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La journée du 18 mars a été particulièrement meurtrière au Yemen, le dernier bilan d’après des sources médicales fait état de 52 tués et 126 blessés à Sanaa, la capitale du pays. L’armée a tiré à balles réelles sur la foule de manifestants qui réclament le départ du président Abdallah Abuh Saleh au pouvoir depuis 32 ans. Les manifestants n’avaient que des pierres pour se défendre face à des tirs nourris en provenance de toits ou de bâtiments.

L’armée yéménite n’est pas à son premier coup d’éclat dans la matière, elle avait déjà montré une forte prédisposition à réprimer durement les manifestations par des tirs d’arme à feu ou des gazs paralysants.

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

Un journaliste était parmi les victimes hier. Il devient de plus en plus difficile pour les envoyés des journaux étrangers de faire leur métier sur place. Iona Craig, reporter freelance qui publie souvent pour USA today et the Irish Times raconte:

Je n’arrive toujours pas à croire à quelle point j’ai eu de la chance quand les balles ont sifflé à nos oreilles et ce qui avait touché mon épaule n’était qu’un simple caillou

Le président Saleh a déclaré l’état d’urgence, grand classique du chef d’État apeuré par son peuple qui se révolte. Des photos de corps ont été mises en ligne par les opposants, âme sensible s’abstenir. Cliquez ici.

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

Certes, on est loin des massacres de masse libyens où l’on parle en milliers de victimes et où les mercenaires de Kadhafi ont une productivité de plusieurs centaines de victimes par jour. Néanmoins, on parle de dizaines de morts par jour au Yemen. Plus de 10 personnes ont été tuées le vendredi 25 février. La veille, déjà 17 personnes avaient été abattues par les forces de l’ordre. L’armée n’hésite pas à tirer sur la foule à balles réelles comme le montre cette vidéo:

La situation devient d’autant plus critique que d’après amnesty international, le gouvernement tente de bloquer l’accès aux hôpitaux pour les blessés par balles lors des manifestations.

 

homme blessé par balles à Aden le 25/02

homme blessé par balles à Aden le 25/02

Le président Ali Abdallah Salleh au pouvoir depuis 32 ans se voit fragilisé par le soutien apporté par les tribus majoritaires au mouvement de contestation. Deux millions de Yéménites ont manifesté vendredi pour réclamer la fin de la mainmise d’un seul homme sur le pays qui n’a pas hésité à réprimer dans le sang toute opposition.

Sanaa, le 25 février

Prière pendant une manifestation à Sanaa, capitale du Yémen, le 25 février

Le soutien apporté par les chefs des tribus majoritaires au mouvement de contestation montre que l’on n’a pas affaire simplement à une opposition sécessionniste du Sud ou religieuse de la part de la minorité chiite. Les manifestants ne souhaitent que deux choses; la démocratie et la justice, pour permettre un développement équitable.