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Le dernier rapport des nations-unies la semaine dernière faisait état de 418 morts en Côte d’Ivoire depuis la mi-décembre 2010 (paris-match) mais le nombre de tués ne cesse de croître. Les exactions quotidiennes des milices pro-Gbagbo ou LMP (La Mort Partout) font plusieurs victimes chaque jour. La Côte d’Ivoire fait face à la suppression des subsides pour sanctionner le gouvernement de Gbagbo qui vit sur les fonds de trésorerie. Ainsi, le chômage augmente de manière affolante, les fonctionnaires ne sont presque plus payer et les rebelles ont repris les armes pour chasser Gabgbo du pouvoir. La Côte d’Ivoire fait face à une situation de guerre civile qui se mêle à des pénuries alimentaires et une dure situation économique. L’accroissement des tensions est propice aux exécutions sommaires, les milices LMP ne reculent devant rien pour faire taire les opposants. Une vidéo sur youtube montre le quartier d’Abobo après un raid d’une milice pro-Gabgbo. ATTENTION! LES IMAGES PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ:

Lundi soir, on signalait un plusieurs raids pro-Gabgbo:

ALERTE !! LMP (La MORT PARTOUT) vient de LACHER UNE MILICE au quartier laurRier 9 sur la rte de bingerville face genie 2000 #CIV2010

Alerte!! Descente musclée de miliciens chez l’oncle du PR ADO: 1 mort+1homme (Konaté Siaka) enlevé, une voiture 4X4 volée immat 785 #Clifci

Aujourd’hui, la même personne twittait encore:

RT: @gabnorev: 16h20 – 23 mars Abidjan –Obus lancés sur Abobo kennedy vers 14h00, bilan: 4 morts signalés. #ivorycoast #civ2010 #clifci #civ

La Côte d’Ivoire vit dans la peur des attaques qui peuvent survenir à tout moment et faucher en un rien de temps des vies innocentes. La violence des partisans du président Gbagbo est aveugle et ne fait aucune distinction, il suffit d’être d’une ethnie différente, de vivre dans un quartier opposé au pouvoir et d’être d’une autre religion pour subir les attaques. On parle de plusieurs mosquées brûlées par les milices.

Abidjan, la capitale économique du pays, connait un exode très important. Les habitants s’entassent dans les bus pour quitter la ville qui devient déserte. Cependant, le manque de véhicules de transport en commun par rapport à la demande qui explose s’est traduite par une hausse des prix. Une fois embarqué, les passagers ne sont pas au bout de leur peine car les miliciens arrêtent les véhicules et dépouillent les passagers (rfi). L’agence des nations unies pour les réfugiés (UNHCR) parle de 300 000 déplacés à Abidjan soit environ 7,5% des habitants de la ville (un peu moins de 4 millions de personnes habitent Abidjan), principalement de quartier d’Abobo qui a subi les attaques les plus violentes des milices pro-gouvernementales (cf la vidéo ci-dessus).

L’ONU doit-elle intervenir en Côte d’Ivoire comme elle l’a fait en Libye?

C’est l’une des questions qui se pose de plus en plus sur la Côte d’Ivoire où la situation est devenue très critique. Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a déjà une mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, présente en depuis 2004 pour rétablir l’ordre après la guerre civile et mettre en place les accords de paix entre gouvernement et rebelles signés en 2003. La protection des civils fait partie des missions de l’ONUCI:

Le GTI devra, entre autres tâches :

Vérifier que le Premier ministre ivoirien dispose de tous les pouvoirs et de toutes les ressources dont il a besoin pour s’acquitter de ses fonctions ;

Participer à l’élaboration d’une feuille de route en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006. Cette feuille de route traite diverses questions dont la nomination d’un nouveau Premier ministre et la mise en œuvre des questions en suspens, telles que le désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des anciens combattants, le démantèlement et le désarmement des milices, l’identification et l’inscription des électeurs ;

– l’application par les Forces nouvelles du programme de DDR ;

– la mise en œuvre de l’opération d’identification ;

– l’élimination des incitations à la violence et à la haine dans tous les médias ;

– le désarmement et démantèlement immédiats des milices sur l’ensemble du territoire national ;

le non-recours par toutes les parties ivoiriennes à la force, à la violence, et toutes formes de manifestations de rue de nature à créer des troubles. [NLDR: surligné par l’auteur]

Le dispositif de l’ONUCI comprend, au 31 août 2006, environ 8000 Casques bleus, provenant de 55 pays, quelques 400 officiers de police d’une vingtaine de nationalités différentes et à peu près 1000 civils issus de plus de 60 nations, dont une majorité d’Ivoiriens. Conformément à la résolution 1528, la force française LICORNE, forte de 4000 hommes soutient les troupes de l’ONUCI, en tant que « force d’action rapide ».

Le site anglophone de l’ONUCI dit aussi explicitement dans le chapitre « loi et ordre (law and order), qu’une des missions des forces mandatées par l’ONU est « de contribuer à la protection des civils » (Help to protect civilians). Il faut reconnaître que l’ONUCI a tout simplement échoué dans sa mission et que l’ONU, par sa passivité, répète les erreurs qu’elle a pu commettre en Bosnie où des civils ont été massacrés sans que les casques bleus interviennent. Pour autant, cela n’empêche pas le général Abdul Afiz, qui commande les forces de l’ONUCI, d’avoir qualifié hier son bilan de « réussite totale » (sic) et de réécrire complètement l’histoire:

En plus d’avoir apporté notre soutien à la Commission électorale indépendante, nos unités étaient déployées d’une manière permanente et visible sur le terrain et nous avons fait des patrouilles intensifiées de jour et de nuit dans des zones sensibles et de violences potentielles et assuré la protection des civils et humanitaires en danger immédiat », a indiqué le Chef de la force, rappelant en outre que les élections s’étaient déroulées dans des conditions apaisées avec un taux de participation de plus de 80%.
S’agissant de la crise postélectorale, le Général Hafiz a tenu à indiquer que la Force continuait d’accomplir sa mission. « Nous protégeons l’Hotel du Golf où se trouvent le Président élu et les membres du gouvernement, les installations de l’ONUCI, le personnel de l’ONUCI et nos équipements », a-t-il souligné. Il a ajouté que sur le terrain, le force onusienne continuait d’assurer sa liberté de mouvements, continuait ses patrouilles et dans la mesure du possible, assurait la protection des civils en danger imminent de violence.

Déjà, une première solution serait mettre des gens compétents à la tête de l’ONUCI, ce ne serait pas plus mal. Il ne faut pas oublier non plus que l’armée française est présente depuis 2002 dans le cadre de l’opération licorne sous mandat de l’ONU. Les forces françaises lors de la dernière guerre civile ont déjà démontré leurs compétences de rétablissement de l’ordre. Pourquoi ne font-elles rien actuellement? Le gouvernement français a montré son empressement à faire respecter les droits de l’Homme en Libye, et c’est tout à son honneur, il devrait en faire de même en Côte d’Ivoire où des soldats sont déjà sur place sous mandat de l’ONU pour maintenir la paix.

Que fait la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao)? Elle vient d’appeler l’ONU à l’aide mais exclue toute intervention militaire (20minutes). L’heure n’est plus de savoir s’il faut recompter les voix ou organiser de nouvelles élections, mais de protéger les civils. La place d’un dirigeant, élu ou non, qui se rend responsable d’exactions de masse n’est pas au pouvoir mais devant un tribunal, pour répondre de ses crimes. En massacrant ses propres citoyens, un chef d’Etat perd tout légitimité.

La journée du 18 mars a été particulièrement meurtrière au Yemen, le dernier bilan d’après des sources médicales fait état de 52 tués et 126 blessés à Sanaa, la capitale du pays. L’armée a tiré à balles réelles sur la foule de manifestants qui réclament le départ du président Abdallah Abuh Saleh au pouvoir depuis 32 ans. Les manifestants n’avaient que des pierres pour se défendre face à des tirs nourris en provenance de toits ou de bâtiments.

L’armée yéménite n’est pas à son premier coup d’éclat dans la matière, elle avait déjà montré une forte prédisposition à réprimer durement les manifestations par des tirs d’arme à feu ou des gazs paralysants.

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

Un journaliste était parmi les victimes hier. Il devient de plus en plus difficile pour les envoyés des journaux étrangers de faire leur métier sur place. Iona Craig, reporter freelance qui publie souvent pour USA today et the Irish Times raconte:

Je n’arrive toujours pas à croire à quelle point j’ai eu de la chance quand les balles ont sifflé à nos oreilles et ce qui avait touché mon épaule n’était qu’un simple caillou

Le président Saleh a déclaré l’état d’urgence, grand classique du chef d’État apeuré par son peuple qui se révolte. Des photos de corps ont été mises en ligne par les opposants, âme sensible s’abstenir. Cliquez ici.

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

L’armée saoudienne déployé au Bahreïn dans le cadre du Conseil de la Coopération du Golf (Gulf Cooperation Council, GCC) s’est montrée décidé à appliquer son mandat d’intervention en tirant sur les foules de manifestant. Cliquez ici pour voir l’article précédent sur l’intervention militaire saoudienne et les raisons de la colère au Bahreïn.

logo gcc

Le Gulf Cooperation Council (Conseil de Coopération du Golf) est une organisation régionale qui comprend l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Koweït, le Quatar et l'Oman. Le GCC a été créé en 1981 sous la pression des Américains, initialement pour contrer l'influence du baathisme irakien et du régime islamiste iranien. Le GCC est avant tout une organisation économique et sociale mais elle prévoit une intervention militaire en cas d'agression étrangère.

Dans cette vidéo prise le 16 mars, on voit des soldats saoudiens tirer sur la foule.

Il n’y a pas de bilan précis mais on peut affirmer avec certitude qu’il y a plusieurs morts par jour. Les forces de l’ordre bahreïnies continuent d’attaquer les hôpitaux et de rouer de coup les équipes médicales. Aujourd’hui, l’hôpital de Salmanya a été attaqué, le récit de l’attaque est tout simplement édifiant:

L’armée prend de force tous les citoyens blessés admis dans les services de chirurgie, un par un, des ambulances ver l’hôpital des forces de défense bahreïnies (Bahrein Defence Forces, BDF). Ils prennent leurs dossiers et notes des services ,effaçant toues les informations des ordinateurs. Ils ont menacé les infirmières expatriées pour qu’elles se taisent. Ils ont fermé un des accès vers les ascenseurs du bâtiment qui mènent aux services de chirurgie et d’orthopédie. Le seul accès au bâtiment est contrôlé par des gardes armés qui ne laissent passer les gens qu’après une fouille minutieuse. L’atmosphère dans l’hôpital est effrayante et peu sûre d’après ce que m’ont raconté les médecins et les infirmiers. Nous pensons tous que demain quelques ONG viendront visiter l’hôpital de Salmaniya pour voir les citoyens blessés. Du coup, ils essaient de dissimuler les preuves en transférant les patients vers l’hôpital des BDF et en cachant/ ou en effaçant toutes les notes. S’il vous laît, appelez toutes les ONG pour qu’elle soient au courant de ce qui se passe. Il est probable que le croissant rouge du Koweït, la croix rouge ou d’autres viendront. Nous sommes surs qu’ils [les forces armées du Bahreïn] ne laisseront personne d’honnête joindre ces gens là pour leur raconter la situation.

Le déménagement d’un hôpital est une opération délicate qui nécessite plusieurs semaines de préparation et un arrêt progressif de l’activité dans les services. Déplacer brutalement des blessés graves dans la plus grande précipitation aura forcément des conséquences désastreuses sur les patients.

Toutes les confessions sont concernées par la répression, chiite ou sunnite. Il serait réducteur de considérer le conflit bahreïni comme religieux, comme voudraient le faire croire la famille Al-Khalifa qui dirige le pays ou l’Arabie Saoudite. Il ne s’agit pas non plus d’une manifestation iranienne, mais de gens qui réclament le respect de leurs droits. Il est tout simplement inadmissible qu’on massacre encore de nos jours des gens qui réclament pacifiquement la liberté et la démocratisation du régime en place. Les tentatives foireuses de dissimulation des faits en déplaçant des blessés d’un hôpital à un autre ou en expulsant des journalistes ne masqueront pas la vérité car grâce à l’information qui circule sur internet, notamment par twitter et facebook, on est très vite au courant de ce qui se passe. Nicholas Kristof, éditorialiste pour le New-York Times, dit avoir reçu des menaces de la part des partisans du gouvernement bahreïni:

Les militants pro-gouvernements m’affirment qu’ils sont pacifiques et un un compris pour m’envoyer ensuite des menaces de mort.

Des journalistes de CNN ont aussi été expulsés de Libye, le jeudi 16 mars.

Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat du gouvernement américain, a affirmé que le Bahreïn était  » sur la mauvaise voie ». Catherine Ashton, la haute représentante aux affaires étrangères de l’Union Européenne (UE),  s’est dîte  » vivement préoccupée par la situation à Bahreïn » et a appelé « au dialogue » dans une déclaration faîte hier. Ces condamnations restent très molles.

La communauté internationale s’est montrée volontariste pour la Libye en décidant de voter une résolution à l’ONU pour intervenir dans les affaires libyennes. Elle doit aussi faire preuve de fermeté pour condamner les scènes de massacre au Bahreïn et l’intervention militaire injustifiée de l’Arabie Saoudite qui bafoue le Droit international. Les Etats-Unis ont une base navale au Bahreïn, ils sont donc tout à fait concernés par les évènements et il leur revient de faire pression sur le monarque Al-Khalifa.

Si la Libye avec ses 6000 morts est à la une, il ne faut pas oublier que d’autres pays connaissent une répression sanglante. Au Bahreïn, l’armée continue d’assiéger la foule qui tient toujours la place de la Perle à Manama, la capitale. Ils étaient des milliers hier à être rassemblés devant le parlement et ils étaient encore nombreux à manifester aujourd’hui. Une manifestation a aussi eu lieu devant le ministère de l’intérieur pour dénoncer la répression sanglante des manifestations avec comme slogan « à bas Al-Khalifa » (nom du monarque) et « pas de dialogue avec les tueurs » (middle east online).

manifestation devant le ministère de l'intérieur le 2/03

manifestation devant le ministère de l'intérieur le 2/03, "Comment peut-on espérer être en sécurité quand l'armée tire sur les manifestants?", photo et légende prises sur middle east online

Un autre rassemblement de masse est prévu vendredi après la prière. Les manifestants sont principalement des Chiites (70% de la population) qui protestent contre les discriminations dont ils sont victimes dans cette monarchie sunnite. Les tensions communautaires sont très fortes et des affrontements inter-religieux ont été signalés. Gulfnews.com raconte l’histoire d’une bagarre dans une lycée pour filles entre Sunnite et Chiite. Les bilans établis par les différents organismes de presse font état de 7 morts et de plusieurs centaines de blessés en un mois. La répression violente n’est pas près de s’arrêter puisque l’Arabie Saoudite (monarchie sunnite elle aussi) a envoyé une douzaine de chars pour soutenir l’armée du Bahreïn (ria novosti). Cependant la répression brutale décourage pas les manifestants, souvent très jeunes, qui continuent à manifester pour réclamer leurs droits et une libéralisation du régime politique.

Dans cette vidéo, un jeune manifestant sur son lit d’hôpital déclare:

« Ils nous ont lancé des gazs lacrimogènes et des bombes sonores. Ils nous traitent comme des animaux. Ils nous ont attaqué avec des armes non conventionnelles. Ils croient que nous sommes des bêtes. »

question du journaliste: « portiez-vous quelque chose sur vous? »

jeune manifestant: « Non, nous ne protestons que pacifiquement. Nous voulons juste la paix. Nous ne sommes pas armés. »

D’après le Bahrein Center for Human Rights (BCHR), la torture est couramment usitée dans les prisons bahreïnies y compris contre des enfants. Les détenus mineurs subissent souvent des viols et des passages à tabac. Le site raconte l’interpellation de 76 enfants dans une manifestation en novembre 2010 avec des photos des marques de torture à l’appui (les photos peuvent heurter la sensibilité), le plus jeune détenu avait à peine 10 ans.

Jihad Aqqel Al Sari, 10 ans, emprisonné en novembre 2010 après une manifestation

La police ne prévient pas les parents de l’arrestation de leur enfant qui de toute façon ne pourra recevoir aucune visite.

La situation des adultes n’est guère reluisante non plus. Des attaques contre les équipes médicales sur le terrain des manifestations par la police pour empêcher les blessés de recevoir les soins ont été signalées. Cependant, le gouvernement bahreïni s’est engagé à ce que cela ne se reproduise plus. Plusieurs témoignages de manifestants confirment de nouveau l’utilisation de la torture par les forces de l’ordre du Bahreïn.

le président du Bareihn Center for Human Rights lui même tabassé par la police anti-émeutes

Une pétition pour demander la fin des violences policières envers le peuple bahreïni est en ligne. Les Anonymous continuent les actions de soutien avec l’operation Bahrain, le site du ministère de l’intérieur est hors ligne.

image du groupe facebook de l'operation bahrein

image du groupe facebook de l'operation bahrein, photo pris le 21/02, place de la Perle à Manama, la capitale

La situation se détériore en Libye et c’est pourquoi il est important de se mobiliser face à un massacre d’une telle ampleur. Les mercenaires tchadiens de Kadhafi essaient de mettre fin au mouvement de contestation dans l’Est par une répression très violente. Des rangs de l’armée sous-équipée et annihilée par des décennies d’embargo ainsi que de la police auraient rejoint les opposants, dans certaines villes à l’Est notamment. Le régime se maintient essentiellement grâce aux brigades spéciales, aux « comités révolutionnaires » et aux mercenaires étrangers qu’il entretient. Des sources hospitalières évoquent le nombre de 200 morts rien qu’à Benghazi la journée du samedi, la principale ville rebelle. 

les casernes de Benghazi sont entourées en noir sur la photo, c'est là où les massacres se sont produits

les casernes de Benghazi sont entourées en noir sur la photo, c'est là où les massacres se sont produits. Photo du Libyan Youth Movement

Mais Benghazi tient toujours, 100 000 personnes dans la rue, ce qui pour une population de moins d’un million d’habitants est énorme, les dernières images:

Une pétition a été lancée pour interpeller l’ONU et qu’elle intervienne. Les Anonymous ont publié un nouveau communiqué de presse:

communiqué des anonymous du 19 février sur l'operation libya

Pour plus d’info sur l’opération libya, vous pouvez consulter les pads et participer à l’envoi massif de fax à destination de la population libyenne. L’internet est coupé mais pas le fax:

oplibya message

le message dit: "vous n'êtes pas seuls. Racontez-nous ce qui se passe !! http://www.anonops.in"

Un article alarmant sur la situation en Libye avait déjà été posté sur le blog hier. Hélas, la situation n’a fait qu’empirer, le bilan s’alourdit considérablement. On parle d’une cinquantaine de morts à Benghazi pour aujourd’hui et d’un millier de blessés. Les mercenaires de Kadhafi sont sur place prêts à tout pour reprendre le contrôle de la ville.

corps à la morgue de Benghazi, le vrai visage du régime de Kadhafi

La situation est toujours extrêmement confuse et peu d’informations parviennent de la Libye. Une radio pirate émet et des individus sur place qui ont des cartes sims égyptiennes ou tunisiennes envoient des informations.

Le mouvement de protestation semble s’être étendu à tout le pays. Des affrontements sont évoqués à Tripoli où le pouvoir s’est retranché.

carte des manifestations anti-kadhafi sur le site de la journée de la colère du 17 février

Les hôpitaux n’ont plus assez de sang pour transfuser les blessés et doivent faire face à des coupures de courant récurrentes dans certaines villes. D’un point de vue humanitaire, la situation est tout simplement catastrophique. Les témoignages et les quelques images qui nous parviennent sont éloquents :

La communauté internationale ne peut rester passive devant ce drame, c’est un massacre de grande envergure qui se déroule dans cette rive sud de de la Méditerranée.