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Lors d’une réunion des délégués de la coordination autonome des étudiants à Alger (réunion délocalisée de l’université de Chlef à Alger en raison des pressions exercées par les responsables de l’université de Chlef, 200 km à l’ouest d’Alger). la coordination nationale autonome des étudiants (CNAE) a lancé un appel à une nouvelle marche pacifique ce lundi 02 Mai à 11H00 (heure locale), de la Grande poste au palais du gouvernement à Alger.

Appel à la marche lancé par la CNAE sur facebook

Appel à la marche lancé par la CNAE sur facebook

P.V DE REUNION / COORDINATION NATIONALE AUTONOME DES ETUDIANTS (C.N.A.E).

 (Vendredi 22 avril 2011)

L’an deux mille onze et le mardi dix neuf du mois d’avril, s’est tenue une réunion de la coordination nationale autonome des étudiants (C.N.A.E) au niveau de l’université de Chlef.

Etaient présents les universités suivantes : Alger – Blida – Bouira – Setif – Mostaganem – Béjaia– Boumerdes– Tizi Ouzou –Chlef.

Ordre du jour :

-1-Echange d’informations sur la situation dans les différentes universités du pays.

-2- évaluation de la Marche du 12 Avril.

-3- Perspectives et suites à donner au mouvement.

-4-Divers.

Dans le premier point inscrit à l’ordre du jour, les représentants des différentes universités ont eu à donner un bref aperçu sur la situation qui prévaut au sein de chaque université. Tout le monde s’est accordé à dire que les responsables locaux obéissant aux directives de la tutelle poussent au pourrissement à travers la provocation et parfois même les harcèlements et les agressions. Il a été signalé dans cette réunion que des poursuites judiciaires et des convocations pour comparution devant les conseils de discipline à l’encontre des étudiants et même des enseignants et travailleurs qui ont osé soutenir les étudiants ont été enregistré dans différentes universités.

Le cas des universités de Béjaia et de Chlef où les étudiants réclament respectivement le départ du recteur et du doyen de la faculté de droit et des sciences juridiques, qui ont fait le vide autour d’eux et l’unanimité contre eux en commettant abus et atteintes graves à l’intégrité morale et physique des étudiants, a été suffisamment discuté. A cet effet, les universités présentes ont manifesté leurs soutiens indéfectibles et leur solidarité avec leurs camarades.

Abordant le deuxième point, unanimement, les universités présentes, tout en dénonçant la répression sauvage et monstrueuse réservée à la marche des étudiants et à toutes les forces qui luttent pour un changement et un avenir meilleur pour notre pays, saluent la mobilisation exemplaire et historique des étudiants algériens qui ont fait preuve de lucidité, de courage et d’un haut degrés de conscience. Les représentants regrettent le traitement médiatique tendancieux qui tend à réduire, qualitativement et quantitativement, la marche qui a mobilisé plus de cent mille étudiants et qui était surtout pacifique. La coordination a tenu aussi à saluer tous ceux qui se sont solidarisés et contribuer à la réussite de cet événement fondateur.

Pour ce qui est des perspectives, après débat et discussion, il a été décidé ce qui suit :

  • Rédaction d’une déclaration
  • Elaboration d’un document explicite des revendications estudiantines ;
  • Constitution d’un collectif d’avocats pour la prise en charge des étudiants estés en justice
  • Gel systématique de toutes les activités pédagogiques pendant les actions la C.N.A.E.
  • Tenue de deux points de presse avant et après la marche.
  • Organisation d’une Marche pacifique estudiantine pour le lundi 02 Mai 2011 à 11H00 de la grande poste vers le palais du gouvernement.

NB :

  • les universités Msila et Laghouat n’ont pas pu rejoindre la réunion, néanmoins, adhèrent à la marche du 02 Mai et se disent accepter toutes les décisions de la CNAE.
  • La réunion de la CNAE s’est poursuivie à l’université d’Alger pour arrêter les modalités techniques d’organisation de la Marche.

 COORDINATION NATIONALE  AUTONOME DES ETUDIANTS

La coordiantion autonome des étudiants espèrent rééditer le coup de la marche du 12 Avril, quand plusieurs milliers d’étudiants ont bravé l’impressionnant dispositif de sécurité déployé par la police autour de la Grande Poste pour répondre à l’appelle à la marche lancé par la coordination, pour cela la CNAE lance un appel à tous les étudiants à participer massivement et activement à la marche éstudiante prévue ce lundi 02 mai, d’être vigilants et surtout ne pas répondre aux provocations de la police, pour donner un exemple de civisme et de responsabilité, afin de réussir la mobilisation des étudiants et satisfaire la plate-forme de revendication national de l’université algérienne.

PLATE-FORME DE REVENDICATIONS DE L’UNIVERSITE ALGERIENNE AJUSTEE LORS DE LA DERNIERE REUNION DE LA CNAE

(Vendredi 29 avril 2011)

І-Le volet Pédagogique :

1- La démocratisation de l’université algérienne (Engagement financier conséquent de l’Etat, élection des responsables de l’université : Recteurs, Doyens, chefs de départements…, Prise de décision avec concertation entre les différentes parties qui composent la communauté universitaire).

2- L’unification de la carte d’étudiant avec accès libre à toutes les universités ainsi qu’à toutes les résidences universitaires.

3- Tenue d’Etats Généraux de l’université pour l’évaluation des deux systèmes.

4- Elaboration des textes régissant les deux systèmes avec concertation des acteurs concernés.

5- Le maintien des deux systèmes et laisser le choix aux étudiants.

6- Réouverture des concours Magister avec plus de postes.

7- Faciliter les conditions d’accès au Master І et ІІ pour les titulaires de diplômes de licence.

8- Ouverture de nouvelles filières.

9- L’ouverture des départements d’anthropologie et la réouverture des départements de traduction et interprétariat au niveau national.

10- La valorisation des diplômes universitaires, des instituts et des écoles et leur reconnaissance par la fonction publique.

11- La réhabilitation de l’école CAPA au niveau de toutes les universités conformément à l’ancienne loi avec accès sans conditions.

12- L’assurance de postes d’emploi décents pour tous les étudiants diplômés.

13- La possibilité pour les titulaires de diplômes de licence d’accéder aux postes de l’enseignement secondaire.

14- La généralisation des langues étrangères dans les enseignements moyen, secondaire et universitaire.

15- La généralisation de la langue Tamazight au niveau national.

16- La centralisation de l’enseignement de chaque filière dans une même enceinte universitaire.

17- Création des centres de recherche et d’un organe de recherche national et leur dotation d’un budget conséquent.

18- Décréter l’enseignement du service public comme constante nationale.

19- La suppression de la carte militaire comme condition d’accès aux concours de recrutement.

20- La dissolution des organisations satellites.

ІІ-le volet social :

1- Une meilleure prise en charge de l’étudiant sur le plan social.

2- L’augmentation de la bourse d’études à 15000 DA/3Mois au minimum avec possibilité de révision en fonction de l’évolution des conditions de vie (Echelle mobile des bourses)

3- L’amélioration du service de transport universitaire, réduction des prix du transport en commun pour tous les étudiants et surtout pour les étudiants du Sud.

4- Construction d’infrastructures conséquentes.

5- La dotation de toutes les universités de différents moyens de loisirs et de divertissements.

COORDINATION NATIONALE  AUTONOME DES ETUDIANTS

On rappelle que la marche des étudiants du 12 avril dernier s’est transformé en affrontements entre étudiants et forces anti émeutes à proximité du siège de la présidence, ces affrontements ont fait des dizaines de blessés parmi les étudiants et plusieurs policiers ont également été touchés.

Venus des différentes universités du pays, plusieurs milliers d’étudiants ont bravé pour la première fois depuis des années l’impressionnant dispositif de sécurité déployé par la police autour de la Grande Poste pour répondre à l’appelle à la marche lancé par la coordination autonome des étudiants vers le Palais du Gouvernement comme prévu.

Le cordon sécuritaire placé à l'entrée du tunnel des Facultés

Le cordon sécuritaire placé à l’entrée du tunnel des Facultés

Devant le cordon sécuritaire important placé à l’entrée du tunnel des Facultés pour empêcher la marche vers le Palais du Gouvernement de commencer.

Les milliers d’étudiants ont foncé sur des barrières métalliques, érigées par la police au niveau de la Grande poste, et entament leur marche vers la Présidence de la République, à El Mouradia, sur les hauteurs d’Alger.

Début de la marche des étudiants

Début de la marche des étudiants

Scandaient des slogans hostiles au pouvoir et en faveur de la démocratie « Pouvoir assassin », « Zenga, zenga, dar bdar, houkouma tachâal ennar » (le gouvernement met le feu dans toutes les ruelles et dans toutes les maisons), slogan inspiré d’un discours de Kadhafi, « y en a marre du ministère, y en a marre de la misère », « Nous ne sommes pas des voyous, nous sommes des étudiants » « Dégage Haraoubia [ministre de l’Enseignement supérieur], on est toujours des révolutionnaires »

Vers 12 h 15: La tentative policière de bloquer la progression des étudiants vers la Présidence de la république par la force a échoué, la marche à tourné à l’affrontement au niveau de l’avenue Pékin, non loin de la Présidence de la république, des dizaines de blessés parmi les manifestants selon le journaliste d’Elwatan.

La police charge violement les étudiants

La police charge violement les étudiants

La police charge violement les étudiants

La police charge violement les étudiants

Une fois les étudiant ont réussi à atteindre le lycée Bouamama (Ex-Décartes), à quelques centaines de mètres du siège de la Présidence. Un impressionnant dispositif policier a été déployé à hauteur du lycée Bouamama pour empêcher que les étudiants n’accèdent au Palais présidentiel  d’El Mouradia, mais les étudiants n’ont pas arrêter leurs tentative de forcer le barrage sécuritaire, scandaient « El Châab yourid iskat el nidham » ( le peuple veut la chute du système), « Bouteflika Ouyahia houkouma irhabia » (Bouteflika, Ouyahio, gouvernement terroriste) ou encore, « Y en a marre de ce pouvoir », la police à violement chargé les manifestants et ils ont réussi à repousser les étudiants jusqu’à proximité de l’hôtel El Djazair (ex-Saint-Georges). Les affrontements ont fait de nombreux blessés parmi les étudiants et plusieurs policiers ont également été touchés. Une cinquantaine d’étudiants ont été blessés et plusieurs autres ont été arrêtés, a constaté sur place un journaliste d’elwatan.com.  Les forces de sécurité ont usé de la matraque jusqu’à mettre en danger la vie de plusieurs étudiants qui se sont retrouvés avec de graves blessures à la tête.

Les étudiants à proximité de la Présidence de la République

Les étudiants à proximité de la Présidence de la République

Les policiers ont même tenté d’empêcher des étudiants de filmer ou de prendre des photos de la bastonnade. A rappeler qu’une vidéo était prise lundi 11 avril dans laquelle une étudiante est violemment repoussée par une policière avant de tomber par terre circule actuellement sur le net.

Les étudiants semblent satisfaits de leur action  et estiment avoir brisé un tabou. Celui de marcher dans la capitale, ont quitté vers 15h30 El Mouradia, ils ont même réussi à se rassembler à nouveau devant la Grande Poste, pour démontrer aux forces de sécurité que leur pratiques de répression n’ont pas eu raison de leur courage et de leur détermination à poursuivre leur marche à Alger.

La semaine dernière à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, a été agitée. Une pluie de coups de matraques et de gazs lacrymogènes s’est abattu sur les manifestants.

photo manifestation nouakchott

Photos de manifestants fuyant la police à Nouakchott le 25 mars, selon l'auteur de la photo "la police torture tous les manifestants arrêtés"

Nous avions déjà évoqué dans un autre article les premières manifestations en Mauritanie qui ont débuté le 25 février:

Pays très instable en proie à des coups d’Etat militaires réguliers, la Mauritanie est au main de la junte militaire depuis 2008. Le général mauritanien au pouvoir, Ould Abdel Aziz, est très lié à Kadhafi qui a lui permis d’asseoir son pouvoir . La déstabilisation de Kadhafi fragilise de facto le pouvoir mauritanien qui pouvait compter sur le soutien de la Libye. La contestation en Mauritanie est partie de manifestations anti-Kadhafi dans les lycées et les campus universitaires de Mauritanie. Pour les Anglophones, vous pouvez lire une analyse plus complète sur le blog the moor next door.

Les manifestants, principalement des jeunes dont beaucoup d’étudiants, réclament le départ de la junte militaire particulièrement fragilisé par l’affaiblissement de Kadhafi. Il faut savoir que le président Ould Abdel Aziz a rendu visite à Kadhafi le 17 mars, jour où a été voté la résolution 1973 par l’ONU qui avalisait la mise en place d’une no-fly zone en Libye (source kassataya.com). Cependant, le président mauritanien s’est démarqué ces derniers jours du guide libyen en limogeant la ministre des affaires étrangères, Mint Mouknass, qui avait su réintégrer la Mauritanie dans le jeu des relations internationales grâce au soutien de Kadhafi alors que la communauté internationale et l’union africaine avaient décidé d’isoler le régime putchiste:

Héritant du « cas mauritanien » en tant que président en exercice de l’Union Africaine, le colonel Kadhafi donnait à la médiation libyenne une tournure incongrue. En contre partie de la rupture des relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Israël, Kadhafi avait pris fait et cause pour le général Ould Abdel Aziz. La visite mémorable de l’inénarrable colonel à Nouakchott en mars 2009 doucha les ambitions des opposants au putsch. Naha Mint Mouknass surfait alors sur son petit nuage. (source: kassataya.com)

La junte militaire mauritanienne a aussi en commun avec Kadhafi, le sens de la répression.

manifestant mauritanien tapé par un policier

manifestant tabassé par des policiers à Nouakchott, photo postée sur facebook le 23 mars par le groupe "Mauritanie demain"

Le point culminant des manifestations a été le 25 mars où manifestants et forces de l’ordre se sont affrontés près des blocs rouges à Nouakchott. Les policiers ont dispersé violemment les quelques manifestants à coup de matraques et de gazs lacrymogènes. Il ne semble pas que les manifestants étaient très nombreux. Impossible aussi de savoir le nombre de personnes arrêtées ou blessées.

manifestants arrêtés à Nouakchott

manifestants arrêtés à Nouakchott le 25 mars, photo du groupe facebook mauritanie demain

Les demandes de démocratisation du régime sont étouffées par la junte militaire. Il ne faut pas oublier que l’excision et l’esclavage sont encore des pratiques courantes en Mauritanie bien qu’illégales. Les jeunes manifestants ne demandent que ce que tout homme est en droit d’avoir, le respect de l’Etat de Droit et des conditions de vie décente.

Il y a aussi un groupe facebook d’anonymous consacré à une operation mauritania.

La journée du 18 mars a été particulièrement meurtrière au Yemen, le dernier bilan d’après des sources médicales fait état de 52 tués et 126 blessés à Sanaa, la capitale du pays. L’armée a tiré à balles réelles sur la foule de manifestants qui réclament le départ du président Abdallah Abuh Saleh au pouvoir depuis 32 ans. Les manifestants n’avaient que des pierres pour se défendre face à des tirs nourris en provenance de toits ou de bâtiments.

L’armée yéménite n’est pas à son premier coup d’éclat dans la matière, elle avait déjà montré une forte prédisposition à réprimer durement les manifestations par des tirs d’arme à feu ou des gazs paralysants.

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

Un journaliste était parmi les victimes hier. Il devient de plus en plus difficile pour les envoyés des journaux étrangers de faire leur métier sur place. Iona Craig, reporter freelance qui publie souvent pour USA today et the Irish Times raconte:

Je n’arrive toujours pas à croire à quelle point j’ai eu de la chance quand les balles ont sifflé à nos oreilles et ce qui avait touché mon épaule n’était qu’un simple caillou

Le président Saleh a déclaré l’état d’urgence, grand classique du chef d’État apeuré par son peuple qui se révolte. Des photos de corps ont été mises en ligne par les opposants, âme sensible s’abstenir. Cliquez ici.

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

Les manifestations au Bahreïn sont essentiellement le fait de la majorité chiite (70% de la population) qui proteste contre les discriminations dont elle est victime dans un pays gouverné par une monarchie sunnite, la famille Al-Khalifa. Bien sur le roi Bahreïni en profite pour dire que les manifestants sont manipulés par l’Iran et faire jouer ainsi le soutien de l’Arabie Saoudite.  Les Etats-Unis, qui ont une base navale au Bahreïn, suivent avec attention la situation et Robert Gates, le secrétaire à la défense, a qualifié « d’insuffisantes » les réformes annoncées par le gouvernement Bahreïni, pressant le roi de faire des concessions pour apaiser la population de peur que la contestation soit instrumentalisée par l’Iran. C’est ainsi qu’après avoir envoyé une douzaine de chars au Bahreïn, l’Arabie Saoudite déploie 1000 hommes armés pour aider le petit royaume vassal à rétablir l’ordre, en clair cogner sur les Chiites, histoire de les faire taire une bonne fois pour toute. Officiellement, l’Arabie Saoudite intervient dans le cadre du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golf (GCC) qui prévoit une intervention militaire en cas d’attaque étrangère, des troupes en provenance des Etats des Emirats-Arabes Unis sont aussi attendues sur place. En réalité, l’Arabie Saoudite craint que le vent de contestation se répande dans les régions majoritairement chiites jouxtant le Bahreïn,très riches en pétrole. Elle était déjà intervenue en 1994 dans un contexte similaire. Si vous voulez en savoir plus sur les enjeux géopolitiques au Bahreïn, regardez l’excellente vidéo du Caspian Report en Anglais.

Le gouvernement saoudien semble oublier la répression des mouvements d’opposition au Bahreïn est déjà d’une violence inouïe, la police tire à armes réelles sur les manifestants, utilise comme au Yemen des gazs paralysant qui détruisent les voies nerveuses, et pratique aussi la torture d’enfants. Comme l’operation leakspin l’avait déjà souligné, les enfants prisonniers sont passés à tabac, violés et n’ont le droit à aucune visite y compris de leurs parents. Al Jazeera a diffusé des images tout simplement édifiantes de la répression particulièrement violente des manifestations au Bahreïn. La police tire sur tout ce qui bouge, on voit même un policier achever un manifestant blessé avec un fusil.

Dans la vidéo, Hussein Shobokshi, éditorialiste pour le journal asharq alawsat qui est un journal saoudien pan-arabe, en réponse à la journaliste qui lui demande si on a affaire à une situation de crise, déclare que les tensions inter-religieuses vont être accrues par cette intervention militaire, concluant « oui c’est une crise« .

Il est à rappeler que les tensions inter-religieuses sont souvent évoquées par le monarque bahreïni ou l’Arabie Saoudite, les groupes d’oppositions chiite qui manifestent, scandent au contraire des slogans d’unions nationales comme « Sunnite, Chiite, nous sommes tous unis ». La famille Al-Khalifa au pouvoir au Bahreïn n’aura cessé d’instrumentaliser les tension religieuses, en faisant d’abord appel à des mercenaires sunnites, essentiellement du Pakistan, et maintenant en faisant intervenir l’armée saoudienne. Sur twitter, qui a été particulièrement actif hier y compris à des heures tardives (pas mal de tweet entre une et deux heures du matin heure, local, ce qui correspond à 23h-minuit heure française), la présence de « voyous armés » (armed thugs en Anglais) est très présente dans les tweets. Les groupes d’opposants pointent la présence d’individus étrangers:

Confirmé: beaucoup de blessés à Saar à cause de tirs d’individus masqués, qui avaient un autre accent arabe (pas barheïni)

Saar est une ville résidentielle huppée du Bahreïn. Les forces de l’ordre Bahreïnies, expulsent avec un grand empressement les manifestants quand ils sont dans les quartiers riches. Depuis avant-hier, des manifestants sont présents dans le quartier financier de Manama. Contacté hier soir par l’operation leakspin sur twitter, un opposant bahreïni du nom d’Anmarek nous a répondu (traduction littérale des tweets de l’Anglais vers le Français):

@opleakspin merci de votre soutien. Des dizaines de milliers de manifestants étaient dans les environs de lulu [NDLR: le quartier du centre-ville de Manama, la capitale proche du centre d’affaires et du quartier des ambassades]. Un bon nombre reste encore ici pour la nuit.

@opleakspin les troupes saoudiennes sont entrées au Bahreïn… Mais ils n’ont encore rien fait … Les voyous du régime attaquent les gens dans différents quartiers du Bahreïn.

@opleakspin les manifestants bloquent toute la rue de Lulu au centre d’affaires.

Aujourd’hui, une manifestation a été organisée devant l’ambassade d’Arabie Saoudite à Manama pour réclamer le départ des troupes étrangères. On signale encore des attaques par des bandes armées dans différents quartiers de Manama ainsi que plusieurs villages. Des appels à l’aide visant la communauté internationale ont été formulés par les opposants qui décrivent une situation chaotique et un état très précaire des hôpitaux qui peinent à soigner les manifestants. Au moment où j’écris, le centre de soin de Sitra subit une attaque de l’armée qui depuis le début de la contestation essaie d’empêcher les manifestants blessés d’être hospitalisés. La situation étant particulièrement confuse, il est difficile de dresser un bilan du nombre de morts et de blessés. Les témoignages qui arrivent évoquent des tirs sur la foule. Un Bahreïni résume ainsi la situation:

Bahreïn est devenu un zoo! Pire, c’est une jungle ! Des citoyens pacifiques non armés sont attaqués par des forces armées brutales !

 

manifestation devant l'ambassade saoudienne à Manama

manifestation devant l'ambassade saoudienne à Manama le 15 mars, les manifestants scandent "Dégagez! Dégagez! envahisseurs!" ou encore "la révolution jusqu'à ce que gagnons notre liberté"

Que faire quand un peuple ne ploie pas sous la répression? Cogner encore plus dur, tel ce que font les gouvernements en Libye, au Yemen et à Bahreïn. Les gouvernements autoritaires n’ont pas compris que l’accroissement de la répression ne fera pas taire un peuple excédé, au contraire, le sentiment de haine s’accroit encore plus et les mouvements de contestation peuvent devenir encore plus violents. L’intervention militaire saoudienne n’a fait qu’éveiller un ressentiment encore plus vif vis à vis du gouvernement en place. L’Arabie Saoudite qui voulait contenir l’influence iranienne ne fait au contraire qu’accroitre les tensions religieuses. Une intervention militaire iranienne est peu probable en raison de la présence d’une base navale américaine au Bahreïn. Néanmoins, le climat géopolitique va inévitablement se détériorer, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques notamment sur le plan humain et aussi économique, le prix du pétrole va encore monter pénalisant encore plus une économie mondiale en crise.

photo op barhain 21 février

manifestation de personnels soignants contre les meutres perpétrés par les forces de l'ordre au Bahreïn, il est écrit sur la banderole: "AUCUNE EXCUSE POUR TUER". photo du groupe facebook operation bahrain

La communauté internationale doit condamner cette intervention militaire inique qui ne fait qu’empirer la situation. Vous pouvez signer une pétition contre les violences policières au Bahreïn ici. La situation est particulièrement critique, il ne faut pas oublier le Bahreïn et agir le plus vite possible afin de mettre fin aux massacres. Cessons de penser à l’Iran qui de toute façon n’interviendra pas. Tous les Hommes sont égaux en droits et doivent être traités dignement, qu’ils soient chrétiens, athées, musulmans chiites ou sunnites, juifs, animistes, noir, blanc, jaune, petit, grand, etc…

D’après les informations qu’on a, un dispositif disproportionné a réprimé la manifestation organisée par le parti d’opposition le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD). Les manifestants ont été battus avec les policiers. Le chef du groupe parlementaire du RCD a du même être évacué vers l’hôpital.

dispositif policier déployé devant le siège du RCD

dispositif policier déployé devant le siège du parti d'opposition, le RCD, qui avait appelé à la manifestation

Alger est quadrillé par les fourgons de police et des hélicoptères survolent la capitale.

fourgons de police dans Alger

fourgons de police dans Alger

Le journal El Watan décrit dans un article l’important dispositif policier élaboré pour tuer dans l’œuf toute velléité de protestation. Toujours selon El Watan, un député du RCD a été arrêté ce matin et puis relâché avec quelques blessures. Beaucoup de blessés et d’arrestation sont à déplorer.

Les Anonymous avaient averti le gouvernement algérien que tout acte de répression entrainerait des représailles.

déclaration de guerre des Anonymous au gouvernement algérien

 

NOUS SOMMES ANONYMES

NOUS SOMMES UNE ARMEE

NOUS N’OUBLIONS PAS

NOUS NE PARDONNONS PAS