Articles Tagués ‘Mossad’

Le 25 janvier 2010, un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian airlines (vol ET-409 Beyrouth/Addis Abeba) s’est abîmé en mer quelques minutes après son décollage, en pleine tempête, de l’aéroport de Beyrouth, à 02h30 locales (00h30 GMT), avec 90 personnes à bord, dont 54 libanais. Aucun survivant n’a été retrouvé.

Un homme inspecte les debris du crash de l'avion d'ethiopian airlines sur une plage de la cote libanaise le 25 janvier 2010

Un homme inspecte les debris du crash de l’avion d’ethiopian airlines sur une plage de la cote libanaise le 25 janvier 2010

Trois jours après le crash, les boites noires de l’appareil ont été localisées à environ 10 kilomètres à l’ouest de l’aéroport, selon le rapport final et officiel de l’enquête, le crash est dû à une erreur de pilotage, les conclusions de ce rapport ont été rejetées par la compagnie éthiopienne. La compagnie a affirmé dans un communiqué signé par son vice-président des opérations de vol, Desta Zeru et réalisé sur la base de témoins visuels, qu’un sabotage, foudre ou tirs pouvaient être à l’origine du crash, car l’avion s’est désintégrée en vol à cause d’une explosion.

Cette hypothèse est confirmée par un des émails de Stratfor – récupérés par les hackers d’Antisec et publiés par Wikileaks -, l’email avec l’ID 85813, échangé entre Antonia Colibasanu et le service des analyses de la société le 10 février 2010 révèle que les services de renseignement militaire libanais ont estimé que l’avion était sabotée par le Mossad, la source interrogée par Antonia Colibasanu (une source fiable et travaille pour les services de renseignement militaire libanais) a affirmé que le Mossad avait saboté l’avion pour assassiner le cousin de Hassan Nasrallah Hashim Saifeddine, car il croyait que ce dernier figurait parmi les passagers de l’avion.

INSIGHT – Plus d’informations sur le crash de l’avion éthiopien et l’histoire de sabotage

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID 85813
Date 2010-2-10 16:40:01
De colibasanu@stratfor.com
À analysts@stratfor.com
Listname mailto:analysts@stratfor.com

PUBLICATION: background/analysis

ATTRIBUTION: Source de STRATFOR

DESCRIPTION DE LA SOURCE: Renseignement militaire libanais

FIABILITÉ DE LA SOURCE: B

CREDIBILITÉ DE L’ELÉMENT: 3

DISTRIBUTION SUGGÉRÉ: analystes

GESTIONNAIRE DE SOURCE: Reva

** Il se passe quelques choses de plus ici que l’histoire d’erreur de pilotage. Cette source était fiable dans le passé.

L’analyse initiale de la boite noire récupérée du jet éthiopien n’a pas montré une erreur de pilotage, comme suggéré précédemment par les médias libanais. La communauté des services de renseignement libanais estime que l’avion a été sabotée par le Mossad. À son avis, c’était la première frappe dans la prochaine guerre entre Israël et le Hezbollah. Il dit que les israéliens ont agi selon une fausse croyance que le cousin de Hassan Nasrallah Hashim Saifeddine figurait parmi les passagers de l’avion.

Saifeddine est largement considéré comme le vrai homme numéro deux du Hezbollah. Ma source dit qu’il semble que les israéliens veulent se débarrasser des têtes du Hezbollah avant la guerre, afin qu’ils puissent perturber ses commandes et démoraliser ses subordonnés.

Les libanais sont confrontés à un dilemme. Ils ne peuvent pas admettre que la bombe a été plantée dans l’avion à l’aéroport de Beyrouth, car ça révèle l’ampleur du laxisme de la sécurité. Quand j’ai parlé à la source à ce sujet, il m’a rappelé le cas du crash d’Egyptair en Amérique du Nord en 1999. Les autorités égyptiennes n’ont pas permis aux États-Unis de révéler publiquement le résultat de l’enquête qui signalait un crash suicidaire du pilote Al-Battuti.

31Octobre 1999 : vol 990 Egyptair, un Boeing 767 de la compagnie Egyptair s’abîme en mer au large de la côte est des États-Unis avec 217 personnes à bord. Peu après le décollage de New York, le deuxième copilote demande avec insistance à remplacer le premier copilote avant l’heure prévue puis, peu après, le commandant de bord l’aurait laissé seul au poste de pilotage. Ce dernier aurait alors volontairement coupé le pilote automatique et prononcé plusieurs fois « I rely on God (je m’en remets à Dieu) ». Lorsque le commandant de bord parvient enfin à revenir dans le cockpit, il rattrape l’appareil qui descendait en piqué, mais le copilote avait coupé les moteurs. Le Boeing fait une chute de 33 000 pieds (environ 10 000 m) en 83 secondes puis est pulvérisé à la surface de la mer. Il n’y a pas de survivant. Un défaut des rivets de la gouverne de profondeur est attesté (des modifications ont dû être réalisées sur plusieurs appareils en service) mais il n’expliquerait pas tout. L’hypothèse du suicide du copilote est retenue par le bureau américain d’enquête et contestée par la partie égyptienne. Ce suicide pourrait être lié à l’interdiction pour le copilote de retourner à nouveau aux États Unis, interdiction prononcée la veille par le chef pilote à la suite d’une affaire de mœurs, la frustration du copilote de n’avoir jamais été promu commandant de bord à quelques mois de sa fin de carrière est également avancée.

Source

L’avion s’est explosé en plein vol. Une erreur de pilotage aurait provoqué une perte de l’équilibre et un crash en mer. Veuillez noter que le mot « une possible erreur de pilotage » a refait surface juste après que le ministre de la santé parlait d’une explosion. Tard, il a dû émettre une clarification que l’explosion n’était pas nécessairement le résultat d’une action militaire. Notez qu’il a utilisé «nécessairement» alors qu’il pouvait simplement l’exclure. Le ministre de la santé a apparemment perdu son sang froid et a mentionné «explosion» quand un des proches des passagers provoquait des troubles et insistait de voir les corps des morts. Il leur a dit qu’il y avait pas de corps, mais seulement des morceaux de chair.

25 Palestiniens entre membres du groupe  armé le « Jihad islamique » et de civils, dont un enfant de 12 ans, ont été tués à Gaza dans des raids israéliens depuis ce vendredi le 9 mars. Cette escalade de violence s’est déclenchée après l’assassinat du chef du « Jihad islamique » et ce dernier a riposté par le tir de près de 100 roquettes contre l’état d’Israël.

De la fumée s'élève au-dessus de la ville de Gaza, après un raid aérien samedi. Crédits photo : Hatem Moussa/AP

De la fumée s’élève au-dessus de la ville de Gaza, après un raid aérien samedi. Crédits photo : Hatem Moussa/AP

Ce n’est pas la première fois que l’armée ou les services secrets israéliens ont recours à ce genre d’opération très controversée, les services secrets israéliens, « Le Mossad », est connu pour ses opérations clandestines à travers le monde, l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh, membre des groupes armé palestiniens Ezzedine al Qassam, le bras armé du Hamas à Dubaï, est un coup qui a fait la une des médias internationaux le 20 janvier 2010.

La police de Dubai -UAE- après une enquête profonde a publié cette vidéo, « CCTV footage : The assassination of Mahmoud al Mabhouh in Dubai » en 2010 qui montre comment des agents israéliens secrets ont traqué Al Mabhouh pour le torturer et l’assassiner dans une chambre d’hôtel à Dubai.

Même s’il n’y a pas de preuve, l’Iran n’a pas hésité à accuser le Mossad des récents assassinats contre des savants iraniens.

INSIGHT – Israel – assassinat d’Imad Mughniyeh – IL1

L’email ayant l’ID 66013 rendu public le 13 mars 2012 et daté du 21 février 2008, échangé entre Reva Bhalla, la directrice des analyses de Stratfor et le service de renseignement de la même compagnie, nous présente le rapport élaboré par une source israélienne qui travaille pour le compte de Stratfor sur l’assassinat d’Imad Mughniyeh, un des piliers du Hezbollah, le 12 février 2008 à Damas en Syrie.

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID 66013
Date 2008-02-21 22:00:39
De bhalla@stratfor.com
A intelligence@stratfor.com

PUBLICATION: Pour usage Background/Analyse

ATTRIBUTION : Source israélienne (connecté)

Fiabilité de la source: B

Elément de crédibilité: 2

TRAITEMENT SPÉCIAL: N / A

Imad Mughniyeh

Imad Mughniyeh

Sur l’assassinat d’Imad Mughniyeh:

Définir M.O. du Mossad. C’était une attaque très élégante. Comme l’a montré des images, la voiture était encore largement intacte, l’explosion contrôlée s’était concentrée sur l’appuie-tête.

Le Mossad ne revendique jamais les assassinats. La seule fois où ils l’ont revendiqué, c’était pour l’assassinat d’Ali Hassan Salameh (Une des rares fois où Israèl agit sans notifier les U.S. (états unis), et les U.S. qui étaient bourrés parce qu’il été une liaison de la CIA).

Certainement les U.S savaient pour l’assassinat, le commentaire du département d’état le reflète.

Je crois vraiment que le Mossad avait traqué IM (Imad Mughniyeh) pendant un certain temps. Ce petit éditorial s’est montré le lendemain de l’assassinat dans haaretz (un journal Israélien) parle d’un point de vue opérationnel sur comment vous vous attacher à quelqu’un que vous suiviez et ce sentiment bizarre de tristesse quand il est éliminé parce que vous avez suivi tous ses mouvements et pendant si longtemps. Ne peut être compris que d’un point de vue opérationnel.

Il était un grand atout pour le Mossad de le suivre, mais difficile de comprendre pourquoi il l’a assassiné aujourd’hui. Peut-être que l’assassinat est liée à une volonté de la part des États-Unis d’exercer une pression sur l’Iran à ce point ou une bonne occasion se présentait. Mossad savait qu’il a été réactivé pendant un certain temps maintenant… il a été suivi pendant un certain temps.

Comment l’opération s’est probablement réalisée :

Photo de l'attentat

Photo de l’attentat

Le Mossad travaille en équipes modulaires. Cette opération nécessite beaucoup plus de trois personnes seulement, mais vous n’avez jamais ait besoin d’un grand nombre de personnes dans le pays au moment de l’attaque, vous avez une personne pour la surveillance, le récupéré, envoyer une autre personne pour acquérir les explosifs, le récupéré, envoyé un fabricant de bombe et le récupéré, etc. Ce n’est pas clair s’ils avaient quelqu’un dans le pays au moment de l’attaque .. ne serez pas surpris si la bombe était déclenchée par un signal sat -satellitaire- (ma note – peut-être ma théorie de ping d’un téléphone cellulaire est vrai ?). En outre, toute personne, qui travaillait avec eux dans le pays au moment de l’attaque était probablement une recrue arabe (probablement pourquoi la Syrie et l’Iran estiment l’implication d’un régime arabe dans cet assassinat). ….

IM (Imad Mughniyeh) était un atout majeur et était actif. Il était capable de survivre pendant si longtemps parce qu’il a été si étroitement protégé par les Iraniens. Quand je dis il était actif, je ne dis pas qu’il était un opérateur directement impliqué dans toute la formation, etc. Il était un stratège, ils l’appelaient leur chef d’état-major. Et vous grossissez lorsque vous êtes assis à Téhéran comme chef d’état-major. C’est la nature du biz.

Les représailles viendront. Ce n’est pas une question de si, mais de quand. Sera beaucoup plus comme l’attaque de Buenos Aires – opération outre-mer, secrète. Et ça sera une opération importante. Le Hezbollah a des agents actifs à l’étranger pour tirer cela au large et n’oubliez pas lors de l’attaque de BA – Buenos Aires-, que les Iraniens ont réussi à corrompre les responsables de la sécurité argentins et l’équipe d’enquête.

Israël est militairement prête pour une autre guerre. Ashkenazi a fait un travail phénoménal au cours de l’année écoulée dans la réforme du système.. C’est vraiment incroyable. Il est un Golani – qui signifie qu’il est un hardcore. Nous avons des blagues en Israël que les Brigades Golani sont ceux qui mangent la saleté et qui sont les plus strictes …Ashekenazi est sérieux à ce sujet et il n’a pas donnée d’interview.

En outre, Meir Dagan a totalement transformé le Mossad. Il est venu et il a littéralement fermé le département des recherches du Mossad. Il a dit que je ne veux plus de documents académiques, tous se focalisent sur les opérations. Ce coup de Mughniyeh était son bébé. Ce n’est pas une coïncidence que Olmert a étendue le mandat de Dagan jusqu’à 2009 pour la première fois juste après le succès du coup IM (Imad Mughniyeh).

L’ego d’Israël était grièvement meurtri par la guerre avec le Hezbollah et cet assassinat ainsi que la frappe aérienne en Syrie est une façon d’Israël de revenir et de montrer qu’ils sont encore forts. Cela aide aussi le capital politique d’Olmert dont il a besoin. C’est le genre d’action que nous allons voir d’Israël – autres opérations de ce genre.

Israël ne veut pas une autre guerre avec le Hezbollah maintenant. Ils n’essayent pas de les pousser vers une autre guerre aussi. Le « focus » est mis sur les opérations secrètes. Il est hors de la question qu’Israël essayera de répéter la guerre de 1982 au Liban. Ce fut le Vietnam d’Israël. Israël est absolument sensible aux victimes militaires, plus que les États-Unis. C’est ce que le rapport Winograd avait pour sujet – On note qu’il n’a pas parlé des victimes civiles, ça parlait que des victimes militaires et si leurs vies valaient la peine pour lancer une opération terrestre …. c’est ancré dans la psyché israélienne. Israël ne sera pas pour une guerre dont les victimes humaines seront élevés. Même durant la guerre du Liban, c’était vrai.

Concernant le  Hamas ..

Les canaux de communication indirects « Backchannels » entre Israël et le Hamas sont en cours. L’Égypte est le principal canal (principalement Omar Suleiman). Barak ne sait pas quoi faire encore au sujet de la bande de Gaza. On ne parle même pas de réoccupation, mais c’est toujours une situation de désordre. La bombe qui s’est explosé à Dimona venait d’Hébron ; ironiquement, des militants pacifistes israéliens ont réussi à stopper la construction de mur à l’endroit où le kamikaze est passé.

L'impact d'un Qassam sur la ville de Sderot

L’impact d’un Qassam sur la ville de Sderot

Beaucoup de pression politique s’exercent sur Olmert pour faire quelques choses au sujet de Gaza. Les familles de Sderot ont de l’influence. Les roquettes Qassams sont beaucoup plus une arme psychologique qu’autres choses, ils ne causent pas beaucoup de dégâts. Mais l’effet politique ne peut être sous-estimé.

– –

Stratfor

Contexte:

L’année 2005 a été cruciale pour le Moyen-Orient:

  • Le 14 février 2005, l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri hostile à la tutelle syrienne est assassiné à Beyrouth. Très vite, le Hezbollah et la Syrie sont soupçonnés d’être derrière l’attentat. Les manifestations pour réclamer le départ des forces armées syriennes et la vérité sur l’attentat deviennent quotidienne, le 14 mars 2005, un millions de Libanais sont dans la rue à Beyrouth. La révolution du cèdre aboutit au départ des soldats syriens fin avril 2005. Le régime de Bachar el Assad sort considérablement affaibli et marginalisé de cette épreuve. Le président syrien fera son retour en grace en 2008 quand il assista au défilé du 14 juillet à côté du président français, Nicolas Sarkozy.
  • Le 8 août 2005, quelques jours après l’élection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, l’Iran reprend la conversion de l’uranium, faisant voler en éclats l’accord passé avec trois pays de l’Union Européenne (Allemagne, France et Royaume-Uni). L’affaire sera portée par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) devant le conseil de sécurité de l’ONU le 11 août qui décide d’un renvoi pour le mois de mars de l’année suivante.
    • En novembre 2004, l’Iran, menacée d’être trainée devant le conseil de sécurité pour violation du traité de non prolifération (TNP) nucléaire, avait accepté de suspendre son programme d’enrichissement et l’assemblage des centrifugeuses en échange de la coopération de trois pays de l’UE (Allemagne, France et Royaume-Uni) d’où le nom anglais de « EU-3 ageement ». Pour savoir plus sur le rôle de l’UE dans le dossier nucléaire iranien, cliquez ici pour lire le rapport du 9 décembre 2009 de l’Institut de Recherche International et Stratégique (IRIS) et de la maison de l’Europe à Paris.
    • Cet accord a été violemment critiqué par les conservateurs iraniens proche du guide suprême Ali Khamenei. L’ancien président Rafsanjani (de 1989 à 1997) est donné favori à l’élection présidentielle. Il est réputé modéré comme le président de l’époque Khatami, partisan de la poursuite du programme nucléaire mais ouvert au dialogue avec la communauté internationale. Rafsanjani, en tête au premier tour avec 21% des voix, perd au second tour en récoltant seulement 35% des voix face au maire de Téhéran et outsider, Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier est réputé ultra-conservateur et proche du guide suprême Ali Khamenei. Dès sa prestation de serment, le nouveau président annonce la reprise du programme nucléaire iranien. Des articles d’époque:

Le câble relate une entrevue du 17 juin 2005 avec le chef du Mossad (les services secrets israéliens) , Meir Dagan. Le câble a été rédigé le 29 juin. Il est important de faire attention aux dates pour éviter les anachronismes et de ne pas s’emmêler les pinceaux.

logo mossad

"Mossad" signifie "institut", le nom complet est "Institut pour les renseignements et les affaires spéciales". L'institut fondé en 1949 sous Ben Gourion est une des trois agences israéliennes de renseignement avec le Shabak (sécurité intérieure) et le Aman (sécurité militaire

Les protagonistes:

  • Meir Dagan, chef du Mossad de 2002 à 2011. Ancien officier qui a fait la guerre des six jours, celle du kippour et la première guerre du Liban, il a été nommé en 2002 par  le premier ministre Ariel Sharon. Cette année, le chef d’Etat israélien, Netanyahu a refusé de prolonger d’un an son mandat à la tête du Mossad après le scandale de l’assassinat d’un dirigeant du Hamas à Dubaï. Il est actuellement dirigeant de la compagnie des ports israéliens. Dans ce câble diplomatique, Dagan expose ses vues sur la Syrie et l’Iran aux autres protagonistes:
    • Sur la Syrie, bien que Bachar el Assad soit très affaibli, il ne s’attend pas à ce qu’il parte. Selon lui, tous les pays voisins ont intérêt à ce qu’un Bachar el Assad très faible soit au pouvoir pour maintenir le pouvoir dans la région. Ce serait pire selon Dagan si quelqu’un de plus radical remplaçait Bachar el-Assad à la tête de la Syrie. Il ne croit pas que l’agitation organisée par le très remuant Rifaat el Assad, le plus jeune frère d’Hafez el Assad et qui est donc l’oncle de Bachar, va déstabiliser le régime syrien. Il ne s’attend pas non plus à des réformes majeures de la part de Bachar el Assad bien qu’il se pavane sous des apparences plus progressistes que son père.
    • Concernant l’Iran, le chef du Mossad s’est lourdement trompé. Il ne s’attendait pas de changement en Iran pensant que Rafsanjani allait être élu facilement. Il pensait que l’Iran allait toujours maintenir le dialogue tout en essayant de s’engouffrer dans la première brèche venue pour poursuivre leur programme nucléaire. Dagan recommande d’accentuer les pressions sur l’Iran et de saisir le conseil de sécurité. On peut dire qu’il a eu tout faux. Ahmadinejad a écrasé Rafsajani et les sanctions contre l’Iran n’ont pas du tout dissuadé cette dernière de reprendre son programme nucléaire. Aujourd’hui, l’Iran affiche ouvertement avoir repris l’enrichissement de l’uranium.
  • David Welch, secrétaire adjoint aux affaires proches orientales (assistant secretary of state for near oriental affairs , NEA AS) de 2005 à 2008 aux côtés de Condoleeza Rice. Ancien ambassadeur des Etats-Unis en Egypte de 2001 à 2005, c’est lui aussi qui a signé l’accord de rétablissement des relations diplomatiques avec la Libye en 2008. Il a aussi pris parti pou le Maroc dans le conflit du Sahara Occidental. Actuellement, il dirige la division de Bechtel, le géant californien des travaux publics, pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
  • Elliot Abrams, adjoint au conseiller national à la sécurité de 2005 à janvier 2009 (voir article de wikipédia sur le conseil de sécurité nationale qui détermine la politique étrangère américaine). Il a aussi conseillé le président Reagan dans les années 80. A l’époque, il a été mêlé dans l’affaire Iran-Contra et a été condamné à une peine modique après avoir plaidé coupable. Il a finalement été gracié par George Bush père. C’est un néoconservateur pur et dur, membre du Project for a New American Century (PNAC) qui dès 1998 a publié une lettre ouverte au président Bill Clinton où il lui est demandé d’envahir l’Irak. Comme tout néoconservateur, il est pro-israélien et pense que les Etats-Unis suivent une destinée manifeste et se doivent donc d’être le gendarme du monde pour faire régner l’ordre et la démocratie.
N° de référence Rédigé le Publié le Classification Origine
05TELAVIV4107 2005-06-29 13:01 2011-04-08 05:05 CONFIDENTIEL Ambassade de Tel Aviv


Ce procès verbal est un extrait du câble original. Le texte entier du câble original n’est pas disponible.
« C O N F I D E N T I A L SECTION 01 OF 02 TEL AVIV 004107


SIPDIS


NEA FOR WELCH, CHENEY/DIBBLE, E.
NSC FOR ABRAMS/DANIN


E.O. 12958: DECL: 06/20/2010
TAGS: PREL PARM PGOV PTER MNUC IR SY IS GOI EXTERNAL
OBJET: LE CHEF DU MOSSAD DIT QUE LA SYRIE EST FAIBLE ET NE PRÉDIT AUCUN CHANGEMENT EN IRAN


Classifié par: L’ambassadeur Daniel C. Kurtzer pour les raisons 1.4(b) and (et (d).

1. (C) Résumé: Le chef du Mossad Meir Dagan a raconté au secrétaire adjoint aux affaires proches orientales [ NEA A/S] David Welch, l’adjoint du conseiller à la sécurité nationale [DNSA] Elliott Abrams et à l’ambassadeur le 17 juin, qu’en dépit de la faiblesse du président Bachar el Assad, il est peu probable que ce dernier soit remplacé prochainement. Les voisins de la Syrie préfèrent qu’Assad reste au pouvoir tout en étant faible, comme ça il est moins probable qu’il puisse se mêler des affaires de ses voisins. A propos de l’Iran, Dagan a prédit une victoire de l’ancien président Rafsandjani aux élections présidentielles [NDLR: L’élection a été gagné par l’ultra-conservateur Ahmadinejad qui a laminé Rafsandjani au second tour avec plus de 61% des voix] mais quoiqu’il en soit, cela changera peu de choses: l’Iran continuera à chercher d’échapper progressivement à l’accord de suspension [de son programme d’enrichissement d’uranium] avec les EU-3 [Royaume-Uni, France et Allemagne]. Dagan a dit que la résolution du conseil de sécurité de l’ONU réglementant l’accord avec les EU-3 fournirait un meilleur mécanisme pour prendre des mesures contre les violations récurrentes de bas-niveau. Fin du résumé

Syrie — Bachar est faible

Cliquez ici, si vous ne pouvez pas voir la vidéo.

Rifat el Assad

Rifat el Assad, le plus jeune frère de l'ancien président Hafez et oncle du président actuel, Bachar. Très controversé, il a fait bombarder la ville d'Hama lors de son soulèvement au début des années 80. C'est aussi le mouton noir de la famille el Assad. Vous pouvez lire une biographie sur le site de jeune Afrique et sur sa tentative de retour en Syrie vers 2005-2006

2. (C) Dans une rencontre lors de la visite du NEA A/S David Welch, de l’adjoint du conseiller à la sécurité nationale Elliot Abrams et de l’ambassadeur le 17 juin, Dagan a dit que le président Syrien est très faible. Bien qu’il a créé une ambiance que Dagan a qualifié de « changement politique spectaculaire », après le dernier congrès du parti Baas, il est devenu clair que « rien n’est en train de changer en Syrie ». Ceci dit, Dagan poursuivit, il y a des éléments libéraux [NDLR: pour les américains, libéral est plus synonyme de progressiste] désireux de prendre le risque de manifester contre le gouvernement. Les discussions sur le retour de Rifat Al-Assad [NDLR: le plus jeune frère de Hafez el Hassad et oncle de Bachar. Ancien numéro deux du régime, il a perpétré le bombardement de la ville d’Hama et il a été exilé après une tentative de coup d’Etat en 1998] et les graffitis en Syrie proclamant son retour, sont des signes de l’affaiblissement de Bachar el-Assad.  [NDLR: Rifat el-Assad avait fait circuler des rumeurs sur son retour après l’assassinat de Rafik Ariri qui a jeté la lumière des projecteurs sur les agissements de la Syrie. Son retour n’a pas eu lieu]. Le processus de renouvellement de la vieille garde continue en Syrie, a dit Dagan, mais il a réitéré son point de vue initial sur le fait que cela ne signifie pas de véritable changement. Les pays voisins ont vraiment peur que des radicaux remplacent Bachar en Syrie; il y a une préférence forte et partagée pour un un Bachad el-Assad faible — mais au pouvoir — . Si une alternative convenable devait se présenter, cette équation pourrait cependant changer.  Le plus important pour les élites syriennes  est de conserver le pouvoir aux mains des Alaouites. [NDLR: la famille el-Assad est de confession alaouite, une branche du Chiisme alors que la majorité de la population syrienne est sunnite]


4. (C) Interrogé sur comment la Syrie voyait les Etats-Unis, Dagan a répondu que les Syriens « prenaient votre politesse comme un compromis ». La Syrie, selon le point de vue de Dagan, sera moins encline à se mêler des affaires de ses voisins si un Bachar el-Assad affaibli reste au pouvoir. D’un autre côté, la faiblesse de la Syrie signifie qu’elle sera incapable de contrôler la frontière Syrio-iraquienne. Un changement en Syrie aura aussi des conséquences négatives au Liban, Dagan a prédit.

IRAN – AUCUN CHANGEMENT

5. (C) Dagan et on équipe ont dit qu’ils s’attendaient à ce que l’ancien président Rafsanjani soit réélu en Iran, même s’il y aurait un deuxième tour [NDLR: Rafsandjani s’est fait écrasé au second tour par Ahmadinejad qui a récolté 61% des voix]. En tant que président, Dagan a prédit que Rafsanjani épouserait les mêmes idées que ses prédécesseurs mais avec un «meilleur emballage». L’ayatollah Khamenei reste encore très présent sur la scène, fit remarquer Dagan, une preuve de plus que les élections présidentielles ne signifieront pas de changement politique majeur.

6. (C) Dagan a affirmé que l’Iran continuera la même politique en ce qui concerne l’Irak, espérant que les Shiites gagneront un réel pouvoir après les élections. [NDLR: ce qui s’est effectivement passé avec la nomination du Chiite Nouri al-Maliki au poste de premier ministre en mai 2006] Dagan a prédit que la politique nucléaire de l’Iran resterait la même, tout comme leur politique envers le Hezbollah [NDLR: mouvement islamiste chiite au Liban, anti-israélien, pro-syrien et pro-iranien]. Le Mossad a découvert récemment comment le Hezbollah soutenu par l’Iran soutient financièrement le Djihad Islamique Palestinien (PIJ), a dit Dagan, au final l’argent destinée aux opérations du PIJ passe parles mains des agents des services de renseignement iraniens. L’Iran a déjà prouvé par le passé qu’elle peut freiner le Hezbollah quand ça l’arrange.

loo hezbollah

Le Hezbollah ou "parti de Dieu" a été fondé en 1982 pour lutter contre les forces armées israéliennes au Liban. C'est aussi un parti politique représenté au parlement libanais qui a déjà participé à plusieurs gouvernements. Financé par l'Iran et la Syrie, le hezbollah est considéré comme un mouvement terroriste par le Canada, les Etats-Unis et l'Australie. Vous pouvez retrouver une explication de l'emblème sur wikipédia.


  1. (C) Dagan a dit que l’Iran est très sensible aux pressions et c’est pourquoi elle devrait être «toujours soumises à une pression constante». Par exemple, Dagan a dit que les pressions européennes avaient finalement retardé les travaux sur le site nucléaire de Kashan, avec un nombre de travailleurs qui a été transferré ailleurs. Le DNSA Abramas a dit que les Etats-Unis sont opposés à tout compris sur le programme nucléaire iranien qui pourrait mener au développement du cycle du combustible nucléaire [NDLR:Le cycle du combustible nucléaire désigne l’ensemble des opérations nécessaires pour approvisionner en combustible les réacteurs nucléaires puis pour stocker, retraiter et recycler ce combustible] et qu’ils feront pression sur les Européens pour qu’ils maintiennent une ligne dure. Dagan a dit que l’Iran veut «plus que tout» contourner la suspension, et que même «le moindre compromis» qui laisse la porte ouverte pour des discussions ultérieures est suffisant. Le DNSA Abrams acquiesça, ajoutant que même une suspension à 100% basée sur le volontariat aurait les mêmes conséquences, vu le style iranien progressif de négociation.
cycle du combustible du nucléaire

cycle du combustible du nucléaire. Image et texte pris sur le site de la SFEN

Texte repris sur le site de la Société Française de l’énergie nucléaire (SFEN):Dans l’uranium naturel, on trouve, en proportion constante, deux sortes d’atomes (ou isotopes) : L’uranium 238 et l’uranium 235 qui constituent respectivement 99,3% et 0,7% du mélange. Seul l’uranium 235 est fissile. Certains types de réacteurs nucléaires (les plus répandus dans le monde) sont conçus pour fonctionner avec un combustible comportant une proportion d’uranium 235 supérieure à celle qui est présent à l’état naturel. Il convient donc d’augmenter jusqu’à 3% à 4% la teneur en isotope 235 de l’uranium naturel.

Divers procédés sont utilisés pour effectuer cette opération appelée « enrichissement ».


8. (C) Dagan a dit qu’Israël aimerait que plus de garanties soient imposés à l’Iran, utilisant les contrôles de sécurité comme un moyen de faire plus d’inspections et de renforcer le contrôle de l’AIEA. Une résolution du conseil de sécurité de l’ONU (UNSC) qui requiert un arrêt de toutes les activités prohibées serait aussi utile, cela traduirait les exigences des EU-3 sous une forme contraignante. Le personnel de Dagan a affirmé qu’il y avait déjà eu des violations suffisantes ces cinq derniers mois pour ouvrir la voie à une résolution de l’UNSC.

9. (U) L’A/S Welch et le DNSA Abrams ont effacé ce message.

KURTZER

Depuis le début des révoltes en Tunisie , également appelée la « révolte du jasmin » dans les pays occidentaux, de nombreux hommes sont tombés au combat, quel est le nombre de martyres tunisiens ?

Quels sont les membres du clan Ben Ali qui ont été arrêtés? Quand? Combien ne sont toujours pas arrêtés ? Comment certains se sont-ils enfuis ?

Qui est Rachid Ammar? Quel a été son rôle dans le départ de Ben Ali ? Quel est son rôle à présent ? De nombreuses rumeurs parlent d’un Rachid Ammar très proche des américains, est-ce vrai ?

Kamel Morjane, ministre des affaires étrangères du gouvernement d’unité national n’est-il pas trop proche de Ben Ali en raison de ses liens familiaux et du soutien qu’il reçoit par le gouvernement américain pour exercer cette fonction ?

Qui sont les étrangers porteurs de passeports européens et d’armes arrêtés il y a quelques jours? Sont-ils en réalité des membres du Mossad ? Ou sont-il réellement des chasseurs inconscients comme le relaient les médias ?

Ces hommes qui tirent dans les rues sont-ils vraiment des fidèles de l’ex-Président ou est-ce plutôt une tentative de coup d’état par Ali Seriati qui aurait conseillé à Ben Ali de fuir afin de prendre sa place ?

Sous l’ancien régime, il n’existait qu’un seul et unique parti financé directement par les caisse de l’État : le RCD. Comment vont-être financées les campagnes électorales des différents partis lors des premières élection libres ?