Articles Tagués ‘militaire’

Le lundi 27 février, Wikileaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiment d’argent et les méthodes psychologiques employées.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR ou STRATEGIC FORECASTING recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions agents de courriels qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Dans son activité du renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification puis son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (L’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’évaluation et d’analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations puis les envoient au service de la rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société. (Source : http://www.nawaat.org un des 25 médias partenaires de Wikileaks).

FW: Guide du Contrôleur (Monitor).

L’email ayant l’ID 286265, envoyé le 21 juillet 2009 à zucha@stratfor.com nous présente le guide des contrôleurs de Stratfor répartis autour du monde., le guide complet est composé de 6 fichiers (en anglais), chacun de ces fichiers est destiné aux guides dans une région précise.

Stratfor a devisé le monde en cinq régions, l’Europe-Asie, le Moyenne Orient et l’Asie centrale, l’Afrique, l’Asie orientale et l’Amérique latine; aujourd’hui on va présenter une partie du guide destiné aux contrôleurs dans la région Europe-Asie, la partie qui concerne les contrôleurs en France.

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID

286265

Date

2009-07-21 02:01:51
A zucha@stratfor.com

Fichiers attachés.

# Nom du fichier Volume
20529 20529_Eurasia.doc 117.5KiB
20531 20531_mesa.doc 123.5KiB
20532 20532_Africa.doc 144KiB
20534 20534_East Asia.doc 121.5KiB
20537 20537_briefers.doc 43KiB
20539 20539_Latam.doc 107KiB

FRANCE :

Sécurité

  • Protestations des musulmans, les groupes musulmans, tout sur les musulmans… Cela inclut également tout les mouvements du gouvernement pour freiner le port du foulard et l’interdiction des constructions des mosquées.
  • Les attaques de l’ extrême droite anti-migrants. Déclarations des groupes politique d’extrême droite.
  • Les actions de l’union, toutes les allusions d’éventuelles émeutes ou grèves.
  • Le crime organisé dans le sud de la France, toute information en relation avec Marseille.
  • Les nouvelles lois et règlements anti-terroristes.
  • Les mouvements séparatistes :  basques et corses.

Politique

  • Toutes les élections doivent être surveillés attentivement, y compris les élections régionaux mineurs qui peuvent prévoir des changements dans l’opinion publique.
  • Nous avons besoin de surveiller ce qui se passe avec le Parti socialiste. Guerre de leadership et ainsi de suite.
  • Les choses qui peuvent sembler être des histoires de « l’intérêt humain », comme qui couche avec qui et ainsi de suite, important en France. Je voudrais savoir si quelqu’un avait des affaires au sein du.
  • Surveillez tout ce que le ministre de l’intérieur dit, il contrôle une grande partie de ce qui se passe dans le pays, plus est en charge de l’appareil de sécurité intérieure, qui est probablement le plus puissant en Europe.
  • Traquez les mouvements antimondialisation, ATTAC et autres ONG.
  • Tous signes d’éventuelles acquisitions militaires ou de réarmement.

Relations Internationales

  • La France a des relations avec TOUT LE MONDE. Nous avons besoin de savoir où les responsables français du ministère des Affaires étrangères vont et ce qu’ils font là-bas.
  • La France et l’Afrique, Bien qu’il y a beaucoup moins d’activité de la France en Afrique, ils ont encore beaucoup d’intérêts clés, surtout dans des endroits comme le Niger où Areva dirige pratiquement le pays. Mais la nouvelle base française aux Emirats Arabes Unis est emblématique d’une réévaluation française de sa politique étrangère, et les deux activités à cette nouvelle base et le mandat d’évolution dans l’ensemble, en regardant de près.
  • Tout ce qui se passe entre la France et l’Iran est d’un intérêt particulier.
  • Relations U.S./France :

    • Nicolas Sarkozy est une bonne impulsion sur ce qui se passe en France, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis. Essayons d’avoir un sens de ce qu’il pense sur les États-Unis.
    • Toutes les initiatives prises par la France sur l’Iran, La Russie, La Corée du Nord, l’Afrique, qui pourrait être fait à la demande des États-Unis. Nous devons être conscients de ce que fait France et ce qu’elle pouvait faire pour les États-Unis.
    • Concurrence entre Airbus et Boeing.
    • Concurrence entre Areva et GE (pas vraiment une compétition, Areva a botté le cul de GE).

    Relations Russie/France :

    • Toutes les visites de dirigeants français en Russie.
    • Affaires commerciales, en particulier le secteur d’énergie doit être surveillées attentivement.
    • Les actions Française dans la périphérie Russe (Caucase, Asie centrale, la Biélorussie) doivent être suivis attentivement.

    Relations Union Européenne/France :

    • Que dit Sarkozy sur le dernier président de l’Union européenne.
    • Tous signes de clivages entre la France et l’Union Européenne. Comme avec l’Allemagne: surveiller toutes déclarations qui semblent hors de l’ordinaire, ou qui semblent en confrontation soit avec la Commission de l’union européenne, la France, la banque européenne centrale ou la cour de justice des communautés européennes. Les déclarations du chancelier sont particulièrement importants.
    • Les agendas soutenues par la France à l’intérieur de l’union européenne ? En relation avec l’énergie nucléaire.

Économie

  • Nous sommes au milieu de la récession, TOUT est essentiel. Lorsqu’une nouvelle donné sera publiée, elle devra être porté à notre attention.
  • Les faillites et les sauvetages bancaires sont importants.
  • Toutes les affaires nucléaires ou militaires à l’étranger.

STRATFOR.

 Cet article a été envoyé par mail à l’operation leakspin qui a décidé de publier cet article d’opinion:
 
L’Algérie, c’est entendu, est un pays « riche ». Hydrocarbures, potentiel touristique, pêche : comment se fait-il que ce pays soit au 84è rang pour l’indice de développement humain ? Pour le taux de mortalité des moins de cinq ans ? Pourquoi parle-t-on d’un taux de chômage tournant autour de 30% quand le ministère du Travail annonce 11% ? Comment lier ces « performances » aux explications du département d’Etat américain : « parmi les principaux problèmes de droits humains [en Algérie] figurent les restrictions sur la liberté de réunion et d’association » ?
Cet article a pour objectif de donner, de manière rapide, une perspective historique sur le handicap dont souffre l’Algérie : la confiscation du pouvoir par une classe de militaires prêts à violer les droits de l’homme pour rester au sommet de la hiérarchie politique. Cette classe a intérêt à ce que l’information ne circule pas, en Algérie comme entre l’Algérie et l’extérieur, et doit entretenir l’ignorance pour survivre.
Quel est le point commun entre tous les présidents algériens depuis l’indépendance ? Tous, à l’exception de Mohamed Boudiaf (à la tête du Haut Comité d’Etat en 1992) sont des gradés de l’Armée Nationale Populaire, ex-ALN : du colonel Houari Boumediene au commandant Aziz Bouteflika. Cette catégorie de dirigeants, s’appuyant sur leur légitimité de moujahids et sur le fait que l’armée est le seul groupe à s’être structuré et renforcé pendant la guerre, est plus restreinte que le FLN. Le FLN par définition reste un front, rassemblant des sensibilités différentes, source de tensions. Mohamed Boudiaf, un des cadres dirigeants du FLN au début de la guerre d’indépendance, ministre d’Etat du gouvernement provisoire, est par exemple en désaccord avec Ben Bella dès juillet 1962, ce qui lui vaudra une condamnation à mort en 1964 et un exil jusqu’en 1992.  
Délimiter cette classe dominante, au cœur des affaires et de la vie politique an Algérie, n’est donc pas facile, mais faisable : il s’agit de quelques généraux d’état-major, placés au gouvernement, dans les instances militaires les plus puissantes. Un autre exemple : qui dirige le puissant Département du Renseignement et de la Sécurité créé en 1990 ? Un certain Mohamed Mediène. Ce général est resté très discret en politique. Selon Bakchich c’est Mediene qui  est à l’origine de la destitution et la mise sous contrôle judiciaire de Mohamed Meziane, président de la Sonatrach (120 000 salariés, 98 % des exportations algériennes, l’équivalent de 60 % des recettes budgétaires de l’Etat) en 2010. Selon Bakchich encore, « à travers le président de la Sonatrach, c’est le ministre du Pétrole, proche de Bouteflika, Chakib Khelil, qui est désormais dans le collimateur », ce qui démontre la puissance de la nébuleuse  militaire, non épargnée par les dissensions, qui dirige l’Algérie depuis 1962. D’ailleurs, Mediene n’est qu’un exemple : Bouteflika, Nezzar, sont d’autres noms à retenir si on s’intéresse au clan au pouvoir.
Toujours dans une perspective historique, la « caste » se maintenait, dans les années suivent l’indépendance, en utilisant son « aura », sa légitimité, intervenant dans tous les domaines, engrangeant les premiers fruits de l’exploitation des hydrocarbures. Le mécontentement de la population devenant trop explosif pour ce groupe privilégié, il a fallu organiser une parodie de démocratie à partir de 1988: le régime, selon Paul Balta, spécialiste de la Méditerrannée, reste en fait « présidentiel » et le président un militaire, malgré un multipartisme de façade. En parallèle, le pouvoir a été accusé de recourir à tous les moyens possibles pour se maintenir. L’entretien mal maîtrisé d’ennemis, à la fois pour obtenir le soutien de pays Occidentaux soucieux de participer à la lutte contre le terrorisme, et profiter de la guerre pour éliminer des opposants, aurait été un outil auquel Mediene aurait eu recours. Il est à ce propos inutile de rappeler le bilan des années noires, le résultat mitigé de la politique de concorde nationale et la persistance des attentats.
Entretenir l’ignorance et l’opacité est en effet, finalement, dans l’intérêt des quelques généraux aux avoirs démesurés à la tête du pays. L’opacité concernant les massacres des années 90, concernant l’attribution des marchés publics comme pour le projet de l’autoroute Est-Ouest, restreignant la liberté économique des Algériens et profitant, l’opacité sur les procédures administratives, encourageant la corruption, sur l’utilisation de la rente gazière, l’opacité sur la répression pour éviter que la contestation se répande –rappelons que les Algériens n’ont pas attendu, en Kabylie ou ailleurs pour se révolter ; profitent aux généraux.
Comment cette ignorance est-elle entretenue ? D’abord en négligeant l’éducation : un secteur en perpétuel chantier, sans moyens, comme le prouvent les grèves permanentes des professeurs. Ensuite, en étouffant le plus discrètement possibles tous les acteurs de la société civile susceptibles d’apporter une information offrant des perspectives à la population. Si l’on prend l’exemple des partis, le Département d’Etat américain note en avril 2010 que «parmi les principaux problèmes de droits humains figurent les restrictions sur la liberté de réunion et d’association, qui ont considérablement affaiblis les activités des partis politiques et la capacité des citoyens à changer le gouvernement de manière pacifique à travers des élections». Par ailleurs, il n’est pas besoin de résumer les pressions et procédés, mise en évidence dans des câbles diplomatiques, utilisés pour présenter la dernière élection comme démocratiques : fausses images, réunions préparées avec les observateurs.
Les médias traditionnels, qui se sont parfois montrés critiques, ne sont pas épargnés : toujours selon le rapport du Département d’Etat américain, « le gouvernement contrôle ainsi la plus grande source de revenus pour la plupart des journaux et utilise ce contrôle pour orienter le contenu dans la presse».
La « caste » a donc changé de stratégie depuis 1962 : des exactions menées par l’armée et coups d’états (1965), à une démarche plus discrète de domination économique et d’étouffement du jeu démocratique. La vingtaine de généraux au pouvoir est de plus en plus contrainte par une perte de légitimité auprès des plus jeunes (qui n’ont pas connu la guerre d’indépendance), une situation sociale explosive  et l’émergence de nouveaux médias. Son seul rempart : le désintérêt de toutes les opinions publiques – le ministre de la solidarité nationale annonçait 7 millions d’algériens à l’étranger en 2008 – nourri par le manque d’information et un flou volontairement maintenu. L’information libre est plus que jamais une nécessité.

Nous avions déjà évoqué l’assaut des hôpitaux et l’arrestation des opposants blessés (voir l’article les hôpitaux servent d’appât pour détenir les manifestants). Plusieurs médecins avaient été tabassés pour avoir soigné des opposants.

Les forces de police et les soldats saoudiens du Conseil de la Coopération du Golf (GCC) bloquent les hôpitaux pour empêcher les manifestants d’accéder au soin, comme le montre cette vidéo (cliquez ici) prise à l’hôpital principal de Salmania près du quartier de Lulu à Manama, la capitale:

Ce sont 23 médecins et 24 infirmiers qui ont été arrêtés à l’hôpital de Salmania. Ils sont accusés d’avoir voulu renverser le gouvernement, d’occuper illégalement un lieu public et d’incitation à participer à des manifestations illégales. Ils sont jugés devant une court martiale à huis clos comme le prévoit l’état d’urgence établi le 16 mars. L’hôpital de Salmania, à côté du quartier de Lulu où a eu lieu les principales manifestations, était en première ligne pour recevoir les blessés. L’hôpital avait été très vite assiégé par les forces de sécurité du Bahreïn qui sont venus pour arrêter les opposants hospitalisés. Des médecins et des infirmiers avaient été tabassés. Les 47 membres du personnel soignant inculpés ont soigné des manifestants, ce qui constitue en réalité le véritable crime pour les autorités du Bahreïn qui se cache derrière des accusations fantasques.

Refuser de soigner un patient est contraire à toute idéologie médicale, dans le serment du conseil de l’ordre des médecins français, il est écrit:

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. [NDLR: souligné par l’auteur] J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

Dr. Nada Dhaif

Le Dr. Nada Dhaif fait parti des 24 médecins arrêtés de l'hôpital de Salmania. Photo de OpBahrain

L’information a été diffusée par les médias anglophones (BBC, USA Today, the independent) mais n’a pas fait de bruit parmi leurs confrères francophones.

Nous en appelons aussi à tous les médecins et membres du personnel soignant. Soyez solidaires envers vos confrères qui n’ont fait que respecter le serment d’Hippocrate et le code de déontologie médical. Votre influence au près de la population est énorme. Si chacun de vous poste une affiche de soutien à vos collègues du Bahreïn dans son hôpital, sa clinique ou son cabinet, on pourra faire avancer leur cause.

La semaine dernière à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, a été agitée. Une pluie de coups de matraques et de gazs lacrymogènes s’est abattu sur les manifestants.

photo manifestation nouakchott

Photos de manifestants fuyant la police à Nouakchott le 25 mars, selon l'auteur de la photo "la police torture tous les manifestants arrêtés"

Nous avions déjà évoqué dans un autre article les premières manifestations en Mauritanie qui ont débuté le 25 février:

Pays très instable en proie à des coups d’Etat militaires réguliers, la Mauritanie est au main de la junte militaire depuis 2008. Le général mauritanien au pouvoir, Ould Abdel Aziz, est très lié à Kadhafi qui a lui permis d’asseoir son pouvoir . La déstabilisation de Kadhafi fragilise de facto le pouvoir mauritanien qui pouvait compter sur le soutien de la Libye. La contestation en Mauritanie est partie de manifestations anti-Kadhafi dans les lycées et les campus universitaires de Mauritanie. Pour les Anglophones, vous pouvez lire une analyse plus complète sur le blog the moor next door.

Les manifestants, principalement des jeunes dont beaucoup d’étudiants, réclament le départ de la junte militaire particulièrement fragilisé par l’affaiblissement de Kadhafi. Il faut savoir que le président Ould Abdel Aziz a rendu visite à Kadhafi le 17 mars, jour où a été voté la résolution 1973 par l’ONU qui avalisait la mise en place d’une no-fly zone en Libye (source kassataya.com). Cependant, le président mauritanien s’est démarqué ces derniers jours du guide libyen en limogeant la ministre des affaires étrangères, Mint Mouknass, qui avait su réintégrer la Mauritanie dans le jeu des relations internationales grâce au soutien de Kadhafi alors que la communauté internationale et l’union africaine avaient décidé d’isoler le régime putchiste:

Héritant du « cas mauritanien » en tant que président en exercice de l’Union Africaine, le colonel Kadhafi donnait à la médiation libyenne une tournure incongrue. En contre partie de la rupture des relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Israël, Kadhafi avait pris fait et cause pour le général Ould Abdel Aziz. La visite mémorable de l’inénarrable colonel à Nouakchott en mars 2009 doucha les ambitions des opposants au putsch. Naha Mint Mouknass surfait alors sur son petit nuage. (source: kassataya.com)

La junte militaire mauritanienne a aussi en commun avec Kadhafi, le sens de la répression.

manifestant mauritanien tapé par un policier

manifestant tabassé par des policiers à Nouakchott, photo postée sur facebook le 23 mars par le groupe "Mauritanie demain"

Le point culminant des manifestations a été le 25 mars où manifestants et forces de l’ordre se sont affrontés près des blocs rouges à Nouakchott. Les policiers ont dispersé violemment les quelques manifestants à coup de matraques et de gazs lacrymogènes. Il ne semble pas que les manifestants étaient très nombreux. Impossible aussi de savoir le nombre de personnes arrêtées ou blessées.

manifestants arrêtés à Nouakchott

manifestants arrêtés à Nouakchott le 25 mars, photo du groupe facebook mauritanie demain

Les demandes de démocratisation du régime sont étouffées par la junte militaire. Il ne faut pas oublier que l’excision et l’esclavage sont encore des pratiques courantes en Mauritanie bien qu’illégales. Les jeunes manifestants ne demandent que ce que tout homme est en droit d’avoir, le respect de l’Etat de Droit et des conditions de vie décente.

Il y a aussi un groupe facebook d’anonymous consacré à une operation mauritania.