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Nous avons eu rarement l’occasion de parler de nos confrères hispaniques sur ce blog et notamment sud-américains. Pourtant, ils sont très actifs et font des pieds et des mains pour défendre les droits individuels et la liberté d’expression notamment sur internet.

op andes libres

communiqué de l'operation Andes libres critiquant la surveillance par le gouvernement chilien du contenu publié sur internet

L’opération Andes Libres lancée le 23 juin dénonce la surveillance accrue par les gouvernements péruviens et chiliens du contenu publié sur internet notamment parmi les blogs et les réseaux sociaux:

Bonjour, nous sommes Anonymous,
Aux Citoyens libres de ce monde :
Les gouvernements chiliens et péruviens ne cessent d’être irrespectueux des droits de l’Homme, en surveillant les communications: comptes facebook, twitter et blogs et ils vont même jusqu’à traquer l’origine géographique de la connexion. La libre-expression sur ces canaux de communication ne doit pas céder la place à la manipulation, à la censure. Anonymous ne l’acceptera d’aucune façon.
Voyant que ces gouvernements attaquent délibérément la liberté d’expression et la vie privée de leurs citoyens,  nous avons décidé de lancer l’operation Andes libres pour soutenir les  citoyens chiliens et péruviens dans leur légitime défense de leurs droits.
Dans un monde post-moderne, internet est un outil extrêmement puissant que  ce soit pour les citoyens qui communiquent entre eux ou les  gouvernements qui s’en servent comme une arme. Internet  nous permet d’accéder à l’information en temps réel aux quatres coins du  globe, et nous devons rester libres d’acquérir des connaissances, libres de comprendre et libres de  penser par nous même. Voici un nouveau paradigme, voici le nouveau monde. Nous  le constatons, une connaissance libre et globale nous rend plus fort et permet d’éclaircir le monde obscur dans lequel nous vivons depuis si longtemps.
Nos dirigeants voient bien que leur contrôle sur nous décline. Nous avons remarqué que vous meniez un combat acharné et dévastateur au niveau mondial afin de nous retirer une liberté fraichement acquise. Les lois Sinde, Llleras et Hadopi ou encore l’ACTA illustrent  parfaitement cette tendance. Vous avez peur qu’un peuple informé devienne plus fort, mais vous savez que vous ne pouvez contrôler la connaissance.
Aux dirigeants du monde entier, sachez que nous sommes debout et que nous ne vous ferons plus jamais de courbettes. Nous sommes Anonymous et nous  croyons qu’un nouveau paradigme a émergé, qu’un nouveau monde est possible. Nous défendrons notre liberté quelqu’en soient les coûts et  les conséquences. Nous sommes les gens qui servent votre café, qui vous saluent au bureau, qui vous conduisent tous les jours et qui font  l’école à vos enfants.
Le gouvernement doit craindre son peuple, mais le peuple n’a pas à avoir  peur de son gouvernement. Nous ne faisons qu’un, nous somme UNIS. La connaissance est libre.
Nous sommes Anonymous
Nous sommes Légion
Nous n’oublions pas
Nous ne pardonnons pas
Redoutez-nous !
La première cible de l’opération Andes Libres a été le sous-secrétariat aux télécommunications du gouvernement chilien qui a subi une attaque DDOS.
subtel

subtel hors ligne par une attaque DDOS, image du groupe facebook operation peru

Plus au nord, les anons mexicains prévoient de rendre hors ligne successivement les siteweb des grands partis mexicains par attaque DDOS.
opmexico

Anonymous prévoit des attaques DDOS successives contre les partis mexicains jugés corrompus et incompétents

La guerre de la drogue initiée par le président Felipe Calderon en 2007 a fait près de 30 000 morts. De 2000 morts par an avant la guerre, on est passé à 15000 personnes tuées dans les affrontements avec les cartels. Selon l’avocat mexicain Santiago Corcuera qui a fait partie du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées et involontaires (2004-2010): « Les militaires ont généré ce climat de violence » (source: le devoir). Le poète Javier Sicilia, dont le fils a été tué par un membre d’un cartel, a suscité une importante mobilisation autour de sa caravane contre la violence qui organise actuellement une grande marche du village natal de Sicilia au sud du Mexique jusqu’au nord du pays à Ciudad Juarez, ville infestée par les cartels. La caravane de la paix dénonce les excès de la guerre contre la drogue, la violence des cartels et l’incapacité des partis politiques qui sont corrompus à résoudre les problèmes sécuritaires et aussi économiques et sociaux du Mexique. Vous pouvez voir un court reportage de l’AFP ici.

Le dernier rapport des nations-unies la semaine dernière faisait état de 418 morts en Côte d’Ivoire depuis la mi-décembre 2010 (paris-match) mais le nombre de tués ne cesse de croître. Les exactions quotidiennes des milices pro-Gbagbo ou LMP (La Mort Partout) font plusieurs victimes chaque jour. La Côte d’Ivoire fait face à la suppression des subsides pour sanctionner le gouvernement de Gbagbo qui vit sur les fonds de trésorerie. Ainsi, le chômage augmente de manière affolante, les fonctionnaires ne sont presque plus payer et les rebelles ont repris les armes pour chasser Gabgbo du pouvoir. La Côte d’Ivoire fait face à une situation de guerre civile qui se mêle à des pénuries alimentaires et une dure situation économique. L’accroissement des tensions est propice aux exécutions sommaires, les milices LMP ne reculent devant rien pour faire taire les opposants. Une vidéo sur youtube montre le quartier d’Abobo après un raid d’une milice pro-Gabgbo. ATTENTION! LES IMAGES PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ:

Lundi soir, on signalait un plusieurs raids pro-Gabgbo:

ALERTE !! LMP (La MORT PARTOUT) vient de LACHER UNE MILICE au quartier laurRier 9 sur la rte de bingerville face genie 2000 #CIV2010

Alerte!! Descente musclée de miliciens chez l’oncle du PR ADO: 1 mort+1homme (Konaté Siaka) enlevé, une voiture 4X4 volée immat 785 #Clifci

Aujourd’hui, la même personne twittait encore:

RT: @gabnorev: 16h20 – 23 mars Abidjan –Obus lancés sur Abobo kennedy vers 14h00, bilan: 4 morts signalés. #ivorycoast #civ2010 #clifci #civ

La Côte d’Ivoire vit dans la peur des attaques qui peuvent survenir à tout moment et faucher en un rien de temps des vies innocentes. La violence des partisans du président Gbagbo est aveugle et ne fait aucune distinction, il suffit d’être d’une ethnie différente, de vivre dans un quartier opposé au pouvoir et d’être d’une autre religion pour subir les attaques. On parle de plusieurs mosquées brûlées par les milices.

Abidjan, la capitale économique du pays, connait un exode très important. Les habitants s’entassent dans les bus pour quitter la ville qui devient déserte. Cependant, le manque de véhicules de transport en commun par rapport à la demande qui explose s’est traduite par une hausse des prix. Une fois embarqué, les passagers ne sont pas au bout de leur peine car les miliciens arrêtent les véhicules et dépouillent les passagers (rfi). L’agence des nations unies pour les réfugiés (UNHCR) parle de 300 000 déplacés à Abidjan soit environ 7,5% des habitants de la ville (un peu moins de 4 millions de personnes habitent Abidjan), principalement de quartier d’Abobo qui a subi les attaques les plus violentes des milices pro-gouvernementales (cf la vidéo ci-dessus).

L’ONU doit-elle intervenir en Côte d’Ivoire comme elle l’a fait en Libye?

C’est l’une des questions qui se pose de plus en plus sur la Côte d’Ivoire où la situation est devenue très critique. Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a déjà une mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, présente en depuis 2004 pour rétablir l’ordre après la guerre civile et mettre en place les accords de paix entre gouvernement et rebelles signés en 2003. La protection des civils fait partie des missions de l’ONUCI:

Le GTI devra, entre autres tâches :

Vérifier que le Premier ministre ivoirien dispose de tous les pouvoirs et de toutes les ressources dont il a besoin pour s’acquitter de ses fonctions ;

Participer à l’élaboration d’une feuille de route en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006. Cette feuille de route traite diverses questions dont la nomination d’un nouveau Premier ministre et la mise en œuvre des questions en suspens, telles que le désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des anciens combattants, le démantèlement et le désarmement des milices, l’identification et l’inscription des électeurs ;

– l’application par les Forces nouvelles du programme de DDR ;

– la mise en œuvre de l’opération d’identification ;

– l’élimination des incitations à la violence et à la haine dans tous les médias ;

– le désarmement et démantèlement immédiats des milices sur l’ensemble du territoire national ;

le non-recours par toutes les parties ivoiriennes à la force, à la violence, et toutes formes de manifestations de rue de nature à créer des troubles. [NLDR: surligné par l’auteur]

Le dispositif de l’ONUCI comprend, au 31 août 2006, environ 8000 Casques bleus, provenant de 55 pays, quelques 400 officiers de police d’une vingtaine de nationalités différentes et à peu près 1000 civils issus de plus de 60 nations, dont une majorité d’Ivoiriens. Conformément à la résolution 1528, la force française LICORNE, forte de 4000 hommes soutient les troupes de l’ONUCI, en tant que « force d’action rapide ».

Le site anglophone de l’ONUCI dit aussi explicitement dans le chapitre « loi et ordre (law and order), qu’une des missions des forces mandatées par l’ONU est « de contribuer à la protection des civils » (Help to protect civilians). Il faut reconnaître que l’ONUCI a tout simplement échoué dans sa mission et que l’ONU, par sa passivité, répète les erreurs qu’elle a pu commettre en Bosnie où des civils ont été massacrés sans que les casques bleus interviennent. Pour autant, cela n’empêche pas le général Abdul Afiz, qui commande les forces de l’ONUCI, d’avoir qualifié hier son bilan de « réussite totale » (sic) et de réécrire complètement l’histoire:

En plus d’avoir apporté notre soutien à la Commission électorale indépendante, nos unités étaient déployées d’une manière permanente et visible sur le terrain et nous avons fait des patrouilles intensifiées de jour et de nuit dans des zones sensibles et de violences potentielles et assuré la protection des civils et humanitaires en danger immédiat », a indiqué le Chef de la force, rappelant en outre que les élections s’étaient déroulées dans des conditions apaisées avec un taux de participation de plus de 80%.
S’agissant de la crise postélectorale, le Général Hafiz a tenu à indiquer que la Force continuait d’accomplir sa mission. « Nous protégeons l’Hotel du Golf où se trouvent le Président élu et les membres du gouvernement, les installations de l’ONUCI, le personnel de l’ONUCI et nos équipements », a-t-il souligné. Il a ajouté que sur le terrain, le force onusienne continuait d’assurer sa liberté de mouvements, continuait ses patrouilles et dans la mesure du possible, assurait la protection des civils en danger imminent de violence.

Déjà, une première solution serait mettre des gens compétents à la tête de l’ONUCI, ce ne serait pas plus mal. Il ne faut pas oublier non plus que l’armée française est présente depuis 2002 dans le cadre de l’opération licorne sous mandat de l’ONU. Les forces françaises lors de la dernière guerre civile ont déjà démontré leurs compétences de rétablissement de l’ordre. Pourquoi ne font-elles rien actuellement? Le gouvernement français a montré son empressement à faire respecter les droits de l’Homme en Libye, et c’est tout à son honneur, il devrait en faire de même en Côte d’Ivoire où des soldats sont déjà sur place sous mandat de l’ONU pour maintenir la paix.

Que fait la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao)? Elle vient d’appeler l’ONU à l’aide mais exclue toute intervention militaire (20minutes). L’heure n’est plus de savoir s’il faut recompter les voix ou organiser de nouvelles élections, mais de protéger les civils. La place d’un dirigeant, élu ou non, qui se rend responsable d’exactions de masse n’est pas au pouvoir mais devant un tribunal, pour répondre de ses crimes. En massacrant ses propres citoyens, un chef d’Etat perd tout légitimité.