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Le 25 janvier 2010, un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian airlines (vol ET-409 Beyrouth/Addis Abeba) s’est abîmé en mer quelques minutes après son décollage, en pleine tempête, de l’aéroport de Beyrouth, à 02h30 locales (00h30 GMT), avec 90 personnes à bord, dont 54 libanais. Aucun survivant n’a été retrouvé.

Un homme inspecte les debris du crash de l'avion d'ethiopian airlines sur une plage de la cote libanaise le 25 janvier 2010

Un homme inspecte les debris du crash de l’avion d’ethiopian airlines sur une plage de la cote libanaise le 25 janvier 2010

Trois jours après le crash, les boites noires de l’appareil ont été localisées à environ 10 kilomètres à l’ouest de l’aéroport, selon le rapport final et officiel de l’enquête, le crash est dû à une erreur de pilotage, les conclusions de ce rapport ont été rejetées par la compagnie éthiopienne. La compagnie a affirmé dans un communiqué signé par son vice-président des opérations de vol, Desta Zeru et réalisé sur la base de témoins visuels, qu’un sabotage, foudre ou tirs pouvaient être à l’origine du crash, car l’avion s’est désintégrée en vol à cause d’une explosion.

Cette hypothèse est confirmée par un des émails de Stratfor – récupérés par les hackers d’Antisec et publiés par Wikileaks -, l’email avec l’ID 85813, échangé entre Antonia Colibasanu et le service des analyses de la société le 10 février 2010 révèle que les services de renseignement militaire libanais ont estimé que l’avion était sabotée par le Mossad, la source interrogée par Antonia Colibasanu (une source fiable et travaille pour les services de renseignement militaire libanais) a affirmé que le Mossad avait saboté l’avion pour assassiner le cousin de Hassan Nasrallah Hashim Saifeddine, car il croyait que ce dernier figurait parmi les passagers de l’avion.

INSIGHT – Plus d’informations sur le crash de l’avion éthiopien et l’histoire de sabotage

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID 85813
Date 2010-2-10 16:40:01
De colibasanu@stratfor.com
À analysts@stratfor.com
Listname mailto:analysts@stratfor.com

PUBLICATION: background/analysis

ATTRIBUTION: Source de STRATFOR

DESCRIPTION DE LA SOURCE: Renseignement militaire libanais

FIABILITÉ DE LA SOURCE: B

CREDIBILITÉ DE L’ELÉMENT: 3

DISTRIBUTION SUGGÉRÉ: analystes

GESTIONNAIRE DE SOURCE: Reva

** Il se passe quelques choses de plus ici que l’histoire d’erreur de pilotage. Cette source était fiable dans le passé.

L’analyse initiale de la boite noire récupérée du jet éthiopien n’a pas montré une erreur de pilotage, comme suggéré précédemment par les médias libanais. La communauté des services de renseignement libanais estime que l’avion a été sabotée par le Mossad. À son avis, c’était la première frappe dans la prochaine guerre entre Israël et le Hezbollah. Il dit que les israéliens ont agi selon une fausse croyance que le cousin de Hassan Nasrallah Hashim Saifeddine figurait parmi les passagers de l’avion.

Saifeddine est largement considéré comme le vrai homme numéro deux du Hezbollah. Ma source dit qu’il semble que les israéliens veulent se débarrasser des têtes du Hezbollah avant la guerre, afin qu’ils puissent perturber ses commandes et démoraliser ses subordonnés.

Les libanais sont confrontés à un dilemme. Ils ne peuvent pas admettre que la bombe a été plantée dans l’avion à l’aéroport de Beyrouth, car ça révèle l’ampleur du laxisme de la sécurité. Quand j’ai parlé à la source à ce sujet, il m’a rappelé le cas du crash d’Egyptair en Amérique du Nord en 1999. Les autorités égyptiennes n’ont pas permis aux États-Unis de révéler publiquement le résultat de l’enquête qui signalait un crash suicidaire du pilote Al-Battuti.

31Octobre 1999 : vol 990 Egyptair, un Boeing 767 de la compagnie Egyptair s’abîme en mer au large de la côte est des États-Unis avec 217 personnes à bord. Peu après le décollage de New York, le deuxième copilote demande avec insistance à remplacer le premier copilote avant l’heure prévue puis, peu après, le commandant de bord l’aurait laissé seul au poste de pilotage. Ce dernier aurait alors volontairement coupé le pilote automatique et prononcé plusieurs fois « I rely on God (je m’en remets à Dieu) ». Lorsque le commandant de bord parvient enfin à revenir dans le cockpit, il rattrape l’appareil qui descendait en piqué, mais le copilote avait coupé les moteurs. Le Boeing fait une chute de 33 000 pieds (environ 10 000 m) en 83 secondes puis est pulvérisé à la surface de la mer. Il n’y a pas de survivant. Un défaut des rivets de la gouverne de profondeur est attesté (des modifications ont dû être réalisées sur plusieurs appareils en service) mais il n’expliquerait pas tout. L’hypothèse du suicide du copilote est retenue par le bureau américain d’enquête et contestée par la partie égyptienne. Ce suicide pourrait être lié à l’interdiction pour le copilote de retourner à nouveau aux États Unis, interdiction prononcée la veille par le chef pilote à la suite d’une affaire de mœurs, la frustration du copilote de n’avoir jamais été promu commandant de bord à quelques mois de sa fin de carrière est également avancée.

Source

L’avion s’est explosé en plein vol. Une erreur de pilotage aurait provoqué une perte de l’équilibre et un crash en mer. Veuillez noter que le mot « une possible erreur de pilotage » a refait surface juste après que le ministre de la santé parlait d’une explosion. Tard, il a dû émettre une clarification que l’explosion n’était pas nécessairement le résultat d’une action militaire. Notez qu’il a utilisé «nécessairement» alors qu’il pouvait simplement l’exclure. Le ministre de la santé a apparemment perdu son sang froid et a mentionné «explosion» quand un des proches des passagers provoquait des troubles et insistait de voir les corps des morts. Il leur a dit qu’il y avait pas de corps, mais seulement des morceaux de chair.

25 Palestiniens entre membres du groupe  armé le « Jihad islamique » et de civils, dont un enfant de 12 ans, ont été tués à Gaza dans des raids israéliens depuis ce vendredi le 9 mars. Cette escalade de violence s’est déclenchée après l’assassinat du chef du « Jihad islamique » et ce dernier a riposté par le tir de près de 100 roquettes contre l’état d’Israël.

De la fumée s'élève au-dessus de la ville de Gaza, après un raid aérien samedi. Crédits photo : Hatem Moussa/AP

De la fumée s’élève au-dessus de la ville de Gaza, après un raid aérien samedi. Crédits photo : Hatem Moussa/AP

Ce n’est pas la première fois que l’armée ou les services secrets israéliens ont recours à ce genre d’opération très controversée, les services secrets israéliens, « Le Mossad », est connu pour ses opérations clandestines à travers le monde, l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh, membre des groupes armé palestiniens Ezzedine al Qassam, le bras armé du Hamas à Dubaï, est un coup qui a fait la une des médias internationaux le 20 janvier 2010.

La police de Dubai -UAE- après une enquête profonde a publié cette vidéo, « CCTV footage : The assassination of Mahmoud al Mabhouh in Dubai » en 2010 qui montre comment des agents israéliens secrets ont traqué Al Mabhouh pour le torturer et l’assassiner dans une chambre d’hôtel à Dubai.

Même s’il n’y a pas de preuve, l’Iran n’a pas hésité à accuser le Mossad des récents assassinats contre des savants iraniens.

INSIGHT – Israel – assassinat d’Imad Mughniyeh – IL1

L’email ayant l’ID 66013 rendu public le 13 mars 2012 et daté du 21 février 2008, échangé entre Reva Bhalla, la directrice des analyses de Stratfor et le service de renseignement de la même compagnie, nous présente le rapport élaboré par une source israélienne qui travaille pour le compte de Stratfor sur l’assassinat d’Imad Mughniyeh, un des piliers du Hezbollah, le 12 février 2008 à Damas en Syrie.

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID 66013
Date 2008-02-21 22:00:39
De bhalla@stratfor.com
A intelligence@stratfor.com

PUBLICATION: Pour usage Background/Analyse

ATTRIBUTION : Source israélienne (connecté)

Fiabilité de la source: B

Elément de crédibilité: 2

TRAITEMENT SPÉCIAL: N / A

Imad Mughniyeh

Imad Mughniyeh

Sur l’assassinat d’Imad Mughniyeh:

Définir M.O. du Mossad. C’était une attaque très élégante. Comme l’a montré des images, la voiture était encore largement intacte, l’explosion contrôlée s’était concentrée sur l’appuie-tête.

Le Mossad ne revendique jamais les assassinats. La seule fois où ils l’ont revendiqué, c’était pour l’assassinat d’Ali Hassan Salameh (Une des rares fois où Israèl agit sans notifier les U.S. (états unis), et les U.S. qui étaient bourrés parce qu’il été une liaison de la CIA).

Certainement les U.S savaient pour l’assassinat, le commentaire du département d’état le reflète.

Je crois vraiment que le Mossad avait traqué IM (Imad Mughniyeh) pendant un certain temps. Ce petit éditorial s’est montré le lendemain de l’assassinat dans haaretz (un journal Israélien) parle d’un point de vue opérationnel sur comment vous vous attacher à quelqu’un que vous suiviez et ce sentiment bizarre de tristesse quand il est éliminé parce que vous avez suivi tous ses mouvements et pendant si longtemps. Ne peut être compris que d’un point de vue opérationnel.

Il était un grand atout pour le Mossad de le suivre, mais difficile de comprendre pourquoi il l’a assassiné aujourd’hui. Peut-être que l’assassinat est liée à une volonté de la part des États-Unis d’exercer une pression sur l’Iran à ce point ou une bonne occasion se présentait. Mossad savait qu’il a été réactivé pendant un certain temps maintenant… il a été suivi pendant un certain temps.

Comment l’opération s’est probablement réalisée :

Photo de l'attentat

Photo de l’attentat

Le Mossad travaille en équipes modulaires. Cette opération nécessite beaucoup plus de trois personnes seulement, mais vous n’avez jamais ait besoin d’un grand nombre de personnes dans le pays au moment de l’attaque, vous avez une personne pour la surveillance, le récupéré, envoyer une autre personne pour acquérir les explosifs, le récupéré, envoyé un fabricant de bombe et le récupéré, etc. Ce n’est pas clair s’ils avaient quelqu’un dans le pays au moment de l’attaque .. ne serez pas surpris si la bombe était déclenchée par un signal sat -satellitaire- (ma note – peut-être ma théorie de ping d’un téléphone cellulaire est vrai ?). En outre, toute personne, qui travaillait avec eux dans le pays au moment de l’attaque était probablement une recrue arabe (probablement pourquoi la Syrie et l’Iran estiment l’implication d’un régime arabe dans cet assassinat). ….

IM (Imad Mughniyeh) était un atout majeur et était actif. Il était capable de survivre pendant si longtemps parce qu’il a été si étroitement protégé par les Iraniens. Quand je dis il était actif, je ne dis pas qu’il était un opérateur directement impliqué dans toute la formation, etc. Il était un stratège, ils l’appelaient leur chef d’état-major. Et vous grossissez lorsque vous êtes assis à Téhéran comme chef d’état-major. C’est la nature du biz.

Les représailles viendront. Ce n’est pas une question de si, mais de quand. Sera beaucoup plus comme l’attaque de Buenos Aires – opération outre-mer, secrète. Et ça sera une opération importante. Le Hezbollah a des agents actifs à l’étranger pour tirer cela au large et n’oubliez pas lors de l’attaque de BA – Buenos Aires-, que les Iraniens ont réussi à corrompre les responsables de la sécurité argentins et l’équipe d’enquête.

Israël est militairement prête pour une autre guerre. Ashkenazi a fait un travail phénoménal au cours de l’année écoulée dans la réforme du système.. C’est vraiment incroyable. Il est un Golani – qui signifie qu’il est un hardcore. Nous avons des blagues en Israël que les Brigades Golani sont ceux qui mangent la saleté et qui sont les plus strictes …Ashekenazi est sérieux à ce sujet et il n’a pas donnée d’interview.

En outre, Meir Dagan a totalement transformé le Mossad. Il est venu et il a littéralement fermé le département des recherches du Mossad. Il a dit que je ne veux plus de documents académiques, tous se focalisent sur les opérations. Ce coup de Mughniyeh était son bébé. Ce n’est pas une coïncidence que Olmert a étendue le mandat de Dagan jusqu’à 2009 pour la première fois juste après le succès du coup IM (Imad Mughniyeh).

L’ego d’Israël était grièvement meurtri par la guerre avec le Hezbollah et cet assassinat ainsi que la frappe aérienne en Syrie est une façon d’Israël de revenir et de montrer qu’ils sont encore forts. Cela aide aussi le capital politique d’Olmert dont il a besoin. C’est le genre d’action que nous allons voir d’Israël – autres opérations de ce genre.

Israël ne veut pas une autre guerre avec le Hezbollah maintenant. Ils n’essayent pas de les pousser vers une autre guerre aussi. Le « focus » est mis sur les opérations secrètes. Il est hors de la question qu’Israël essayera de répéter la guerre de 1982 au Liban. Ce fut le Vietnam d’Israël. Israël est absolument sensible aux victimes militaires, plus que les États-Unis. C’est ce que le rapport Winograd avait pour sujet – On note qu’il n’a pas parlé des victimes civiles, ça parlait que des victimes militaires et si leurs vies valaient la peine pour lancer une opération terrestre …. c’est ancré dans la psyché israélienne. Israël ne sera pas pour une guerre dont les victimes humaines seront élevés. Même durant la guerre du Liban, c’était vrai.

Concernant le  Hamas ..

Les canaux de communication indirects « Backchannels » entre Israël et le Hamas sont en cours. L’Égypte est le principal canal (principalement Omar Suleiman). Barak ne sait pas quoi faire encore au sujet de la bande de Gaza. On ne parle même pas de réoccupation, mais c’est toujours une situation de désordre. La bombe qui s’est explosé à Dimona venait d’Hébron ; ironiquement, des militants pacifistes israéliens ont réussi à stopper la construction de mur à l’endroit où le kamikaze est passé.

L'impact d'un Qassam sur la ville de Sderot

L’impact d’un Qassam sur la ville de Sderot

Beaucoup de pression politique s’exercent sur Olmert pour faire quelques choses au sujet de Gaza. Les familles de Sderot ont de l’influence. Les roquettes Qassams sont beaucoup plus une arme psychologique qu’autres choses, ils ne causent pas beaucoup de dégâts. Mais l’effet politique ne peut être sous-estimé.

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Stratfor

Le 14 février 2005, l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri hostile à la tutelle syrienne est assassiné à Beyrouth. Très vite, le Hezbollah (parti islamiste chiite libanais) et la Syrie sont soupçonnés d’être derrière l’attentat. Les manifestations pour réclamer le départ des forces armées syriennes et la vérité sur l’attentat deviennent quotidienne, le 14 mars 2005, un millions de Libanais sont dans la rue à Beyrouth. La révolution du cèdre aboutit au départ des soldats syriens fin avril 2005. Le régime de Bachar el Assad sort considérablement affaibli et marginalisé de cette épreuve. Le président syrien fera son retour en grace en 2008 quand il assista au défilé du 14 juillet à côté du président français, Nicolas Sarkozy.

Le premier août de la même année, le général Sleiman, proche du président syrien Bachar el Assad, est assassiné. Il aurait été le principal officier de liaison entre le Hezbollah et la Syrie. C’était aussi un homme clé dans le programme nucléaire clandestin Syrien qui a pour but d’arriver à la maitrise de la fabrication de l’arme atomique. (source: la libre Belgique) En juin 2011, l’AIEA a demandé la saisie du conseil de sécurité de l’ONU pour voter des sanctions contre la Syrie. source: rfi

Les protagonistes:

  • Boris Boillon, qui était à l’époque (en 2008) conseiller de Nicolas Sarkozy sur le proche orient, affirme que l’assassinat du général Sleiman est un coup monté de l’intérieur (inside job). Il a été tué dans un règlement de compte, soit par le frère du président, Maher el Assad (chef de la garde républicaine) soit par Assef Shawkat, ancien chef des services secrets et beau-frère du président. Cependant, il mise sur Bachar el Assad pour que la Syrie devienne un vrai partenaire de la France et favorise le processus de paix au Proche-Orient. Nommé ambassadeur en Tunisie en janvier 2011, il sera finalement remplacé pour son ton familier vis à vis de journalistes, qui a choqué les Tunisiens jugeant ce comportement irrespectueux.
  • Ludovic Pouille, adjoint du directeur au moyen-orient et à l’Egypte au ministère des affaires étrangères. Il se retrouve donc en concurrence avec Boris Boillon. Comme l’ont montré plusieurs câbles wikileaks sur la politique étrangère française, les services diplomatiques de l’Élysée et du Quai d’Orsay ont tendance à se tirer dans les pattes. Il est actuellement ministre conseiller à l’ambassade de France à Rabat, au Maroc. Moins bavard que Boillon, il privilégie aussi la piste d’un règlement de compte ou de la suppression d’un témoin gênant qui pourrait témoigner à la commission d’enquête des nations-unies sur le Liban qui a ensuite débouché sur le tribunal spécial pour le Liban.

Ce câble diplomatique montre l’ampleur de l’erreur diplomatique française. Sortir Bachar el Assad de l’isolement n’a rien donné. Le programme nucléaire clandestin a continué, il réprime violemment son peuple qui manifeste ces temps-ci, parallèlement il soutient le hezbollah pour créer des troubles au Liban et il n’a pas rompu ses liens avec l’Iran.

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, on retrouve au coeur de ce rapprochement avec Damas, un certain Ziad Takkiedine. Cet homme a été intermédiaire dans les sous-marins vendus au Pakistan avec les rétro-commissions versés à Balladur dont Nicolas Sarkozy était le directeur de campagne. Il a aussi été acteur du rapprochement avec la Libye de Kadhafi décidé par Sarkozy au début de son mandat. A lire: Le franco-libanais Ziad Takieddine, homme orchestre du rapprochement entre Paris et Damas, l’orient le jour, 12/08/2011

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OBJET: LES FRANÇAIS CROIENT QUE L’ASSASSINAT DU GÉNÉRAL SLEIMAN ÉTAIT UN COUP MONTÉ DE L’INTÉRIEUR

REF: PARIS 1703

Classifié par: Le ministre-conseiller aux affaires politiques Kathy Allegrone
pour les raisons 1.4. (b), (d).

1. (S/NF) Comme lecteurs de Washington et d’autres qui réfléchissent sur la politique de la France envers la Syrie, et comme une expansion du paragraphe 3 dans le reftel [NDLR : télégramme de référence], nous transmettons les vues de deux de nos interlocuteurs du GOF [NDLR : gouvernement français] des rencontres à la fin du mois d’août sur le mystérieux assassinat du général Muhammad Sleiman et de son importance potentielle pour le régime du président syrien Asad. Le conseiller NEA [NDLR: Near Eastern Affairs, affaires proche-orientales], Boris Boillon, le 20 août, a affirmé que la tuerie semblait être une sorte de coup monté de l’intérieur. Il a catégoriquement rejeté la piste d’un enlèvement de Sleiman par les Israéliens, en particulier la théorie du sniper qui l’aurait abbatu sur un bateau situé quelque part près de la ville côtière syrienne de Tartus. Boillon a affirmé que d’après les renseignements français, l’opération était plus «classique » et «mafieuse» avec la police arrêtant le trafique dans les environs, des gardes du corp regardant ailleurs, et l’assaillant qui a logé une balle dans la tête de Sleiman.

2. (S/NF) Quand on lui a demandé comment il interprétait la tuerie, Boillon a dit qu’il y avaient plusieurs théories qui se présentaient d’elles même, le seul dénominateur commun était une rivalité fratricide dans le proche entourage de Bachar el Asad. Bien que le beau-frère renfrogné de Bachar et tenu à l’écart de la direction des services secrets syriens, Asif Shawkat [NDLR: il a été remplacé de son poste de directeur des renseignements syriens en 2010], semble avoir le mobile le plus convaincant pour mettre hors d’état de nuire quelqu’un qu’il considère comme un rival et un acteur de sa chute ces derniers mois, Boillon pensait que le frère de Bachar, Maher, était plus probablement impliqué. Boillon a décrit Maher comme un ambitieux, un homme peu sage, et déterminé à accroître son pouvoir et son influence dans le cercle restreint. Dans la mesure où Maher pourrait avoir contribué à faire tomber Shawkat, il pourrait aussi avoir décidé de se débarrasser de son dernier rival clé, Sleiman, de manière définitive.

3. (S/NF) Boillon a ensuite mentionné qu’il y avait un lien entre la possibilité que Mahir ait trucidé Sleiman et qu’il pourrait avoir aussi trucidé le leader du Hezbollah, Imad Mugniah, de la même façon et ce peut être même sous l’ordre de Bachar lui même. Cette dernière explication concorderait avec l’idée de nettoyage de la maison dont la Syrie a besoin pour présenter une image plus respectable tandis qu’elle poursuit son rapprochement avec la France et/ou qu’elle avait besoin de se débarasser de ceux qui «en savaient trop» (dans le cas de Sleiman, à propos du programme nucléaire clandestin). Bien sur, Boillon a ajouté que personne ne pouvait écarter la possibilité que la mort de Sleiman était liée à une lutte sanglante pour le contrôle d’activités criminelles lucratives.

 

Le 5 juillet 2008, soient 9 jours avant l’arrivée de Bachar el Assad pour le défilé, débute la révolte dans la prison de Sednaya qui a vu la mort de 9 à 25 prisonniers politiques. (source: wikipedia) . La vidéo à gauche montre la visite de Maher el Assad dans la prison après la répression de l’émeute carcérale. La vidéo est très choquante.Si vous ne lisez pas les javascripts, vous pouvez lire la vidéo ici.


4. (S/NF) Le 28 août, Pouille était cependant moins bavard que Boillon quand il s’agissait d’interpréter la mort de Sleiman, mais il nié aussi catégoriquement la responsabilité des Israéliens. Il a cité l’ambassadeur français à Damas comme source pour soutenir que le meurtre était un coup monté de l’intérieur pour «régler de vieilles histoires» aussi bien que pour se débarrasser de façon commode de quelqu’un qui pourrait avoir des informations précieuses pour l’UNIIIC [NDLR : la Commission d’Enquête Indépendante Internationale des Nations-Unies] sur le Liban ou à l’AIEA sur le programme nucléaire syrien.

5. (S/NF) Commentaire: Nous publions ces points de vue, quelques uns sont apparues brièvement dans la presse française, moins pour la lumière qu’ils peuvent apporter sur l’assassinat de Sleiman que pour ce qu’ils font à propos de la perception du régime d’Assad par la France. En effet, le récapitulatif de Boillon sur les diverses théories montrait qu’il avait récemment lu un rapport détaillé des services de renseignements français sur la situation. Boillon et Pouille cherchaient tous les deux, dans ces conversations, à souligner que la France ne juge pas le régime d’Assad dangereusement instable ou que la mainmise d’Assad sur le pouvoir sombrait. Néanmoins, ils croient que la situation interne est assez fragile pour soulever des réserves et adopter une approche nuancée. Nous croyons que cela pourrait en partie expliquer la décision de Sarkozy de changer si rapidement pour entretenir sa relation personnelle avec Bachar et de «miser» (comme le disent les médias français) sur la volonté de Bachar de changer le cours des choses sur le Liban, la paix en Israël et même les relations que la Syrie entretient avec l’Iran. Pour que ça puisse en valoir la peine, l’ancien chef des services de renseignements militaires libanais Johnny Abdo [NDLR: la Syrie a émis un mandat d’arrestation pour faux témoignage dans l’affaire Hariri, il avait affirmé que Bachar el Assad était au courant] a récemment contesté que l’assassinat était un coup monté de l’intérieur a souligné l’absence d’arrestations massives en Syrie qui aurait normalement accompagné ce type de crime par des éléments criminels ou qui n’appartiennent pas au régime. Fin du commentaire.

S’il vous plait, visitez le site des archives classifiés en France à:
http://www.intelink.sgov.gov/wiki/Portal:France

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