner les résultats de l’élection. Nous avons attendu 15 minutes pour voir Chissano, tout ça pour voir la réunion interrompue au bout d’environ cinq minutes par un fonctionnaire du MFA qui a annoncé à Chissano qu’il était convoqué à la conférence de presse de Zerhouni, qui a finalement eu lieu à 11h30.

Recommandations pour le futur ——————————

Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations Unies

¶10. (C) Abdool Rahman a dit que sa mission ne ferait pas de commentaire public sur l’élection. Il a noté que la déclaration du ministère le 10 avril exprimait une « préoccupation » concernant ces élections « très forte », mais a ajouté que son équipe était d’accord. Il a dit que la décision de la mission de l’ONU de ne rien dire a clairement ennuyé le MFA. « Ils ont mis beaucoup de pression sur nous pour faire une déclaration conjointe avec l’AU, AL et OIC ». Abdool Rahman nous a dit que son équipe allait rédiger un rapport pour l’UNSYG [United Nations Secretary General] Ban Ki-Moon qui soulignerait les problèmes abordés aussi bien que les aspects positifs de l’élection. Abdool Rahman pensait qu’aucune décision n’avait été prise concernant la mesure dans laquelle le rapport pourrait être rendu public, ni sous quelles formes ses recommandations pourraient être transmises aux Algériens. Nous avons conseillé l’équipe de l’ONU que les critiques publiques étaient généralement contre-productives ; cependant, nous pensons que le gouvernement considèrerait sérieusement les commentaires faits en privé, même si la critique n’est pas bienvenue. Abdool Rahman a suggéré que l’USUN New York pourrait obtenir une copie du rapport de la mission en contactant le bureau du SYG directement à un certain point dans les prochaines semaines.

11. (C) Abdool Rahman a prédit que leurs recommandations souligneraient le besoin de faire progresser la liberté d’expression et de créer un dialogue plus ouvert entre les citoyens, la société civile et le gouvernement. « Il doit y avoir une certaine séparation entre le gouvernement et l’administration » a-t-il souligné. Il a ajouté que la présence de plus d’observateurs nationaux aurait pu améliorer le processus. Fort de son expérience ailleurs en Afrique, le RESREP de l’UNDP Mamadou Mbaye a commenté « Si les dirigeants peuvent être élu sans cet élément essentiel, alors nous devrions être inquiets concernant l’avenir ici ». Ali-Diabacte a réitéré les remarques de ses collègues, disant que « Cinq ans ce n’est pas beaucoup de temps ; il y a un besoin de dialogue maintenant. Je ne vois pas d’autres alternatives. ».

Procédures à mettre en évidence ———————–

12. (C) Il y a eu de bonnes pratiques à souligner, selon les observateurs de l’ONU. Le registre informatique des électeurs algériens était convivial et facilement accessible dans les bureaux de vote. S’ils ne l’avaient pas déjà fait avant les élections, les Algériens pouvaient présenter une pièce d’identification valide et obtenir une carte d’électeur sur place. Ali-Diabacte a ajouté que les fonctionnaires des bureaux de vote étaient bien formés et rapides pour répondre aux questions des électeurs. Le mode de scrutin lui-même était simple, peu couteux et efficace. Une autre dynamique important de l’élection, a souligné Abdool Rahman, était le sentiment de sécurité et une absence générale de violence.

Commentaire ———————

13. (C) La disparité entre la participation officielle et ce que la personne moyenne a vu le 9 avril a conduit beaucoup de gens à se gratter la tête sur la façon dont le gouvernement espérait légitimer une telle exagération des chiffres. Dans l’éditorial du 12 avril, le quotidien francophone Liberté se demande si l’inflation du taux de participation ne pourrait pas finalement délégitimer le processus électoral sur lequel le gouvernement avait travaillé si dur pour le mettre en place. Plutôt que de montrer que l’Algérie est sur la voie vers plus de démocratie, les commentateurs ont craint que le 9 avril ne soit davantage un retour au système algérien de parti-unique.  Durant ce temps, alors que Bouteflika a fondé son troisième mandat sur la continuité, nous avons entendu des allusions de son mécontentement du statut quo et de reconnaissance de l’affaissement du système politique sous son propre poids (ref C). Avec la société civile et l’opposition sur les cordes, le contrôle de Bouteflika sur le système paraît sûr, mais sans vision discernable d’une future politique progressiste. Sans révéler une telle vision dans les dialogues entre citoyens, société civile, partis d’opposition et gouvernement, le destin des 72 % de désillusionnés de la population algérienne en dessous de l’âge de 30 ans reste un mystère, et avec elle, la stabilité du pays à long terme. Comme le dit Mbaye de l’ONU, l’Algérie est « assise sur un volcan ». Nous allons continuer de passer au crible les possibilités de supporter les réformes, et devrions nous préparer à donner notre opinion franche mais privée des progrès de l’Algérie le long du chemin.

Pearce

SUJET: BOUTEFLIKA ET WARD: NOUS VOULONS UNE RELATION STRATEGIQUE.

Numéro d’identification Créé le Publié le Classification Origine
09ALGIERS1077 2009-12-06 07:07 2010-12-06 21:09 SECRET Ambassade d’Alger
  1. VZCZCXYZ0001
  2. OO RUEHWEB
  3. DE RUEHAS #1077/01 3400757
  4. ZNY SSSSS ZZH
  5. O 060757Z DEC 09
  6. FM AMEMBASSY ALGIERS
  7. TO RUEHC/SECSTATE WASHDC IMMEDIATE 8190
  8. INFO RUCNMGH/MAGHREB COLLECTIVE IMMEDIATE
  9. RUEHBP/AMEMBASSY BAMAKO IMMEDIATE 1048
  10. RUEHNM/AMEMBASSY NIAMEY IMMEDIATE 1989
  11. RUEHNK/AMEMBASSY NOUAKCHOTT IMMEDIATE 6814
  12. RUEHEG/AMEMBASSY CAIRO IMMEDIATE 1259
  13. S E C R E T ALGIERS 001077
  14. SIPDIS
  15. E.O. 12958: DECL: 12/06/2019
  16. TAGS: PREL PGOV PTER PBTS KPAL KWBG US IR IZ IS
  17. AF, XA

CLASSE PAR : Chargé d’affaires <a.i> William Jordan; raisons 1.4 (b) et (d). (Ndt. Les lettres C et S en début de chapitre annoncent des commentaires Confidentiel ou Secret)

Résumé ——-

1. (c) Le Commandant Général de l’AFRICOM, William Ward à rencontré le 25 novembre le président Algérien Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion de la première visite de Ward depuis sa prise de commandement à l’AFRICOM. Ward à dit que la stratégie de l’AFRICOM était d’aider les pays africains à assurer leurs propres besoins en terme de sécurité, non pas de le faire pour eux. Les États-Unis ont reconnu la position dominante de l’Algérie dans la région, et lAFRICOM s’est préparée à assister l’Algérie ainsi que ses voisins à combattre le terrorisme. Bouteflika a dit que l’Algérie voulait être un partenaire stratégique, et non pas un adversaire. Nos relations militaires incluent déjà une coopération technique et de formation/entrainement. Les exigences d’utilisations finales de surveillance ont portées atteintes à la souveraineté nationale de l’Algérie et par conséquent à imposer des limites quand à notre engagement militaire. Cependant Les États-Unis et l’Algérie partagent le même objectif commun dans le combat contre le terrorisme. Le terrorisme dans la région a pris une tournure dangereuse, et les états du Sahel ont été préparés pour résoudre leurs problèmes communs. D’autres efforts doivent être réalisés afin d’assurer la participation et l’engagement des responsables politiques maliens dans la lutte régionale. Bouteflika à dit à Ward que le président malien devait comprendre qu’il ne pouvait pas être ami avec les voleurs et leurs victimes simultanément. Les chefs d’États tans-saharien planifient de tenir un sommet sur la sécurité et le développement à Bamako mais n’ont toujours pas décidés d’une date ferme. Bouteflika à aussi passé en revue les tensions égypto-algériennes qui sont nées à la suite d’un match de qualification de la Coupe du Monde , le Sahara occidental, les répercutions négatives de la colonisation israélienne, l’Iran, L’Irak et l’Afghanistan. Sur la question du football, il a fait un point en disant à Ward que le roi du Maroc — contrairement à la tension avec l’Égypte — lui avait envoyé un message très chaleureux de félicitations après le match. A la fin de cette rencontre, Bouteflika a invité Ward à revenir en Algérie dans un futur proche. Fin du résumé.

Relever les défis communs ———————————

2. (C) A l’occasion de sa prise de fonction à l’AFRICA COMMAND (AFRICOM) le Commandant Général William Ward a rencontré le Président Algérien Abdelaziz Bouteflika le 25 novembre au palais présidentiel. Avec Bouteflika étaient présents le chef d’état-major de l’armée algérienne nationale populaire (ANP), le lieutenant général Ahmed Gaid-Salah, le Ministère de la Défense nationale (MND) et Directeur des relations extérieures et de la coopération le général Nourredine Mekri, le responsable de l’organisation et la logistique de l’ANP le major-général Abdelhamid Ghriss aisni qu’un traducteur. L’ambassadeur, le conseiller en politique étrangère du Général Ward, le Dr. Raymond Brown, l’attaché de la défense et Poloff (prise de note) ont accompagnés le Général Ward à la réunion, qui dura 2 heures. Ward a souligné que sa visite à Alger était symbolique de l’évolution des relations bilatérales de nos pays. La mission de l’AFRICOM était d’aider les nations africaines à relever leurs défis en terme de sécurité et, non pas de le faire pour eux. Le but de sa visite, selon Ward, était l’écoute des perspectives algériennes dans le renforcement de nos coopérations telles que nous le recherchons afin de travailler ensemble dans le but de relever les défis communs africains. Ward à reconnu que ces enjeux sont complexes et nécessitaient un développement ainsi que des solutions politiques et, non seulement une intervention militaire. Pour l’avenir, nous avons cherché à coopérer dans des domaines que l’Algérie détermine comme prioritaire. L’ AFRICOM à salué les efforts dans le contre terrorisme régional que l’ Algérie a engagé avec ses voisins des pays du Sahel. L’Algérie fourni les efforts nécessaires ; nous travaillerons avec l’Algérie ainsi que ses voisins afin d’éliminer la menace terroriste dans cette région.

3. (C) Le Président Bouteflika à annoncé que les États-Unis et l’Algérie partageaient un objectif commun et qu’il travailleraient coopérative ment dans le combat contre le terrorisme. Bouteflika a noté que les USA et l’Algérie ont commencé à travailler plus étroitement ensemble pendant l’administration Clinton quand les deux parties se sont rendues compte qu’elles combattaient le même problème. Bouteflika a souligné qu’après le 11 Septembre, l’Algérie a été le premier pays musulman arabe à envoyer un message de solidarité au président Bush. Par la suite, malgré l’impopularité de certaines politiques de Bush, les relations politiques et économiques entre nos pays se sont améliorées. Aujourd’hui nos relations sont excellentes, dit-il, signifiant que l’Algérie était le second plus gros partenaire des États-Unis au Moyen-Orient après l’Arabie Saoudite et notre principal partenaire commercial en Afrique. La nouvelle approche du président Obama à la politique étrangère américaine a été « une bouffée d’air frais » et bien considérée par les pays en développement du monde. Mais cela signifiait qu’il y avait également des attentes élevées envers son administration. Bouteflika a prédit que nos relations bilatérales se poursuivront dans le bon sens. Il a ajouté que les États-Unis et l’Algérie sont allés de l’avant en coopération, tout en reconnaissant la valeur du dialogue à tous les niveaux. À cet égard, Bouteflika a déclaré qu’il était prêt à aider Ward et l’a invité à visiter l’Algérie à nouveau.

Coopération militaire ——————–

4. (S) Bouteflika attache de l’importance à la coopération militaro-militaire avec les États-Unis mais a noté que les exigences de l’utilisation finale de la surveillance contrevenaient à la souveraineté nationale de l’Algérie. Néanmoins des progrès ont été fait quand à la formation et la coopération technique. Bouteflika a dit que les capacités des forces américaines et algérienne était bien assimilées dans la région. Bouteflika a fait valoir avec franchise que les pourparlers directs étaient la clé du succès du dialogue militaire, reconnaissant aussi que dans certains cas, il y aurait des limites à l’étendue de la coopération. «Dites-nous ce que vous voulez, et nous vous dirons ce que nous pouvons faire ». L’Algérie, continua t-il, voulait être un partenaire stratégique pour les États-Unis dans la région, et non un adversaire.

 

William Ward (à gauche)

5. (S) Le général Ward a remercié M. Bouteflika pour son évaluation franche de notre relation militaro-militaire. Il a dit que le président, les secrétaires d’État et de la Défense, ainsi que les chefs d’état-major des armés des États-Unis, tous ont reconnu la valeur du partenariat américano-Algérien. Bouteflika a répondu qu’il allait nous aider à consolider ce partenariat. Ward à faire valoir qu’en renforçant notre partenariat, L’ Algérie devait nous dire comment nous pouvons contribuer au mieux pour atteindre nos objectifs commun. En dépit des propos malheureux prononcé à l’encontre de l’AFRICOM, Ward a rappelé avec sourire que son commandement n’avait pas été créé pour prendre en charge l’Afrique. Sans perdre un instant, Bouteflika a rétorqué avec un sourire encore plus grand qu’il en doutait avant jusqu’à la venue de Ward. Ward a déclaré que, alors que nous continuons notre dialogue militaire, nous voulons faire les choses que l’Algérie nous indique comme importantes. Ward a affirmé que l’Algérie a depuis longtemps reconnu le défi de l’extrémisme et a démontré sa capacité à riposter. L’ AFRICOM voudrait supporter l’Algérie et ses voisins dans cet effort. S’adressant aux réserves de Bouteflika concernant les exigences d’utilisation finale de surveillance, Ward a suggéré de focaliser nos efforts dans les domaines où la coopération a été possible, c’est à dire la formation et l’équipement. Il a reconnu que certaines lois et règlements américains peuvent empêcher pour l’instant la participation de l’Algérie dans d’autres formes d’engagement.

Relations civils-militaires ————————

6. (S) Bouteflika a souligné que l’armée algérienne respectait « absolument » l’autorité des responsables civils. « Ce n’est pas du tout comme en Turquie » dit-il. Bouteflika a affirmé que l’armée était obligée de prendre des mesures drastiques pendant les violences des années 1990 dans le but de préserver la nation. C’était une période difficile, mail l’ordre constitutionnel a été rétabli. « La maison est propre à présent » souligna t-il, « et je peux vous dire que l’armée obéit aux civils. Il n’y a qu’une constitution et tout le monde y obéit. » Bouteflika a reconnu, cependant, que les problèmes du passé hantaient encore le pays. Il a cité la presse étrangère faisant référence à l’Algérie comme une dictature et a fait valoir que le terme est parfois utilisé avec négligence. La Constitution algérienne a établi la primauté du droit. En 2004, il a été décidé qu’il n’y avait pas plus historique comme « légitimité révolutionnaire ». La seule légitimité est la constitution. « Tout le monde peut être candidat aux élections, conformément à la constitution, même un général ». Il fit une pause, puis sourit et dit, « mais les généraux connaissent les difficultés et aucun n’a été candidat pour le moment. »

Contre terrorisme —————-

7. (C) Bouteflika a dit que le terrorisme en Afrique a pris une tournure dangereuse. La situation somalienne est sans espoir, commenta t-il. Entre temps, la région du Sahel présente un ensemble complexe de questions. Heureusement, la plupart des pays du Sahel sont déterminés à coopérer et ont les possibilités de combattre la menace si ils travaillent ensemble. La Mauritanie a exprimé un engagement clair comme l’a fait le Niger, bien que Bouteflika ait reconnu les préoccupations des États-Unis avec le Président Tandja. Cependant la pleine coopération du Mali reste insaisissable. Les politiques maliens ont échoués dans la création d’une zone stable dans le nord. Il s’en résulte une zone de non droits dans laquelle la contrebande, ainsi que des trafics d’armes et de drogues, rendent possible le terrorisme. Bouteflika a dit la région prête à s’attaquer à ce problème, des efforts bilatéraux et régionaux sont actuellement en cours. À cet égard, l’Algérie a suivi de près l’aide militaire américaine au Mali et au Niger.

 

Amadou Toumani Touré

8. (S) Ward a dit à Bouteflika qu’il avait prévu de visiter Bamako après Alger et voudrait encourager les responsables Maliens à coopérer dans la lutte contre le terrorisme dans la région. Les États-Unis ont fourni une assistance militaire au Mali, et nous espérions qu’il ait complété les travaux que menait l’Algérie. Ward a souligné que, en fin de compte, la destruction du terrorisme revenait à la région. Bouteflika a exprimé son appréciation pour l’assistance américaine au Mali et a dit que l’Algérie fournirait aussi une aide, incluant un peu d’équipement. Bouteflika a exhorté les États-Unis de dire au président malien Amadou Toumani Toure qu’ « il ne pouvait être l’ami des voleurs et des victimes en même temps ». De nombreux services de sécurité malien ont partagé la même préoccupation, affirma Bouteflika . Dans le passé, dit-il, l’Algérie a attendu d’avoir la chance de débriefer des suspects terroristes détenus au Mali, pour découvrir plus tard que les officiels malien menaient des négociations afin de rendre aux organisations terroristes les suspects détenus. « Il est difficile de coopérer dans ces conditions, » dit-il. En dépit des difficultés, Bouteflika a dit que les responsables régionaux planifient encore de tenir un sommet sur la sécurité et le développement à Bamako. Tous ont convenu sur la nécessité pour le sommet, dit-il, mais n’ont toujours pas fixé de date. Bouteflika a dit que l’Algérie serait ouverte à l’échange d’informations avec les USA concernant la coopération de l’Algérie avec ses voisins. Le Général Ward a dit que l’AFRICOM ferait la même chose pour l’Algérie en ce qui concerne les initiatives américaines dans la région.

XXXXXXXXXXXX

16. (S) La rencontre Ward-Bouteflika était importante dans un certain nombre de points. Le président algérien a parlé à plusieurs reprises de sa volonté de construire une relation stratégique avec les États-Unis. Il a transmis une volonté claire de renforcer la coordination et les contacts sur les questions de lutte contre le terrorisme au Sahel. Le simple fait de la rencontre avec le président était lui-même le feu vert à la bureaucratie militaire dans l’accélération de la coopération bilatérale militaire. Enfin et surtout, la réception officielle chaleureuse et de haut niveau a fourni un antidote puissant au mythe négatif et persistant quand aux commandement africains depuis le déploiement. Il était aussi remarquable que, en la présence de trois généraux, incluant le chef d’état major, Bouteflika parle avec assurance à Ward du contrôle des civils sur l’armée. Il a décrit les origines révolutionnaires de l’influence militaire en Algérie, il a dit que cette soit disant légitimité révolutionnaire prit fin en 2004 et que les militaires obéissent maintenant aux civils et qu’ils obéissent tous à la constitution. Au cours de son analyse des enjeux politique régionaux, Bouteflika a explosé les positions algériennes dans des termes familiers. Mais en faisant ainsi, il a aussi donné une note fortement positive au Maroc et au message du roi. Clairement, dans le contexte de l’émotion forte et de l’agitation autour de la controverse de la Coupe du Monde avec l’Égypte, le message de félicitation de Mohammed VI a touché une corde sensible avec Bouteflika. JORDAN