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Le groupe de musique punk anti-flag chantait « you can kill a protester but you can’t kill the protest« . Ce titre illustre parfaitement la situation du Bahreïn. Il suffit de regarder les informations récentes pour voir l’ampleur de la répression au Bahreïn de ces derniers jours sur le site du Bahrain center for human rights: deux parlementaires d’opposition devant le tribunal accusés d’avoir « répandu des mensonges calomnieux pour renverser la monarchie », une jeune fille de 20 ans pour avoir lu un poème critiquant le roi lors d’une manifestation et un cyber-activiste qui publiait des images et des vidéos des manifestations sur twitter et facebook.

photo d'une manifestation au Bahreïn

photo d'une manifestation au Bahreïn le 26 février, photo de pan-african news

Pourtant, le mouvement de contestation au Bahreïn n’est pas mort. A l’appel du principal parti d’opposition, le Wefaq qui est d’obédience chiite, 10 000 personnes ont manifesté à Manama (la capitale du Bahreïn) samedi pour protester contre la répression sanglante du roi sunnite Al-Khalifa. Le rassemblement a cependant rassemblé toute l’opposition et le secrétaire général du Wefaq, le sheikh Ali Salman, a appelé à l’union entre Sunnites et Chiites. Bien que l’état d’urgence ait été levé le premier juin, il reste très difficile de manifester au Bahreïn. Des mouvements de protestation sporadiques éclatent encore régulièrement dans les quartiers bahreïnis selon le BHCR.

Les Anglophones peuvent voir le très bon reportage d’Al-Jazeera sur le rassemblement de samedi sur youtube.

Les médias parlent de la Libye, de la Côte d’Ivoire, de la Syrie et parfois du Yemen, mais ne disent rien sur le Bahreïn. Un exemple particulièrement frappant est l’article du monde de vendredi dernier qui évoque les manifestations dans tous les pays arabes sauf au Bahreïn.

"le silence est un crime de guerre" message du Bahrein au monde entier

"le silence est un crime de guerre" message du Bahrein au monde entier, photo postée le 29 mars par le groupe facebook "operation bahrain"

Pourtant, il y a un mouvement d’opposition qui dure et une répression féroce:

304  personnes arrêtées et détenus ainsi que 24 opposants disparus depuis le 16 mars (source: voa). Les chiffres avancés viennent certes de Sheikh Ali Salman, le leader du wefaq, la principale formation d’opposition chiite au parlement bahreïni. Néanmoins, ils ne semblent pas irréalistes puisque le bahrain center for human right a publié une liste de 21 activistes disparus:

1 Mahdi Abu-Deeb Head of Bahrain Teachers Society, House was stormed early morning 21 March.

2 Sayed-Yousef Al-Mahafdha Active member of the Bahrain Centre for Human Rights (BCHR), House was stormed early morning 20 March.

3 Nabeel Rajab President of the Bahrain Centre for Human Rights and vice Secretary General of the International Federation for Human Rights (FIDH), Arrested briefly and beaten on 20 March. Banned from travel to Geneva to attend a human rights meeting his communications is cut. He was harassed again on 30 March while interviewed by CNN crew at his house.

4 Mohammed Al-Masqati President of the Bahrain Youth Human Rights Society (BYHRS), His photo, address and phone number was published on the internet with a message that he should be killed.

5 Abdulhdi Alkhawaja Former president of the Bahrain Centre for Human Rights (BCHR), His photo, address and phone number was published on the internet with a message that he should be killed.

6 Naji Fateel Board member of the Bahrain Youth Human Rights Society (BYHRS), His photo, address and phone number was published on the internet with a message that he should be killed.

7 Salman Naji Member of the Committee for the Unemployed. Was detained in August 2010 and recently released. House stormed early morning 28 March. His brothers, Ali and Hussain were beaten.

8 Abdul Gani Khanjer Head of the Committee of the Victims of Torture. Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

9 Abdul Amir Al Aradi Activist. Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

10 Hisham AlSabbagh Active member of the Islamic Action Society (AMAL), House was stormed

11 Fahmi Bakalwa board member of Islamic Action Society (AMAL), House was stormed

12 Hussain Omran Activist. Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

13 Ali Abdul Imam Prominent blogger. Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

14 Dr. Mohammed Saeed Member of the Bahrain Centre for Human Rights (BCHR). Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

15 Ahmed Jawad Al-Fardan Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

16 Ali Jawad Al-Fardan Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

17 Mohammed Ali Al-Mahfoudh Cleric. Secretary General, Islamic Action Society (AMAL) House stormed early morning 21 March.

18 Abdulla Alsaleh Cleric. Deputy Secretary General, AMAL House stormed early morning 21 March.

19 Habib Abdulla Hassan Cleric. Former board member of AMAL House stormed early morning 21 March. His younger brother Jaffer was arrested

20 Sayed Hadi Redha Al-Mousawi and his son Sayed Mahdi Al-Mousawi Both are Clerics. Associated with AMAL, House in Bani Jamra was stormed early morning 21 March. Brother in law, Salah Al-Khawaja, was arrested.

21 Mohammed Habib Al-Mugdad Prominent cleric. Was detained in August 2010 and recently released. House was stormed

Le guardian a publié le témoignage très émouvant du frère du blogger Mahmood al-Yousif, célèbre au Bahreïn pour son activisme. Après avoir été constamment harcelé par la police et présenté par les médias comme un « traitre à la nation », Mahmood al-Yousif a finalement été arrêté le 28 mars. Il a eu le temps de poster sur twitter que la police était devant la porte de sa maison et une fois amené au poste de police, il a pu passer un coup de téléphone à son fils. Depuis, sa famille n’a plus aucune nouvelle de l’opposant qui n’a même pas le droit de faire appel à un avocat. Cependant, cette attitude de la police du Bahreïn n’est guère étonnante quand on sait qu’elle n’hésite pas à pratiquer la torture sur des enfants et qu’elle interdit aux parents de leur rendre visite en prison (voir l’article: l’horreur de la répression au Bahreïn).

Les arrestations arbitraires ne concernent pas que les opposants. Des gens non impliqués dans les manifestations subissent aussi le courroux des forces de l’ordre (peut-on encore parler d’ordre dans ce cas?). Dans une vidéo postée sur youtube, on peut voir trois jeunes allongés par terre, violemment frappés par les forces de l’ordre. Selon l’auteur de la vidéo, les trois jeunes ne manifestaient même pas. Cela c’est passé le 25 février dans le village d’Aldaih mais la vidéo n’a été postée que très récemment:

Un véritable climat de terreur règne au Bahreïn où les policiers déguisés en manifestant n’hésitent pas à saccager les quartiers où ils passent (voir l’article sur les actes de vandalisme de la police bahreïnie).

Un véritable climat de terreur règne au Bahreïn.Des policiers déguisés n’hésitent pas à commettre des actes de vandalisme.

manifestant tabassé par la police bahreïnie

manifestant tabassé par la police bahreïnie le 31 mars d'après la description qui n'a pas décrit avec quoi le manifestant a été frappé. Les trous assez profonds laissent à penser que le manifestant a reçu des coups de pied d'un policier qui porte des chaussures avec des crampons.

Pourquoi la communauté internationale ne réagit-elle pas?

Il y a eu des condamnations verbales des violations des Droits de l’Homme commises au Bahreïn. Cependant, les Etats-Unis et l’Union Européenne ont reconnu le « droit souverain » du Bahreïn de faire appel à l’armée saoudienne qui a envoyé 1000 soldats pour épauler le gouvernement bahreïni pour réprimer les manifestants. Les Etats-Unis disposent aussi d’une base navale au Bahreïn qui occupe une position stratégique en raison de sa proximité avec l’Iran.

De plus,l ‘Arabie Saoudite, le Quatar et les Emirats Arabes Unis soutiennent l’intervention de l’ONU en  Libye. Leur soutien a été essentiel pour que la ligue arabe approuve le principe d’une no-fly zone en Libye. Ne pouvant se priver de ses soutiens pour intervenir en Libye, les autres pays soutenant l’intervention (Etats-Unis et France en particulier) évitent d’évoquer le Bahreïn. Ce que confirment les révélations de deux hauts-fonctionnaires de l’ONU à l’Asia Times, en effet, Hillary Clinton aurait donné le feu vert à l’Arabie Saoudite pour réprimer dans le sang les manifestations au Bahreïn en échange d’un soutien à l’intervention en Libye.

Il ne s’agit pas de remettre en cause l’intervention en Libye. La protection des civils libyens et mettre fin aux crimes contre l’humanité en Libye sont à tout fait nécessaires. Néanmoins, il est scandaleux de sacrifier un peuple pour un autre. Le premier article de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen déclare que « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». C’est pourquoi, on ne peut ignorer les Bahreïnis. Contrairement à ce que croient les Etats-Unis et l’Europe, la répression du mouvement démocratique au Bahreïn n’a fait qu’accroitre les tensions entre Chiites et Sunnites. En Irak et en Iran, les Chiites manifestent en soutien à leurs coreligionnaires réprimés par un pouvoir sunnite. Le pouvoir iranien, lui aussi très contesté au sein de sa population, peut ainsi en profiter pour unir les différentes forces politiques face à l’Arabie Saoudite et aux Etats-Unis.

Les manifestations au Bahreïn sont essentiellement le fait de la majorité chiite (70% de la population) qui proteste contre les discriminations dont elle est victime dans un pays gouverné par une monarchie sunnite, la famille Al-Khalifa. Bien sur le roi Bahreïni en profite pour dire que les manifestants sont manipulés par l’Iran et faire jouer ainsi le soutien de l’Arabie Saoudite.  Les Etats-Unis, qui ont une base navale au Bahreïn, suivent avec attention la situation et Robert Gates, le secrétaire à la défense, a qualifié « d’insuffisantes » les réformes annoncées par le gouvernement Bahreïni, pressant le roi de faire des concessions pour apaiser la population de peur que la contestation soit instrumentalisée par l’Iran. C’est ainsi qu’après avoir envoyé une douzaine de chars au Bahreïn, l’Arabie Saoudite déploie 1000 hommes armés pour aider le petit royaume vassal à rétablir l’ordre, en clair cogner sur les Chiites, histoire de les faire taire une bonne fois pour toute. Officiellement, l’Arabie Saoudite intervient dans le cadre du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golf (GCC) qui prévoit une intervention militaire en cas d’attaque étrangère, des troupes en provenance des Etats des Emirats-Arabes Unis sont aussi attendues sur place. En réalité, l’Arabie Saoudite craint que le vent de contestation se répande dans les régions majoritairement chiites jouxtant le Bahreïn,très riches en pétrole. Elle était déjà intervenue en 1994 dans un contexte similaire. Si vous voulez en savoir plus sur les enjeux géopolitiques au Bahreïn, regardez l’excellente vidéo du Caspian Report en Anglais.

Le gouvernement saoudien semble oublier la répression des mouvements d’opposition au Bahreïn est déjà d’une violence inouïe, la police tire à armes réelles sur les manifestants, utilise comme au Yemen des gazs paralysant qui détruisent les voies nerveuses, et pratique aussi la torture d’enfants. Comme l’operation leakspin l’avait déjà souligné, les enfants prisonniers sont passés à tabac, violés et n’ont le droit à aucune visite y compris de leurs parents. Al Jazeera a diffusé des images tout simplement édifiantes de la répression particulièrement violente des manifestations au Bahreïn. La police tire sur tout ce qui bouge, on voit même un policier achever un manifestant blessé avec un fusil.

Dans la vidéo, Hussein Shobokshi, éditorialiste pour le journal asharq alawsat qui est un journal saoudien pan-arabe, en réponse à la journaliste qui lui demande si on a affaire à une situation de crise, déclare que les tensions inter-religieuses vont être accrues par cette intervention militaire, concluant « oui c’est une crise« .

Il est à rappeler que les tensions inter-religieuses sont souvent évoquées par le monarque bahreïni ou l’Arabie Saoudite, les groupes d’oppositions chiite qui manifestent, scandent au contraire des slogans d’unions nationales comme « Sunnite, Chiite, nous sommes tous unis ». La famille Al-Khalifa au pouvoir au Bahreïn n’aura cessé d’instrumentaliser les tension religieuses, en faisant d’abord appel à des mercenaires sunnites, essentiellement du Pakistan, et maintenant en faisant intervenir l’armée saoudienne. Sur twitter, qui a été particulièrement actif hier y compris à des heures tardives (pas mal de tweet entre une et deux heures du matin heure, local, ce qui correspond à 23h-minuit heure française), la présence de « voyous armés » (armed thugs en Anglais) est très présente dans les tweets. Les groupes d’opposants pointent la présence d’individus étrangers:

Confirmé: beaucoup de blessés à Saar à cause de tirs d’individus masqués, qui avaient un autre accent arabe (pas barheïni)

Saar est une ville résidentielle huppée du Bahreïn. Les forces de l’ordre Bahreïnies, expulsent avec un grand empressement les manifestants quand ils sont dans les quartiers riches. Depuis avant-hier, des manifestants sont présents dans le quartier financier de Manama. Contacté hier soir par l’operation leakspin sur twitter, un opposant bahreïni du nom d’Anmarek nous a répondu (traduction littérale des tweets de l’Anglais vers le Français):

@opleakspin merci de votre soutien. Des dizaines de milliers de manifestants étaient dans les environs de lulu [NDLR: le quartier du centre-ville de Manama, la capitale proche du centre d’affaires et du quartier des ambassades]. Un bon nombre reste encore ici pour la nuit.

@opleakspin les troupes saoudiennes sont entrées au Bahreïn… Mais ils n’ont encore rien fait … Les voyous du régime attaquent les gens dans différents quartiers du Bahreïn.

@opleakspin les manifestants bloquent toute la rue de Lulu au centre d’affaires.

Aujourd’hui, une manifestation a été organisée devant l’ambassade d’Arabie Saoudite à Manama pour réclamer le départ des troupes étrangères. On signale encore des attaques par des bandes armées dans différents quartiers de Manama ainsi que plusieurs villages. Des appels à l’aide visant la communauté internationale ont été formulés par les opposants qui décrivent une situation chaotique et un état très précaire des hôpitaux qui peinent à soigner les manifestants. Au moment où j’écris, le centre de soin de Sitra subit une attaque de l’armée qui depuis le début de la contestation essaie d’empêcher les manifestants blessés d’être hospitalisés. La situation étant particulièrement confuse, il est difficile de dresser un bilan du nombre de morts et de blessés. Les témoignages qui arrivent évoquent des tirs sur la foule. Un Bahreïni résume ainsi la situation:

Bahreïn est devenu un zoo! Pire, c’est une jungle ! Des citoyens pacifiques non armés sont attaqués par des forces armées brutales !

 

manifestation devant l'ambassade saoudienne à Manama

manifestation devant l'ambassade saoudienne à Manama le 15 mars, les manifestants scandent "Dégagez! Dégagez! envahisseurs!" ou encore "la révolution jusqu'à ce que gagnons notre liberté"

Que faire quand un peuple ne ploie pas sous la répression? Cogner encore plus dur, tel ce que font les gouvernements en Libye, au Yemen et à Bahreïn. Les gouvernements autoritaires n’ont pas compris que l’accroissement de la répression ne fera pas taire un peuple excédé, au contraire, le sentiment de haine s’accroit encore plus et les mouvements de contestation peuvent devenir encore plus violents. L’intervention militaire saoudienne n’a fait qu’éveiller un ressentiment encore plus vif vis à vis du gouvernement en place. L’Arabie Saoudite qui voulait contenir l’influence iranienne ne fait au contraire qu’accroitre les tensions religieuses. Une intervention militaire iranienne est peu probable en raison de la présence d’une base navale américaine au Bahreïn. Néanmoins, le climat géopolitique va inévitablement se détériorer, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques notamment sur le plan humain et aussi économique, le prix du pétrole va encore monter pénalisant encore plus une économie mondiale en crise.

photo op barhain 21 février

manifestation de personnels soignants contre les meutres perpétrés par les forces de l'ordre au Bahreïn, il est écrit sur la banderole: "AUCUNE EXCUSE POUR TUER". photo du groupe facebook operation bahrain

La communauté internationale doit condamner cette intervention militaire inique qui ne fait qu’empirer la situation. Vous pouvez signer une pétition contre les violences policières au Bahreïn ici. La situation est particulièrement critique, il ne faut pas oublier le Bahreïn et agir le plus vite possible afin de mettre fin aux massacres. Cessons de penser à l’Iran qui de toute façon n’interviendra pas. Tous les Hommes sont égaux en droits et doivent être traités dignement, qu’ils soient chrétiens, athées, musulmans chiites ou sunnites, juifs, animistes, noir, blanc, jaune, petit, grand, etc…

Si la Libye avec ses 6000 morts est à la une, il ne faut pas oublier que d’autres pays connaissent une répression sanglante. Au Bahreïn, l’armée continue d’assiéger la foule qui tient toujours la place de la Perle à Manama, la capitale. Ils étaient des milliers hier à être rassemblés devant le parlement et ils étaient encore nombreux à manifester aujourd’hui. Une manifestation a aussi eu lieu devant le ministère de l’intérieur pour dénoncer la répression sanglante des manifestations avec comme slogan « à bas Al-Khalifa » (nom du monarque) et « pas de dialogue avec les tueurs » (middle east online).

manifestation devant le ministère de l'intérieur le 2/03

manifestation devant le ministère de l'intérieur le 2/03, "Comment peut-on espérer être en sécurité quand l'armée tire sur les manifestants?", photo et légende prises sur middle east online

Un autre rassemblement de masse est prévu vendredi après la prière. Les manifestants sont principalement des Chiites (70% de la population) qui protestent contre les discriminations dont ils sont victimes dans cette monarchie sunnite. Les tensions communautaires sont très fortes et des affrontements inter-religieux ont été signalés. Gulfnews.com raconte l’histoire d’une bagarre dans une lycée pour filles entre Sunnite et Chiite. Les bilans établis par les différents organismes de presse font état de 7 morts et de plusieurs centaines de blessés en un mois. La répression violente n’est pas près de s’arrêter puisque l’Arabie Saoudite (monarchie sunnite elle aussi) a envoyé une douzaine de chars pour soutenir l’armée du Bahreïn (ria novosti). Cependant la répression brutale décourage pas les manifestants, souvent très jeunes, qui continuent à manifester pour réclamer leurs droits et une libéralisation du régime politique.

Dans cette vidéo, un jeune manifestant sur son lit d’hôpital déclare:

« Ils nous ont lancé des gazs lacrimogènes et des bombes sonores. Ils nous traitent comme des animaux. Ils nous ont attaqué avec des armes non conventionnelles. Ils croient que nous sommes des bêtes. »

question du journaliste: « portiez-vous quelque chose sur vous? »

jeune manifestant: « Non, nous ne protestons que pacifiquement. Nous voulons juste la paix. Nous ne sommes pas armés. »

D’après le Bahrein Center for Human Rights (BCHR), la torture est couramment usitée dans les prisons bahreïnies y compris contre des enfants. Les détenus mineurs subissent souvent des viols et des passages à tabac. Le site raconte l’interpellation de 76 enfants dans une manifestation en novembre 2010 avec des photos des marques de torture à l’appui (les photos peuvent heurter la sensibilité), le plus jeune détenu avait à peine 10 ans.

Jihad Aqqel Al Sari, 10 ans, emprisonné en novembre 2010 après une manifestation

La police ne prévient pas les parents de l’arrestation de leur enfant qui de toute façon ne pourra recevoir aucune visite.

La situation des adultes n’est guère reluisante non plus. Des attaques contre les équipes médicales sur le terrain des manifestations par la police pour empêcher les blessés de recevoir les soins ont été signalées. Cependant, le gouvernement bahreïni s’est engagé à ce que cela ne se reproduise plus. Plusieurs témoignages de manifestants confirment de nouveau l’utilisation de la torture par les forces de l’ordre du Bahreïn.

le président du Bareihn Center for Human Rights lui même tabassé par la police anti-émeutes

Une pétition pour demander la fin des violences policières envers le peuple bahreïni est en ligne. Les Anonymous continuent les actions de soutien avec l’operation Bahrain, le site du ministère de l’intérieur est hors ligne.

image du groupe facebook de l'operation bahrein

image du groupe facebook de l'operation bahrein, photo pris le 21/02, place de la Perle à Manama, la capitale