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Jusqu’au bout, le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo aura cherché à sauver son poste. À la tête d’une armée détruite, retranché dans sa résidentielle présidentielle, il refuse toujours de reconnaître la victoire de son rival, Alassane Ouattara, à l’élection du 28 novembre.

Lundi soir, il est sorti d’un long silence, accordant coup sur coup des interviews téléphoniques à la chaîne d’information française LCI et à la radio française RFI. Il a certes reconnu que son armée avait été défaite, après les frappes aériennes conjointes de l’Onuci et de la force française Licorne.

Mais son message était ailleurs : il affirmé une nouvelle (et dernière ?) fois qu’il ne négocierait pas son départ de la présidence, convaincu qu’il semble être d’avoir remporté l’élection présidentielle.

« La seule chose qui reste à négocier », lui a rétorqué le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé sur France info mercredi matin, ce sont les « conditions » de son départ.

« Entêtement absurde »

« Nous avons demandé à l’ONU de lui garantir son intégrité physique, ainsi qu’à sa famille […] et d’organiser les conditions de son départ. C’est la seule chose qui reste à négocier désormais », a déclaré Juppé. Interrogé sur un éventuel exil en Mauritanie, il a répondu : « Je n’ai pas d’indication là-dessus. »

Alain Juppé a par ailleurs dénoncé un « entêtement absurde » de Laurent Gbagbo, qui n’a « désormais plus aucune perspective , tout le monde l’a lâché ».

Gbagbo risque-t-il de faire l’objet de poursuite de la Cour pénale internationale (CPI), s’il se rend ? « Seule la Cour pénale internationale peut prendre des décisions », a répondu Alain Juppé. La France, comme l’ONU, exige notamment que Laurent Gbagbo signe un document dans lequel il reconnaîtrait Alassane Ouattara comme président de Côte d’Ivoire. « Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ? », a-t-il lancé sur LCI. La question d’un éventuel exil serait aussi un des points de blocage.

Le Premier ministre français François Fillon avait affirmé mardi que deux de ses généraux négociaient sa reddition. Mais Laurent Gbagbo va-t-il leur reconnaître ce droit ? Son ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, réfugié à la résidence de l’ambassadeur de France, a déjà perdu son mandat pour négocier au nom de Laurent Gbagbo : dans l’entourage du président sortant,  on l’accuse même d’être un « traître ».

Tirs entendus à Cocody et au camp d’Agban

Devant cette intransigeance, Alassane Ouattara a-t-il voulu lui faire comprendre qu’il n’avait plus le choix, en poussant à nouveau son avantage militaire ?

Mardi soir, alors qu’officiellement, les combats étaient à « l’arrêt » d’après l’Onuci, des tirs étaient entendus près de Cocody, où se trouve la résidence présidentielle, tandis que la TCI, la télévision du camp Ouattara, diffusait des extraits de La chute, le film sur les derniers jours d’Adolf Hitler dans son bunker de Berlin.

Mercredi, à l’aube, les habitants de la Riviera signalaient des combats dans leurs quartiers et de très intenses tirs à l’arme lourde se faisaient à nouveau entendre au niveau du camp de gendarmerie d’Agban.

Préparation d’une intervention de l’Afrique du Sud à Abidjan

Va-t-on vers l’intervention d’une nouvelle armée étrangère en Côte d’Ivoire ? Selon nos informations, l’Afrique du Sud se prépare en effet à envoyer des soldats à Abidjan pour mettre ses ressortissants en sécurité.

La marine sud-africaine dispose déjà d’un navire ravitailleur qui mouille au large d’Abidjan, le SAS Drakensberg. Ce bâtiment peut notamment accueillir un hélicoptère .

Pretoria dispose aussi d’un autre bâtiment de guerre, situé dans le Golfe de Guinée, et qui devrait faire mouvement vers Abidjan prochainement.

Une centaine de parachutistes-commandos sud-africains sont aussi stationnés à Accra (Ghana) et pourraient intervenir dans la capitale économique ivoirienne.

Pour une vingtaine de ressortissants

Il s’agirait pour Pretoria de mettre ses ressortissants à abri et éventuellement de les évacuer. Mais le  faible nombre de Sud-Africains à secourir (ils ne sont que 20 à Abidjan, selon nos informations) pose question.

On ne peut faire que des supputations à ce stade, mais si Laurent Gbagbo, assiégé à dans sa résidence présidentielle, en venait à choisir l’exil, il aurait besoin d’un point de chute et d’une exfiltration par des forces qui ont sa confiance…

L’Afrique du Sud s’était en tout cas distinguée  par sa relative bienveillance à l’égard de Laurent Gbagbo tout au long de la crise ivoirienne. Pretoria était favorable à une négociation entre lui et Alassane Ouattara, quitte à permettre au président ivoirien sortant de rester en place.

L’Afrique du Sud n’avait demandé officiellement le départ de Laurent Gbagbo qu’après la remise des conclusions du panel des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (dont faisait parti le président Jacob Zuma), le 10 mars.

Pretoria s’est à nouveau fait remarqué cette semaine en prenant ses distances avec les frappes aériennes conjointes de l’Onuci et de la force française Licorne.

« Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d’Ivoire, avait déclaré la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane lors d’un point-presse à Pretoria. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n’avons pas voté. »

Beaucoup d’algériens revendiquent publiquement et en privé le départ du pouvoir algérien. Alors succinctement pourquoi ce pouvoir doit partir en extrême urgence :

y'en a marre de ce pouvoir

– parce que le pouvoir légal est toujours en retrait par rapport au pouvoir réel.  Les responsables politiques du pays, mis au devant de la scène, ne constituent que le pouvoir légal,  ceux qui gouvernent le pays réellement sont derrière le rideau et ne se montrent jamais au grand public. Cela veut dire que ceux qui décident à la place du peuple sont méconnus par ce derniers, ils improvisent au peuple son avenir sans qu’ils ne soient engagés par une quelconque responsabilité politique ou pénale apparentes !

– parce qu’il est illégitime, il est issu de la fraude électorale, qui reste la propriété constante du régime algérien d’une manière générale. Toutes les élections organisées depuis l’indépendance ont été truquées et ses résultats falsifiés. Selon certains témoins, la seule fois où les algériens ont réellement voté, c’était à l’occasion du référendum sur l’indépendance du pays, puisque c’était la seule fois où les résultats officiellement rendus publics par l’administration coloniale confortaient la volonté exprimée publiquement par la majorité des votants,

– parce qu’il a pris le pays en otage depuis déjà des années, à la répression systématique et l’exclusion de tout avis contradictoire, il a additionné l’état d’urgence et l’état de siège, surtout quand des citoyens expriment le vœu de manifester pour dénoncer ses exactions,

– parce qu’il est tribaliste, il ne recrute les hommes sur lesquels il s’appuie pour gouverner le pays que d’une tribu bien déterminée. Certes les pouvoirs successifs du régime ont été toujours régionalistes, déjà depuis le mouvement de libération nationale, mais le pouvoir actuel a franchi un autre pas en optant purement et simplement pour le tribalisme ; et là on ne parle plus de région (Est, Centre, Ouest), plus vaste et qui regroupe plus de départements, mais de tribu, en l’occurrence m’sirda, qui est le super village du président qui offre à l’Algérie actuellement plus de 50% de ses ministres,

– parce qu’il est corrompu, en témoignent le scandale khalifa, que certains n’hésitent pas à qualifier de scandale du siècle, les détournements de sommes astronomiques du projet autoroute Est-Ouest, les scandales de l’entreprise Sonatrach qui fait le plein au régime depuis l’indépendance, et beaucoup d’autres détournements rendus publics, et ceux qui sont cachés, sont naturellement plus importants,

– parce qu’il est répressif et il répond à toute revendication pacifique par la violence. Il ne permet à aucune voie discordante de s’exprimer publiquement sauf celle qui est sous contrôle, donc instrumentalisée à des fins occultes qui servent en finalité l’intérêt du régime,

– parce qu’il ne respecte pas les lois du pays, témoigne l’épisode du changement de la constitution pour s’offrir un pouvoir à vie, mais aussi dans certains cas il ne change pas les lois quand elles le dérangent, il les viole,

– parce qu’il a échoué économiquement, dépendance total du pétrole, pénuries répétitives de médicament, de denrées alimentaires, système éducatif catastrophique, une santé malade…

– parce qu’il a échoué socialement, il a produit plus de pauvres et de chômeurs, après El-harga (les jeunes qui fuient le pays) est venue El-harga (l’immolation par le feu), si  le mot semble être le même, les procédés sont différents, mais la finalité reste aussi la même, puisque dans les deux cas, le jeune algérien, qui se voit humilié et sans avenir probable dans son pays, ne trouve comme issu à son calvaire que la fuite vers l’inconnu. Dans tout les cas, ces jeunes préfèrent l’inconnu, qui n’est pas plus pire, à leurs yeux, que la situation qu’ils vivent dans leur propre pays.

Ce câble met en avant la suspicion générale (par les partis d’opposition, l’ONU et certaines ambassades) d’une manipulation du taux de participation aux dernières élections présidentielles algériennes, en avril 2009. Il y a d’abord un rapide rappel des résultats (Bouteflika ayant récolté plus de 90 % des voix), puis le câble dévoile certaines manigances du gouvernement pour masquer la manipulation, entre autres l’hypothèse de l’utilisation d’images d’archives par la chaîne d’Etat afin de créer l’illusion d’un grand nombre d’électeurs à la télévision.

La suite résulte surtout d’un dialogue entre l’Ambassadeur des Etats-Unis en Algérie et un responsable de l’équipe d’observation de l’ONU (Abdool Rahman). Il est fait part des stratégies du gouvernement algérien pour éviter que certaines réunions n’aient lieu et pour en infiltrer d’autres. L’ONU évoque également les pressions du gouvernement pour qu’ils approuvent le processus de vote publiquement, ainsi que les moyens pour l’en convaincre (notamment l’organisation de réunions avec des citoyens dont les déclarations n’ont en fait rien de spontané, mais où tout est préparé à l’avance).

Les principaux protagonistes/organisations

  • Abdelaziz Bouteflika, actuel Président de l’Algérie (pour la troisième fois consécutive)
  • Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et l’un des fondateurs des services secrets algériens
  • L’ONU (Organisation des Nations Unies), notamment représentée dans ce câble par Abdool Rahman
  • Le RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), parti politique d’opposition algérien
Numéro d’identification Créé le Publié le Classification Origine
09ALGIERS370 2009-04-13 19:07 2011-01-22 21:09 CONFIDENTIEL Ambassade d’Alger
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SUJET : Bouteflika réélu dans un concours parfaitement organisé.

REF: A. ALGIERS 337

B. ALGIERS 331

C. ALGIERS 147

Algiers 00000370 001.14 of 004

Classifié par : DCM Thomas F. Daughton, raisons 1.4(b) et (d).

Résumé ————————–

1. (C) Sans surprise, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a été élu pour un troisième mandat le 9 avril [2009] lors d’une élection soigneusement chorégraphiée et lourdement contrôlée, avec des résultats officiels qualifiés de « Brezhnevians » par le leader de la principale opposition [NDLR : vient de Léonid Brejnev, en anglais Brezhnev]. Le ministre de l’Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni a annoncé lors d’une conférence de presse le 10 avril que 74,54 % des plus de 20 millions d’électeurs admissibles ont voté, avec Bouteflika recevant 90,24 % des votes. Les partis d’opposition et les candidats vaincus ont indiqué un taux de participation réelle entre 18 et 55 %, tandis que des observations informelles d’ambassades ont indiqué que la grande majorité des bureaux de vote étaient vides dans la capitale, avec une participation réelle de 25-30 % au plus. Une déclaration conjointe d’équipes d’observation de l’Union Africaine, la League Arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique a rapidement proclamé l’élection « équitable et transparente », mais les observateurs de l’ONU ont refusé de participer à cette déclaration malgré les pressions du gouvernement algérien pour qu’ils le fassent. Leurs préoccupations, présentées dans un rapport privé destiné au Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon, illustrent un système dans lequel les partis d’opposition et la société civile sont dos au mur et les citoyens ont peu à voir avec un processus politique de plus en plus détaché de la société. Avec le maintient sécurisé de Bouteflika sur le pouvoir, l’Algérie est aujourd’hui confrontée à un besoin urgent de dialogue entre la population et l’État, une situation qui laisse les observateurs de l’ONU profondément inquiets sur la suite des évenements. FIN DU RÉSUMÉ.

La « majorité écrasante » de Bouteflika ————————-

Bouteflika

¶2. (C) Le ministre de l’Intérieur Zerhouni a officiellement déclaré le Président Bouteflika vainqueur de l’élection du 9 avril lors d’une conférence de presse dans un hôtel à Alger le 10 avril, fermant le dernier chapitre sur la candidature du Président pour un troisième mandat rendue possible par la révision du 12 Novembre de la constitution, supprimant la limite du nombre de mandats présidentiels. Zerhouni a proclamé que 74,54 % des 20 millions d’électeurs algériens inscrits sont allé voter le jour précédent, fournissant une victoire écrasante pour le candidat sortant. Après le décompte du vote final, Zerhouni a dit que Bouteflika avait reçu 90,24 % des votes, suivi par la candidate du Parti Travailleur (PT) Louisa Hanoune avec un lointain 4,22 %, le Front National Algérien (FNA) de Moussa Touati avec 2,31 %, El Islah avec Djahid Younsi 1,37 %, Ali Fouzi Rebaine de l’Ahd 54 avec 0,93 %, et Mohamed Said du Parti non enregistré pour la Liberté et la Justice (PLJ) en dernière place avec 0,92 %.

¶3. (C) Comme beaucoup d’observateurs l’avaient prédit ici avant les élections (ref A), le taux de participation officiel a suscité plus de controverses que le résultat de l’élection lui-même. Deux heures après la fermeture des votes le jour de l’élection, Zerhouni a annoncé un taux de participation de 74,11 %, le revisitant légèrement à la hausse le jour d’après. La télévision d’État (ENTV) et les pages du journal du régime El Moudjahid ont montré des images de foules d’électeurs faisant la queue devant les bureaux de vote d’Alger. Mais d’anecdotiques rapports d’activité de votants ont suggéré que le chiffre de Zerhouni est grandement exagéré. Certains de nos employés locaux ont noté que la foule de votants des médias de l’État apparaissait habillée pour un temps froid, alors que le 9 avril a été globalement chaud et ensoleillé, suggérant que les fonctionnaires aient utilisé des images d’archive des précédentes élections. Le parti d’opposition du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a accusé le Ministre de l’Intérieur d’avoir transporté dans plusieurs bureaux de vote des électeurs fidèles comme des policiers habillés en civil pour créer une illusion correspondant au taux de participation désiré. XXXXXXXXX nous a dit que les bureaux de vote qu’il a visité avec un journaliste français étaient presque vides. Dans un cas, il a rencontré un chômeur qui a dit qu’il votait parce qu’on lui avait dit de présenter sa carte d’électeur pour obtenir un passeport. Une femme dans un autre bureau de vote a dit à XXXXXXXX qu’elle était là pour rendre visite à sa fille, qui était fonctionnaire [dans ce bureau], mais qu’elle n’avait pas l’intention de voter.

4. (C) Les partis d’opposition ayant boycotté les élections et les candidats perdants ont donné des taux de participation compris entre 18 et 55 %. XXXXXX nous a dit que les observateurs de son parti pensaient que 25 % était un chiffre plus précis pour la capitale, comparé aux 64,76 % proclamés par le Ministre de l’Intérieur. Le ministère des affaires étrangères avait refusé d’autoriser les agents d’Ambassades à observer le processus de vote, mais le personnel des Ambassades a observé informellement le vote dans plus de 30 bureaux de vote à travers la capitale et a vu passer seulement une poignée d’électeurs pendant et en dehors des heures de pointe. Certains employés ont été en mesure d’obtenir des statistiques informelles par des amis ou des proches travaillant dans des bureaux de vote. Dans un bureau de vote du quartier CEM Pasteur dans le centre d’Alger, 74 des 214 électeurs ont voté, donc un taux de participation de 34 %. Le décompte donnait 48 votes pour Bouteflika, 9 pour Lousia Hanoune, 5 pour Said et un pour Rebaine, Touati et Younsi chacun. Les électeurs ont détruit 10 bulletins de vote, généralement considérés comme « vote blanc » ou vote de protestation. Dans un autre bureau de vote du même quartier, 85 des 281 électeurs ont voté, avec 21 votes nuls. Ces pourcentages anecdotiques miroitent ce que l’équipe de contrôle de l’ONU nous avait dit avoir observé le 11 avril. Dans un bureau où les observateurs de l’ONU étaient présent, 120 des 345 électeurs inscrit ont voté (34 %) ; 75 % des votes, ont-ils-dit, étaient pour Bouteflika et 20 % des votes étaient nuls.

Objections des perdants ——————-

¶5. (C) Chacun des candidats perdants ont exprimé des doutes publics par rapport aux chiffres officiels de participation, tout en se résignant aux résultats. Fouzi Rebaine a accusé le gouvernement de gonfler les chiffres de votants et a dit qu’il pourrait facilement accepter la défaite si les chiffres étaient « réels ». Rebaine a menacé de remplir une plainte auprès de l’ONU au lieu de la Commission Nationale des Elections Algériennes, affirmant que les institutions algériennes reliées aux élections manquaient de crédibilité. Djahid Younsi a qualifié les résultats de l’élection de rien de moins que « miraculeux », et a estimé que la participation était proche de 25 %. La candidate Louisa Hanoune du PT pensait avoir gagné au moins 30 % des votes, et a ajouté que le taux de participation officiel donnait de l’Agérie l’impression d’une « république bananière ». Le chef des trois responsables de la mission de suivi de l’ONU, M.I. Abdool Rahman, nous a dit le 11 avril que sa mission était « tout à fait certaine » que quelque chose n’allait pas après avoir reçu des vagues d’allégations de fraude des partis d’opposition, mais le manque de détails a rendu impossible la description du type de fraude ou  la façon dont elle s’est produite. L’exemple le plus détaillé de manipulation de vote que nous avons reçu vient d’un employé de l’Ambassade qui a observé un appel téléphonique dans lequel un fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur disait à un employé de bureau de vote de gonfler le nombre de bulletins de votes déposés au cours de la journée. Quand le bureau de vote a fermé, la police du Ministère de l’Intérieur a présentée à l’employé du bureau de vote un protocole de vote à signer, avec un chiffre largement supérieur et des noms qu’il n’avait tout simplement pas vu dans la journée.

Drapeau noir du RCD

¶6. (C) Il y a eu d’autres signes d’efforts du gouvernement pour gérer l’optique du processus et garder les voix dissidentes à l’écart du public. Un agent de l’Ambassade a vu un soldat en uniforme faire gratter les posters de boycott du mur extérieur du Siège du parti FFS par un jeune Algérien à Alger le 10 avril au matin, avant même l’annonce officielle des résultats. S’attaquant à la campagne du RCD voulant faire du 9 avril une « journée de deuil national », Zerhouni a dit lors de la conférence de presse du 10 avril que les activistes du RCD devront faire face à la justice, notamment pour avoir remplacé le drapeau algérien au dessus de leur Siège par un drapeau de deuil noir. Sa déclaration a apparemment ouvert la voie à un raid de commando sur le Siège du RCD dans El Biar, organisé par le maire d’Alger Tayeb Zitouni, qui a dirigé un petit groupe d’hommes lançant des cailloux et tentant d’escalader les murs du RCD pour atteindre le drapeau noir. Le leader du RCD Said Saadi nous a dit le 11 avril que les résultats de l’élection étaient « Brezhnevian » et que les membres du RCD avaient réussi à contrecarrer l’attaque du 10 avril.

Incidents de sécurité ——————

7. (C) Il n’y a pas eu d’incident de sécurité majeur dans la capitale (où une présence exceptionnellement lourde de la sécurité était visible) mais il y a eu des rapports de violences isolées dans d’autres régions à travers le pays. Le cas le plus sérieux reporté était un kamikaze dans la ville de Boumerdes (30 miles à l’Est d’Alger) déclenchant une bombe dans un bureau de vote, tuant deux officiers de police. Fait notable, aucun électeur n’a été blessé dans l’attaque. A Tamait, dans la région Est de Bejaia, deux groupes d’opposition politique ont créé une bagarre à proximité d’un bureau de vote, causant l’interruption des votes. A Tizi Ouzou, un groupe de jeunes Algériens boycottant les élections s’est précipité dans un bureau de vote et détruit trois boîtes de bulletins de vote. Quand la police est intervenue, l’un des officiers a été blessé par un cocktail Molotov lancé par un des jeunes durant la confrontation. A Bouira, un groupe de jeunes hommes a mis le feu à un bureau de vote. La presse locale a également reporté des explosions de petites bombes à Skikda, Tipaza, Tebessa, Tizi Ouzou et Larbaa Nath Irrathen dans la région de Kabylie.

Une manœuvre parfaitement orchestrée ————————

ONU

¶8. (C) La gestion gouvernementale des activités les jours précédant l’élection et le jour de l’élection lui-même démontrent une stratégie soigneusement orchestrée afin de contrôler le processus en utilisant des règles de procédures complexes pour maintenir l’apparence extérieure de la transparence (ref A). Abdool Rahman de l’ONU nous a dit le 11 avril que le cadre juridique de l’Algérie était propice aux fraudes : « Pour chaque préoccupation que nous relevions, le gouvernement pouvait invoquer une loi dans l’ elecTnQ;g1fEQUxwQ[action [NDLR : tel quel dans le câble], «Nous n’avons pas eu beaucoup de bonnes conversations ». Abdool Rahman et ses collègues ont dit que la première faiblesse du processus était la crédibilité du gouvernement à être un acteur impartial. Il a noté qu’il n’y avait pas de rôle pour la société civile, ou de consultation avec des parties prenantes en dehors du gouvernement ou de l’administration de Bouteflika. Même l’institution chargée de recevoir les plaintes des candidats et des électeurs, la Commission Nationale de Surveillance des Elections Présidentielles (CNES), a été formée par le gouvernement et son chef nommé par le Président Bouteflika. « La société civile aurait du être à la tête ». Abdool Rahman a dit qu’il avait soulevé ces points lors d’une conversation avec le vice-président du Conseil Constitutionnel, qui était d’accord sur le fait que les partis d’opposition devraient être plus représentés dans les institutions électorales. Une autre préoccupation soulevée par l’équipe de l’ONU était que les candidats, à l’exception de Bouteflika, n’ont eu accès aux médias que durant la période de la campagne officielledu 19 mars au 7 avril. Abdool Rahman a ajouté que tout au long les partis boycottant les élections ont été interdit de parole. L’observateur de l’AU Calixte Mbari a partagé la préoccupation de l’ONU concernant l’accès aux médias : « C’est vraiment dommage que nous n’ayons pas pu être là pour voir l’environnement médiatique de la pré-campagne », nous a-t-il dit, « ça aurait été intéressant ».

9. (C) Abdool Rahman a dit que sa mission avait été entravée par les efforts du gouvernement pour contrôler ses réunions et utiliser la présence de la mission pour rendre l’histoire électorale officielle. Il a noté qu’en dehors de ses réunions liées aux élections, il n’avait rencontré que des missions étrangères des Etats-Unis ou de l’Union Européenne au cours de ses visites à Alger, quelque chose a-t-il dit que le gouvernement avait activement essayé d’éviter. Abdool Rahman a dit que les autorités algériennes avaient obligé un changement d’horaire pour éviter une réunion à l’Ambassade durant la visite de l’équipe mi-mars. Il a fait remarquer qu’un fonctionnaire du MFA [Ministry of Foreign Affairs, soit Ministère des Affaires Etrangères] avait même tenté de participer à une réunion interne de l’équipe du pays de l’UNDP, ainsi qu’à une réunion privée à l’Ambassade française. « Nous avons du lui dire non poliment », a-t-il dit. Aux réunions organisées par le gouvernement, le membre de l’équipe Tadjoudine Ali-Diabacte a dit qu’il était difficile de parler à des gens « réels ». Il s’est plaint que l’équipe ait été forcée d’assister à la mise en scène d’une réunion de la société civile à Tizi Ouzou et d’écouter les déclarations déjà écrites à l’avance sur l’équité de l’élection. Nous avons eu l’expérience d’une situation similaire lorsque l’Ambassadeur a tenté de répondre le 10 avril au leader de la Mission d’Observation de l’AU, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique. Après avoir à l’origine convenu d’une réunion à 9h15, l’équipe de l’AU nous a informé que la réunion était décalée à 10h00, heure à laquelle Zerhouni devait donner les résultats de l’élection. Nous avons attendu 15 minutes pour voir Chissano, tout ça pour voir la réunion interrompue au bout d’environ cinq minutes par un fonctionnaire du MFA qui a annoncé à Chissano qu’il était convoqué à la conférence de presse de Zerhouni, qui a finalement eu lieu à 11h30.

Recommandations pour le futur ——————————

Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations Unies

¶10. (C) Abdool Rahman a dit que sa mission ne ferait pas de commentaire public sur l’élection. Il a noté que la déclaration du ministère le 10 avril exprimait une « préoccupation » concernant ces élections « très forte », mais a ajouté que son équipe était d’accord. Il a dit que la décision de la mission de l’ONU de ne rien dire a clairement ennuyé le MFA. « Ils ont mis beaucoup de pression sur nous pour faire une déclaration conjointe avec l’AU, AL et OIC ». Abdool Rahman nous a dit que son équipe allait rédiger un rapport pour l’UNSYG [United Nations Secretary General] Ban Ki-Moon qui soulignerait les problèmes abordés aussi bien que les aspects positifs de l’élection. Abdool Rahman pensait qu’aucune décision n’avait été prise concernant la mesure dans laquelle le rapport pourrait être rendu public, ni sous quelles formes ses recommandations pourraient être transmises aux Algériens. Nous avons conseillé l’équipe de l’ONU que les critiques publiques étaient généralement contre-productives ; cependant, nous pensons que le gouvernement considèrerait sérieusement les commentaires faits en privé, même si la critique n’est pas bienvenue. Abdool Rahman a suggéré que l’USUN New York pourrait obtenir une copie du rapport de la mission en contactant le bureau du SYG directement à un certain point dans les prochaines semaines.

11. (C) Abdool Rahman a prédit que leurs recommandations souligneraient le besoin de faire progresser la liberté d’expression et de créer un dialogue plus ouvert entre les citoyens, la société civile et le gouvernement. « Il doit y avoir une certaine séparation entre le gouvernement et l’administration » a-t-il souligné. Il a ajouté que la présence de plus d’observateurs nationaux aurait pu améliorer le processus. Fort de son expérience ailleurs en Afrique, le RESREP de l’UNDP Mamadou Mbaye a commenté « Si les dirigeants peuvent être élu sans cet élément essentiel, alors nous devrions être inquiets concernant l’avenir ici ». Ali-Diabacte a réitéré les remarques de ses collègues, disant que « Cinq ans ce n’est pas beaucoup de temps ; il y a un besoin de dialogue maintenant. Je ne vois pas d’autres alternatives. ».

Procédures à mettre en évidence ———————–

12. (C) Il y a eu de bonnes pratiques à souligner, selon les observateurs de l’ONU. Le registre informatique des électeurs algériens était convivial et facilement accessible dans les bureaux de vote. S’ils ne l’avaient pas déjà fait avant les élections, les Algériens pouvaient présenter une pièce d’identification valide et obtenir une carte d’électeur sur place. Ali-Diabacte a ajouté que les fonctionnaires des bureaux de vote étaient bien formés et rapides pour répondre aux questions des électeurs. Le mode de scrutin lui-même était simple, peu couteux et efficace. Une autre dynamique important de l’élection, a souligné Abdool Rahman, était le sentiment de sécurité et une absence générale de violence.

Commentaire ———————

13. (C) La disparité entre la participation officielle et ce que la personne moyenne a vu le 9 avril a conduit beaucoup de gens à se gratter la tête sur la façon dont le gouvernement espérait légitimer une telle exagération des chiffres. Dans l’éditorial du 12 avril, le quotidien francophone Liberté se demande si l’inflation du taux de participation ne pourrait pas finalement délégitimer le processus électoral sur lequel le gouvernement avait travaillé si dur pour le mettre en place. Plutôt que de montrer que l’Algérie est sur la voie vers plus de démocratie, les commentateurs ont craint que le 9 avril ne soit davantage un retour au système algérien de parti-unique.  Durant ce temps, alors que Bouteflika a fondé son troisième mandat sur la continuité, nous avons entendu des allusions de son mécontentement du statut quo et de reconnaissance de l’affaissement du système politique sous son propre poids (ref C). Avec la société civile et l’opposition sur les cordes, le contrôle de Bouteflika sur le système paraît sûr, mais sans vision discernable d’une future politique progressiste. Sans révéler une telle vision dans les dialogues entre citoyens, société civile, partis d’opposition et gouvernement, le destin des 72 % de désillusionnés de la population algérienne en dessous de l’âge de 30 ans reste un mystère, et avec elle, la stabilité du pays à long terme. Comme le dit Mbaye de l’ONU, l’Algérie est « assise sur un volcan ». Nous allons continuer de passer au crible les possibilités de supporter les réformes, et devrions nous préparer à donner notre opinion franche mais privée des progrès de l’Algérie le long du chemin.

Pearce

Cet article relate une entrevue en janvier 2008 entre l’ambassadeur des Etats-Unis et l’ambassadeur Français en Algérie. Ils discutent des problèmes politiques et économiques notamment de la corruption qui gangrène le pays. L’Algérie selon l’association anticorruption Transparency International est le plus corrompu des pays du Maghreb 105e au classement (sur 178) des pays les moins corrompus. Par comparaison, la Tunisie est 59e et le Maroc 85e.

Les protagonistes sont:

  • Bernard Bajolet, spécialiste du monde arabe. Il fut ambassadeur de 2004 à 2006 en Irak et de 2006 à 2008. Il est actuellement coordinateur du renseignement à l’Elysée.
  • Robert Ford, ambassadeur des Etats-Unis en Algérie de 2006 à 2008, il est actuellement en poste à Damas (Syrie). Fin spécialiste du monde arabe dont il maitrise la langue, il parle aussi le Français. Il a également été chef adjoint de mission à Bahreïn de 2001 et 2006 et conseiller politique à l’ambassade des Etats-Unis en Irak de 2004 à 2006.

Vu que les parcours des deux hommes présentent de fortes similitudes, on peut penser qu’ils se connaissaient très bien en 2008.

N° de Référence Crée le Publié le Classification Origine
08ALGER85 2008-01-25 11:11 2010-12-16 21:09 CONFIDENTIEL Ambassade d’Alger

VZCZCXRO1124
RR RUEHTRO
DE RUEHAS #0085/01 0251117
ZNY CCCCC ZZH
R 251117Z JAN 08
FM AMEMBASSY ALGIERS
TO RUEHC/SECSTATE WASHDC 5162
INFO RUEHBP/AMEMBASSY BAMAKO 0391
RUEHMD/AMEMBASSY MADRID 8776
RUEHNK/AMEMBASSY NOUAKCHOTT 6192
RUEHFR/AMEMBASSY PARIS 2514
RUEHRB/AMEMBASSY RABAT 2125
RUEHTRO/AMEMBASSY TRIPOLI
RUEHTU/AMEMBASSY TUNIS 6984
RUEHCL/AMCONSUL CASABLANCA 3223
RUEPGBA/CDR USEUCOM INTEL VAIHINGEN GE
C O N F I D E N T I E L SECTION 01 OF 02 ALGER 000085

SIPDIS

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E.O. 12958: DECL: 01/25/2028
TAGS: PREL PGOV KDEM FR AG
OBJET: SELON L’AMBASSADEUR DE LA FRANCE: BOUTEFLIKA NE DOIT PAS PARTIR MAIS L’ALGÉRIE A BESOIN D’AVANCER [Bouteflika may not need to move but Algeria needs to]

Classifié Par: L’ambassadeur Robert Ford, raison 1.4 (d)

1. (C) L’ambassadeur français Bajolet a raconté à l’ambassadeur [américain] que lui et le gouvernement français étaient inquiets de l’instabilité qui grandit peu à peu en Algérie, mais ils ne voient pas d’alternative au maintien du pouvoir de Bouteflika pour un troisième mandat en 2009 [NDLR:Bouteflika a été réélu avec 90,24% le 9 avril 2009, l’opposition a dénoncé des fraudes].élection présidentielle de 2009 sans surprise en Algérie Bajolet, qui a été en service ici dans les années 1980, a dit que l’intérêt stratégique français en Algérie est avant tout la stabilité et la croissance économique. La pression accrue sur les Algériens à émigrer en France à cause du manque d’opportunités en Algérie pèse lourdement sur les sensibilités politiques françaises et en fin de compte sur les relations entre les deux pays [NDLR: La visite de Sarkozy le 3/12/07, un peu plus d’un mois auparavant s’est faite sous grande tension]. Le gouvernement français, dit-il, voit peu de développements positifs en Algérie à l’heure actuelle:

  • les municipalités, qui sont les plus proches de la population, n’ont ni l’autorité ni les ressources pour répondre aux besoins locaux.
  • Il y a une incapacité au sein du gouvernement à prendre des décisions difficiles; Bajolet considère cette attitude comme un type d’immobilisme.
  • L’intérêt de la population pour le système politique formel a diminué considérablement, comme l’on a pu le constater dans les deux élections tenues en 2007.
  • Le climat des affaires est difficile et ne s’améliore pas; et les investissements et les créations d’emploi manquent (Bajolet a relevé qu’une association d’hommes d’affaires français a présenté un livre blanc  [NLDR: sous la pression des autorités algériennes, ce livre n’a jamais été publié] qui détaillait les problèmes auxquelles les entreprises françaises devaient faire face en Algérie et comment les rectifier).
  • La corruption, toutes les routes mènent vers les frères de Bouteflika, a atteint un niveau inégalé et interfère avec le développement économique.

LES AMBITIONS DE BOUTEFLIKA POUR UN TROISIEME MANDAT

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2. (C) Bajolet a dit qu’il comprenait que la direction du service de sécurité ait donné son accord pour que la constitution soit modifiée pour que Bouteflika puisse concourir encore pour une élection en 2009. Bajolet a affirmé que la santé de Bouteflika est meilleure et qu’il pourrait vivre encore plusieurs années [NDLR: Bouteflika eu des très gros problèmes de santé le poussant à être hospitalisé à l’hôpital militaire du Val de Grace en France en novembre 2005,en avril 2006 et plus récemment au début du mois]. Sa meilleure santé et son activité lui ont donné plus d’influence sur l’armée, supposa-t-il. Cela dit, Bajolet exprima son avis comme quoi le consensus à l’intérieur de la haute direction de la sécurité pour un troisième mandat de Bouteflika résultait en partie de l’opinion répandue que Bouteflika ne finirait pas son troisième mandat en raison de ses problèmes de santé. Les relations entre les services de sécurité et Bouteflika est encore épineuse. Par exemple, les Français ont déduit que les services de sécurité ont encouragé le ministre aux ancien combattants, Cherif abbas, à critiquer le président Sarkozy la veille de sa visite afin d’embarrasser Bouteflika en forçant la France à annuler le voyage.

3. (C) Bajolet a dit que les Français sont extrêmement attentifs à propos ce qu’ils disent aux Algériens à propos de la modification de la constitution pour permettre à Bouteflika de concourir pour un troisième mandat que tout le monde sait qu’il va gagner. Bajolet a remarqué que les Algériens ont clairement lancer l’idée publiquement encore juste avant la visite de Sarkozy en Décembre pour voir si le président français déconseillerait cette idée. Il ne l’a délibérément pas fait. Bajolet a constaté que les Français ne voient pas de successeur évident à Bouteflika. L’ancien premier ministre Hamrouche,a-t-il relevé, parle de réforme mais les Français ne sont pas surs s’il aurait vraiment les capacités de mener un programme de réforme. L’ancien premier ministre Ouyahia, pensent-il, n’est qu’un apparatchik de plus et a une très faible popularité au sein du pays.
Bajolet en déduit que sans un successeur évident, pousser Bouteflika au départ créerait simplement de nouvelles sources d’instabilité. En conséquence, les Français ont décidé que le meilleur message pour eux à délivrer était qu’ils étaient neutre sur cette question d’un troisième mandat de Bouteflika mais que le gouvernement [algérien] doit s’occuper des problèmes politiques et économiques majeurs de l’Algérie. (Bajolet est particulièrement intéressé par la décentralisation, par exemple).

 

chômage des diplômés en Algérie

L'Algérie a un très fort taux de chômage des diplômés

SECURITÉ

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4. (C) Bajolet a exprimé une grande inquiétude sur la sécurité du pays et il a posé de nombreuses questions sur nos derniers conseils aux voyageurs [warden message]. Nos recommandations aux citoyens américains d’éviter les écoles occidentales l’a mis dans une situation difficile, remarqua-t-il, puisqu’il y a deux écoles officielles françaises à Alger. Bajolet a affirmé qu’Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI) semble viser principalement le gouvernement algérien et ne s’intéresse aux étrangers que comme un moyen pour embarrasser le gouvernement algérien. L’Ambassadeur [américain] n’était pas d’accord [avec Bajolet], selon lui, l’AQMI s’intéresse aux deux mais pour des buts différents.

Les enlèvements d’étranger servent à embarrasser le gouvernement algérien et comme moyen de représailles pour les pertes de l’AQMI. Cela vise à chasser les étrangers hors de l’Algérie (et en fin de compte à déstabiliser le gouvernement algérien). Bajolet releva qu’il y a de multiples vulnérabilités françaises, incluant les centres culturels français autour de l’Algérie et les résidences diplomatiques éparpillées. Jusqu’à ce jour, cependant, les services de sécurité algérien ont traité les menaces contre les Français de manière appropriée et n’ont cessé d’informé les autorités françaises, prétendit-t-il.

5. (C) COMMENTAIRE: Bajolet a exprimé comme opinion que les pressions externes sur le gouvernement [algérien] pour le forcer à abandonner l’idée d’un troisième mandat de Bouteflika n’obligera pas le gouvernement algérien à l’abandonner.

Il pense plutôt qu’il cela rendrait simplement plus difficile la coopération avec les Algériens, et les Français le constatent sur les problèmes économiques/sociaux et de sécurité qu’ils doivent traiter avec les Algériens.

Il a facilement concédé que les perspectives à moyen et long terme ne sont pas bonnes à moins que le gouvernement ne commence vraiment à remettre sur pied l’économie et le système politique. Il ne pensait que cela se ferait, mais il n’avait pas d’idée précise de ce qu’il fallait faire dans ce cas de figure. FORD