Articles Tagués ‘Egypte’

Sujet : L’utilisation de la torture et la brutalité policière en Egypte

Numéro d’identification Créé le Publié le Classification Origine
09CAIRO79 2009-01-15 15:03 2011-01-28 00:12 CONFIDENTIEL Ambassade du  Caire
  1. VZCZCXYZ0003
  2. RR RUEHWEB
  3. DE RUEHEG #0079/01 0151524
  4. ZNY CCCCC ZZH
  5. R 151524Z JAN 09
  6. FM AMEMBASSY CAIRO
  7. TO RUEHC/SECSTATE WASHDC 1372
  8. INFO RUEHXK/ARAB ISRAELI COLLECTIVE
  9. RHEHNSC/NSC WASHDC
  10. C O N F I D E N T I A L
  11. CAIRO 000079
  12. SIPDIS
  13. DEPARTMENT FOR NEA/ELA, DRL/NESCA, INL AND INR/NESA NSC FOR PASCUAL AND KUTCHA-HELBLINGE.O.
  14. 12958: DECL: 01/15/2029
  15. TAGS: PGOV PHUM KDEM EG

Classifié par : ambassadeur Margaret Scobey pour raisons 1.4(b) et (d).

———————–

Résumé et commentaire

———————-

1. (C) Résumé et commentaire : La brutalité de la police en Egypte contre les criminels de droit commun est fréquente et répandue. Des contacts décrivent l’utilisation de la force par la police pour extraire des confessions des criminels comme un évènement quotidien, résultant d’une mauvaise formation et d’un manque d’effectifs. La brutalité contre les détenus islamistes a globalement diminué, mais les forces de sécurité ont encore recours à la torture contre les activistes des Frères Musulmans qui sont considérés comme une menace politique. Au cours des cinq dernières années, le gouvernement a cessé de nier l’existence de la torture, et depuis fin 2007 les tribunaux ont condamnés environ 15 officiers de police à la prison pour torture et meurtres.

Des ONG indépendantes ont critiqué les efforts du GOE [Governement of Egypt, soit gouvernement égyptien] qui ont conduit à une formation policière aux droits de l’homme inefficace, et un manque de volonté politique. Le GOE n’a pas encore fait de sérieux efforts pour transformer la police d’un actuel instrument du pouvoir du système en un service d’institution publique. Nous voulons continuer le programme de formation policière financé par l’USG (ref F), et à chercher d’autres moyens pour aider le GOE à diminuer la brutalité policière. Fin du résumé et du commentaire.

———–

Un problème omniprésent

———–

Photo prise dans un poste de police en Egypte

¶2. (C) La torture et la brutalité policière sont endémiques et largement répandues en Egypte. La police utilise des méthodes brutales majoritairement contre des criminels de droit commun pour leur extraire des confessions, mais également contre des manifestants, certains prisonniers politiques et des passants malheureux. Un avocat des droits de l’homme nous a dit qu’il y a des preuves que l’utilisation de la torture en Egypte remonte aux temps des Pharaons. Des contacts d’ONG estiment qu’il y a littéralement des centaines d’incidents de torture tous les jours dans les stations de police du Caire seulement. Les Egyptiens sont bombardés de bulletins de nouvelles consistantes à propos de la brutalité policière, allant d’incidents notoire comme des tirs accidentels mais mortels de policiers dans Salamut et Aswan l’automne dernier (refs B et C) qui ont déclenché des émeutes, aux rapports d’officiers de police tirant sur des civils lors d’une dispute concernant des tickets de circulation. En novembre 2008 seulement, il y a eu deux incidents de policiers hors service tirant et tuant des civils pour des litiges mineurs. Les poursuites engagées contre les deux officiers sont en train de faire leur chemin à travers le système judiciaire.

2. (C) Des contacts d’ONG et d’universités témoignent à travers le rapport du spectre politique de la brutalité policière dans le cadre de leurs vies quotidiennes. XXXXXXXXXX, un universitaire nous à dit qu’à XXXXXXXXXXX la police a battu un suspect féminin pour obtenir la confession des autres personnes impliquées dans un vol ainsi que le sort des objets volés. Un contact d’une ONG internationale a témoigné que la police a battu le portier d’un immeuble de luxe au Caire pour qu’il divulgue le numéro de l’appartement d’un suspect. Un autre contact d’une ONG des droits de l’homme nous a dit que ses amis ne reportent pas les vols dans leurs appartements parce qu’ils ne veulent pas que « tous les portiers » des environs soient l’objet de violences policières. Elle nous a dit que l’utilisation de la force par la police est rentrée dans la culture égyptienne dans la mesure où un feuilleton télévisé populaire a récemment mis en vedette un héros détective de la police qui bat des suspects pour recueillir des preuves.

4. (C) Des contacts attribuent la brutalité policière à une mauvaise formation, un manque d’effectifs et des sanctions officielles. L’avocat des droits de l’homme XXXXXXXX XXXXXXXXX XXXXXXXXX pense que les agents ont régulièrement recours à la violence à cause de la pression de leurs supérieurs pour résoudre des crimes. Il a affirmé quel la plupart des officiers pensent que résoudre des crimes justifie l’utilisation de méthodes d’interrogation violentes, et que certains policiers croient que la loi islamique sanctionne la torture. XXXXXXXXXX a fait observer que la culture de l’impunité judiciaire des policiers permet une brutalité continuelle. Selon XXXXXXXXXX, « les officiers de police se sentent au dessus de la loi et protégés par le procureur public ». L’avocat des droits de l’homme XXXXXXXXXXXX a attribué la brutalité policière contre les criminels de droit commun, y compris l’utilisation de chocs électriques, au problème des officiers démoralisés par de longues heures et leurs propres problèmes économiques. Il affirmé que la police battrait même les avocats qui entreraient dans les postes de police pour défendre leurs clients.

—————————-

Criminels et Islamistes

—————————-

Répression d'une manifestation du mouvement du 6 avril

¶5. (C) XXXXXXXXXXXX a expliqué que depuis que le GOE a ouvert le dialogue avec les anciens Islamistes violents, comme le Groupe Islamiste, suivant l’attaque terroriste de Luxor en 1997, la torture des Islamiste a diminuée. XXXXXXXXXX a affirmé que le GOE traite maintenant mieux les Islamistes que les criminels de droit commun. Il a affirmé que certains détenus Islamistes étaient « gâtés », avec le droit aux visites régulières d’amis et de proches, l’accès à une nourriture décente et à l’éducation. Avant l’attaque de Luxor, a commenté XXXXXXXXXX, le gouvernement aurait torturé les détenus Islamistes quotidiennement.

6. (C) L’avocat XXXXXXXXXXXXXX a dit que le GOE est plus réticent à torturer les Islamistes, y compris les membres des Frères Musulmans (FM), à cause de leur persistance à faire des constats politiques publics, et de leurs contacts avec des ONG internationales qui pourraient embarrasser le régime. XXXXXXXXXXX a émis l’hypothèse qu’il y ait une exception à cette règle lorsque des membres des FM mobilisent des personnes contre le gouvernement d’une façon que le régime considère menaçante, comme l’appel à la grève sur Facebook le 6 avril (ref D). Selon XXXXXXXXXXX, les blogueurs affiliés des FM et le membre du « Mouvement du 6 avril » XXXXXXXXXXX que la police à arrêté XXXXXXXXXXXX (ref A) tombent dans cette catégorie, et le GOE est probablement en train de le torturer pour intimider les autres membres du « 6 avril » et les faire cesser leurs activités politiques. L’affirmation de XXXXXXXXXX concorde avec les dires du membre du « 6 avril » XXXXXXXXXXX à propos de sa propre torture et d’allégations d’attentat à la pudeur d’une activiste féminine du « 6 avril » ce dernier novembre (ref A). Des blogueurs proches de XXXXXXXXX nous ont dit qu’après son arrestation il a été sévèrement torturé avec des chocs électriques et a nécessité une hospitalisation, mais que les forces de sécurité ont arrêté la torture lorsqu’il a commencé à coopérer.

————————

La conscience du gouvernement égyptien de ce problème

————————

Police égyptienne

¶7. (C) Nos contacts s’accordent sur le fait que depuis les cinq dernières années, le gouvernement a arrêté de nier l’existence de la torture, et a pris quelques mesures pour régler le problème. Toutefois, les contacts pensent que le ministère de l’Intérieur n’a pas la volonté politique de prendre des mesures concrètes pour changer la culture de la brutalité policière. XXXXXXXXXXX a affirmé qu’à la suite des ordres supposés du ministère de l’Intérieur entre 2000 et 2006 pour que la police tire, batte et humilie des juges dans le but de saper l’indépendance judiciaire, le GOE a pris une décision politique en 2007 pour permettre aux tribunaux d’infliger des peines de prison courtes à des officiers de police. XXXXXXXXXXX a décrit le cas Imad El-Kebir en 2007 comme étant un tournant décisif pour influencer le gouvernement et permettre la condamnation d’officiers de police.

(Note : pour la ref E, un tribunal a condamné deux policiers à trois ans de prison en novembre 2007 pour avoir agressé et sodomisé le conducteur de bus Imad El-Kebir. L’affaire a gagné en notoriété après qu’un enregistrement vidéo de téléphone portable ait été posté sur YouTube. Fin de note.)

8. (C) Environ 13 cas d’officiers accusés de brutalité font actuellement leur chemin à travers les tribunaux, et les juges ont prononcé des peines modérées, en général les trois ans de prison minimum, contre des policiers ces derniers mois, souvent pour des crimes haineux. Par exemple, en Octobre 2008, un tribunal a condamné un policier à trois ans de prison pour avoir battu et noyé un pêcheur. En novembre 2008, un tribunal a condamné deux policiers à trois ans de prison pour avoir accroché un homme à leur voiture et l’avoir traîné jusqu’à sa mort. XXXXXXXXXXXX a qualifié ces peines de « légères » en proportion de ces crimes, mais a commenté que toute condamnation à des peines de prison constitue une importante progression pour tenir la police responsable de ses crimes. XXXXXXXXXXXX a commenté que ces peines de prison démontrent que le GOE donne l’espace politique aux juges pour leur permettre de fonctionner de façon relativement indépendante, en réponse aux critiques des gouvernements étrangers et des ONG internationales. XXXXXXXXXXX a décrit les peines comme également importantes en attirant l’attention du public sur les crimes brutaux de la police, et en renforçant la main des avocats qui appellent à une réforme des problèmes systémiques au sein de la police.

—————-

Les efforts du gouvernement égyptien

—————-

Ahmed Haggag

¶9. (C) L’ambassadeur Ahmed Haggag, coordinateur du projet de capacité de construction des droits de l’homme de l’UNDP, détaché du MFA [NDLR : Ministère des Affaires Etrangères], nous a décrit les efforts de l’organisation pour former les ministères de l’Intérieur et de la Justice et les procureurs publics aux questions des droits de l’homme à travers des lectures et des ateliers. Reconnaissnt que la torture est « un problème, mais pas de tous les jours », Haggag a dit que l’UNDP forme les policiers aux conventions internationales des droits de l’homme, et tente de convaincre les policiers de résoudre les cas en utilisant « les moyens juridiques et éthiques » au lieu de la torture. Haggag nous a dit qu’il « doute qu’il y ait encore de la torture contre les prisonniers politiques ». Des membres du personnel du Conseil National pour les Droits de l’Homme quasi-gouvernemental ont décrit les ateliers du conseil pour les officiers de police, où des professeurs réalisaient des lectures sur les droits de l’Homme et la psychologie des prisonniers. Des contacts d’ONG ont critiqué en privé le projet de l’UNDP, le qualifiant d’inefficace, et se plaignant qu’il a interdit à des avocats des droits de l’homme crédibles de donner des lectures à la police en raison de leur opposition politique au NDP, et a invité à la place des responsables du MOI [NDLR : Ministère de l’Intérieur] complices de la torture pour réaliser des présentations sur les droits de l’homme.

10. (C) Fin décembre 2008, le MOI a annoncé avoir suspendu 280 officiers de police pour violation des droits de l’homme et licencié 1164 policiers de rang inférieur pour faute. Nos contacts d’ONG ont douté que les actions disciplinaires concernaient les droits de l’homme, et ont émis l’hypothèse que les officiers étaient probablement impliqués dans des prises de pots de vin ou d’autres activités illégales. XXXXXXXXXXX a affirmé que cette annonce ne constituait pas une politique du MOI sérieuse vis-à-vis des droits de l’homme. XXXXXXXXXXX a exprimé son scepticisme quant à savoir si ces actions disciplinaires se traduiront par des changements positifs sur le long terme XXXXXXXXXXX

11. (C) L’ancien cadre supérieur du Ministère de l’Intérieur Ihab Youssef, directeur de l’ONG « La Police et la Population pour l’Egypte » nous a dit fin 2008 que son ONG n’avait pas reçu beaucoup de propositions du public en réponse à sa sollicitation d’idées pour développer des projets afin d’instaurer la confiance entre la police et les citoyens. Youssef a dit que la page Facebook de l’ONG, qui permet au public de se plaindre de la police, a généré plus d’intérêt. En septembre 2008, Youssef a annoncé publiquement la création de son ONG, qui compte des personnalités telles que l’ancien FM Ahmed Maher parmi les membres de son conseil (ref C). Youssef ne reçoit pas de fonds de la part du GOE, et s’est tourné vers des entreprises égyptiennes privées pour lever des fonds. XXXXXXXXXXXX

————–

Commentaire

————–

12. (C) Le GOE n’a pas commencé à travailler sérieusement pour essayer de transformer la police et les services de sécurité d’instruments du pouvoir et de protection de régime en institutions opérant dans l’intérêt du public, malgré les slogans officiels clamant le contraire. Il semblerait que le gouvernement ait fortement intérêt à éviter de futurs tirs accidentels sur des innocents, comme les incidents de Salamut et d’Aswan qui ont déclenché des émeutes. Nous imaginons que l’arrêt de la torture des criminels de droit commun, qui sont généralement pauvres et peu influents, n’est pas la priorité sur l’agenda du GOE. Nous voulons continuer la formation des policiers financée par l’USG, et nous allons chercher des moyens pour aider les travaux de lancement de production de l’ONG XXXXXXXXXXXXXX.

SCOBEY

Après Budapest en 1956, après Prague en 1968 et les révolutions de 1989 dans les pays de l’Est ou la place Tien’anmen en Chine. La place Tarhir, qui n’a jamais aussi bien porté son nom (tarhir veut dire liberté) sera à jamais un nouveau symbole de résistance face à l’oppression et d’héroïsme face à l’assaut continu des partisans du président Moubarak. Face aux pro-Moubarak armés jusqu’au dent, les manifestants ont quand même réussi à tenir la place. La place Tahrir est devenue le lieu d’une véritable bataille de position dans laquelle les partisans de la liberté ne peuvent compter que sur eux mêmes face aux pro-moubarak soutenus par la police et une armée divisée et impuissante qui a laissé passer ces derniers pour qu’ils tuent dans l’oeuf le mouvement de contestation. Les manifestants, retranchés derrière les barricades ont tenu tant que bien mal face aux assauts des pro-moubarak, jeudi à l’aube.

 

catapulte artisanale

catapulte artisanale par les manifestants anti-moubarak, le 2 février au soir. photo d'Al-Jazeera

On parle de près de 15 morts et plus de mille blessés et le bilan ne cesse de s’alourdir d’heure en heure. La cruauté de la police est sans borne et la violence atteint des sommets inouis. Dans cette vidéo, un fourgon de police fonce sur la foule, écrasant des manifestants:

En solidarité vis à vis des manifestants de la place Tarhir qui ne font que réclamer le respect de droits élémentaires et la chose à laquelle tout Homme aspire, la liberté, les anonymous lancent une nouvelle opération. Le but est d’envoyer des messages à la maison blanche pour qu’elle accentue la pression sur Moubarak pour qu’il démissionne. Obama a dit qu’il fallait une transition démocratique, il faut que les actes soient en accord avec les mots.

ENVOYEZ UN MESSAGE MAINTENANT A LA MAISON BLANCHE POUR QUE LE MASSACRE DE LA PLACE TARHIR CESSE.

Les consignes:

  • Inondez la maison blanche de messages qui expriment vos inquiétudes sur la situation en Egypte
  • Exigez le départ de Moubarak
  • Exigez la liberté de presse en Egypte
  • Et surtout, faîtes passer le mot autour de vous !!!

The White House

1600 Pennsylvania Avenue NW

Washington, DC 20500

Comments: 202-456-1111

Switchboard: 202-456-1414

Fax: 202-456-2461

operation tarhir

Avaaz, une ONG connue pour l’impact de ses pétitions, décide d’en créer une au sujet de l’Egypte. Le message de la pétition est le suivant :

Nous sommes aux côtés du peuple égyptien qui réclame la liberté, le respect des droits fondamentaux, la fin de la répression et du blackout sur internet, et une réforme démocratique immédiate. Nous appelons nos gouvernements à exprimer avec nous leur solidarité envers le peuple égyptien.

Et voici le message un peu plus détaillé d’Avaaz :

Des millions d’Egyptiens courageux font face en ce moment à un choix fatidique. Des milliers d’entre eux ont été emprisonnés, blessés et certains tués ces derniers jours. Mais s’ils persistent dans leur soulèvement pacifique, ils pourraient mettre fin à des décennies de tyrannie.

Les manifestants on lancé un appel à la solidarité internationale, mais la dictature en place a conscience de la puissance d’une telle union en cette période – ils essaient désespérément d’empêcher les Egyptiens de communiquer entre eux et avec le reste du monde, et ont pour cela coupé l’accès à internet et aux réseaux de téléphonie mobile.

Les réseaux par satellite et radio permettent encore de percer le black-out mis en place par le régime — à nous d’inonder ces ondes par un gigantesque cri de solidarité montrant aux Egyptiens que nous sommes à leurs côtés, et que nous demandons à nos gouvernements de prendre leurs responsabilités en les soutenant à leur tour. La situation a atteint un point critique — chaque heure compte — cliquez ci-dessous pour signer le message de solidarité et faites suivre ce courriel:

https://secure.avaaz.org/fr/democracy_for_egypt_fr/?vl

Le pouvoir du peuple déferle au Moyen-Orient. En quelques jours, des manifestants pacifiques ont renversé la dictature tunisienne vieille de 30 ans. A présent, les soulèvements s’étendent en Egypte, au Yémen, en Jordanie et au-delà. Le monde arabe pourrait être en train de vivre sa chute du mur de Berlin. Si la tyrannie s’effondre en Egypte, un raz-de-marée démocratique pourrait déferler dans toute la région.

Le dictateur égyptien Hosni Moubarak a tenté d’étouffer la contestation. Mais avec un courage et une détermination incroyables, les manifestants continuent de descendre dans la rue.

Certaines pages de l’histoire sont écrites non pas par les puissants, mais par le peuple. Une de ces pages est en train de s’écrire. L’action des citoyens égyptiens dans les heures à venir aura un impact massif dans leur pays, la région et le monde entier. Encourageons-les en prenant l’engagement de nous tenir à leurs côtés dans cette lutte:

https://secure.avaaz.org/fr/democracy_for_egypt_fr/?vl

Les proches de Moubarak ont quitté le pays, mais celui-ci a fait appel à l’armée pour rétablir l’ordre dans la rue. Il a fait la promesse effrayante d’appliquer la tolérance 0 face à ce qu’il appelle le « chaos ». Quelle qu’en soit l’issue, l’histoire va s’écrire dans les prochains jours. A nous d’aider à en faire un moment décisif qui montrera à tous les dictateurs de la planète qu’ils ne peuvent résister longtemps au courage d’un peuple uni.

Avec espoir et admiration pour le peuple égyptien,

Ricken, Rewan, Ben, Graziela, Alice, Kien et le reste de l’équipe d’Avaaz

Plus d’informations:

Les Egyptiens bravent le couvre-feu pour exiger le départ de Moubarak:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110129.FAP4396/les-egyptiens-bravent-le-couvre-feu-pour-exiger-le-depart-de-moubarak.html

L’Egypte coupée d’internet:
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/28/l-egypte-coupee-d-internet_1471708_3218.html

De la Tunisie à l’Egypte, un air de liberté:
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-28-Egypte

Egypte : déploiement militaire massif au Caire, la tension monte:
http://www.rue89.com/2011/01/30/egypte-deploiement-militaire-massif-au-caire-la-tension-monte-187935

Amnesty International condamne la répression des manifestations:
http://amnesty.org/fr/news-and-updates/egypt-must-stop-crackdown-protesters-2011-01-26

La famille de Moubarak aurait fui l’Egypte:
http://algeriesoir.com/monde/270111-la-famille-de-moubarak-aurait-fui-legypte.html

Des activistes égyptiens postent régulièrement des mises à jours sur le blog suivant (en anglais):
http://www.elshaheeed.co.uk

Campagne d’ACCESS pour la liberté d’internet en Egypte (site en anglais):
https://www.accessnow.org/page/s/help-egypt

Voilà les chiffres à retenir des manifestations en Egypte qui montrent que cette révolution est absolument hors-norme:

  • 1 million de personnes réunies sur la place de Tahrir aujourd’hui pour réclamer le départ de Moubarak. L’armée ne tire pas sur la foule, ça semble ne pas trop mal se passer
  • 300 morts dans les affrontements selon l’ONU depuis le début de la contestation mardi dernier

Marée humaine près d'un million de personnes sur la place Tahrir aujourd'hui, photo d'atlasinfo.fr

NOTE: Les essais et réflexions publiés sur le blog n’engagent uniquement que l’opinion personnelle de l’auteur.

L’islamisme est du pain béni pour n’importe quel homme politique démagogue ou dictateur qui veut se maintenir au pouvoir. On veut justifier une guerre à l’étranger? La lutte contre le terrorisme islamiste comme en 2001 quand les pays de l’OTAN ont envahi l’Afghanistan, invasion qui aura fait plus de morts que les attentats du 11 septembre et bien sur, Ben Laden court toujours. La délinquance dans les quartiers défavorisés? La faute aux délinquants étrangers qui s’islamisent. Solution? La restriction de l’immigration pour empêcher que les hordes d’islamistes déferlent dans le pays. Quel argument avance ces mêmes hommes politiques occidentaux pour justifier leur soutien à des régimes autoritaires comme en Tunisie, en Algérie ou en Égypte? Toujours la lutte contre le terrorisme islamiste.
Bien sur, nos hommes politiques toujours très cultivés que nous ne pouvons soupçonner de xénophobie comme Brice Hortefeux, ministre français de l’intérieur condamné pour injures raciales, ne font aucun amalgame quand ils posent l’équation fatale:
musulman = étranger = immigré = chômeur = délinquant = terroriste = islamiste
Ces détracteurs de «la menace islamiste» ont ainsi fondé une nouvelle école de pensée qui expliquent tous les maux de la terre par l’islamisme. Auparavant, on avait la psychanalyse freudienne qui expliquait tous par des pulsions sexuelles ou le matérialisme historique marxiste qui fondait le sens sur de l’histoire sur une opposition duale, aujourd’hui nous avons les «anti-islamistes». N’hésitant pas à se poser en Hérault de la démocratie libérale, ils bafouent volontairement ses principes par des lois comme le patriot act ou la loppsi qui violent allègrement la sphère privée des citoyens. Ils n’hésitent pas non plus à soutenir des régimes policiers ou des hommes politiques corrompus. Il serait fortuit de relever que nombre d’hommes politiques français comme Eric Raoult, député UMP proche de Ben Ali, ou Dominique Strauss-Kahn disposent d’agréables villégiatures à Hammamet en Tunisie. Tel Eric Zemmour, ils sont prêts à dénoncer le péril islamiste qui guette dans les mouvements révolutionnaires qui agitent en ce moment dans le monde arabe.

Le mieux étant Eric Raoult qui dans cette vidéo soutenait la dictature tunisienne et l’expulsion des journalistes français de Tunisie avec des arguments complètement fallacieux:

De même en Égypte, les médias mettent en avant la possible montée au pouvoir des Frères Musulmans ou le musée national d’Égypte saccagé, mettant au second plan les 100 tués lors des manifestations du samedi 29 janvier, comme si c’était secondaire.

En réalité, cette approche est contredite par l’actualité et surtout par l’Histoire. Aucune revendication islamiste n’a émergé lors des manifestations. Les mouvements islamistes comme les frères musulmans en Égypte ou Ennahdha, en Tunisie, ont attendu le dernier moment pour rejoindre le mouvement. Mais surtout, il ne faut pas oublier la grande tradition laïque héritée du panarabisme socialiste qui a habité les pays arabes jusqu’à la fin de la guerre froide. Il ne s’agit pas de faire l’apologie du panarabisme qui a débouché sur d’infâmes dictatures dictatures comme celles du parti Baas en Syrie ou en Irak. Même pis, alors que la première génération de dirigeants née de l’indépendance était profondément laïque, la deuxième qui lui a succédé, a fait des compromis avec les éléments les plus conservateurs de la société pour se maintenir au pouvoir, engendrant l’islamisme radical.
Je parle bien d’islamisme radical car dans son sens large, l’islamisme désigne tous les courants idéologiques qui se fondent sur l’islam politique. Cela va du musulman démocrate, équivalent du chrétien-démocrate d’occident, jusqu’à l’islamiste le plus écervelé qui prône une application stricte de la charia, loi islamique.
Ce schéma se retrouve aussi bien chez les Sunnites, avec l’AKP (parti pour la justice et le développement) au pouvoir en Turquie, démocrate et pro-européen, jusqu’aux fous furieux d’Al Quaïda. Il en est de même pour les chiites, Nouri Al-Maliki, premier ministre irakien, est un démocrate, mais on retrouve aussi un islamisme chiite radical au pouvoir en Iran.

L’islamisme n’est pas présent du côté des manifestants, au contraire

Comme nous l’avons dit plus haut, on n’a pas noté la présence d’islamistes dans les manifestants en Tunisie et en Égypte. Du moins, ils n’ont pas pris le dessus des manifestations. Les citoyens en colère contre leur gouvernement revendiquaient clairement la mise en place d’un vrai régime démocratique qui respecte les libertés individuelles. Ainsi, l’établissement d’une démocratie libérale était clairement un mot d’ordre des mouvements de protestation.
En Égypte, les frères musulmans ont rejoint le mouvement de contestation aujourd’hui au moment où le pays est dans une crise profonde, alors que les manifestations avaient commencé quatre jours plus tôt. En Tunisie, Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha, a été très peu entendu.
Nous avons retrouvé l’argument islamiste du côté des partisans des pouvoirs en place. Ainsi, notre lecteur et commentateur , ardent partisan de Bouteflika, qui commente notre blog H24 sous de multiples pseudos( peut être du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien) nous a clairement accusé d’appeler à la guerre contre un pays musulman, citant le prophète, et de vouloir «enjuiver l’Algérie» (sic) !

propagande religieuse d'un partisan de Bouteflika, en arabe, une hadith du prophète qui interdit à un Musulman de faire du mal à un autre musulman

com antisémite

La perle antisémite, toujours de la même personne

Il n’a pas hésité non plus à ramener des collègues pour faire de la propagande islamiste sur la page facebook de l’operation algeria (ce qui a eu quand même pour avantage de laisser un peu de répit à l’équipe du blog).
Les partisans de la démocratie qui ont manifesté ces derniers jours dans le monde arabe n’ont jamais essayé de monter les gens les uns contre les autres, ils ont au contraire insisté sur l’égalité en Droits, pilier de tout régime authentiquement démocratique. Ce sont les régimes en place grâce à l’aide de leurs services de propagande qui instrumentalisent la menace islamiste et essaient de semer la division en essayant de monter les uns contre les autres parce qu’ils ont des religions différentes.
Les employés des services de propagandes de ces régimes autoritaires et les hommes politiques occidentaux qui les soutiennent, oublient une chose essentielle, la longue tradition laïque des pays arabes.

L’attachement des pays arabes à la laïcité: un pan de l’Histoire qu’on ne saurait oublier

La première génération de dirigeants issue de l’indépendance était clairement partisane d’une séparation stricte de la religion et de l’Etat. Mais cet acquis a été peu à peu rongé par la deuxième génération de dirigeants qui a fait des compromis avec les islamistes, soutenus par le bloc occidental pendant la guerre froide, pour rester au pouvoir.

L’héritage panarabiste laïque des dirigeants issus de l’indépendance

Remontons dans les années 1950-1960; le tiers-mondisme ou mouvement des États non alignés, porté sur le devant de la scène par la conférence de Bandung en 1956, est en vogue. Issus des indépendances ou de renversement des régimes passés, les leaders des pays socialistes non alignés sur le modèle soviétique comme Zhou Enlaï, ministre des affaires étrangères chinois, Nehru, premier ministre indien, et bien sur Nasser, président de l’Egypte, qui a incarné le panarabisme. Cette idéologie utopique visait à unir tous les peuples arabes sur des fondements socialistes. Elle a essaimé dans tout le monde arabe et influencé considérablement les régimes en place, à l’exception du Maroc, de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie et du Yemen du Nord.
Il est à noter que le panarabisme n’a pas été un franc succès sur le plan économique et surtout sur celui des libertés individuelles. Les régimes liés au parti Baas comme en Syrie avec El Assad, père et fils, et en Irak avec Sadam Hussein, ont été d’infâmes dictatures. Néanmoins, on ne peut nier les progrès sociaux apportés par ces régimes en matière d’éducation ou de santé comme en Tunisie avec Bourguiba. Cet argument est souvent utilisé par les défenseurs des régimes en place, mais ils négligent un point crucial. Les dirigeants d’aujourd’hui ne sont intéressés que par une chose, la conservation du pouvoir, n’hésitant pas à faire des compromis avec les islamistes les plus radicaux pour satisfaire les franges les plus conservatrices de la société.

Une deuxième génération de dirigeants corrompus qui cèdent face aux islamistes radicaux

En 1979, on assiste à l’émergence de l’islamisme radical aussi bien chiite que sunnite. En Iran, la révolution iranienne porte le mollah Khomeini au pouvoir condamné aussi bien par l’Union soviétique que les Etats-Unis qui soutinrent l’Irak quand elle déclara la guerre à l’Iran dans les années 80.


C’est un peu plus à l’Est que l’islamisme sunnite surgit en Afghanistan, quand l’URSS décide d’envahir le pays pour soutenir le régime communiste en place menacé par des mouvements insurrectionnels. Les États-Unis notamment par le biais de son allié fidèle dans la région, le Pakistan, vont appuyer les mouvements islamistes dans la région. Les deux pays y avaient intérêt, car le Pakistan a toujours revendiqué le Cachemire, occupé par l’Inde qui à l’époque était pro-soviétique (bien qu’elle n’appliquait pas le modèle économique soviétique), et l’Afghanistan, occupé par l’URSS qui soutenait les communistes pachtounes qui revendiquaient les terres occidentales du Pakistan.
Deux ans plus tard, le successeur de Nasser, Anouar el Sadate, est assassiné par un islamiste qui lui reprochait d’avoir signé des accords de paix avec Israël. L’émergence de l’islamisme puis le déclin de l’URSS relèguent très vite le panarabisme socialiste aux oubliettes. Souhaitant se maintenir au pouvoir, la deuxième génération de dirigeants comme Moubarak, qui a succédé à Sadate et qui est toujours au pouvoir ou Ben Ali en Tunisie. En Egypte, le parti national démocratique (PND) au pouvoir mené par Moubarak parvient à un compromis avec les Frères musulmans qui fluctue au gré des rapports de force. Ainsi, les islamistes peuvent s’organiser autour de structures religieuses dans une certaine mesure alors que toute opposition libérale est férocement réprimé. Les candidats libéraux aux élections présidentielles se sont souvent retrouvés accusés de chefs d’inculpation douteux et condamnés à des peines lourdes de prison de ferme, dans des procès pour le moins peu équitable. Pire, des concessions sont faites aux franges les plus conservatrices de la société au détriment des libertés de conscience et d’expression. Le blasphème devient un délit très lourdement réprimé. Des bloggers comme Karim sont condamnés à plusieurs années de prison ferme. Les chrétiens coptes ont aussi vécu une dégradation de la liberté de pratiquer leur culte, faisant les frais d’une propagande haineuse très violente qui a débouché sur plusieurs attentats comme celui d’Alexandrie en décembre. La Tunisie n’a pas échappé non plus à cette tendance. Alors que Bourguiba était très nettement anticlérical, Ben Ali s’est accommodé de la montée des conservateurs islamiques. Quand on se baladait en Tunisie, il n’était pas rare de voir la police fouiller les buissons pour arrêter les couples de jeune qui s’embrassaient. En termes, de liberté de mœurs et de féminisme, on a vu mieux, car bien sur, c’était surtout la fille qui était embêtée parla police. En Algérie, le FLN, parti au pouvoir depuis l’indépendance et ;lui aussi socialiste à la base, n’a pas hésité à s’allier avec le MSP, parti islamiste conservateur, après la guerre civile qui a rongé le pays. Ces mêmes régimes n’hésitent pas à utiliser la religion musulmane comme prétexte pour défendre leur régime, sous-entendant que si on est contre eux, on est contre l’islam., comme nous l’avons vu plus haut. Argument qui est bien sur fallacieux, car on peut critiquer la nationalité et la réligion sont deux choses différente. De plus, critiquer un gouvernement ne revient pas à s’en prendre au peuple et encore moins à la liberté de culte. Le blog de l’opération leakspin critique le gouvernement algérien mais soutient le peuple algérien dans sa lutte et se veut un fervent partisan de la liberté de conscience qui est un Droit Humain de base qui ne saurait être bafoué.
Cependant, il y avait une chose que les pays occidentaux et les régimes autoritaires n’avaient pas prévu, que leur jouet se retourne contre eux.

La machine infernale de l’islamisme radical s’est retournée contre ceux qui l’ont instrumentalisé

Sauf qu’il y a eu une rupture entre les islamistes et les pays occidentaux provoqués par la guerre du Golf. Les islamistes radicaux ont très mal supportés l’invasion d’un autre pays à majorité musulmane et l’utilisation des pays voisins eux aussi à majorité musulmane comme l’Arabie Saoudite, qui rassemble les lieux les plus sacrés de l’Islam, pour soumettre un autre pays musulman à leurs yeux. Sous la houlette de Oussama Ben Laden, ancien agent de la CIA, le mouvement islamiste radical «Al Quaïda» (la base en Arabe) se crée et entame une guerre sans merci contre les États-Unis et leurs alliés notamment par des actes terroristes.

La situation devient critique car tous les mouvements qui étaient susceptibles de s’opposer à l’islamisme comme le panarabisme socialiste ou le libéralisme ont été anéantis par la répression des régimes autoritaires arabes.

Les islamistes radicaux rencontrent d’autant de succès qu’ils reprennent à leur compte les revendications de justice sociale et d’anti-impérialisme du panarabisme. Leur succès est devenu très vite mondial car ils ‘appuient sur le déterminant de la religion qui transcende les nationalités. Ils deviennent les seuls opposants aux régimes corrompus qui alimentent la misère sociale par leur négligence. Le sigle du parti islamiste modéré, démocrate et pro-européen, AKP, repose sur un jeu de mot. AK est à la fois les initiales de de justice et développement en Turque mais surtout cela veut dire «pur». Les islamistes de tout bord, ont gagné en crédibilité, car ils sont apparus comme honnêtes et non corrompus. Mais l’islamisme est devenu en conséquence, un motif pour les différents gouvernements de mettre en place des mesures sécuritaires. Dahou Ould Kabliha défend l’état d’urgence en place depuis 1992 qui interdit les manifestations en invoquant la menace terroriste:

« Les Marches sont interdites à Alger, non pas parce que c’est le RCD ou la coordination qui ont appelé à des marches. Nous n’avons pas interdit la marche du RCD mais toutes les marches au niveau d’Alger. Le refus n’est pas seulement signifié à l’opposition. Si un parti de l’Alliance (FLN-RND-MSP, ndlr) envisage demain d’organiser une marche à Alger, je peux vous dire en tant que ministre de l’intérieur, qu’elle sera interdite »

Or il est important de rétablir la liberté d’expression et la démocratie pour laisser des mouvements démocratiques et laïques qui seront suffisamment forts et légitimes pour s’opposer à l’islamisme radical. Il est aussi heureux que des parti islamistes démocrates comme l’AKP puissent exister, représentant tous les courants de l’opinion.

En conclusion, l’islamisme radical sunnite dans ses évolutions récentes a surtout été instrumentalisées par les pays occidentaux pendant la guerre froide et par les dictatures actuellement au pouvoir. Cette instrumentalisation ne date pas d’hier, le concurrent de Lawrence d’Arabie pendant la première guerre mondiale, l’archéologue allemand Max Von Oppenheim préconisait l’utilisation du Djihad, la guerre sainte, pour inciter les Musulmans dans les pays arabes à se rebeller contre les Britanniques. La percée de l’islamise a eu des effets ravageurs sur les pays qui doivent subir la montée d’un conservatisme religieux oppressif et les attentats terroristes.

Mais si nous voulons en finir avec l’islamisme radical, il va falloir cesser de soutenir des régimes autoritaires qui entretiennent ce fondamentalisme exacerbé en maintenant les populations dans la misère sociale. L’ancien président américain, Truman déclara en 1947: «la misère est le terreau du totalitarisme». Ses successeurs et les dirigeants des autres pays auraient mieux fait de suivre ses conseils.

Un petit graphique pour illustrer la coupure de l’internet en Egypte:

C’est pourquoi il est très difficile d’obtenir des informations sur l’Égypte, tout est coupé.

Les Anonymous ont publié un communiqué de presse aujourd’hui:

communiqué de presse des anonymous du 28 janvier