Articles Tagués ‘amnesty international’

L’organisation non gouvernementale Amnesty International a appelé aujourd’hui, le lundi 19 mars l’Otan à mener une enquête exhaustive sur les civils tués dans ses raids aériens en Libye, l’appel lancé dans une nouvelle synthèse de l’organisation intitulée « Libya: The forgotten victims of NATO Strikes / Libye : Les victimes oubliées des frappes aériennes de l’OTAN » et publiée un an après le déroulement des premières frappes sur le site de l’ONG de défense des droits de l’homme.

Amnesty International "Lybie : Les victimes oubliés des frappes aériennes de l’OTAN"

Amnesty International "Libye : Les victimes oubliés des frappes aériennes de l’OTAN"

Le rapport composé de 22 pages explique que de très nombreux civils libyens qui n’étaient pas impliqués dans les combats ont été tués et beaucoup d’autres blessés, pour la plupart chez eux, par les frappes aériennes de l’OTAN. Elle ajoute que l’OTAN n’a pas mené les investigations nécessaires, ni même tenté d’entrer en contact avec les survivants et les familles des victimes.

Les équipes d’Amnesty qui se sont rendues sur plusieurs sites durant le mois janvier et le mois de février où ont eu lieu des frappes aériennes de l’OTAN, ont recensé 55 victimes civiles identifiées, dont 16 enfants et 14 femmes tuées dans le cadre de frappes aériennes à Tripoli, Zlitan, Majer, Syrte et Brega dont certains de ces pertes sont dues à des frappes aériennes lancées contre des logements privés.

Ali Hamed Gafez près des ruines de sa maison à MajerAli Ali Hamed Gafez près des ruines de sa maison à Majer, le 8 Août 2011 © Amnesty International, 8 Août 2011 © Amnesty International

Ali Hamed Gafez près des ruines de sa maison à Majer, le 8 Août 2011 © Amnesty International, 8 Août 2011

Le rapport  a ajouté que dans la soirée du 8 août 2011, deux maisons appartenant aux familles Gafez et al Jaarud ont été touchées à Majer, à l’ouest de Misratah. Selon des membres de la famille qui ont survécu à cette attaque, 34 civils, dont huit enfants et huit femmes, ont été tués et plusieurs ont été blessés lors de trois frappes distinctes. D’après la famille, aucune personne n’était présente ni aucune activité engagée près de leur domicile qui pourrait expliquer ces attaques.

« Il est profondément décevant que plus de quatre mois après la fin de l’opération militaire, les victimes qui ont survécu et les familles des personnes tuées par les frappes aériennes de l’OTAN ne sachent toujours pas ce qui s’est passé ni qui était responsable », a estimé « Donatella Rovera », conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

Le rapport qui reconnu que l’OTAN a déployé des efforts appuyés afin de réduire le risque de pertes civiles, notamment en utilisant des munitions à guidage de précision et, parfois, en avertissant au préalable les habitants des zones visées. Toutefois, cela ne décharge pas l’OTAN d’enquêter sur les frappes qui ont blessé et tué de nombreux civils et d’octroyer des réparations aux victimes et à leurs familles.

L’ONG internationale estime que l’OTAN est obligé de veiller à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies soient menées dans les meilleurs délais sur toutes les allégations de graves violations du droit international imputables aux participants de l’opération « Unified Protector » et à ce que leurs conclusions soient rendues publiques. Lorsqu’il existe suffisamment de preuves recevables, les suspects doivent être poursuivis.

Le rapport complet d’Amnesty International intitulée « Libye : Les victimes oubliées des frappes aériennes de l’OTAN » (en anglais) est accessible ici.

« Les exportations d’armes vers des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord illustrent l’insuffisance des contrôles de trafic d’armes (Arms Transfer To The Middle East And North Africa « MENA »: Lessons For An Effective Arms Trade Treaty) » est le titre du nouveau rapport publié ce mercrdi 19 octobre par l’organisation non gouvernementale, Amnesty International. Le rapport composé de 100 pages se penche sur les transferts d’armes effectués vers les pays répressifs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avant les soulèvements de leurs peuples durant l’année 2011 tels que, l’Égypte, Bahreïn, la Libye, la Syrie et le Yémen depuis 2005.

Rapport d'Amnesty International

Photo prise par : © Peter Macdiarmid/Getty Images – Violents affrontements entre les forces de police et les manifestants anti gouvernement près de la mosquée d’El Istikama à El Giza, Le Caire, Egypt.

Les rédacteurs de ce rapport ont compilé entre les données des Nations Unis, l’Union Européenne et les ressources Nationales pour identifier les fournisseurs d’armes (Un pays comme la Russie ne publie pas de rapport annuel sur ses exportations d’armes, ce qui signifie que les transferts de ce type dans la région ne peuvent être quantifiés), les chiffres ont montré que les pays qui sont devenus actuellement très solidaire avec la population de du monde arabe comme l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, les États-Unis, la France, l’Italie, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Russie, étaient les principaux fournisseurs d’armes  aux gouvernements dictatoriaux des cinq pays cités dans le rapport, le tableau suivant montre pour chaque pays qui étaient les principaux fournisseurs d’armes (pour quelques pays comme El Bahreïn et le Yémen, ils le sont toujours) :

« Au moins 20 États ont vendu et fourni des armes légères, des munitions, du gaz lacrymogène, des agents antiémeutes et d’autres équipements à l’Égypte, les États-Unis en tête avec des livraisons d’un montant de 1,3 milliards de dollars annuels (soit un peu plus de 940 millions d’euros). Ses autres fournisseurs incluent l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, l’Italie et la Suisse. …Les forces de sécurité égyptiennes et bahreïnites ont utilisé un grand nombre de fusils, avec des conséquences dévastatrices et meurtrières. »

« Au moins 11 États ont fourni au Yémen une assistance militaire ou autorisé l’exportation d’armes, de munitions et d’équipements associés vers ce pays, où quelque 200 manifestants ont perdu la vie en 2011. Ceux-ci incluent l’Allemagne, la Bulgarie, les États-Unis, l’Italie, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l’Ukraine. »

Malgré les mesures prises par la communauté internationale cette année afin de limiter les exportations d’armes vers les 5 pays cités dans le rapport.  L’organisation a cependant rappelé que les protocoles en vigueur visant à réguler les exportations d’armes n’ont pas permis d’empêcher les transferts, par exemple, malgré la répression brutale qui continue à viser les manifestants, la communauté internationale n’a pas pris de mesures fortes pour mettre un terme aux transferts d’armes vers le Yémen.

Les recherches de l’ONG « Amnesty International » ont mis en évidence l’échec total des mesures de contrôle existantes concernant la vente d’armements, ainsi que la nécessité d’un traité sur le commerce des armes prenant pleinement en compte le besoin de respecter les droits humains, certains pays comme la Russie ne publie pas de rapport annuel sur ses exportations d’armes (Selon les recherches de l’ONG, 10 % des exportations d’armes de la Russie seraient à destination de la Syrie), ce qui signifie que les transferts de ce type dans la région ne peuvent être quantifiés.

Zoom sur le trafic d’armes vers la Lybie : les fournisseurs ont été payés deux fois !

Une grande partie de ce rapport (presque 17 pages) est consacré à la Lybie, le rapport a identifié 10 États – dont l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et la Russie – dont le gouvernement a autorisé la vente d’armements, de munitions et d’équipements associés au régime répressif du colonel Mouammar Kadhafi, en Libye, depuis 2005.

 « Des bombes à sous-munitions et des projectiles de mortier MAT-120 de fabrication espagnole, pour lesquels une licence d'exportation a été octroyée en 2007, ont été retrouvés à Misratah par les chercheurs d’Amnesty International lorsque les forces du colonel Kadhafi pilonnaient cette ville, ….. Ces équipements sont désormais prohibés par la Convention des Nations Unies sur les armes à sous-munitions, que l'Espagne a signée moins d'un an après avoir fourni des sous-munitions à la Libye. »

« Des bombes à sous-munitions et des projectiles de mortier MAT-120 de fabrication espagnole, pour lesquels une licence d’exportation a été octroyée en 2007, ont été retrouvés à Misratah par les chercheurs d’Amnesty International lorsque les forces du colonel Kadhafi pilonnaient cette ville, ….. Ces équipements sont désormais prohibés par la Convention des Nations Unies sur les armes à sous-munitions, que l’Espagne a signée moins d’un an après avoir fourni des sous-munitions à la Libye. »

Durant le conflit, les forces du colonel Mouammar Kadhafi ont commis des crimes de guerre et des violations susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité, ces forces ont utilisé des armes lourdes tels que les chars, les bombes à sous-munitions, les mines anti-personnel et les roquettes Grad contre les forces du CNT en pleine zones surpeuplés comme Misratah, ces roquettes conçues pour frapper sans discrimination et largement utilisées par les deux camps ont causé des dégâts humaines et matériels importants.

Avertissement : les vidéos suivantes, prise après la chute de Tripoli comportent des scènes sensibles.

Selon le rapport, la France et le Qatar, ont fourni à plusieurs reprises des armes aux forces de l’opposition pendant le conflit, un haut diplomate français a déclaré que l’aviation militaire française a délivré une cargaison d’armes à des civils libyens et que ces civils étaient sur le point d’être massacré par les forces pro Kadhafi. Une autre cargaison d’armes en provenance de Qatar (de fabrication française) a été délivrée aux forces du CNT, selon un chercheur de l’ONG, les autorités Qatarienne ont fourni des munitions à l’opposition depuis le début du moi d’avril dernier.

Malgré l’embargo sur les armes appliqué sur la Lybie depuis le 26 février 2011, la chine a proposé au régime de Muammar Kadhafi une offre d’armes et de munitions d’un montant de 200 millions dollars, ces négociations secrètes ont fait l’objet d’une enquête publié par le journal canadien The Globe and Mail le 2 septembre 2011.

Le rapport complet d’Amnesty International sur les exportations d’armes vers des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord (en anglais) est accessible ici

Des relations controversés entre le régime de Mouammar Kadhafi et l’occident avant le conflit libyen.

Des documents découverts le 3 septembre 2011 par Human Rights Watch à Tripoli et publié le 9 septembre dernier fournissent de nouveaux détails sur l’étroite coopération entre les États-Unis, le Royaume-Uni et les services de renseignements libyens relatifs au transfert de personnes suspectées de terrorisme.

Une capture d’écran d’un des documents secret adressé à Musa Kousa -le chef des services secrets libyenne- et publié par Human Rights Watch le 9 septembre 2011.

Une capture d’écran d’un des documents secret adressé à Musa Kousa -le chef des services secrets libyenne- et publié par Human Rights Watch le 9 septembre 2011.

Les documents trouvés à Tripoli montrent que les gouvernements américain (pendant le mandat du président George W. Bush) et britannique ont cherché à obtenir des promesses de traitement humain d’un gouvernement pourtant bien connu pour pratiquer la torture. Compte tenu du bilan de Mouammar Kadhafi en matière de torture et de mauvais traitements.

Ici pour consulter le document américain publié par Human Rights Watch.

Le rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en Algérie, élaborer par Amnesty International (ONG) a été rendu public le vendredi 13 Mai 2011. Liberté d’expression, d’association et de réunion, lutte contre le terrorisme et sécurité, discrimination et violences à l’égard des femmes, impunité – disparitions forcées, liberté de religion, peine de mort et droits des migrants, été les principaux aspects traités par le rapport d’Amnesty International.

Le rapport complet d’Amnesty International sur l’Algérie est accessible ici.

amnesty-international

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« Des défenseurs des droits humains et d’autres personnes ont été empêchés de tenir certaines réunions et manifestations. Des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité ont été arrêtées et incarcérées sans contact avec le monde extérieur. Des femmes victimes de violences liées au genre ont été privées de voies de recours. Des étrangers ont été arrêtés et expulsés sans pouvoir faire appel de cette décision. Des chrétiens ont été persécutés pour avoir pratiqué leur foi sans autorisation ; d’autres personnes ont été jugées pour avoir dénigré les préceptes de l’islam. Aucune exécution n’a été signalée, mais plus de 130 personnes ont été condamnées à mort. Les autorités n’ont pris aucune mesure pour lutter contre l’impunité dont bénéficiaient les responsables de disparitions forcées et d’autres atteintes graves aux droits humains perpétrées par le passé ». Ce n’est qu’un résumé sur un constat accablant sur la situation des droits de l’homme en Algérie.

Le rapport qui couvre l’année 2010, a précisé que les attentats à l’explosif lancés par des groupes armés dont, en particulier, Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ont fait au moins 45 morts parmi les civils et une centaine d’autres au sein de l’armée et des forces de sécurité.

Les opérations menés par les services de sécurité dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ont fait plus de 200 mort parmi les groupes armés islamistes, l’Amnesty accuse des agents du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) d’arrêter des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité et de les placer en garde à vue, parfois au-delà de la durée maximale de 12 jours prévue par la loi, dans des centres de détention non reconnus où elles risquaient d’être torturées ou autrement maltraitées.

Concernant le sujet des disparus, sujet qui embarrasse l’Algérie depuis les années 1990, Amnesty a constaté que les autorités n’ont pris aucune mesure pour enquêter sur les milliers de disparitions forcées et autres violations graves des droits humains qui ont eu lieu au cours du conflit interne des années 1990. Elles ont continué de mettre en application la Charte pour la paix et la réconciliation nationale (Ordonnance n° 06-01), qui accorde l’impunité aux forces de sécurité et octroie l’amnistie aux membres de groupes armés responsables d’atteintes flagrantes aux droits humains « un haut responsable gouvernemental a affirmé que 7 500 (terroristes repenti) avaient bénéficié d’une amnistie depuis 2005 ».

Le rapport a noté que l’an 2010 été marqué par des grèves, émeutes et manifestations organisées pour réclamer des emplois, des logements et de meilleurs salaires, et que des manifestants ont été arrêtés et ont fait l’objet de poursuites. Le rapport à cité et a critiqué l’interdiction de certains rassemblements et manifestations organisés par des défenseurs des droits humains, des journalistes et des proches de victimes de disparition forcée.

Discrimination et violences à l’égard des femmes, les attaques contre les temples protestants et chrétiens, Liberté religieuse, la peine de mort et la situation des travailleurs migrants en situation irrégulière en Algérie étaient aussi l’objet de ce rapport.

Le rapport d’Amnesty International vient quelques semaines après le rapport de l’ONU qui a critiqué la situation de la presse et des libertés publiques en Algérie dressé par le rapporteur spécial de l’ONU Frank La Rue (vous pouvez consulter l’article sur le rapport de l’ONU ici).

Le 19 mars devait être le jour de fête des 10 ans de l’alternance au Sénégal. Abdoulaye Wade rompait 40 ans d’hégémonie du parti socialiste en accédant à la présidence de la république. L’espoir de changement était immense, un président issu du parti démocratique sénégalais (PDS) d’orientation libérale prenait le pouvoir. Wade avait axé sa campagne sur l’économie et promettait des créations d’emploi pour résoudre le problème du chômage. Dix ans plus tard, on est forcé de constater que le compte n’y est pas. Le Sénégal est 144e au classement du Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD) par l’indice de développement humain (IDH) en 2010. Le taux de chômage est de 49%, la croissance inférieure à 3% du PIB est trop faible pour répondre aux besoins de la population mais l’inflation est à 4,2% (source: diplomatie.gouv.fr). Le nouveau président n’a pas tout à fait rompu avec les pratiques des anciens dirigeants. Dans un esprit de népotisme, il favorise sa famille notamment son fils, Karim, qui est ministre et qu’il aimerait bien voir lui succéder. Le respect des Droits de l’Homme s’est nettement dégradé à la faveur du second mandat du président Wade, le rapport 2010 d’amnesty international décrit une situation alarmante:

Dans le sud de la Casamance, des centaines de personnes ont été déplacées après la reprise de combats sporadiques entre l’armée sénégalaise et des membres présumés d’un mouvement séparatiste. Des policiers ont torturé des détenus sans que l’appareil judiciaire ne prenne de mesures. La répression de l’homosexualité masculine s’est intensifiée. Des médias et des journalistes indépendants ont été la cible de manœuvres de harcèlement visant à étouffer la liberté d’expression. Le procès d’Hissène Habré, l’ex-président du Tchad, n’a pas débuté.

Abdoulay Wade, chantre du libéralisme (surtout économique) a la main de plus en plus lourde pour faire taire les opposants:

Des médias et des journalistes indépendants ont été pris pour cibles, l’objectif étant d’étouffer la liberté d’expression et de faire taire les critiques à l’égard du président Abdoulaye Wade et de son gouvernement.

  • En mars, trois stations de radio de Dakar qui avaient commenté les élections locales ont vu leurs fréquences suspendues pour deux mois. La suspension a finalement été annulée au bout de quatre jours, la condition étant que les stations s’abstiennent de commenter l’actualité politique en période de campagne électorale.
  • Trois journalistes du Quotidien ont été convoqués par la police en août pour être entendus au sujet de la publication d’un article critique à l’égard du président Wade et de ministres de son gouvernement. L’audition s’est poursuivie sur deux jours.
manifestant brandissant une affiche contre Wade père et fils

manifestant brandissant une affiche contre Wade père et fils le 19 mars, "Wade Dégagent"

Le ras le bol de la population déçue s’est amplifiée et a débouché sur le mouvement « Y en a marre » lancé par le groupe de rap, Keur Gui (Lire le très bon article d’afrik.com pour ceux qui veulent en savoir plus sur le mouvement) qui a connu un essor très important après le forum social de Dakar en février. Les revendications portent en priorité sur l’amélioration du niveau de vie mais aussi sur les libertés politiques:

extrait d'une conversation sur twitter avec un jeune militant de "y en a marre"

extrait d'une conversation sur twitter avec une sympathisante du mouvement "y en a marre", qui se décrit comme une simple "citoyenne qui désapprouve le régime de Wade"

« Y en a marre » avait appelé à une marche le 19 mars, jour de commémoration par les militants du parti démocratique sénégalais de l’arrivée au pouvoir d’Abdoulay Wade. Les manifestations à Dakar, capitale du Sénégal, ont démarré place de l’indépendance pour finir place de l’obélisque.

parcours de la manifestation du 19 mars à Dakar, de la place de l'indépendance vers la place de l'obélisque

parcours de la manifestation du 19 mars à Dakar, de la place de l'indépendance vers la place de l'obélisque, capture d'écran de wikimapia retouchée par hayop

La situation s’était tendue ces derniers jours avec la crainte d’affrontements entre partisans et opposants du président. Après quelques tergiversations, la manifestation a été autorisée. La très dynamique Dakar était particulièrement calme ce matin, les gens préférant rester chez eux de peur des incidents. Ce matin, peu avant les manifestations, le gouvernement a affirmé, par la voie du ministre de la justice Cheikh Tidiane Sy, avoir déjoué une véritable tentative de coup d’Etat. Quinze personnes ont été arrêtées dans cette affaire, il est difficile de s’assurer de la véracité des chefs d’accusations contre les suspects impliqués. Les manifestants se sont d’abord regroupés place de l’indépendance, ils étaient environ 5000 selon l’agence de presse sénégalaise:

manifestants réunis place de l'indépendance à Dakar, le 19 mars en début d'après-midi

manifestants réunis place de l'indépendance à Dakar, le 19 mars en début d'après-midi

Il a aussi été fait échos d’affrontements et de course-poursuites entre policiers et manifestants, place de l’indépendance. Jeunes libéraux (militants du PDS) et socialistes (parti d’opposition) se sont affrontés à coup de jet de pierre. Selon le média publique ruepublique.net qui a suivi en direct les évènements, un jeune militant libéral été sévèrement tabassé.

Les manifestations place de l’obélisque se sont déroulées dans une ambiance plutôt bonne enfant d’après les témoignages recueillis. Les rappeurs à l’initiative de la manifestation ont réitéré à plusieurs reprises les appels au calme. Se sont ensuite enchainés chants et prise de parole sur une scène montée à l’occasion. La foule apparemment ne cesserait de grossir.

foule rassemblée place de l'obélisque le 19 mars à l'initiative du mouvement "y en a marre"

foule rassemblée place de l'obélisque le 19 mars à l'initiative du mouvement d'opposition "y en a marre"

Les organisateurs de la manifestation sont satisfaits. Le rappeur Khouman du groupe pee a parlé de « victoire de la jeunesse ». La présence de Serigne Mansour Sy Djamil, religieux populaire qui n’a pas hésité à s’opposer à la famille Wade, a été remarquée. Y en a marre a engrangé un succès symbolique en réussissant à organiser un évènement citoyen et compte bien continuer sur sa lancée.

La prochaine étape est la sensibilisation des jeunes pour l’inscription sur les listes électorales.