Articles Tagués ‘sécurité’

Le lundi 27 février, Wikileaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiment d’argent et les méthodes psychologiques employées.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR ou STRATEGIC FORECASTING recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions agents de courriels qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Dans son activité du renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification puis son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (L’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’évaluation et d’analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations puis les envoient au service de la rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société. (Source : http://www.nawaat.org un des 25 médias partenaires de Wikileaks).

FW: Guide du Contrôleur (Monitor).

L’email ayant l’ID 286265, envoyé le 21 juillet 2009 à zucha@stratfor.com nous présente le guide des contrôleurs de Stratfor répartis autour du monde., le guide complet est composé de 6 fichiers (en anglais), chacun de ces fichiers est destiné aux guides dans une région précise.

Stratfor a devisé le monde en cinq régions, l’Europe-Asie, le Moyenne Orient et l’Asie centrale, l’Afrique, l’Asie orientale et l’Amérique latine; aujourd’hui on va présenter une partie du guide destiné aux contrôleurs dans la région Europe-Asie, la partie qui concerne les contrôleurs en France.

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID

286265

Date

2009-07-21 02:01:51
A zucha@stratfor.com

Fichiers attachés.

# Nom du fichier Volume
20529 20529_Eurasia.doc 117.5KiB
20531 20531_mesa.doc 123.5KiB
20532 20532_Africa.doc 144KiB
20534 20534_East Asia.doc 121.5KiB
20537 20537_briefers.doc 43KiB
20539 20539_Latam.doc 107KiB

FRANCE :

Sécurité

  • Protestations des musulmans, les groupes musulmans, tout sur les musulmans… Cela inclut également tout les mouvements du gouvernement pour freiner le port du foulard et l’interdiction des constructions des mosquées.
  • Les attaques de l’ extrême droite anti-migrants. Déclarations des groupes politique d’extrême droite.
  • Les actions de l’union, toutes les allusions d’éventuelles émeutes ou grèves.
  • Le crime organisé dans le sud de la France, toute information en relation avec Marseille.
  • Les nouvelles lois et règlements anti-terroristes.
  • Les mouvements séparatistes :  basques et corses.

Politique

  • Toutes les élections doivent être surveillés attentivement, y compris les élections régionaux mineurs qui peuvent prévoir des changements dans l’opinion publique.
  • Nous avons besoin de surveiller ce qui se passe avec le Parti socialiste. Guerre de leadership et ainsi de suite.
  • Les choses qui peuvent sembler être des histoires de « l’intérêt humain », comme qui couche avec qui et ainsi de suite, important en France. Je voudrais savoir si quelqu’un avait des affaires au sein du.
  • Surveillez tout ce que le ministre de l’intérieur dit, il contrôle une grande partie de ce qui se passe dans le pays, plus est en charge de l’appareil de sécurité intérieure, qui est probablement le plus puissant en Europe.
  • Traquez les mouvements antimondialisation, ATTAC et autres ONG.
  • Tous signes d’éventuelles acquisitions militaires ou de réarmement.

Relations Internationales

  • La France a des relations avec TOUT LE MONDE. Nous avons besoin de savoir où les responsables français du ministère des Affaires étrangères vont et ce qu’ils font là-bas.
  • La France et l’Afrique, Bien qu’il y a beaucoup moins d’activité de la France en Afrique, ils ont encore beaucoup d’intérêts clés, surtout dans des endroits comme le Niger où Areva dirige pratiquement le pays. Mais la nouvelle base française aux Emirats Arabes Unis est emblématique d’une réévaluation française de sa politique étrangère, et les deux activités à cette nouvelle base et le mandat d’évolution dans l’ensemble, en regardant de près.
  • Tout ce qui se passe entre la France et l’Iran est d’un intérêt particulier.
  • Relations U.S./France :

    • Nicolas Sarkozy est une bonne impulsion sur ce qui se passe en France, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis. Essayons d’avoir un sens de ce qu’il pense sur les États-Unis.
    • Toutes les initiatives prises par la France sur l’Iran, La Russie, La Corée du Nord, l’Afrique, qui pourrait être fait à la demande des États-Unis. Nous devons être conscients de ce que fait France et ce qu’elle pouvait faire pour les États-Unis.
    • Concurrence entre Airbus et Boeing.
    • Concurrence entre Areva et GE (pas vraiment une compétition, Areva a botté le cul de GE).

    Relations Russie/France :

    • Toutes les visites de dirigeants français en Russie.
    • Affaires commerciales, en particulier le secteur d’énergie doit être surveillées attentivement.
    • Les actions Française dans la périphérie Russe (Caucase, Asie centrale, la Biélorussie) doivent être suivis attentivement.

    Relations Union Européenne/France :

    • Que dit Sarkozy sur le dernier président de l’Union européenne.
    • Tous signes de clivages entre la France et l’Union Européenne. Comme avec l’Allemagne: surveiller toutes déclarations qui semblent hors de l’ordinaire, ou qui semblent en confrontation soit avec la Commission de l’union européenne, la France, la banque européenne centrale ou la cour de justice des communautés européennes. Les déclarations du chancelier sont particulièrement importants.
    • Les agendas soutenues par la France à l’intérieur de l’union européenne ? En relation avec l’énergie nucléaire.

Économie

  • Nous sommes au milieu de la récession, TOUT est essentiel. Lorsqu’une nouvelle donné sera publiée, elle devra être porté à notre attention.
  • Les faillites et les sauvetages bancaires sont importants.
  • Toutes les affaires nucléaires ou militaires à l’étranger.

STRATFOR.

La fuite de substances radioactives et l’incendie provoqués par le séisme ont relancé le débat autour de la sécurité de la technologie nucléaire dont l’archipel tire un tiers de son électricité … et ce, d’autant plus que TEPCO a reconnu que la centrale, dont le premier réacteur est entré en service il y a vingt ans, n’était pas conçue pour résister à un séisme d’une telle puissance (source: leblogfinance.com)

Il ne s’agit pas de Fukushima mais d’un séisme d’une magnitude de 6,8 le 16 juillet 2007 qui a touché la centrale nucléaire de Kashiwazki-Kariwa qui est la plus puissante au monde. Un séisme avait causé un incendie et une fuite d’eau radioactive dont les conséquences semblent avoir été minimes.  Il s’agit du premier cas connu d’incendie dans une centrale nucléaire résultant d’un tremblement de terre. Le câble pointe la lenteur de la réaction de TEPCO face aux évènements ainsi que son manque de transparence. Vous pouvez consulter la page de wikipédia sur le séisme de Chūetsu-oki qui rend compte des incidents à la centrale de Kashiwazki-Kariwa.

tepco

"TEPCO, la compagnie qui gère le réacteur de Fukushima, a un sérieux passif de falsifications de rapports d'inspection" par Carlos Latuff pour le Monthly review

Extrait de l’article de wikipédia sur TEPCO:

La société TEPCO est mise en cause en 2002 par le gouvernement japonais pour falsification d’une trentaine de rapports[8], concernant notamment des fissures dans la structure de treize de ses réacteurs nucléaires[9],[10],[11], ce depuis les années 1970, début des constructions de centrales au Japon[12], et pour avoir dissimulé des accidents nucléaires, dont celui qui a conduit à une réaction en chaîne incontrôlée en 1978 dans le réacteur №3 de Fukushima[9],[12].

Des témoignages d’employés tendent à penser qu’elle « fait passer la rentabilité à court terme avant l’impératif de sécurité à long terme »[12]. Elle est critiquée pour avoir recours pour la maintenance de ses centrales à des « sous-traitants souvent inexpérimentés »[12]. Enfin, lors de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, pour TEPCO, «  dans les deux premiers jours qui ont suivi le séisme et le tsunami, le souci de préserver les équipements semble l’avoir emporté sur la prise en compte du risque pour les populations »[12].

Sur le site de Fukushima travaillent majoritairement des intérimaires employés par des sous-traitants : en 2008 il y a 1 108 salariés réguliers de TEPCO ou d’autres entreprises, contre 9 195 employés de sous-traitants.[13] Or pour ces derniers, la NISA ne publie la répartition de la dose collective que centrale par centrale si bien que ces employés, qui passent de l’une à l’autre, n’ont pas accès au total de leur dose accumulée sur un an et plus, ce qui complique la reconnaissance en maladie professionnelle.[13] 255 ouvriers sous-traitants ont reçu en 1979 une dose supérieure à 10 mSv, contre seulement deux employés réguliers.[13]

Par ailleurs, TEPCO confie pendant l’accident de Fukushima les tâches les plus ingrates et les plus exposées aux rayons ionisants à des travailleurs sans formation qui sont précaires et considérés comme des parias de la société japonaise, notamment les Burakumin.[13],[14] Selon Paul Jobin, sociologue spécialiste du Japon, « la propagande de Tepco et de la Nisa sont là pour minimiser les risques » de ces employés qui gèrent la crise.[13

Abréviations utilisées:

* NPP: nuclear power plant = centrale nucléaire
* EST = environnement, science et technologies
* METI = Ministry of Economy, Trade and Industry = ministère du l’économie, du commerce et de l’industrie

N° de Référence Créé le Publié le Classification Origine
07TOKYO3263 2007-07-17 11:44 2011-05-07 05:00 NON CLASSIFIÉ Ambassade de Tokyo

VZCZCXYZ0016

PP RUEHWEB

DE RUEHKO #3263/01 1981144

ZNR UUUUU ZZH

P 171144Z JUL 07

FM AMEMBASSY TOKYO

TO SECSTATE WASHDC PRIORITY 5571

UNCLAS TOKYO 003263

SIPDIS

SIPDIS

E.O. 12958: N/A

TAGS: TRGY JA

OBJET: JAPON : ÉNERGIE NUCLÉAIRE : UN TREMBLEMENT DE TERRE EST À L’ORIGINE D’UN INCENDIE ET D’UNE FUITE D’EAU RADIOACTIVE DANS UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE

1) RÉSUMÉ: Le 16 juillet 2007, un tremblement de terre a entrainé un incendie et une fuite radioactive à la centrale nucléaire (NPP) [NDLR: nuclear power plant, centrale nucléaire] de Kashiwazki-Kariwa et le METI [NDLR : Le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie au Japon]

a ordonné que le réacteur reste fermé en attendant les contrôles de sécurité. Un contact de Post à l’agence de sureté industrielle et nucléaire (NISA) japonaise a confirmé que les radiations ne posent aucun risque pour l’environnement comme l’avait annoncé Tokyo Electric Power Company (TEPCO). D’après le rapport de la NISA à l’AIEA, aussi transmis au Post, quatre des sept réacteurs étaient en marche au moment du séisme et tous sont tombés en panne et ont arrêté de fonctionner. Selon la NISA, il y a eu une fuite d’eau radioactive au troisième étage du bâtiment du réacteur de l’unité 6 (qui était arrêté pour une maintenance de routine). La radioactivité libérée dans la mer est estimée à 60 000 Bq pour 1,2 mètres cubes d’eau [NDLR : La radioactivité de l’eau du robinet est de 1000 Bequerels par mètre cube. Elle est de 100 000 pour les déchets à «faible activité». TEPCO annoncera encore plus tard que la radioactivité estimée serait plutôt de 90 000 becquerels par mètre cube] . Le feu a pris dans un transformeur qui fournissait l’électricité à l’unité 3. Fin du Résumé.

Confusion initiale RE: fuite d’eau radioactive

2) Le 16 juillet 2007 à 10h13 du matin, un séisme de magnitude de 6,8 a interrompu les opérations quotidiennes à la plus grande NPP du monde, la NPP de TEPCO de Kashiwazaki-Kariwa située dans la préfecture de Niigata sur la mer du Japon. Suite à la secousse, un transformeur d’électricité du bâtiment du réacteur numéro 3 a pris feu, rejetant alors un nuage noir de fumé dans l’air. Dans l’après-midi, l’incendie a été endigué et les officiels de TEPCO ont publié un communiqué affirmant qu’aucune fuite radioactive n’avait été detectée. Plus tard dans la journée, cependant, TEPCO a annoncé que de l’eau contenant des substances radioactives a fui mais qu’aucun impact négatif sur l’environnement n’avait été détecté. L’officiel EST a parlé avec M.Keiichi Yoshida, le dirigeant du département de communication de l’entreprise, qui a confirmé ce qui a été publié dans la presse.

centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en feu

centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en feu, on voit le nuage de fumée noire. photo prise sur le blog ghandivert

3) Selon M. Fumiaki Hayakawa, le directeur adjoint aux situations d’urgence de l’Agence de Sureté industrielle et nucléaire (NISA), le niveau des radiations émise était inférieur au seuil légal. M. Hiroyoshi Koizumi, haut représentant aux relations internationales de l’Organisation de sureté de l’énergie nucléaire japonaise (JNES), la direction de l’information sur la recherche en matière de sureté nucléaire a publié un rapport officiel d’évaluation, qui a aussi été envoyé à l’AIEA et au NRC [NDLR : US Nuclear Regulatory Commission, équivalent de l’autorité de sureté du nucléaire en France]. Finalement, M. Kazuko Nagura, sépcialiste de la sureté nucléaire à la direction des relations internationales du ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), a dit que le gouvernement japonais est actuellement en train d’enquêter pour déterminer la cause exacte de la fuite d’eau et qu’il publiera des nouvelles à ce sujet. L’ambassade continuera de transmettre toute information nouvelle venant des officiels du gouvernement japonais.

INCENDIE DANS UN TRANSFORMATEUR DE L’UNITÉ 3

4) Le tremblement de terre a frappé le matin entre 10h13 et 10h27, les officiels de TEPCO ont appelé les pompiers pour un incendie mineur au transformateur de l’unité 3 qui fournit l’électricité à l’infrastructure. A 11h58, le feu était éteint. Au moment du tremblement de terre les réacteurs 2, 3, 4 et 7 se sont automatiquement arrêtés comme prévu. Les trois autres réacteurs étaient sous le coup d’inspections de routine. TEPCO a affirmé dans un communiqué qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée par les systèmes de surveillance. Cependant, TEPCO a été critiqué pour avoir pris trop de temps à mettre un terme à l’incendie. Il y a eu des dommages mineurs à un bâtiment de service voisin, mais cela n’a pas affecté directement le fonctionnement du réacteur.

FUITE D’EAU RADIOACTIVE À L’UNITÉ 6

5) Mr. Yoshida a affirmé que juste avant la conférence de presse de TEPCO à une heure de l’après-midi, un employé de TEPCO a découvert que de l’eau fuyait probablement de la piscine des combustibles usés. Cependant, TEPCO n’en a pas informé le public car la fuite n’était pas officiellement confirmée au moment de la conférence de presse. Après que les autorités légitimes aient enquêtées sur la situation, TEPCO a organisé une autre conférence de presse après six heures du soir et a annoncé qu’une faible quantité de substances radioactives s’est répandue dans la mer du Japon.

6) Selon l’officiel japonais, de l’eau qui fuyait a été observée au troisième étage et au milieu du troisième étage du bâtiment du réacteur 6, dont l’activité était suspendue au moment du tremblement de terre pour des inspections périodiques. La fuite d’eau a été estimée à 0,6L, 2.8×10 2Bq au troisième étage et 0,9L, 1,6×10 4BQ au milieu du troisième étage. La quantité d’eau qui s’est écoulée dans la mer est estimée à 1,2 mètres cubes d’eau à une radioactivité de 60 000 Bq. Les officiels du gouvernement ont affirmé que c’est la première fois que des substances radioactives s’échappaient d’un NPP à cause d’un tremblement de terre et qu’ils mènent une enquête minutieuse pour déterminer les causes de l’incident.

(NOTE: M. Yoshida a affirmé que des substances radioactives dans ont fui du réacteur vers la mer avant mais jamais à cause d’un tremblement de terre). En raison de l’incident, le ministre du METI Akira Amari a dit au président de TEPCO Tsunehisa Katsumata de ne pas reprendre les opérations de son NPP tant que des mesures préventives ne sont pas prises et que la sécurité n’est pas assurée. Jusqu’à ce jour, aucun événement inhabituel dans les autres centrales nucléaires relativement proches de la zone touchée par le séisme, comme les NPPs de Shika et de Fukushima n’a été signalé.

carte des centrales nucléaires au Japon

carte prise sur leblogfinance.com

SCHIEFFER

Cet article relate une entrevue en janvier 2008 entre l’ambassadeur des Etats-Unis et l’ambassadeur Français en Algérie. Ils discutent des problèmes politiques et économiques notamment de la corruption qui gangrène le pays. L’Algérie selon l’association anticorruption Transparency International est le plus corrompu des pays du Maghreb 105e au classement (sur 178) des pays les moins corrompus. Par comparaison, la Tunisie est 59e et le Maroc 85e.

Les protagonistes sont:

  • Bernard Bajolet, spécialiste du monde arabe. Il fut ambassadeur de 2004 à 2006 en Irak et de 2006 à 2008. Il est actuellement coordinateur du renseignement à l’Elysée.
  • Robert Ford, ambassadeur des Etats-Unis en Algérie de 2006 à 2008, il est actuellement en poste à Damas (Syrie). Fin spécialiste du monde arabe dont il maitrise la langue, il parle aussi le Français. Il a également été chef adjoint de mission à Bahreïn de 2001 et 2006 et conseiller politique à l’ambassade des Etats-Unis en Irak de 2004 à 2006.

Vu que les parcours des deux hommes présentent de fortes similitudes, on peut penser qu’ils se connaissaient très bien en 2008.

N° de Référence Crée le Publié le Classification Origine
08ALGER85 2008-01-25 11:11 2010-12-16 21:09 CONFIDENTIEL Ambassade d’Alger

VZCZCXRO1124
RR RUEHTRO
DE RUEHAS #0085/01 0251117
ZNY CCCCC ZZH
R 251117Z JAN 08
FM AMEMBASSY ALGIERS
TO RUEHC/SECSTATE WASHDC 5162
INFO RUEHBP/AMEMBASSY BAMAKO 0391
RUEHMD/AMEMBASSY MADRID 8776
RUEHNK/AMEMBASSY NOUAKCHOTT 6192
RUEHFR/AMEMBASSY PARIS 2514
RUEHRB/AMEMBASSY RABAT 2125
RUEHTRO/AMEMBASSY TRIPOLI
RUEHTU/AMEMBASSY TUNIS 6984
RUEHCL/AMCONSUL CASABLANCA 3223
RUEPGBA/CDR USEUCOM INTEL VAIHINGEN GE
C O N F I D E N T I E L SECTION 01 OF 02 ALGER 000085

SIPDIS

SIPDIS

E.O. 12958: DECL: 01/25/2028
TAGS: PREL PGOV KDEM FR AG
OBJET: SELON L’AMBASSADEUR DE LA FRANCE: BOUTEFLIKA NE DOIT PAS PARTIR MAIS L’ALGÉRIE A BESOIN D’AVANCER [Bouteflika may not need to move but Algeria needs to]

Classifié Par: L’ambassadeur Robert Ford, raison 1.4 (d)

1. (C) L’ambassadeur français Bajolet a raconté à l’ambassadeur [américain] que lui et le gouvernement français étaient inquiets de l’instabilité qui grandit peu à peu en Algérie, mais ils ne voient pas d’alternative au maintien du pouvoir de Bouteflika pour un troisième mandat en 2009 [NDLR:Bouteflika a été réélu avec 90,24% le 9 avril 2009, l’opposition a dénoncé des fraudes].élection présidentielle de 2009 sans surprise en Algérie Bajolet, qui a été en service ici dans les années 1980, a dit que l’intérêt stratégique français en Algérie est avant tout la stabilité et la croissance économique. La pression accrue sur les Algériens à émigrer en France à cause du manque d’opportunités en Algérie pèse lourdement sur les sensibilités politiques françaises et en fin de compte sur les relations entre les deux pays [NDLR: La visite de Sarkozy le 3/12/07, un peu plus d’un mois auparavant s’est faite sous grande tension]. Le gouvernement français, dit-il, voit peu de développements positifs en Algérie à l’heure actuelle:

  • les municipalités, qui sont les plus proches de la population, n’ont ni l’autorité ni les ressources pour répondre aux besoins locaux.
  • Il y a une incapacité au sein du gouvernement à prendre des décisions difficiles; Bajolet considère cette attitude comme un type d’immobilisme.
  • L’intérêt de la population pour le système politique formel a diminué considérablement, comme l’on a pu le constater dans les deux élections tenues en 2007.
  • Le climat des affaires est difficile et ne s’améliore pas; et les investissements et les créations d’emploi manquent (Bajolet a relevé qu’une association d’hommes d’affaires français a présenté un livre blanc  [NLDR: sous la pression des autorités algériennes, ce livre n’a jamais été publié] qui détaillait les problèmes auxquelles les entreprises françaises devaient faire face en Algérie et comment les rectifier).
  • La corruption, toutes les routes mènent vers les frères de Bouteflika, a atteint un niveau inégalé et interfère avec le développement économique.

LES AMBITIONS DE BOUTEFLIKA POUR UN TROISIEME MANDAT

———————————

2. (C) Bajolet a dit qu’il comprenait que la direction du service de sécurité ait donné son accord pour que la constitution soit modifiée pour que Bouteflika puisse concourir encore pour une élection en 2009. Bajolet a affirmé que la santé de Bouteflika est meilleure et qu’il pourrait vivre encore plusieurs années [NDLR: Bouteflika eu des très gros problèmes de santé le poussant à être hospitalisé à l’hôpital militaire du Val de Grace en France en novembre 2005,en avril 2006 et plus récemment au début du mois]. Sa meilleure santé et son activité lui ont donné plus d’influence sur l’armée, supposa-t-il. Cela dit, Bajolet exprima son avis comme quoi le consensus à l’intérieur de la haute direction de la sécurité pour un troisième mandat de Bouteflika résultait en partie de l’opinion répandue que Bouteflika ne finirait pas son troisième mandat en raison de ses problèmes de santé. Les relations entre les services de sécurité et Bouteflika est encore épineuse. Par exemple, les Français ont déduit que les services de sécurité ont encouragé le ministre aux ancien combattants, Cherif abbas, à critiquer le président Sarkozy la veille de sa visite afin d’embarrasser Bouteflika en forçant la France à annuler le voyage.

3. (C) Bajolet a dit que les Français sont extrêmement attentifs à propos ce qu’ils disent aux Algériens à propos de la modification de la constitution pour permettre à Bouteflika de concourir pour un troisième mandat que tout le monde sait qu’il va gagner. Bajolet a remarqué que les Algériens ont clairement lancer l’idée publiquement encore juste avant la visite de Sarkozy en Décembre pour voir si le président français déconseillerait cette idée. Il ne l’a délibérément pas fait. Bajolet a constaté que les Français ne voient pas de successeur évident à Bouteflika. L’ancien premier ministre Hamrouche,a-t-il relevé, parle de réforme mais les Français ne sont pas surs s’il aurait vraiment les capacités de mener un programme de réforme. L’ancien premier ministre Ouyahia, pensent-il, n’est qu’un apparatchik de plus et a une très faible popularité au sein du pays.
Bajolet en déduit que sans un successeur évident, pousser Bouteflika au départ créerait simplement de nouvelles sources d’instabilité. En conséquence, les Français ont décidé que le meilleur message pour eux à délivrer était qu’ils étaient neutre sur cette question d’un troisième mandat de Bouteflika mais que le gouvernement [algérien] doit s’occuper des problèmes politiques et économiques majeurs de l’Algérie. (Bajolet est particulièrement intéressé par la décentralisation, par exemple).

 

chômage des diplômés en Algérie

L'Algérie a un très fort taux de chômage des diplômés

SECURITÉ

——–

4. (C) Bajolet a exprimé une grande inquiétude sur la sécurité du pays et il a posé de nombreuses questions sur nos derniers conseils aux voyageurs [warden message]. Nos recommandations aux citoyens américains d’éviter les écoles occidentales l’a mis dans une situation difficile, remarqua-t-il, puisqu’il y a deux écoles officielles françaises à Alger. Bajolet a affirmé qu’Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI) semble viser principalement le gouvernement algérien et ne s’intéresse aux étrangers que comme un moyen pour embarrasser le gouvernement algérien. L’Ambassadeur [américain] n’était pas d’accord [avec Bajolet], selon lui, l’AQMI s’intéresse aux deux mais pour des buts différents.

Les enlèvements d’étranger servent à embarrasser le gouvernement algérien et comme moyen de représailles pour les pertes de l’AQMI. Cela vise à chasser les étrangers hors de l’Algérie (et en fin de compte à déstabiliser le gouvernement algérien). Bajolet releva qu’il y a de multiples vulnérabilités françaises, incluant les centres culturels français autour de l’Algérie et les résidences diplomatiques éparpillées. Jusqu’à ce jour, cependant, les services de sécurité algérien ont traité les menaces contre les Français de manière appropriée et n’ont cessé d’informé les autorités françaises, prétendit-t-il.

5. (C) COMMENTAIRE: Bajolet a exprimé comme opinion que les pressions externes sur le gouvernement [algérien] pour le forcer à abandonner l’idée d’un troisième mandat de Bouteflika n’obligera pas le gouvernement algérien à l’abandonner.

Il pense plutôt qu’il cela rendrait simplement plus difficile la coopération avec les Algériens, et les Français le constatent sur les problèmes économiques/sociaux et de sécurité qu’ils doivent traiter avec les Algériens.

Il a facilement concédé que les perspectives à moyen et long terme ne sont pas bonnes à moins que le gouvernement ne commence vraiment à remettre sur pied l’économie et le système politique. Il ne pensait que cela se ferait, mais il n’avait pas d’idée précise de ce qu’il fallait faire dans ce cas de figure. FORD

Les protagonistes:

  • L’ambassadeur Américain Charles Rivkin, nommé par le président des Etats-Unis, Barack Obama le 01/06/2009.
  • Patrick Maisonnave, directeur des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement du ministère des affaires étrangères français.
  • Des « officiels français » non cités par l’ambassadeur.

Quatre sujets sont traités dans ce communiqué:

  • La révision du Traité de Non Prolifération (TNP) qui vise à réduire le risque que l’arme nucléaire se répande dans le monde. A lire sur le sujet, le compte rendu du débat organisé par la fondation respublica sur le bilan de la conférence de révision du TNP qui résume bien les positions de la France sur le sujet notamment  l’attachement à sa dissuasion nucléaire. Vous pouvez aussi consulter le câble 09PARIS1355 sur les préoccupations des officiels français sur le désarmement nucléaire.
  • La paix au Moyen-Orient: Les présidents français et égyptiens, Nicolas Sakozy et Hosni Moubarak, qui coprésident l’Union Pour la Méditerranée (UPM) essaient de relancer l’organisation au point mort depuis l’offensive Israélienne à Gaza en janvier 2009. « Sarkozy accueille Moubarak à Paris pour relancer l’UPM », France 24, 21/07/2010
  • La sécurité européenne, en particulier les relations OTAN-Russie. « Une méfiance persistante à l’égard de l’OTAN », extrait d’un rapport du sénat français sur  La Russie et ses relations extérieures de la Russie depuis la réélection de Vladimir Poutine à la présidence du pays.
  • Le projet de défense anti-missile américain en Europe, en négociation en 2009 et entériné fin 2010. A lire: le retour de la défense antimissile, lefigaro.fr,28/03/2010, qui résume bien les enjeux de la défense antimissile et les réticences de la France sur le projet à l’époque.

N° de référence Créé le Publié le Classification Origine
09PARIS1767 2009-12-31 12:12 2010-12-23 21:09 CONFIDENTIAL//Américains seulement Ambassade de Paris

VZCZCXRO8927
PP RUEHDBU RUEHFL RUEHKW RUEHLA RUEHNP RUEHROV RUEHSL RUEHSR
DE RUEHFR #1767/01 3651233
ZNY CCCCC ZZH
P 311233Z DEC 09
FM AMEMBASSY PARIS
TO RUEHC/SECSTATE WASHDC PRIORITY 7986
INFO RUEHZL/EUROPEAN POLITICAL COLLECTIVE PRIORITY
RUEHBUL/AMEMBASSY KABUL PRIORITY 0932
RUEKJCS/SECDEF WASHINGTON DC PRIORITY
RHEHNSC/WHITE HOUSE NSC WASHINGTON DC PRIORITY
C O N F I D E N T I E L SECTION 01 OF 04 PARIS 001767

NOFORN
SIPDIS

POUR LA SECRETAIRE CLINTON DE LA PART DE L’AMBASSADEUR RIVKIN

E.O. 12958: DECL: 12/31/2019
TAGS: PREL PGOV MARR PARM FR
SUJET: DIVERGENCES AVEC LA FRANCE SUR LES PROBLEMES POLITIQUES A VENIR ET LES RECOMMANDATIONS SUR LA VOIE A SUIVRE
Classifié Par: Ambassadeur Charles Rivkin, pour les raisons 1.4(b) and (d).

1. (C/NF) RESUME ET COMMENTAIRE : Nos relations actuelles avec la France se portent si bien que l’opinion communément admise soutient qu’il n’y a pas de différence significative dans les politiques étrangères de nos deux pays. Bien que ce soit vrai que les relations [entre la France et les Etats-Unis] connaissent une apogée historique, ce n’est pas vrai que nos objectifs et nos approches sont identiques sur les problèmes majeurs. Les Evènements à venir en 2010 feront parvenir au premier plan quelques divergences dans nos relations avec la France – Principalement dans nos approches sur les issues multilérales telle que le contrôle des armes, la sécurité européenne, et le Moyen-Orient. Ces différences représenteront des épreuves [à traverser], et elles risquent de provoquer des remous de dernière minute dans nos relations bilatérales si nous ne n’y attelons pas assez tôt dans notre planning. Quelques enjeux ont des échéances, comme la conférence d’examen du TNP, le sommet sur la sécurité nucléaire mondiale, à venir en mai 2010 [NPT RevCon, le sommet s’est tenu du 3 au 28 mai à New York et a abouti sur un rappel des principes du TNP et une conférence pour le désarmement du Moyen-Orient qui se tiendra en 2012) et le sommet de l’OTAN à Lisbonne l’automne prochain. L’Afghanistan, qui est traitée dans un autre rapport, pourrait aussitomber dans cette catégorie, depuis que la décision française dépendra en partie de l’issu de la conférence de Londres en Janvier. D’autres divergences viennent des différences tactiques sur des objectifs partagés (en particulier la prédilection du président français a proposé des sommets de haute importance sur tout et n’importe quoi allant de la paix au Moyen-Orient à la sécurité européenne). Le plus difficile à gérer, ce seront ces domaines dont Paris croit qu’ils pourraient potentiellement avoir un conséquences sur ses valeurs fondamentales, telle que la politique de dissuasion. Dans de telles situations, les Français feront preuve du moins de flexibilité possible. FIN DU RESUME ET DU COMMENTAIRE

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NON-PROLIFERATION ET DESARMEMENT
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2. (C/NF) BACKGROUND: Les Etats-Unis et la France sont en accord sur leurs buts pour le congrès de révision du Traité de Non-Prolifération (NPT RevCon). Cependant, ces débats représenteront quelques uns de nos plus gros défis. La France peut agir – et a – comme un «multiplicateur de force» pour les Etats-Unis avec des partenaires européens plus passifs sur les questions de non-prolifération allant de l’Iran au renforcement des efforts de contre-prolifération de l’ONU. Cependant, l’arrivée du NPT RevCon pose un délai concret aux Etats-Unis et à la France pour traiter leurs différences présentes sur le désarmement nucléaire. La France défend que la focalisation américaine sur le désarmement à la RevCon ouvrirait la porte aux nations non-alignées pour faire de la conférence un référendum sur le désarmement en cours par les P3 [Acronyme désignant les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni]. Ces nations conditionneraient ainsi leur engagement dans des actes concrets de non-prolifération par le désarmement des Etats-Unis, ou plus inquiétant du point de vue de Paris, des efforts comparables de désarmement et de transparence de la France.
Comme la France a déjà fait des efforts significatifs de désarmement et a un arsenal nettement plus petit que celui des Etats-Unis, les officiels français nous ont dit que des réductions supplémentaires affaibliraient les capacités de dissuasion nucléaire de la France. Par conséquent, la France veut se consacrer autant que possible à la non-prolifération à la NPT RevCon et dans l’idéal, éviter toute discussion d’importance sur le désarmement.

– FLEXIBILITE FRANÇAISE POTENTIELLE: faible en politique, mais moyenne sur les tactiques. La position du gouvernement français sur le désarmement reflète l’obsession nationale française vis à vis de sa dissuasion nucléaire. Les officiels français n’hésitent pas à qualifier leur engagement pour maintenir leur dissuasion indépendante de «psychologique». Cela ne s’applique pas seulement à la capacité elle même mais au concept même de dissuasion. Les Français disent souvent qu’ils se préoccupent que l’appel des Etats-Unis à un «monde sans arme nucléaire» contribue à délégitimer les armes nucléaires comme un élément de stratégie. Cependant, les Français comprennent que les Etats-Unis soient aussi engagés pour maintenir leur force de dissuasion nucléaire aussi longtemps que nécessaire. Bien que les Français peuvent probablement s’adapter à nos différences sur les objectifs finaux de désarmement, ils sont plus inquiétés par les arguments que nous [les Etats-Unis] pourrions faire pour atteindre notre but partagé de non-prolifération à la RevCon. Les officiels français ont explicitement menacé de «faire obstruction» ou de «mettre (les Etats-Unis) dans une situation difficile» si ils sentent que leur lignes rouges de désarmement sont menacées par les positions américaines.

– VOIE A SUIVRE : Maximiser la coopération et minimiser le risque d’une obstruction de la part de la France dans les négociations au conseil de sécurité [désigné par l’acronyme «P5» dans le texte original] ou à la RevCon elle même, cela pourrait peut être valoir le coup de clarifier notre «rhétorique des lignes rouges» ainsi que notre politique de lignes-rouges. Si c’est vital à notre stratégie menée à la RevCon de souligner notre objectif d’un «monde sans arme nucléaire», de mettre l’accent sur le lien entre le désarmement des 5 membres du conseil de sécurité et des mesures plus strictes de non-prolifération sous le TNP, ou de réclamer des efforts plus poussés de désarmement à d’autres États dotés de l’arme nucléaire, nous devrions clairement nous en expliquer avant auprès des Français. Ils n’aimeront pas ça, mais leur annoncer à l’avance pourrait au moins éviter des réactions disproportionnées de dernière minute qui pourrait menacer l’unité des P3 sur nos buts partagés à la RevCon.

– DATE BUTOIR: Bientôt. La RevCon aura lieu en mai 2010. Atteindre un modus vivendi avec la France sur les tactiques de désarmement à la RevCon est cruciale pour assurer le succès des consultations à venir du conseil de sécurité de l’ONU et rallier pays non-alignés.

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PAIX AU MOYEN-ORIENT
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3. (C/NF) CONTEXTE: La France, incluant le président Sarkozy lui même, veut être un acteur incontournable dans la paix au Moyen-Orient, et les officiels français sont continuellement frustrés par le peu de progrès visible sur ce problème qui a a des conséquences sur les intérêts nationaux français et l’état du monde. Le profond intérêt de Sarkozy est aussi évident dans son rééquilibrage du rôle de la France en tissant des liens proximité avec Israël et dans ses tentatives de marginaliser des experts reconnus du Moyen-Orient (dans le ministère des affaires étrangères et ailleurs) qui ne ne répondent pas favorablement à ses appels pour une politique active orientée vers de nouvelles directions. Sarkozy est préparé à soutenir les efforts des États-Unis, mais il s’accroche à l’idée d’un sommet sur le Moyen-Orient comme solution pour relancer les pourparlers. Pour rendre plus légitime son initiative, il a essayé de s’associer avec l’Egypte, en tant que coprésident de l’Union pour Méditerranée (UPM) [NDLR: les présidents français, Nicolas Sarkozy, et Egyptien, Hosni Moubarak, sont coprésidents de l’UPM], mais il n’est attaché à aucun format particulier. Par exemple, les contacts du ministre français des affaires étrangères commencent à émettre des idées d’un mini-sommet, animé par le quartet [NDLR: groupe formé par 4 pays et organisations internationales (l’ONU, l’UE, la Russie et les Etats-Unis) pour la paix au Moyen-Orient] ou un autre groupe, pour obtenir le même résultat, et la France, d’après certaines informations, a concilié cette initiative avec les désires de la Russie, ratifié par le conseil de sécurité de l’ONU, d’accueillir une conférence.

– FLEXIBILITE FRANÇAISE POTENTIELLE: Haute, mais à un coût. Puisque la participation des États-Unis à n’importe quel sommet serait une condition nécessaire, la France a une faible marge de manœuvre sans la bénédiction du gouvernement américain. Cependant, étant donné l’intérêt personnel de Sarkozy, la réticence constante des Etats-Unis pourrait devenir une irritation croissante pour le gouvernement français.

-LA VOIE A SUIVRE: Notre stratégie actuelle pour répondre à la demande de renseignements des Français est de noter les requis préalables à un dialogue réussi. Si le gouvernement américain ne croit pas qu’il ne soit pas le bon moment pour organiser une sommet, nous pourrions trouver ça utile pour fournir un cadre plus définitif de référence à nos interlocuteurs français comme un calendrier potentiel ou des conditions préalables à un sommet. Aussi longtemps que Sarkozy a l’espoir qu’un sommet pourrait être possible, toute chose moins spécifique a peu de chances de refroidir son enthousiasme ou ses efforts et de contribuer à susciter des attentes qui pourrait nuire à nos efforts.

– DATE BUTOIR: A Venir. Sarkozy continuera de chercher des opportunités pour présenter ses idées à nous et à d’autres, particulièrement dans un contexte de sommets internationaux.

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SÉCURITÉ EUROPÉENNE
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4. (C/NF) CONTEXTE : La France pousse à une discussion à haut niveau sur la sécurité européenne depuis que Sarkozy a surpris les alliés en Octobre 2008 en proposant publiquement un sommet pour traiter la proposition de Medvedev d’un nouveau traité de sécurité européenne. Le but de la France est double: engager la Russie et casser le blocage sur les litiges insolubles comme le traité des forces conventionnels en Europe (FCE) [traité de désarmement signé par les ex-membres du traité de Varsovie et l’OTAN le 19 décembre 1990, suspendu par la Russie en 2007]. Bien que nous avons réussi en juin à anchré cette discussion dans le processus de Corfou de l’OSCE [NLDR: réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE et des représentants de l’OTAN, de l’UE, de l’Organisation du traité de sécurité collective et de la CEI sur l’île de Corfou organisée en juin 2009 afin de traiter des différents défis de que pose la sécurité du continent européen], les manoeuvres de la Russe pour semer la discorde et le haut-degré d’impatience de la France vont probablement continuer à faire mijoter ce problème dans un avenir proche. L’élan dans Paris vient du plus haut niveau; c’est le président Sarkozy lui même qui croit que n’importe quelle non-réponse des alliés aux propositions russes laisse la balle dans notre cour. Les officiels français admettent qu’ils étaient surpris par le texte d’avant-projet que la Russie fait circuler, mais ils continuent de souligner qu’une réponse des alliés est nécessaire. De plus, Sarkozy, d’après certaines informations, est très agacé par la lenteur du processus de Corfou et est déjà en train de charger son staff de monter des projets alternatifs pour faire progresser le sujet – y compris son idée original d’un sommet de l’OSCE en 2010. Les officiels du gouvernement français craignent que sans une date butoir ou un but concret, le processus de Corfu perdra son élan et nous aurons perdu «une année» en 2010. Tout idique qu’il y n’a rien que Sarkozy abhorre de plus que ce qu’il perçoit comme un vide. Sur le CFE, les officiels français réclament de plus en plus bruyamment que nous devons réengager dans les prochaines étapes du processus une fois que les négociations du traité START [«traité de réduction des armes stratégiques» visant à réduire la totalité des arsenaux nucléaires des des Etats-Unis et de la Russie hérités de la guerre froide] et que nous manifestons une volonté de séparer le CFE des accomplissements par la Russie de ses engagements à Istanbul [NDLR: La Russie s’était engagée à évacuer ses troupes de Moldavie et de Géorgie au sommet de l’OSCE à Istanbul en 1999]. De plus, le directeur des affaires stratégiques du ministère des affaires étrangères, Patrick Maisonnave a déclaré récemment que Paris [nous] incluant la dimension humaine dans nos discussions de sécurité élargies, mais cela ne devrait pas être utilisé pour faire cesser entièrement l’avancement des négociations, «les droits de l’Homme ne sont pas au cœur des questions de sécurité», a indiqué Maisonnave. Post [non traduit] comprends des contacts de la présidence que Paris est en train de préparer un document non officiel pour soutenir une fois encore que la date butoir d’un sommet créerait le stimulus nécessaire pour faire des progrès sur les litiges comme la CFE ou le Haut-Karabakh [région de l’Azerbaïdjan occupée militairement par l’Arménie]

– FLEXIBILITE FRANÇAISE POTENTIELLE : Moyenne. Une forte opposition des Etats-Unis et des alliés à l’idée français pourrait ne pas chasser cette idée, elle pourrait même encourager les Français à modifier leurs plans d’engagement en quelque chose de plus acceptable.

-VOIE A SUIVRE : Pour maximiser les chances d’obtenir une coopération constructive, post recommande de commencer un dialogue régulier avec les Français sur les problèmes globaux de la sécurité européenne, utilisant les discussions politico-militaires «2+2» actuellement prévues pour le 20 janvier à Washington comme une bonne étape. L’influence et les actions allemandes peuvent aussi jouer un grand rôle en canalisant l’activité française, donc un suivi additionnel dans un format quadruple pourrait être mieux reconsidéré. Finalement, nous pourrions vouloir songer à prendre une page du manuel français et suggérer une proposition alternative qui pourrait inclure une date butoir pour les progrès à obtenir – cela pourrait être une conférence de faible importance, la formation d’un groupe de travail, ou un autre événement. Cela pourrait donner à Paris ce qu’il réclame, canaliser un peu de l’énergie française et nous permettre d’avancer de manière sélective sur les questions que
nous estimons suffisamment avancées, sans imposer un débat préliminaire élargi au plus haut niveau.

– DATE BUTOIR: A venir. Nous pouvons attendre que cela soit un débat continu en 2010 vu l’intérêt du président franças, même si peu d’alliés le suivent.

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DÉFENSE ANTI-MISSILE
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5. (C/NF) CONTEXTE : Jusqu’à présent, la France s’est donné du mal pour appuyer les efforts américains pour mettre un place un bouclier antimissiles en Europe, y compris en acceptant de tenir un langage positif à la déclaration du sommet de l’OTAN à Strasbourg en 2009 ainsi que dans un communiqué émis à la rencontre inter-ministérielle de l’OTAN. Cependant, les officiels français nous ont prévu que «le diable est dans les détails» et nous pourrons difficilement obtenir un accord au sommet de l’OTAN en 2010 à Lisbonne en l’absence d’une plus grande clarté du projet américain, et plus particulièrement, de ce que le fonds commun de l’OTAN doit verser. Maisonnave nous a fait remarqué que la manière dont notre «approche graduelle adaptative» (AAG) [NDLR: la «Phase Adaptative Approach (PAA)» est la nouvelle stratégie de défense antimissile d’Obama qui privilégie une défense anti-missile maritime à un bouclier terrestre prévu initialement par l’Administration Bush] interagirait avec l’ALTMBD ( Active Layered Theatre Ballistic Missile Defense) ainsi que les modifications et les coûts concomitants exigés sont encore flous. Ce qui est encore plus important pour les Français est l’impact que la défense antimissile (DA) aura sur leur capacité de dissuasion nucléaire. L’impact de la DA sur la dissuasion française pourrait être une simple cause à effet – si d’autres pays développent plus de missiles stratégiques en raison de l’installation par l’OTAN d’un système de DA, cela pourrait remettre en question les capacités de dissuasion françaises. Cependant,
les désaccords potentiels sur la DA peuvent être beaucoup plus profonds, comme quand la France a récemment rechigné à appeler la DA une «mission de l’OTAN» dans le communiqué interministériel de l’organisation publié en décembre, [NDLR:l’approche adaptative graduelle (AAG) a été approuvée par l’OTAN le 9/12/2009 soit 22 jours avant le communiqué], qui sonna aux oreilles des Français comme une remise en question du but premier de l’OTAN avec de possibles conséquences sur la politique de dissuasion française. Les officiels français concèdent que la DA pourrait être complémentaire avec leur dissuasion, mais ils mettent l’accent sur le fait que ça ne deviendra jamais un substitut de cet élément central de la défense française [qu’est la dissuasion nucléaire].

– FLEXIBILITE FRANÇAISE POTENTIELLE: Haute. Les officiels du gouvernement français sont francs en affirmant que la réticence français est lié au financement plutôt qu’à une volonté politique, et dans une ère de restrictions financières et de déficits publics croissant, la question financière n’est pas négligeable. Cependant, la France est pleinement préparée à travailler avec nous sur la défense antimissile aussi longtemps que nous sommes conscients de leurs lignes rouges sur la dissuasion nucléaire et que nous les consultons pleinement sur les coûts et les paramètres techniques du système que nous proposons.

– VOIE A SUIVRE : Le plus vite nous serons capable de partager de plus concrètes informations avec les Français et nos partenaires de l’OTAN, le plus de temps nous aurons pour préparer notre plaidoirie pour expliquer pourquoi la défense antimissile territoriale est essentielle à l’OTAN et comment nous pouvons faire marcher l’AAG avec l’ALTBMD pour le mettre en application. Les Français espèrent que tôt dans la nouvelle année nous serons capables de fournir plus d’informations techniques à propos de ce que les Etats-Unis envisagent donc il faut que les discussions puissent démarrer au plus tôt à propos de ce que les Alliés se verront demander comme contribution à payer ou participation.

DATE BUTOIR : La première partie de l’année 2010. Le plus nous pouvons faire pour fournir tôt des informations concrètes, le moins de chance nous aurons d’avoir des désaccords dans la période qui précède le sommet de Lisbonne en novembre 2010 [Les chefs d’Etat de l’OTAN ont entériné le projet de défense antimissile à Lisbonne].

RIVKIN