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La fuite de substances radioactives et l’incendie provoqués par le séisme ont relancé le débat autour de la sécurité de la technologie nucléaire dont l’archipel tire un tiers de son électricité … et ce, d’autant plus que TEPCO a reconnu que la centrale, dont le premier réacteur est entré en service il y a vingt ans, n’était pas conçue pour résister à un séisme d’une telle puissance (source: leblogfinance.com)

Il ne s’agit pas de Fukushima mais d’un séisme d’une magnitude de 6,8 le 16 juillet 2007 qui a touché la centrale nucléaire de Kashiwazki-Kariwa qui est la plus puissante au monde. Un séisme avait causé un incendie et une fuite d’eau radioactive dont les conséquences semblent avoir été minimes.  Il s’agit du premier cas connu d’incendie dans une centrale nucléaire résultant d’un tremblement de terre. Le câble pointe la lenteur de la réaction de TEPCO face aux évènements ainsi que son manque de transparence. Vous pouvez consulter la page de wikipédia sur le séisme de Chūetsu-oki qui rend compte des incidents à la centrale de Kashiwazki-Kariwa.

tepco

"TEPCO, la compagnie qui gère le réacteur de Fukushima, a un sérieux passif de falsifications de rapports d'inspection" par Carlos Latuff pour le Monthly review

Extrait de l’article de wikipédia sur TEPCO:

La société TEPCO est mise en cause en 2002 par le gouvernement japonais pour falsification d’une trentaine de rapports[8], concernant notamment des fissures dans la structure de treize de ses réacteurs nucléaires[9],[10],[11], ce depuis les années 1970, début des constructions de centrales au Japon[12], et pour avoir dissimulé des accidents nucléaires, dont celui qui a conduit à une réaction en chaîne incontrôlée en 1978 dans le réacteur №3 de Fukushima[9],[12].

Des témoignages d’employés tendent à penser qu’elle « fait passer la rentabilité à court terme avant l’impératif de sécurité à long terme »[12]. Elle est critiquée pour avoir recours pour la maintenance de ses centrales à des « sous-traitants souvent inexpérimentés »[12]. Enfin, lors de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, pour TEPCO, «  dans les deux premiers jours qui ont suivi le séisme et le tsunami, le souci de préserver les équipements semble l’avoir emporté sur la prise en compte du risque pour les populations »[12].

Sur le site de Fukushima travaillent majoritairement des intérimaires employés par des sous-traitants : en 2008 il y a 1 108 salariés réguliers de TEPCO ou d’autres entreprises, contre 9 195 employés de sous-traitants.[13] Or pour ces derniers, la NISA ne publie la répartition de la dose collective que centrale par centrale si bien que ces employés, qui passent de l’une à l’autre, n’ont pas accès au total de leur dose accumulée sur un an et plus, ce qui complique la reconnaissance en maladie professionnelle.[13] 255 ouvriers sous-traitants ont reçu en 1979 une dose supérieure à 10 mSv, contre seulement deux employés réguliers.[13]

Par ailleurs, TEPCO confie pendant l’accident de Fukushima les tâches les plus ingrates et les plus exposées aux rayons ionisants à des travailleurs sans formation qui sont précaires et considérés comme des parias de la société japonaise, notamment les Burakumin.[13],[14] Selon Paul Jobin, sociologue spécialiste du Japon, « la propagande de Tepco et de la Nisa sont là pour minimiser les risques » de ces employés qui gèrent la crise.[13

Abréviations utilisées:

* NPP: nuclear power plant = centrale nucléaire
* EST = environnement, science et technologies
* METI = Ministry of Economy, Trade and Industry = ministère du l’économie, du commerce et de l’industrie

N° de Référence Créé le Publié le Classification Origine
07TOKYO3263 2007-07-17 11:44 2011-05-07 05:00 NON CLASSIFIÉ Ambassade de Tokyo

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DE RUEHKO #3263/01 1981144

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E.O. 12958: N/A

TAGS: TRGY JA

OBJET: JAPON : ÉNERGIE NUCLÉAIRE : UN TREMBLEMENT DE TERRE EST À L’ORIGINE D’UN INCENDIE ET D’UNE FUITE D’EAU RADIOACTIVE DANS UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE

1) RÉSUMÉ: Le 16 juillet 2007, un tremblement de terre a entrainé un incendie et une fuite radioactive à la centrale nucléaire (NPP) [NDLR: nuclear power plant, centrale nucléaire] de Kashiwazki-Kariwa et le METI [NDLR : Le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie au Japon]

a ordonné que le réacteur reste fermé en attendant les contrôles de sécurité. Un contact de Post à l’agence de sureté industrielle et nucléaire (NISA) japonaise a confirmé que les radiations ne posent aucun risque pour l’environnement comme l’avait annoncé Tokyo Electric Power Company (TEPCO). D’après le rapport de la NISA à l’AIEA, aussi transmis au Post, quatre des sept réacteurs étaient en marche au moment du séisme et tous sont tombés en panne et ont arrêté de fonctionner. Selon la NISA, il y a eu une fuite d’eau radioactive au troisième étage du bâtiment du réacteur de l’unité 6 (qui était arrêté pour une maintenance de routine). La radioactivité libérée dans la mer est estimée à 60 000 Bq pour 1,2 mètres cubes d’eau [NDLR : La radioactivité de l’eau du robinet est de 1000 Bequerels par mètre cube. Elle est de 100 000 pour les déchets à «faible activité». TEPCO annoncera encore plus tard que la radioactivité estimée serait plutôt de 90 000 becquerels par mètre cube] . Le feu a pris dans un transformeur qui fournissait l’électricité à l’unité 3. Fin du Résumé.

Confusion initiale RE: fuite d’eau radioactive

2) Le 16 juillet 2007 à 10h13 du matin, un séisme de magnitude de 6,8 a interrompu les opérations quotidiennes à la plus grande NPP du monde, la NPP de TEPCO de Kashiwazaki-Kariwa située dans la préfecture de Niigata sur la mer du Japon. Suite à la secousse, un transformeur d’électricité du bâtiment du réacteur numéro 3 a pris feu, rejetant alors un nuage noir de fumé dans l’air. Dans l’après-midi, l’incendie a été endigué et les officiels de TEPCO ont publié un communiqué affirmant qu’aucune fuite radioactive n’avait été detectée. Plus tard dans la journée, cependant, TEPCO a annoncé que de l’eau contenant des substances radioactives a fui mais qu’aucun impact négatif sur l’environnement n’avait été détecté. L’officiel EST a parlé avec M.Keiichi Yoshida, le dirigeant du département de communication de l’entreprise, qui a confirmé ce qui a été publié dans la presse.

centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en feu

centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en feu, on voit le nuage de fumée noire. photo prise sur le blog ghandivert

3) Selon M. Fumiaki Hayakawa, le directeur adjoint aux situations d’urgence de l’Agence de Sureté industrielle et nucléaire (NISA), le niveau des radiations émise était inférieur au seuil légal. M. Hiroyoshi Koizumi, haut représentant aux relations internationales de l’Organisation de sureté de l’énergie nucléaire japonaise (JNES), la direction de l’information sur la recherche en matière de sureté nucléaire a publié un rapport officiel d’évaluation, qui a aussi été envoyé à l’AIEA et au NRC [NDLR : US Nuclear Regulatory Commission, équivalent de l’autorité de sureté du nucléaire en France]. Finalement, M. Kazuko Nagura, sépcialiste de la sureté nucléaire à la direction des relations internationales du ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), a dit que le gouvernement japonais est actuellement en train d’enquêter pour déterminer la cause exacte de la fuite d’eau et qu’il publiera des nouvelles à ce sujet. L’ambassade continuera de transmettre toute information nouvelle venant des officiels du gouvernement japonais.

INCENDIE DANS UN TRANSFORMATEUR DE L’UNITÉ 3

4) Le tremblement de terre a frappé le matin entre 10h13 et 10h27, les officiels de TEPCO ont appelé les pompiers pour un incendie mineur au transformateur de l’unité 3 qui fournit l’électricité à l’infrastructure. A 11h58, le feu était éteint. Au moment du tremblement de terre les réacteurs 2, 3, 4 et 7 se sont automatiquement arrêtés comme prévu. Les trois autres réacteurs étaient sous le coup d’inspections de routine. TEPCO a affirmé dans un communiqué qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée par les systèmes de surveillance. Cependant, TEPCO a été critiqué pour avoir pris trop de temps à mettre un terme à l’incendie. Il y a eu des dommages mineurs à un bâtiment de service voisin, mais cela n’a pas affecté directement le fonctionnement du réacteur.

FUITE D’EAU RADIOACTIVE À L’UNITÉ 6

5) Mr. Yoshida a affirmé que juste avant la conférence de presse de TEPCO à une heure de l’après-midi, un employé de TEPCO a découvert que de l’eau fuyait probablement de la piscine des combustibles usés. Cependant, TEPCO n’en a pas informé le public car la fuite n’était pas officiellement confirmée au moment de la conférence de presse. Après que les autorités légitimes aient enquêtées sur la situation, TEPCO a organisé une autre conférence de presse après six heures du soir et a annoncé qu’une faible quantité de substances radioactives s’est répandue dans la mer du Japon.

6) Selon l’officiel japonais, de l’eau qui fuyait a été observée au troisième étage et au milieu du troisième étage du bâtiment du réacteur 6, dont l’activité était suspendue au moment du tremblement de terre pour des inspections périodiques. La fuite d’eau a été estimée à 0,6L, 2.8×10 2Bq au troisième étage et 0,9L, 1,6×10 4BQ au milieu du troisième étage. La quantité d’eau qui s’est écoulée dans la mer est estimée à 1,2 mètres cubes d’eau à une radioactivité de 60 000 Bq. Les officiels du gouvernement ont affirmé que c’est la première fois que des substances radioactives s’échappaient d’un NPP à cause d’un tremblement de terre et qu’ils mènent une enquête minutieuse pour déterminer les causes de l’incident.

(NOTE: M. Yoshida a affirmé que des substances radioactives dans ont fui du réacteur vers la mer avant mais jamais à cause d’un tremblement de terre). En raison de l’incident, le ministre du METI Akira Amari a dit au président de TEPCO Tsunehisa Katsumata de ne pas reprendre les opérations de son NPP tant que des mesures préventives ne sont pas prises et que la sécurité n’est pas assurée. Jusqu’à ce jour, aucun événement inhabituel dans les autres centrales nucléaires relativement proches de la zone touchée par le séisme, comme les NPPs de Shika et de Fukushima n’a été signalé.

carte des centrales nucléaires au Japon

carte prise sur leblogfinance.com

SCHIEFFER

Contexte:

L’année 2005 a été cruciale pour le Moyen-Orient:

  • Le 14 février 2005, l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri hostile à la tutelle syrienne est assassiné à Beyrouth. Très vite, le Hezbollah et la Syrie sont soupçonnés d’être derrière l’attentat. Les manifestations pour réclamer le départ des forces armées syriennes et la vérité sur l’attentat deviennent quotidienne, le 14 mars 2005, un millions de Libanais sont dans la rue à Beyrouth. La révolution du cèdre aboutit au départ des soldats syriens fin avril 2005. Le régime de Bachar el Assad sort considérablement affaibli et marginalisé de cette épreuve. Le président syrien fera son retour en grace en 2008 quand il assista au défilé du 14 juillet à côté du président français, Nicolas Sarkozy.
  • Le 8 août 2005, quelques jours après l’élection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, l’Iran reprend la conversion de l’uranium, faisant voler en éclats l’accord passé avec trois pays de l’Union Européenne (Allemagne, France et Royaume-Uni). L’affaire sera portée par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) devant le conseil de sécurité de l’ONU le 11 août qui décide d’un renvoi pour le mois de mars de l’année suivante.
    • En novembre 2004, l’Iran, menacée d’être trainée devant le conseil de sécurité pour violation du traité de non prolifération (TNP) nucléaire, avait accepté de suspendre son programme d’enrichissement et l’assemblage des centrifugeuses en échange de la coopération de trois pays de l’UE (Allemagne, France et Royaume-Uni) d’où le nom anglais de « EU-3 ageement ». Pour savoir plus sur le rôle de l’UE dans le dossier nucléaire iranien, cliquez ici pour lire le rapport du 9 décembre 2009 de l’Institut de Recherche International et Stratégique (IRIS) et de la maison de l’Europe à Paris.
    • Cet accord a été violemment critiqué par les conservateurs iraniens proche du guide suprême Ali Khamenei. L’ancien président Rafsanjani (de 1989 à 1997) est donné favori à l’élection présidentielle. Il est réputé modéré comme le président de l’époque Khatami, partisan de la poursuite du programme nucléaire mais ouvert au dialogue avec la communauté internationale. Rafsanjani, en tête au premier tour avec 21% des voix, perd au second tour en récoltant seulement 35% des voix face au maire de Téhéran et outsider, Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier est réputé ultra-conservateur et proche du guide suprême Ali Khamenei. Dès sa prestation de serment, le nouveau président annonce la reprise du programme nucléaire iranien. Des articles d’époque:

Le câble relate une entrevue du 17 juin 2005 avec le chef du Mossad (les services secrets israéliens) , Meir Dagan. Le câble a été rédigé le 29 juin. Il est important de faire attention aux dates pour éviter les anachronismes et de ne pas s’emmêler les pinceaux.

logo mossad

"Mossad" signifie "institut", le nom complet est "Institut pour les renseignements et les affaires spéciales". L'institut fondé en 1949 sous Ben Gourion est une des trois agences israéliennes de renseignement avec le Shabak (sécurité intérieure) et le Aman (sécurité militaire

Les protagonistes:

  • Meir Dagan, chef du Mossad de 2002 à 2011. Ancien officier qui a fait la guerre des six jours, celle du kippour et la première guerre du Liban, il a été nommé en 2002 par  le premier ministre Ariel Sharon. Cette année, le chef d’Etat israélien, Netanyahu a refusé de prolonger d’un an son mandat à la tête du Mossad après le scandale de l’assassinat d’un dirigeant du Hamas à Dubaï. Il est actuellement dirigeant de la compagnie des ports israéliens. Dans ce câble diplomatique, Dagan expose ses vues sur la Syrie et l’Iran aux autres protagonistes:
    • Sur la Syrie, bien que Bachar el Assad soit très affaibli, il ne s’attend pas à ce qu’il parte. Selon lui, tous les pays voisins ont intérêt à ce qu’un Bachar el Assad très faible soit au pouvoir pour maintenir le pouvoir dans la région. Ce serait pire selon Dagan si quelqu’un de plus radical remplaçait Bachar el-Assad à la tête de la Syrie. Il ne croit pas que l’agitation organisée par le très remuant Rifaat el Assad, le plus jeune frère d’Hafez el Assad et qui est donc l’oncle de Bachar, va déstabiliser le régime syrien. Il ne s’attend pas non plus à des réformes majeures de la part de Bachar el Assad bien qu’il se pavane sous des apparences plus progressistes que son père.
    • Concernant l’Iran, le chef du Mossad s’est lourdement trompé. Il ne s’attendait pas de changement en Iran pensant que Rafsanjani allait être élu facilement. Il pensait que l’Iran allait toujours maintenir le dialogue tout en essayant de s’engouffrer dans la première brèche venue pour poursuivre leur programme nucléaire. Dagan recommande d’accentuer les pressions sur l’Iran et de saisir le conseil de sécurité. On peut dire qu’il a eu tout faux. Ahmadinejad a écrasé Rafsajani et les sanctions contre l’Iran n’ont pas du tout dissuadé cette dernière de reprendre son programme nucléaire. Aujourd’hui, l’Iran affiche ouvertement avoir repris l’enrichissement de l’uranium.
  • David Welch, secrétaire adjoint aux affaires proches orientales (assistant secretary of state for near oriental affairs , NEA AS) de 2005 à 2008 aux côtés de Condoleeza Rice. Ancien ambassadeur des Etats-Unis en Egypte de 2001 à 2005, c’est lui aussi qui a signé l’accord de rétablissement des relations diplomatiques avec la Libye en 2008. Il a aussi pris parti pou le Maroc dans le conflit du Sahara Occidental. Actuellement, il dirige la division de Bechtel, le géant californien des travaux publics, pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
  • Elliot Abrams, adjoint au conseiller national à la sécurité de 2005 à janvier 2009 (voir article de wikipédia sur le conseil de sécurité nationale qui détermine la politique étrangère américaine). Il a aussi conseillé le président Reagan dans les années 80. A l’époque, il a été mêlé dans l’affaire Iran-Contra et a été condamné à une peine modique après avoir plaidé coupable. Il a finalement été gracié par George Bush père. C’est un néoconservateur pur et dur, membre du Project for a New American Century (PNAC) qui dès 1998 a publié une lettre ouverte au président Bill Clinton où il lui est demandé d’envahir l’Irak. Comme tout néoconservateur, il est pro-israélien et pense que les Etats-Unis suivent une destinée manifeste et se doivent donc d’être le gendarme du monde pour faire régner l’ordre et la démocratie.
N° de référence Rédigé le Publié le Classification Origine
05TELAVIV4107 2005-06-29 13:01 2011-04-08 05:05 CONFIDENTIEL Ambassade de Tel Aviv


Ce procès verbal est un extrait du câble original. Le texte entier du câble original n’est pas disponible.
« C O N F I D E N T I A L SECTION 01 OF 02 TEL AVIV 004107


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NEA FOR WELCH, CHENEY/DIBBLE, E.
NSC FOR ABRAMS/DANIN


E.O. 12958: DECL: 06/20/2010
TAGS: PREL PARM PGOV PTER MNUC IR SY IS GOI EXTERNAL
OBJET: LE CHEF DU MOSSAD DIT QUE LA SYRIE EST FAIBLE ET NE PRÉDIT AUCUN CHANGEMENT EN IRAN


Classifié par: L’ambassadeur Daniel C. Kurtzer pour les raisons 1.4(b) and (et (d).

1. (C) Résumé: Le chef du Mossad Meir Dagan a raconté au secrétaire adjoint aux affaires proches orientales [ NEA A/S] David Welch, l’adjoint du conseiller à la sécurité nationale [DNSA] Elliott Abrams et à l’ambassadeur le 17 juin, qu’en dépit de la faiblesse du président Bachar el Assad, il est peu probable que ce dernier soit remplacé prochainement. Les voisins de la Syrie préfèrent qu’Assad reste au pouvoir tout en étant faible, comme ça il est moins probable qu’il puisse se mêler des affaires de ses voisins. A propos de l’Iran, Dagan a prédit une victoire de l’ancien président Rafsandjani aux élections présidentielles [NDLR: L’élection a été gagné par l’ultra-conservateur Ahmadinejad qui a laminé Rafsandjani au second tour avec plus de 61% des voix] mais quoiqu’il en soit, cela changera peu de choses: l’Iran continuera à chercher d’échapper progressivement à l’accord de suspension [de son programme d’enrichissement d’uranium] avec les EU-3 [Royaume-Uni, France et Allemagne]. Dagan a dit que la résolution du conseil de sécurité de l’ONU réglementant l’accord avec les EU-3 fournirait un meilleur mécanisme pour prendre des mesures contre les violations récurrentes de bas-niveau. Fin du résumé

Syrie — Bachar est faible

Cliquez ici, si vous ne pouvez pas voir la vidéo.

Rifat el Assad

Rifat el Assad, le plus jeune frère de l'ancien président Hafez et oncle du président actuel, Bachar. Très controversé, il a fait bombarder la ville d'Hama lors de son soulèvement au début des années 80. C'est aussi le mouton noir de la famille el Assad. Vous pouvez lire une biographie sur le site de jeune Afrique et sur sa tentative de retour en Syrie vers 2005-2006

2. (C) Dans une rencontre lors de la visite du NEA A/S David Welch, de l’adjoint du conseiller à la sécurité nationale Elliot Abrams et de l’ambassadeur le 17 juin, Dagan a dit que le président Syrien est très faible. Bien qu’il a créé une ambiance que Dagan a qualifié de « changement politique spectaculaire », après le dernier congrès du parti Baas, il est devenu clair que « rien n’est en train de changer en Syrie ». Ceci dit, Dagan poursuivit, il y a des éléments libéraux [NDLR: pour les américains, libéral est plus synonyme de progressiste] désireux de prendre le risque de manifester contre le gouvernement. Les discussions sur le retour de Rifat Al-Assad [NDLR: le plus jeune frère de Hafez el Hassad et oncle de Bachar. Ancien numéro deux du régime, il a perpétré le bombardement de la ville d’Hama et il a été exilé après une tentative de coup d’Etat en 1998] et les graffitis en Syrie proclamant son retour, sont des signes de l’affaiblissement de Bachar el-Assad.  [NDLR: Rifat el-Assad avait fait circuler des rumeurs sur son retour après l’assassinat de Rafik Ariri qui a jeté la lumière des projecteurs sur les agissements de la Syrie. Son retour n’a pas eu lieu]. Le processus de renouvellement de la vieille garde continue en Syrie, a dit Dagan, mais il a réitéré son point de vue initial sur le fait que cela ne signifie pas de véritable changement. Les pays voisins ont vraiment peur que des radicaux remplacent Bachar en Syrie; il y a une préférence forte et partagée pour un un Bachad el-Assad faible — mais au pouvoir — . Si une alternative convenable devait se présenter, cette équation pourrait cependant changer.  Le plus important pour les élites syriennes  est de conserver le pouvoir aux mains des Alaouites. [NDLR: la famille el-Assad est de confession alaouite, une branche du Chiisme alors que la majorité de la population syrienne est sunnite]


4. (C) Interrogé sur comment la Syrie voyait les Etats-Unis, Dagan a répondu que les Syriens « prenaient votre politesse comme un compromis ». La Syrie, selon le point de vue de Dagan, sera moins encline à se mêler des affaires de ses voisins si un Bachar el-Assad affaibli reste au pouvoir. D’un autre côté, la faiblesse de la Syrie signifie qu’elle sera incapable de contrôler la frontière Syrio-iraquienne. Un changement en Syrie aura aussi des conséquences négatives au Liban, Dagan a prédit.

IRAN – AUCUN CHANGEMENT

5. (C) Dagan et on équipe ont dit qu’ils s’attendaient à ce que l’ancien président Rafsanjani soit réélu en Iran, même s’il y aurait un deuxième tour [NDLR: Rafsandjani s’est fait écrasé au second tour par Ahmadinejad qui a récolté 61% des voix]. En tant que président, Dagan a prédit que Rafsanjani épouserait les mêmes idées que ses prédécesseurs mais avec un «meilleur emballage». L’ayatollah Khamenei reste encore très présent sur la scène, fit remarquer Dagan, une preuve de plus que les élections présidentielles ne signifieront pas de changement politique majeur.

6. (C) Dagan a affirmé que l’Iran continuera la même politique en ce qui concerne l’Irak, espérant que les Shiites gagneront un réel pouvoir après les élections. [NDLR: ce qui s’est effectivement passé avec la nomination du Chiite Nouri al-Maliki au poste de premier ministre en mai 2006] Dagan a prédit que la politique nucléaire de l’Iran resterait la même, tout comme leur politique envers le Hezbollah [NDLR: mouvement islamiste chiite au Liban, anti-israélien, pro-syrien et pro-iranien]. Le Mossad a découvert récemment comment le Hezbollah soutenu par l’Iran soutient financièrement le Djihad Islamique Palestinien (PIJ), a dit Dagan, au final l’argent destinée aux opérations du PIJ passe parles mains des agents des services de renseignement iraniens. L’Iran a déjà prouvé par le passé qu’elle peut freiner le Hezbollah quand ça l’arrange.

loo hezbollah

Le Hezbollah ou "parti de Dieu" a été fondé en 1982 pour lutter contre les forces armées israéliennes au Liban. C'est aussi un parti politique représenté au parlement libanais qui a déjà participé à plusieurs gouvernements. Financé par l'Iran et la Syrie, le hezbollah est considéré comme un mouvement terroriste par le Canada, les Etats-Unis et l'Australie. Vous pouvez retrouver une explication de l'emblème sur wikipédia.


  1. (C) Dagan a dit que l’Iran est très sensible aux pressions et c’est pourquoi elle devrait être «toujours soumises à une pression constante». Par exemple, Dagan a dit que les pressions européennes avaient finalement retardé les travaux sur le site nucléaire de Kashan, avec un nombre de travailleurs qui a été transferré ailleurs. Le DNSA Abramas a dit que les Etats-Unis sont opposés à tout compris sur le programme nucléaire iranien qui pourrait mener au développement du cycle du combustible nucléaire [NDLR:Le cycle du combustible nucléaire désigne l’ensemble des opérations nécessaires pour approvisionner en combustible les réacteurs nucléaires puis pour stocker, retraiter et recycler ce combustible] et qu’ils feront pression sur les Européens pour qu’ils maintiennent une ligne dure. Dagan a dit que l’Iran veut «plus que tout» contourner la suspension, et que même «le moindre compromis» qui laisse la porte ouverte pour des discussions ultérieures est suffisant. Le DNSA Abrams acquiesça, ajoutant que même une suspension à 100% basée sur le volontariat aurait les mêmes conséquences, vu le style iranien progressif de négociation.
cycle du combustible du nucléaire

cycle du combustible du nucléaire. Image et texte pris sur le site de la SFEN

Texte repris sur le site de la Société Française de l’énergie nucléaire (SFEN):Dans l’uranium naturel, on trouve, en proportion constante, deux sortes d’atomes (ou isotopes) : L’uranium 238 et l’uranium 235 qui constituent respectivement 99,3% et 0,7% du mélange. Seul l’uranium 235 est fissile. Certains types de réacteurs nucléaires (les plus répandus dans le monde) sont conçus pour fonctionner avec un combustible comportant une proportion d’uranium 235 supérieure à celle qui est présent à l’état naturel. Il convient donc d’augmenter jusqu’à 3% à 4% la teneur en isotope 235 de l’uranium naturel.

Divers procédés sont utilisés pour effectuer cette opération appelée « enrichissement ».


8. (C) Dagan a dit qu’Israël aimerait que plus de garanties soient imposés à l’Iran, utilisant les contrôles de sécurité comme un moyen de faire plus d’inspections et de renforcer le contrôle de l’AIEA. Une résolution du conseil de sécurité de l’ONU (UNSC) qui requiert un arrêt de toutes les activités prohibées serait aussi utile, cela traduirait les exigences des EU-3 sous une forme contraignante. Le personnel de Dagan a affirmé qu’il y avait déjà eu des violations suffisantes ces cinq derniers mois pour ouvrir la voie à une résolution de l’UNSC.

9. (U) L’A/S Welch et le DNSA Abrams ont effacé ce message.

KURTZER