Articles Tagués ‘FLN’

Politiciens où voyous ? Serviteurs du peuple où opportunistes ?, ces questions sont légitimes pour une partie importante des algériens, je dis bien une partie parce qu’une autre partie du peuple même petite s’est impliquée dans une violente guerre de position au sein des partis « pseudo politiques » pour bénéficier d’un statut de député au niveau du futur parlement lors des prochaines législatives, un statut qui va leurs ouvrir les portes d’un paradis « corrompu ».

Au cours des derniers mois, le vieux parti, front de la libération national (FLN) s’est déchiré en deux parties, la première, légaliste, gouvernée par Belkhadem, et l’autre, surnommée, mouvement de redressement. Ces deux groupes n’hésitent pas à faire usage de violence lors des conférences nationales du parti qui se transforme à chaque fois en affrontements violents.

Jeudi derniers, la petite ville de Draria (à l’ouest d’Alger) était complètement verrouillé par un impressionnant dispositif de sécurité, le but éviter des affrontements entre les partisans des deux groupes du FLN lors d’une conférence nationale des redresseurs, même si ce rendez-vous n’a pas connu les mêmes dépassements de celui de Constantine quand une réunion s’est transformée en bagarre générale faisant de nombreux blessés, des incidents ont eu lieu avant la tenue du rassemblement entre quelques perturbateurs dont le fils de Belkhadem qui brandissaient des pancartes et des posters du secrétaire général du parti et les forces de sécurité installé autour de la salle qui réceptionnait la réunion.

A quelques kilomètres de Draria, une bataille sanglante s’est déclenchée entre des dirigeants du parti El Islah Elwatani au niveau de leur siège principal, situé à Belouizdad (ex-Belcourt -centre d’Alger-). Une vidéo amateur publiée sur le compte facebook personnel de l’ex député Mohamed Salhi et relayée sur plusieurs sites et pages d’information montre l’ex député Miloud Kadri soufrant de plusieurs blessures causés par des coups d’armes blanches au niveau de sa jambe et de son visage.

Selon les témoignages de Mohamed Salhi et Miloud Kadri, le leadeur du parti et ex candidat au présidentielle de 2009, Mohamed DJahid Younsi a dressé une bande de 40 personne armés de couteaux et autres armes blanches tard dans la soirée du dimanche pour  attaquer le siège et le clan adversaire qui l’occupait depuis le samedi 15 octobre, ces violents affrontements ont fait plusieurs blessés qui ont été transféré à l’hôpital Mustapha Bacha après l’intervention des forces de police.

Le câble diplomatique 08ALGIERS1022, créé le 24 Septembre 2008 et publié par Wikileaks le 30 Aout 2011, nous présente une nouvelle preuve renforcé par plusieurs commentaires sur la combinaison « Politique-Argent » où bien « Pouvoir-Corruption » au sein du parlement algérien, cette institution, sensé représenter et défendre les intérêts des citoyens qui l’ont élu, est devenu un moyen utilisé par des groupes d’opportunistes et de « BAGGARAS » afin de bénéficier des privilèges d’un député pour mieux gérer leurs intérêts personnels.

Le télégramme diplomatique nous montre aussi comment une décision présidentielle signé par le président lui-même à ordonné une augmentation inhabituelle et considérable des salaires des parlementaire quelques mois seulement avant l’amendement de la constitution pour permettre à Bouteflika un troisième mandat présidentiel.

08ALGIERS1022 : Vous voulez devenir riche – Devenez un parlementaire.

Le câble original en anglais est accessible ici.

Numéro d’identification Créé le Publié le Classification Origine
 08ALGIERS1022 2008-09-24 07:22 2011-08-30 01:44 CONFIDENTIAL Embassy Algiers

1.      VZCZCXRO0667

2.      PP RUEHWEB

3.      DE RUEHAS #1022/01 2680722

4.      ZNY CCCCC ZZH

5.      P 240722Z SEP 08 ZDK

6.      FM AMEMBASSY ALGIERS

7.      TO RUEZC/USOFFICE EACTC

8.      RUEHNM/AMEMBASSY NIAMEY

C O N F I D E N T I A L SECTION 01 OF 02 ALGIERS 001022

SIPDIS

E.O. 12958: DECL: 09/23/2018

TAGS: PGOV ECON AG

OBJET: Vous voulez devenir riche – Devenez un parlementaire

La lettre C en début des chapitres annonce des commentaires confidentiels.

Classé par: DCM Thomas F. Daughton; reasons 1.4 (b) and (d).

SOMMAIRE :

1. (C) SOMMAIRE: La décision du 17 septembre qui consiste à augmenter considérablement les salaires des membres des deux chambres parlementaires (Le conseil de la nation et l’assemblé populaire nationale APN) a été largement critiqué par le public et les principaux titres des journaux qui criait, « Honte à vous » et « Deviens un député et deviens riche ! ». La décision, prise par une ordonnance présidentielle retentissante ratifiée par le parlement, augmente le salaire de base d’un député « junior » de 180,000 dinars (Environ 3000 dollars américains) à 300,000 dinars (5000 dollars américains) par mois. Le salaire minimum en Algérie est de 12.000 dinars (200 dollars américain) par mois. Les députés eux-mêmes avaient des difficultés pour justifier cette augmentation en comparant leur statut à celui des députés dans les pays voisins et européens, mais le public irrité s’est concentré sur leurs positions à l’égard de la société algérienne. En conséquence, les réactions à l’augmentation de salaire ont été amères et méprisantes, comme plusieurs de nos contacts l’ont senti, le gouvernement à beaucoup fait pour récompenser soit même mais elle a peu fait pour améliorer les conditions socioéconomiques de la vie quotidienne de ses citoyens.

FIN DU SOMMAIRE.

Le siège de l'assemblé populaire algérien -Alger-

Le siège de l’assemblé populaire algérien -Alger-

UN MEILLEUR SALAIRE CRÉE T-IL UNE MEILLEURE PERFORMANCE?

¶2. (C) Mahmoud Koudiri, le ministre chargé des relations avec le parlement, a défendu l’augmentation des salaires à la presse le 18 septembre en disant que les salaires des députés devraient être considérés comme une partie de la politique nationale sur les salaires, et que les augmentations devraient toucher tous les autres secteurs. Il a ajouté ses croyances que les parlementaires bien payés « vont faire un travail meilleur ». Sous l’augmentation, 300,000 dinars (5000 dollars américains) est le salaire brute mensuel d’un parlementaire junior, dont 250,000 dinars (Environ 4200 dollars américains) est le salaire net. En addition à ce salaire, les députés reçoivent une indemnité mensuelle de logement de 63,000 dinars (1050 dollars américains) et une allocation alimentaire de 20,000 dinars (presque 340 dollars américains). Les présidents des commissions parlementaires et les vices présidents des deux chambres parlementaires recevront un autre montant supplémentaire de 30,000 dinars (500 dollars américains) par mois, suite à ce que Koudiri l’a appelé, leurs « position spécial ». L’augmentation est rétroactive au premier janvier, ce qui signifie que chaque député recevra un montant initial de presque 1 million de dinars (16,700 dollars américains).

¶3. (C) MP (la députée) Sakina Messadi du Front de la libération national (FLN) a reconnu le sentiment amer du public à l’égard de cette augmentation et elle a essayé de nous l’expliquer le 20 septembre. Même s’il est vrai que le peuple est choqué par cette augmentation et il sent que nous avons ignoré ses plaintes, elle a dit, « tous les serviteurs civils et mêmes les militaires » ont bénéficié récemment d’une augmentation importante, malheureusement, elle a ajouté, « seulement notre augmentation était sous les spotlights des medias ».

QU’EST CE QUE VOUS AVEZ FAIT POUR MOI DERNIEREMENT ?

¶4. (C) Achira Mameri du quotidien francophone l’Expression nous a dit le 20 septembre que cette augmentation était hors du contact avec la réalité économique difficile des citoyens, surtout durant le mois de ramadhan où les familles algériennes luttent durement contre la hausse des prix des commodités pour mettre la nourriture sur la table d’El iftar tous les nuits. Selon Mameri, les députés « ont profité du moi de Ramadhan pour se casher » en travaillant quelques heures et quelques jours seulement de la semaine, mais « ils (les députés) sont venu tous « en courant » pour assister la session du 17 septembre pour ratifier l’augmentation de leurs salaires. Mameri a dit qu’elle a confronté le président du parlement Abdelaziz Ziari sur cette question, qui est devenu « défensif » et il l’a dit « être un député est une question de statut, et des salaires plus élevés permettront une bonne représentation ».

Louisa Hanoune

Louisa Hanoune

¶5. (C) Deux parties de l’opposition, le partie des travailleurs Trotskiste (PT) et le partie de base berbère, le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), ont voté contre l’augmentation, mais pour des raisons différentes. La présidente du PT (partie des travailleurs) Louiza Hanoune a considéré cette augmentation comme « provocation du public », ce même parlement a gonflé ses propres salaires tout en refusant toute augmentation des allocations des personnes handicapées ou des retraités, dont beaucoup d’entres eux survivent avec un revenu mensuel de 4000 ou 5000 dinars (entre 67 à 83 dollars américains) par mois. Noureddine Ait Hamouda, leadeur du groupe parlementaire du RCD, nous a dit le 20 septembre que le RCD a voté contre cette mesure parce que « l’approche globale a été tort ». Ait Hamouda nous a expliqué que le président Bouteflika est censé avoir recours à de telles ordonnances seulement en cas d’urgence. « Nous ne considérons pas que nos salaires sont une urgence », a-t-il conclu.

ALGIERS 00001022  002.8 OF 002

COMMENTAIRE : TOUT POUR LES BENJAMINS (L’ARGENT)

¶6. (C) Alors que ces augmentations sont inhabituelles, l’écart entre le salaire minimum d’un balayeur des rues et les députés dont leurs salaires sont soudainement plus élevé de 25 fois est extrême pour l’Algérie. Comme presque toutes les lois, l’augmentation du salaire provient de la présidence et elle a été approuvée par le président Bouteflika lui-même avant de faire son chemin vers le parlement. Selon la constitution, si le Parlement ne parvient pas d’approuver une telle législation, il est automatiquement dissous.

Des augmentations des salaries récentes des autres secteurs de la société n’ont pas reçu le même degré de mépris et de critiques publique, nos contacts nous ont dit, « c’est parce que le parlement a une responsabilité de représenter et défendre les intérêts du peuple ». Cette augmentation était différente, cependant, parce que pour les Algériens ordinaires, le gouvernement est plus que jamais hors de contact avec les problèmes socioéconomiques quotidiens qui les concernent, et cette augmentation n’est qu’une nouvelle preuve sur un système qui ne s’intéresse qu’a ses intérêts.

FIN DU COMMENTAIRE.

PEARCE

 Cet article a été envoyé par mail à l’operation leakspin qui a décidé de publier cet article d’opinion:
 
L’Algérie, c’est entendu, est un pays « riche ». Hydrocarbures, potentiel touristique, pêche : comment se fait-il que ce pays soit au 84è rang pour l’indice de développement humain ? Pour le taux de mortalité des moins de cinq ans ? Pourquoi parle-t-on d’un taux de chômage tournant autour de 30% quand le ministère du Travail annonce 11% ? Comment lier ces « performances » aux explications du département d’Etat américain : « parmi les principaux problèmes de droits humains [en Algérie] figurent les restrictions sur la liberté de réunion et d’association » ?
Cet article a pour objectif de donner, de manière rapide, une perspective historique sur le handicap dont souffre l’Algérie : la confiscation du pouvoir par une classe de militaires prêts à violer les droits de l’homme pour rester au sommet de la hiérarchie politique. Cette classe a intérêt à ce que l’information ne circule pas, en Algérie comme entre l’Algérie et l’extérieur, et doit entretenir l’ignorance pour survivre.
Quel est le point commun entre tous les présidents algériens depuis l’indépendance ? Tous, à l’exception de Mohamed Boudiaf (à la tête du Haut Comité d’Etat en 1992) sont des gradés de l’Armée Nationale Populaire, ex-ALN : du colonel Houari Boumediene au commandant Aziz Bouteflika. Cette catégorie de dirigeants, s’appuyant sur leur légitimité de moujahids et sur le fait que l’armée est le seul groupe à s’être structuré et renforcé pendant la guerre, est plus restreinte que le FLN. Le FLN par définition reste un front, rassemblant des sensibilités différentes, source de tensions. Mohamed Boudiaf, un des cadres dirigeants du FLN au début de la guerre d’indépendance, ministre d’Etat du gouvernement provisoire, est par exemple en désaccord avec Ben Bella dès juillet 1962, ce qui lui vaudra une condamnation à mort en 1964 et un exil jusqu’en 1992.  
Délimiter cette classe dominante, au cœur des affaires et de la vie politique an Algérie, n’est donc pas facile, mais faisable : il s’agit de quelques généraux d’état-major, placés au gouvernement, dans les instances militaires les plus puissantes. Un autre exemple : qui dirige le puissant Département du Renseignement et de la Sécurité créé en 1990 ? Un certain Mohamed Mediène. Ce général est resté très discret en politique. Selon Bakchich c’est Mediene qui  est à l’origine de la destitution et la mise sous contrôle judiciaire de Mohamed Meziane, président de la Sonatrach (120 000 salariés, 98 % des exportations algériennes, l’équivalent de 60 % des recettes budgétaires de l’Etat) en 2010. Selon Bakchich encore, « à travers le président de la Sonatrach, c’est le ministre du Pétrole, proche de Bouteflika, Chakib Khelil, qui est désormais dans le collimateur », ce qui démontre la puissance de la nébuleuse  militaire, non épargnée par les dissensions, qui dirige l’Algérie depuis 1962. D’ailleurs, Mediene n’est qu’un exemple : Bouteflika, Nezzar, sont d’autres noms à retenir si on s’intéresse au clan au pouvoir.
Toujours dans une perspective historique, la « caste » se maintenait, dans les années suivent l’indépendance, en utilisant son « aura », sa légitimité, intervenant dans tous les domaines, engrangeant les premiers fruits de l’exploitation des hydrocarbures. Le mécontentement de la population devenant trop explosif pour ce groupe privilégié, il a fallu organiser une parodie de démocratie à partir de 1988: le régime, selon Paul Balta, spécialiste de la Méditerrannée, reste en fait « présidentiel » et le président un militaire, malgré un multipartisme de façade. En parallèle, le pouvoir a été accusé de recourir à tous les moyens possibles pour se maintenir. L’entretien mal maîtrisé d’ennemis, à la fois pour obtenir le soutien de pays Occidentaux soucieux de participer à la lutte contre le terrorisme, et profiter de la guerre pour éliminer des opposants, aurait été un outil auquel Mediene aurait eu recours. Il est à ce propos inutile de rappeler le bilan des années noires, le résultat mitigé de la politique de concorde nationale et la persistance des attentats.
Entretenir l’ignorance et l’opacité est en effet, finalement, dans l’intérêt des quelques généraux aux avoirs démesurés à la tête du pays. L’opacité concernant les massacres des années 90, concernant l’attribution des marchés publics comme pour le projet de l’autoroute Est-Ouest, restreignant la liberté économique des Algériens et profitant, l’opacité sur les procédures administratives, encourageant la corruption, sur l’utilisation de la rente gazière, l’opacité sur la répression pour éviter que la contestation se répande –rappelons que les Algériens n’ont pas attendu, en Kabylie ou ailleurs pour se révolter ; profitent aux généraux.
Comment cette ignorance est-elle entretenue ? D’abord en négligeant l’éducation : un secteur en perpétuel chantier, sans moyens, comme le prouvent les grèves permanentes des professeurs. Ensuite, en étouffant le plus discrètement possibles tous les acteurs de la société civile susceptibles d’apporter une information offrant des perspectives à la population. Si l’on prend l’exemple des partis, le Département d’Etat américain note en avril 2010 que «parmi les principaux problèmes de droits humains figurent les restrictions sur la liberté de réunion et d’association, qui ont considérablement affaiblis les activités des partis politiques et la capacité des citoyens à changer le gouvernement de manière pacifique à travers des élections». Par ailleurs, il n’est pas besoin de résumer les pressions et procédés, mise en évidence dans des câbles diplomatiques, utilisés pour présenter la dernière élection comme démocratiques : fausses images, réunions préparées avec les observateurs.
Les médias traditionnels, qui se sont parfois montrés critiques, ne sont pas épargnés : toujours selon le rapport du Département d’Etat américain, « le gouvernement contrôle ainsi la plus grande source de revenus pour la plupart des journaux et utilise ce contrôle pour orienter le contenu dans la presse».
La « caste » a donc changé de stratégie depuis 1962 : des exactions menées par l’armée et coups d’états (1965), à une démarche plus discrète de domination économique et d’étouffement du jeu démocratique. La vingtaine de généraux au pouvoir est de plus en plus contrainte par une perte de légitimité auprès des plus jeunes (qui n’ont pas connu la guerre d’indépendance), une situation sociale explosive  et l’émergence de nouveaux médias. Son seul rempart : le désintérêt de toutes les opinions publiques – le ministre de la solidarité nationale annonçait 7 millions d’algériens à l’étranger en 2008 – nourri par le manque d’information et un flou volontairement maintenu. L’information libre est plus que jamais une nécessité.

Mr Bouggera Soltani vient de tenir des propos grave envers son peuple qu’il accuse de tous les mots. Il lui dénie toute intelligence, »Le peuple Algérien ne sait nullement comment demander ses droits et n’excelle que dans la violence », toute once de moralité « les Algériens ne respectent même pas leur religion et se vautrent dans l’immoralité », accusant les femmes algériennes d’être « dévergondées » et les hommes algériens d’être des « drogués, des voleurs et des criminels ».

C’est une réaction d’un homme désespéré, qui sait qu’il ne pèse rien sur l’échiquier politique du pays et surtout qu’il ne vaut absolument rien aux yeux du peuple algérien qui lui sait qui choisir pourvu qu’on le laisse choisir librement.  C’est la magie des chiffres truqués des élections organisées par le régime qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Si le FIS comme il prétend a eu la majorité, que ce qu’il a eu lui avec son parti Hamas?

Bougerra Soltani est le chef du mouvement de la société pour la paix (MSP), anciennement appelé hamas. Parti islamiste qui participe à la coallition au pouvoir avec le FLN et le RND,photo prise sur jilel.com

Bougerra Soltani est le derniers des algérien habilité à parler de la religion, parce que le mensonge est interdit dans notre religion, sachant que lui a menti quand il a dit que le peuple a élu majoritairement Bouteflika, alors qu’il sait très bien, autant que son président, qu’ils étaient tous élus par la fraude électorale. La réalité que le peuple n’ignore pas aussi est que Bouteflika, avec la bénédiction de gens comme Soltani, a volé les voies du peuple algérien trois fois.  Si Soltani n’a plus confiance dans son peuple, c’est parce qu’il vient de découvrir autant que le régime que le peuple n’a plus confiance ni en lui ni dans le régime qu’il représente.

Enfin, ou sont les menaces de Bougerra d’étaler sur la scène publique les dossiers de corruption ? Tout le monde se rappelle de la réaction violente de Bouteflika qui l’a défié devant des milliers de personnes d’avoir le courage nécessaire pour divulguer au grand public ce qu’il détient comme dossiers graves, comme il le prétendait, relatifs à des affaires de corruption. A ma connaissance et jusqu’ à ce jour il ne l’a pas fait. La question qu’on est en droit de se poser est pourquoi ? Alors soit il n’avait pas du tout de dossiers de corruption donc il ne faisait que menacer et marchander pour avoir sa place au soleil, soit il détenait effectivement des dossiers mais il n’a pas osé les divulguer, forcément pour marchander sa survie politique et financière. Dans les deux cas, il est claire qu’il a trahi et sa religion parce qu’il a menti, et son peuple parce qu’il est témoin de voles de deniers publics sans qu’il est le courage de les dénoncer. Dans un état de droit, dans les deux cas, il est traduit devant la justice soit pour tenu de propos mensongers ou pour complicité ou non dénonciation de délit puni par la loi.

Le câble fleuve sur le délitement du régime algérien. Une analyse sans concession sur les travers des dirigeants de l’Algérie et des maux qui touchent ce pays. Dans ce câble, l’ambassadeur américain relate ses conversations avec plusieurs personnalités d’opposition et une personne proche du pouvoir dont le nom n’est pas connu.

Les sujets traités :

  • Le terrorisme. Les Etats-Unis critiquent très violemment la politique de réconciliation nationale menée par Bouteflika et votée par référendum en 2005. Cette loi amnistie les criminels islamistes et empêche toute poursuite judiciaire contre des membres des forces de sécurité de l’Etat pour des actes commis durant la guerre civile des années 1990. Les Etats-Unis insistent sur l’échec de cette politique en prenant comme exemple l’attentat à la bombe meurtrier du 17 décembre 2007 commis par des islamistes amnistiés. A lire:  Réconciliation sur fond d’incertitudes, rfi.fr, 12/03/2006
  • Le désenchantement de la société Algérienne et en particulier des jeunes. Tous les interlocuteurs de l’ambassadeur critiquent le peu de perspectives qu’offre la société algérienne à ses habitants et en particulier les jeunes, très touchés par le chômage. En 2007, alors que le prix du pétrole est au plus haut, la population algérienne ne profite pas des retombées de cette envolée car les recettes sont détournées. Le constat dressé sur la jeunesse algérienne est sinistre, pointant du doigt l’augmentation du phénomène « harraga », ces immigrés qui tentent de traverser la Méditerranée clandestinement. A lire: L’Algérie ne croit plus aux promesses, le monde diplomatique, février 2009
  • La corruption présente jusqu’au sommet du pouvoir est dénoncée. Ahmed Gaia Salah, chef d’Etat major, est décrit comme le général le plus corrompu. Les frères du président Bouteflika, Said et Abdallah, ne sont pas épargnés non plus. Saïd Sadi, chef du RCD, parti d’opposition, n’hésite pas à comparer Bouteflika et sa clique à Sadam Hussein en parlant de « gang de Tikrit ».
  • Les manoeuvres du clan Bouteflika pour arranger le processus électoral. Sont évoqués le troisième amendement qui a été ratifié pour permettre à Bouteflika de se représenter et la nouvelle loi électorale qui restreint l’accès aux petits partis.
  • Les divisions au sein de l’armée sur le terrorisme, entre partisans d’une politique répressive et ceux de la réconciliation et sur la situation en Algérie qui se détériore.
  • Le double discours des Américains. Très critique en coulisse des manœuvres politiques de Bouteflika, ils épargnent ce dernier en public car ils ne veulent pas se priver d’un partenaire essentiel dans la lutte contre le terrorisme. A lire : Les voeux de Washington, algeria-watch, 28/10/2003

Les protagonistes:

  • Robert Ford, ambassadeur des Etats-Unis en Algérie de 2006 à 2008, il est actuellement en poste à Damas (Syrie). Fin spécialiste du monde arabe dont il maitrise la langue, il parle aussi le Français. Il a également été chef adjoint de mission à Bahreïn de 2001 et 2006 et conseiller politique à l’ambassade des Etats-Unis en Irak de 2004 à 2006.
  • Abdallah Djaballah, leader islamiste, évincé de la tête de son parti dans des circonstances troubles. Selon l’ambassadeur, ce serait le ministère de l’intérieur qui aurait oeuvré à son éviction. Abdallah Djaballah se livre face à l’ambassadeur à un constat sincère et sans concession de la misère de son pays et de la difficulté de s’insérer dans le système politique légal en Algérie.
  • Saïd Sadi, chef du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), parti d’opposition laïc et social-démocrate [A ne pas confondre avec le parti tunisien de Ben Ali] . Très critique vis à vis du régime de Bouteflika et sur la situation sociale en Algérie. Il reproche aussi vivement à l’ambassadeur américain sa réticence à critiquer l’autoritarisme de Bouteflika en public.
  • Ahmed Benbitour, ancien premier ministre de 1999 à 2000. Devant l’ambassadeur, il dénonce l’absence de retombées pour le peuple algérien des ressources supplémentaires apportées par l’envolée des prix du baril. Il a récemment donné une interview à El Watan, déclarant que « la contagion démocratique va toucher l’Algérie« . Il a soutenu la marche du RCD samedi.
  • Leïla Aslaoui, écrivain, féministe, et ancienne ministre. Elle est très farouchement opposée aux islamistes.

N° de Référence Créé le Publié le Classification Origine
07ALGIERS1806 2007-12-19 12:12 2010-12-16 21:09 SECRET Ambassade d’Alger

VZCZCXRO5580
PP RUEHTRO
DE RUEHAS #1806/01 3531206
ZNY SSSSS ZZH
P 191206Z DEC 07
FM AMEMBASSY ALGIERS
TO RUEHC/SECSTATE WASHDC PRIORITY 5022
INFO RUEHFR/AMEMBASSY PARIS 2467
RUEHMD/AMEMBASSY MADRID 8733
RUEHRB/AMEMBASSY RABAT 2078
RUEHTU/AMEMBASSY TUNIS 6935
RUEHTRO/AMEMBASSY TRIPOLI
RUEHNK/AMEMBASSY NOUAKCHOTT 6149
RUEHNM/AMEMBASSY NIAMEY 1403
RUEHBP/AMEMBASSY BAMAKO 0353
RUEHCL/AMCONSUL CASABLANCA 3182
RHMFISS/HQ USEUCOM VAIHINGEN GE
S E C R E T SECTION 01 OF 04 ALGIERS 001806

SIPDIS

SIPDIS

E.O. 12958: DECL: 12/17/2027
TAGS: PINS PGOV AG

OBJET: UN REGIME ALGERIEN FRAGILE ET SOUFFRANT QUI EST A LA DERIVE

2008

REF: A. ALGIERS 1704
B. ALGIERS 1618
C. ALGIERS 1237
D. ALGIERS 1658

Classifié Par: Ambassadeur Robert Ford; raisons 1.4 (b) and (d).

1. (C) RESUME: Les discussions récentes avec d’anciens officiels du gouvernement algérien, des leaders d’opposition de longue date et des journalistes dépeignent un tableau d’un régime algérien qui est fragile comme il ne l’a jamais été auparavant, miné par un manque de vision, des niveaux de corruption sans précédents et la division qui gronde au sein de la base de l’armée. Nos contacts algériens sont souvent très grincheux, mais en ce moment nous en entendons plus que les inquiétudes récurrentes à propos de l’incapacité du gouvernement algérien ou de son manque de volonté à s’attaquer aux problèmes économiques politiques, économiques et de sécurité. Les attentat à la bombe le 11 décembre à Alger [NLDR: Ce double attentat revendiqué par l’AQMI aurait tué entre 30 et 72 personnes et fait 177 blessés] , exécutés par deux hommes amnestiés sous la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale [NDLR : loi d’aministie sur les crimes commis pendant la guerre civile entre les islamistes et l’Etat algérien. La charte empêche également toute poursuite judiciaire des forces de sécurité algériennes], ont déclenché de vifs débats à propos de la politique de réconciliation Bouteflika pour protéger le pays. Le débat oppose les partisans d’une stratégie offensive et nécessaire contre la menace terroriste contre ceux qui comme Bouteflika croient encore qu’une amnistie a un rôle à jouer. L’image d’un président isolé, d’un processus de réforme qui stagne et d’une approche confuse du terrorisme vient au moment où les manœuvres à l’intérieur du gouvernement pour maintenir Bouteflika pour un troisième mandant sont en pleine ébullition. Nous voyons pas d’explosion à venir. A la place, nous voyons un gouvernement à la dérive et incertain devant la voie à suivre. FIN DU RESUME

L’ETAT ALGERIEN A LA DERIVE [SHIP OF A STATE ADRIFT]
——————–

2. (C) Le 3 décembre, le leader du parti d’opposition Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) [NLDR : A ne pas confondre avec le parti de l’ancien président tunisien Ben Ali, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique], Saïd Sadi a présenté une vue d’ensemble assez sombre du régime algérien, disant qu’il tenait vouloir conserver le contrôle du pays mais manquait de vision et de compétence. Sadi a prévenu que dans le contexte actuel de stagnation des réformes politiques et économiques, les institutions algériennes étaient en train de se ronger de l’intérieur, perdant la plupart de ses meilleurs travailleurs et fonctionnaires. L’ancien leader du parti islamiste al-Islah.

Abdallah Djaballah

Abdallah Djaballah, ancien chef du parti islamiste Al-Islah

Abdallah Djaballah, qui a été évincé de la direction du parti avec un soutien actif du ministère de l’intérieur, nous a fait remarquer que le 17 décembre le phénomène harraga (ref A), ces jeunes qui fuient dur des radeaux de fortune vers l’Europe, ne se cantonnait plus seulement désormais aux jeunes pauvres sans emploi. Dhaballah a vu des jeunes qui avaient le choix «entre mourir en mer et mourir de manière lente et progressive lente à la maison» vu les très faibles débouchés dans l’économie stagnante du pays. Sadi nous a raconté qu’il était choqué de trouver autant d’Algériens éduqués et originaires de la classe moyenne au Québec et aux Etats-Unis lors de ses derniers voyages. «Ces gens sont le future de l’Algérie», a dit Sadi.

3. (C) XXXXXXXXXXXX, nous a raconté le 17 décembre qu’en ce qui concerne la réconciliation nationale, les attentats à la bombe du 11 décembre ont fortement divisé les services de sécurité algériens, avec un nombre plus important de voix en faveur d’une politique plus dure. XXXXXXXXXXXX a dit que le régime n’avait pas de stratégie unique et précise pour combattre le terrorisme, ce qui a été prouvé par l’indécision sur la façon de traiter les amnisties de prisonniers en vue comme Hassan Hattab (ref B). Selon Sadi et XXXXXXXXXXXX, les Algériens ordinaires, qui ont déjà perdu confiance dans l’agenda des réformes politiques et économiques, perdent maintenant la foi dans la capacité du gouvernement à les protéger. Laila Aslaoui, une ancienne ministre, une activiste des droits des Femmes et écrivain, a raconté à l’ambassadeur au diner du 18 décembre que la plus grande partie de la société algérienne était démobilisée contre la menace terroriste. C’était scandaleux que le ministère de l’intérieur savait que la cour suprême était une cible et n’a rien fait pour améliorer la sécurité du bâtiment ou avertir le public, a-t-elle prétendu. Elle a été impitoyable sur les propos du ministre de l’intérieur qui avait déclaré qu’il était impossible de fournir une protection totale contre les attentats à la bombe, s’interrogeant pourquoi le gouvernement algérien ne poursuivait pas plus énergiquement en justice les individus suspectés d’actes terroristes. Le gouvernement algérien a demandé à Mme Aslaoui le 17 décembre de les aider à organiser une marche contre le terrorisme. Dans les années 1990, elle a dit qu’elle n’aurait pas hésité. Maintenant, elle remarque avec amertume qu’elle ne ferait rien pour aider le gouvernement algérien à justifier sa politique de sécurité. XXXXXXXXXXXX

Leïla Aslaoui

XXXXXXXXXXXX a raconté à l’ambassadeur le 17 décembre qu’il y a un fossé croissant entre les besoins essentiels auxquels doivent faire les Algériens ordinaires et ce qu’ils perçoivent du gouvernement en termes de salaires et de qualité de vie. Du coup, a-t-il dit, moins d’Algériens sont prêts à aider le gouvernement. D’après la sagesse populaire, a-t-il dit, si vous devez faire des affaires dans un ministère, allez-y puis partez aussitôt et restez à l’écart.

4. (C) D’un autre côté, Djaballah nous a raconté que le désenchantement répandu vis à à vis de la volonté du gouvernement de partager le pouvoir avec les islamistes a en fin de compte poussé les islamistes algériens à écouter les appels aux boycotts par son parti ainsi que les autres partis islamistes à boycotter les élections locales du 29 novembre. Ils ont compris, a-t-il dit, que la nouvelle loi électorale (ref C) [NDLR: La nouvelle loi électorale durcit les conditions d’accès aux élections pour les petits partis] a été élaborée dans le but de les marginaliser et de maintenir la coalition au pouvoir [NLDR: l’Algérie est gouverné par une coallition tri-partite appelée «l’alliance présidentielle», le Front de Libération Nationale (FLN), parti historique de l’indépendance, le Rassemblement National Démocratique (RND) plutôt de droite, et le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) qui est islamiste]. La restriction l’espace politique ne fera que renforcer l’extrémisme,a-t-il prévenu. L’ambassadeur a dit à Djaballah que les Etats-Unis étaient en faveur d’une libéralisation politique en Algérie mais que nous comprenons aussi que cela doit se faire de manière progressive. Les Etats-Unis ne veulent pas d’un retour à la violence comme dans les années 1990 et qu’ils oeuvrent avec le gouvernement algérien contre ceux qui activement cherchent [à ce que l’Algérie y retourner]. [L’ambassadeur] a salué les efforts de Djaballah pour participer au système politique légal. Le point crucial, a souligné l’ambassadeur, est que bien que l’évolution politique soit lente, elle doit être constamment dirigée vers la libéralisation. Djaballah a salué ces propos et a apprécié que l’on soulève les problèmes du processus électoral avec le gouvernement algérien.

image de Verdad'Z Blog

UN « GANG DE TIKRIT » DOMINANT
—————————

5. (C) Commentant la stabilité du pays, XXXXXXXXXXXX a souligné que les Algériens «ont vécu bien pire que ça», et que les divisions internes ne devaient pas être considérées à tort comme une preuve d’instabilité. Le régime, a fait remarqué XXXXXXXXXXXX, fait passer la stabilité avant tout, et par conséquent, il est à la fois fragile et stable à la fois. XXXXXXXXXXXX est d’accord avec l’analogie que Sadi a fait devant nous et publiquement devant la presse, comparant le gouvernement de Bouteflika à « un gang de Tikrit» qui pointe du doigt le fait qu’un nombre disproportionné de ministres et de généraux viennent de la même région dans la province de Tlemcen à l’ouest du pays dont est originaire le président Bouteflika. (En effet, une grande partie de son entourage proche vient de la petite ville de Nedroma). La loyauté de ce gang, selon XXXXXXXXXXXX et Sadi, est essentielle pour maintenir la stabilité, comme pour Saddam Hussein en Irak. [NLDR: Saddam Hussein était un dictateur impitoyable qui a gouverné l’Irak d’une main de fer de 1979 à 2003, année où il a été renversée par l’armée américaine. Il a été pendu après avoir été reconnu coupable d’avoir organisé un massacre d’un village habité par la minorité kurde]

carte algérie

SADI: «DEFENDONS NOTRE JEUNESSE»
——————————

6. (C) Sadi nous a mis en garde contre les dangers à long terme du silence persistant des Etats-Unis sur ce qu’il percevait comme être une détérioration de la démocratie algérienne, comme l’ont montré les élections locales. Du point de vue de Sadi, le soutien de l’extérieur est essentiel à la survie de la démocratie et à l’engagement productif de la jeunesse algérienne – 70% de la population – dans la vie politique et économique. Si les Etats-Unis sont vus comme complice d’élections de façade et de la réforme de la constitution pour autoriser Bouteflika à concourir pour un troisième mandat, a-t-il prévenu, ils risquent de perdre la jeune génération dans l’avenir.

Saïd Sadi, leader du RCD parti d'opposition

7. (C) L’ambassadeur a rappelé à Sadi nos vains efforts pour maintenir un programme du National Democratic Institute [NLDR: think-tank américain qui promeut la démocratie dans le monde] en Algérie que le ministère de l’intérieur délibérément fermé; peu de partis politiques ont insisté pour maintenir le programme. Il a fait remarqué à Sadi que nous avions entendu d’autres partis politiques demander un plus grand soutien public des Etats-Unis, et a exhorté le RCD et d’autres partis algériens de faire entendre leurs voix. Les Etats-Unis seraient crédibles à appeler à enlever les obstacles à la libéralisation seulement si les partis politiques eux mêmes s’expriment haut et fort. Etant donné l’absence de commission internationale pour surveiller les élections, l’ambassadeur a conseillé à Sadi d’envisager au plus tôt des requêtes publiques pour que des observateurs internationaux soient présents aux élections présidentielles de 2009.

LA STABILITÉ DANS LES MAINS D’UNE ARMÉE DIVISÉE…
——————————————— —

8. (S) Sadi, qui entretient des contacts dans l’armée algérienne et les services de sécurité nous a dit que l’armée n’était désomrmais plus unie comme elle l’avait il y a encore quelques années, a-t-il dit. Deux courants dissidents émergent, a-t-il dit. Le premier est parmi les jeunes officiers qui savent que l’Algérie ne va pas bien et accusent la vieille garde de négligence et de mauvaise gestion. Le second courant identifié par Sadi se trouve parmi les hauts officiers de l’armée, entre ceux favorable une politique plus répressive concernant la sécurité et le contre-terrorisme (les «éradicateurs» [NLDR: en français dans le texte]) et ceux encore alignés sur la politique de réconciliation nationale de Bouteflika. XXXXXXXXXXXX, dont le frère est un officier de l’armée, a dit le 17 décembre qu’il avait des colonels dans l’armée algérienne qui pensent que la dérive actuelle ne peut plus continuer. La question, murmura XXXXXXXXXXXX, est s’ils peuvent s’organiser.

9. (S) Sadi nous a parlé à la fin d’une conversation qu’il avait eu récemment avec le général Toufik Mediene, le chef du DRS (les services de renseignement militaire) [NLDR: Le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), dirigée depuis sa création en 1990 par Toufik Mediene, est régulièrement accusée d’être un organe répressif] qui est considéré par la plupart comme une figure clé de la garantie du contrôle de la population par le régime et de sa survie. Il a dit que Mediene savait que la santé de Bouteflika n’était pas terrible et celle de l’Algérie non plus. Cependant, selon Sadi, Mediene a dit qu’il avait besoin de s’assurer qu’une alternative politique «serait viable» et, par conséquent ne déstabiliserait pas le pays. Sadi a dit que beaucoup d’officiers de haut-rang commençaient à se demander s’il pouvait faire sortir complètement l’armée de la scène politique sans peur d’un châtiment public pour les abus passés durant la guerre civil.

…PENDANT QUE LA CORRUPTION ET LE PRIX DU PÉTROLE ATTEIGNENT DES SOMMETS
——————————————— ——-

10. (S) Sadi, Djaballah, XXXXXXXXXXXX et de nombreux autres contacts nous ont raconté que la corruption a atteint des niveaux sans précédent sous le régime actuel. Comme il a été rapporté dans la ref D [NDLR: câble non disponible sur wikileaks], le parti au pouvoir, le FLN, est résolu à labourer le terrain pour un troisième mandat de Bouteflika, a cherché à installer des fonctionnaires locaux dans les tractations électorales fondées sur la loyauté au dépens même des compétences.

Ahmed Benbitour

Ahmed Benbitour

Avec des prix du pétrole record, l’ancien ministre des finances et premier ministre Benbitour [NLDR : premier ministre de décembre 1999 à Août 2000]a raconté à l’ambassadeur en novembre, qu’il y avait moins d’intérêt pour le régime à mettre en place ces réformes plus que nécessaires. Les prix élevés du pétrole rapportent des revenus incroyables au pays, nous a dit Benbitour, mais les gens ordinaires n’en voient aucune retombée sur leur vie quotidienne. (En effet, Benbitour a publiquement repris une expression que nous voyons souvent dans les médias maintenant: l’Algérie est riche, mais les gens sont pauvres. Le leader islamiste Djaballah a repris aussi cette expression devant nous le 17 décembre).

suicide en algérie

L'Algérie est riche mais les Algériens sont pauvres

La corruption, selon XXXXXXXXXXXX, a atteint des proportions hallucinantes, même à l’intérieur de l’armée. Il a cité le lieutenant général Ahmad Gaid Salah, chef d’Etat major, comme peut être l’officiel le plus corrompu de l’appareil militaire, fait confirmé par d’autres contacts. Quand Sadi a évoqué le problème de la corruption au General Mediene, a dit Sadi, Mediene connaissait le problème. Montrant silencieusement le portrait de Bouteflika accroché au-dessus de leur tête, il a dit à Sadi que la corruption était répandue jusque dans les plus hautes instances du gouvernement. (Commentaire : beaucoup de contacts de l’ambassade pensent que le président Bouteflika lui même n’est pas particulièrement corrompu, mais ils montrent du doigt sans hésiter les frères du président, Said et Abdallah, comme étant particulièrement avides. L’armée algérienne a entre-temps lancé un programme anti-corruption qui est ambitieux par rapport aux normes algériennes mais qui a laissé le sommet du pouvoir relativement indemne. Fin du commentaire)

COMMENTAIRE: UN RÉGIME SOUFFRANT, UN PRÉSIDENT SOUFFRANT
——————————————— –

11. (S) Nos contacts algériens sont souvent très grincheux, mais en ce moment nous en entendons plus que les inquiétudes récurrentes à propos de l’incapacité du gouvernement algérien ou de son manque de volonté à s’attaquer aux problèmes économiques politiques, économiques et de sécurité. Les attentat à la bombe le 11 décembre à Alger [NLDR: Ce double attentat revendiqué par l’AQMI aurait tué entre 30 et 72 personnes et fait 177 blessés] , exécutés par deux hommes amnestiés sous la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale [NDLR : loi d’administie sur les crimes commis pendant la guerre civile entre les islamistes et l’Etat algérien. La charte empêche également toute poursuite judiciaire des forces de sécurité algériennes], ont déclenché de vifs débats à propos de la politique de réconciliation Bouteflika pour protéger le pays. Les attentats à la bombe et les débats sur comment endiguer l’extrémisme islamiste commencent à nous rappeler les violentes disputes dans la société algérienne pendant le pic de violence des années 1990. Ces contacts sont d’accords que bien que les années 1990 ont montré que la plupart des Algériens peuvent supporter une douleur très grande, les attentats à la bombe du 11 décembre ont mis à nu le manque de vision et de compétence du régime à gérer ces pressions. Nous commençons à entendre des échos d’un débat à l’intérieur de quelques cercles de l’établissement militaire d’un débat de plus en plus clivé sur la réconciliation nationale qui a débouché sur la question de la viabilité du gouvernement de Bouteflika lui-même.
Selon nos contacts, la stabilité reste la première priorité même parmi les officiels de bords opposés sur ce débat, bien qu’ils voient la stabilité ne réside pas dans la capacité de Bouteflika à diriger le pays mais dans un appareil militaire qui semble réaliser que leur en incombe la responsabilité de maintenir le régime. Le nouvel élément est l’insistance du premier ministre Belkhadem et de l’appareil du FLN, probablement sous l’impulsion des frères de Bouteflika si ce n’est la président Bouteflika lui même, de convenir d’un amendement constitutionnel et d’un troisième mandat. Sadi, un médecin, a dit que Bouteflika et l’Algérie elle-même étaient dans une situation critique et qu’ils dépérissaient. Selon Sadi (qui pourrait ou ne pourrait pas savoir), Bouteflika est en phase terminale d’un cancer de l’estomac, et le régime ment sur la table d’opération, s’avançant peu à peu vers un point de non retour se comportant comme des «chirurgiens non entrainés». En attendant, le gouvernement semble incapable de redynamiser l’économie stagnante et les Algériens, en particulier les jeunes, qui sont moroses et sans espoir sur le destin de leur pays à la dérive pour cette nouvelle année.

FORD