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Les affrontements continuent dans les pays du Golfe où les gouvernements sont prompts à réprimer les manifestations dans un bain de sang.

Le Yemen est dans un état de quasi guerre civile et semble suivre un scénario à la Libyenne. Des défections se font jour dans la diplomatie et dans l’armée. Les chefs de la tribu la plus puissante du Yemen, les hashid, ont rejoint l’insurrection. Les insurgés du sud-est et chiites dans le Nord sont passés à l’offensive. 6 policiers yéménites sont morts dans une attentat à la bombe à Aden dans le sud du pays (almotamar.net). La police de Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, a annoncé avoir saisi une cargaison de 16 000 pistolets à destination du Yemen (emirates 24/7). Le président Saleh acculé à la sortie par la population civile et la communauté internationale, essaie de se maintenir au pouvoir.

L’operation Yemen des Anonymous est en court. Vous pouvez avoir plus d’infos sur le pad, ici.

N’oublions pas non plus le Bahreïn, dont le sacrifice de la population semble être le pris à payer pour l’intervention en Libye. L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis qui ont envoyé des soldats au Bahreïn pour réprimer les manifestations soutiennent les bombardements des forces armées libyennes. On signale une fusillade dans la mosquée de Tubli, il y aurait des femmes et des enfants parmi les victimes.  La répression est particulièrement violente au Bahreïn comme le montre cette vidéo sur youtube qui montre des policiers tabasser un homme lors de la fouille de son véhicule:

On signale aussi que le corps de l’activiste Hani abdul aziz, kidnappé alors qu’il était hospitalisé, a été retrouvé sans vie.  Une vidéo a été posté en hommage aux opposants tués:

Certes, on est loin des massacres de masse libyens où l’on parle en milliers de victimes et où les mercenaires de Kadhafi ont une productivité de plusieurs centaines de victimes par jour. Néanmoins, on parle de dizaines de morts par jour au Yemen. Plus de 10 personnes ont été tuées le vendredi 25 février. La veille, déjà 17 personnes avaient été abattues par les forces de l’ordre. L’armée n’hésite pas à tirer sur la foule à balles réelles comme le montre cette vidéo:

La situation devient d’autant plus critique que d’après amnesty international, le gouvernement tente de bloquer l’accès aux hôpitaux pour les blessés par balles lors des manifestations.

 

homme blessé par balles à Aden le 25/02

homme blessé par balles à Aden le 25/02

Le président Ali Abdallah Salleh au pouvoir depuis 32 ans se voit fragilisé par le soutien apporté par les tribus majoritaires au mouvement de contestation. Deux millions de Yéménites ont manifesté vendredi pour réclamer la fin de la mainmise d’un seul homme sur le pays qui n’a pas hésité à réprimer dans le sang toute opposition.

Sanaa, le 25 février

Prière pendant une manifestation à Sanaa, capitale du Yémen, le 25 février

Le soutien apporté par les chefs des tribus majoritaires au mouvement de contestation montre que l’on n’a pas affaire simplement à une opposition sécessionniste du Sud ou religieuse de la part de la minorité chiite. Les manifestants ne souhaitent que deux choses; la démocratie et la justice, pour permettre un développement équitable.

Des affrontements ont éclaté, mercredi 16 février, dans l’après-midi à Aden, principale ville du sud du Yemen, entre les forces de sécurité et des centaines de manifestants, faisant un mort et trois blessés parmi les manifestants.

Ces derniers ont pris d’assaut le siège de la municipalité à Mansoura, un des quartiers d’Aden, et mis le feu à quatre voitures. Les forces de sécurité ont tiré pour disperser les protestataires, qui ont riposté en lançant des pierres sur les policiers.

‘ALI, DÉGAGE’

Deux manifestants ont été blessés par balle pendant ces heurts, a indiqué un responsable de l’hôpital Naqib, où ils ont été admis. Auparavant, un autre avait été grièvement blessé par des tirs des forces antiémeutes qui tentaient de disperser des centaines de jeunes qui s’étaient regroupés sur une place servant de gare routière dans le quartier pour y effectuer un sit-in, selon le correspondant.

‘Ali, dégage’, criaient les manifestants à l’adresse du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans. Ces heurts sont intervenus alors que des affrontements ont opposé pour la quatrième journée consécutive des étudiants réclamant la chute du régime à des partisans du pouvoir à Sanaa.

Etat indépendant jusqu’en 1990, le sud du Yémen est le théâtre d’une contestation de Sudistes qui réclament l’autonomie voire l’indépendance.