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La fuite de substances radioactives et l’incendie provoqués par le séisme ont relancé le débat autour de la sécurité de la technologie nucléaire dont l’archipel tire un tiers de son électricité … et ce, d’autant plus que TEPCO a reconnu que la centrale, dont le premier réacteur est entré en service il y a vingt ans, n’était pas conçue pour résister à un séisme d’une telle puissance (source: leblogfinance.com)

Il ne s’agit pas de Fukushima mais d’un séisme d’une magnitude de 6,8 le 16 juillet 2007 qui a touché la centrale nucléaire de Kashiwazki-Kariwa qui est la plus puissante au monde. Un séisme avait causé un incendie et une fuite d’eau radioactive dont les conséquences semblent avoir été minimes.  Il s’agit du premier cas connu d’incendie dans une centrale nucléaire résultant d’un tremblement de terre. Le câble pointe la lenteur de la réaction de TEPCO face aux évènements ainsi que son manque de transparence. Vous pouvez consulter la page de wikipédia sur le séisme de Chūetsu-oki qui rend compte des incidents à la centrale de Kashiwazki-Kariwa.

tepco

"TEPCO, la compagnie qui gère le réacteur de Fukushima, a un sérieux passif de falsifications de rapports d'inspection" par Carlos Latuff pour le Monthly review

Extrait de l’article de wikipédia sur TEPCO:

La société TEPCO est mise en cause en 2002 par le gouvernement japonais pour falsification d’une trentaine de rapports[8], concernant notamment des fissures dans la structure de treize de ses réacteurs nucléaires[9],[10],[11], ce depuis les années 1970, début des constructions de centrales au Japon[12], et pour avoir dissimulé des accidents nucléaires, dont celui qui a conduit à une réaction en chaîne incontrôlée en 1978 dans le réacteur №3 de Fukushima[9],[12].

Des témoignages d’employés tendent à penser qu’elle « fait passer la rentabilité à court terme avant l’impératif de sécurité à long terme »[12]. Elle est critiquée pour avoir recours pour la maintenance de ses centrales à des « sous-traitants souvent inexpérimentés »[12]. Enfin, lors de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, pour TEPCO, «  dans les deux premiers jours qui ont suivi le séisme et le tsunami, le souci de préserver les équipements semble l’avoir emporté sur la prise en compte du risque pour les populations »[12].

Sur le site de Fukushima travaillent majoritairement des intérimaires employés par des sous-traitants : en 2008 il y a 1 108 salariés réguliers de TEPCO ou d’autres entreprises, contre 9 195 employés de sous-traitants.[13] Or pour ces derniers, la NISA ne publie la répartition de la dose collective que centrale par centrale si bien que ces employés, qui passent de l’une à l’autre, n’ont pas accès au total de leur dose accumulée sur un an et plus, ce qui complique la reconnaissance en maladie professionnelle.[13] 255 ouvriers sous-traitants ont reçu en 1979 une dose supérieure à 10 mSv, contre seulement deux employés réguliers.[13]

Par ailleurs, TEPCO confie pendant l’accident de Fukushima les tâches les plus ingrates et les plus exposées aux rayons ionisants à des travailleurs sans formation qui sont précaires et considérés comme des parias de la société japonaise, notamment les Burakumin.[13],[14] Selon Paul Jobin, sociologue spécialiste du Japon, « la propagande de Tepco et de la Nisa sont là pour minimiser les risques » de ces employés qui gèrent la crise.[13

Abréviations utilisées:

* NPP: nuclear power plant = centrale nucléaire
* EST = environnement, science et technologies
* METI = Ministry of Economy, Trade and Industry = ministère du l’économie, du commerce et de l’industrie

N° de Référence Créé le Publié le Classification Origine
07TOKYO3263 2007-07-17 11:44 2011-05-07 05:00 NON CLASSIFIÉ Ambassade de Tokyo

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OBJET: JAPON : ÉNERGIE NUCLÉAIRE : UN TREMBLEMENT DE TERRE EST À L’ORIGINE D’UN INCENDIE ET D’UNE FUITE D’EAU RADIOACTIVE DANS UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE

1) RÉSUMÉ: Le 16 juillet 2007, un tremblement de terre a entrainé un incendie et une fuite radioactive à la centrale nucléaire (NPP) [NDLR: nuclear power plant, centrale nucléaire] de Kashiwazki-Kariwa et le METI [NDLR : Le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie au Japon]

a ordonné que le réacteur reste fermé en attendant les contrôles de sécurité. Un contact de Post à l’agence de sureté industrielle et nucléaire (NISA) japonaise a confirmé que les radiations ne posent aucun risque pour l’environnement comme l’avait annoncé Tokyo Electric Power Company (TEPCO). D’après le rapport de la NISA à l’AIEA, aussi transmis au Post, quatre des sept réacteurs étaient en marche au moment du séisme et tous sont tombés en panne et ont arrêté de fonctionner. Selon la NISA, il y a eu une fuite d’eau radioactive au troisième étage du bâtiment du réacteur de l’unité 6 (qui était arrêté pour une maintenance de routine). La radioactivité libérée dans la mer est estimée à 60 000 Bq pour 1,2 mètres cubes d’eau [NDLR : La radioactivité de l’eau du robinet est de 1000 Bequerels par mètre cube. Elle est de 100 000 pour les déchets à «faible activité». TEPCO annoncera encore plus tard que la radioactivité estimée serait plutôt de 90 000 becquerels par mètre cube] . Le feu a pris dans un transformeur qui fournissait l’électricité à l’unité 3. Fin du Résumé.

Confusion initiale RE: fuite d’eau radioactive

2) Le 16 juillet 2007 à 10h13 du matin, un séisme de magnitude de 6,8 a interrompu les opérations quotidiennes à la plus grande NPP du monde, la NPP de TEPCO de Kashiwazaki-Kariwa située dans la préfecture de Niigata sur la mer du Japon. Suite à la secousse, un transformeur d’électricité du bâtiment du réacteur numéro 3 a pris feu, rejetant alors un nuage noir de fumé dans l’air. Dans l’après-midi, l’incendie a été endigué et les officiels de TEPCO ont publié un communiqué affirmant qu’aucune fuite radioactive n’avait été detectée. Plus tard dans la journée, cependant, TEPCO a annoncé que de l’eau contenant des substances radioactives a fui mais qu’aucun impact négatif sur l’environnement n’avait été détecté. L’officiel EST a parlé avec M.Keiichi Yoshida, le dirigeant du département de communication de l’entreprise, qui a confirmé ce qui a été publié dans la presse.

centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en feu

centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en feu, on voit le nuage de fumée noire. photo prise sur le blog ghandivert

3) Selon M. Fumiaki Hayakawa, le directeur adjoint aux situations d’urgence de l’Agence de Sureté industrielle et nucléaire (NISA), le niveau des radiations émise était inférieur au seuil légal. M. Hiroyoshi Koizumi, haut représentant aux relations internationales de l’Organisation de sureté de l’énergie nucléaire japonaise (JNES), la direction de l’information sur la recherche en matière de sureté nucléaire a publié un rapport officiel d’évaluation, qui a aussi été envoyé à l’AIEA et au NRC [NDLR : US Nuclear Regulatory Commission, équivalent de l’autorité de sureté du nucléaire en France]. Finalement, M. Kazuko Nagura, sépcialiste de la sureté nucléaire à la direction des relations internationales du ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), a dit que le gouvernement japonais est actuellement en train d’enquêter pour déterminer la cause exacte de la fuite d’eau et qu’il publiera des nouvelles à ce sujet. L’ambassade continuera de transmettre toute information nouvelle venant des officiels du gouvernement japonais.

INCENDIE DANS UN TRANSFORMATEUR DE L’UNITÉ 3

4) Le tremblement de terre a frappé le matin entre 10h13 et 10h27, les officiels de TEPCO ont appelé les pompiers pour un incendie mineur au transformateur de l’unité 3 qui fournit l’électricité à l’infrastructure. A 11h58, le feu était éteint. Au moment du tremblement de terre les réacteurs 2, 3, 4 et 7 se sont automatiquement arrêtés comme prévu. Les trois autres réacteurs étaient sous le coup d’inspections de routine. TEPCO a affirmé dans un communiqué qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée par les systèmes de surveillance. Cependant, TEPCO a été critiqué pour avoir pris trop de temps à mettre un terme à l’incendie. Il y a eu des dommages mineurs à un bâtiment de service voisin, mais cela n’a pas affecté directement le fonctionnement du réacteur.

FUITE D’EAU RADIOACTIVE À L’UNITÉ 6

5) Mr. Yoshida a affirmé que juste avant la conférence de presse de TEPCO à une heure de l’après-midi, un employé de TEPCO a découvert que de l’eau fuyait probablement de la piscine des combustibles usés. Cependant, TEPCO n’en a pas informé le public car la fuite n’était pas officiellement confirmée au moment de la conférence de presse. Après que les autorités légitimes aient enquêtées sur la situation, TEPCO a organisé une autre conférence de presse après six heures du soir et a annoncé qu’une faible quantité de substances radioactives s’est répandue dans la mer du Japon.

6) Selon l’officiel japonais, de l’eau qui fuyait a été observée au troisième étage et au milieu du troisième étage du bâtiment du réacteur 6, dont l’activité était suspendue au moment du tremblement de terre pour des inspections périodiques. La fuite d’eau a été estimée à 0,6L, 2.8×10 2Bq au troisième étage et 0,9L, 1,6×10 4BQ au milieu du troisième étage. La quantité d’eau qui s’est écoulée dans la mer est estimée à 1,2 mètres cubes d’eau à une radioactivité de 60 000 Bq. Les officiels du gouvernement ont affirmé que c’est la première fois que des substances radioactives s’échappaient d’un NPP à cause d’un tremblement de terre et qu’ils mènent une enquête minutieuse pour déterminer les causes de l’incident.

(NOTE: M. Yoshida a affirmé que des substances radioactives dans ont fui du réacteur vers la mer avant mais jamais à cause d’un tremblement de terre). En raison de l’incident, le ministre du METI Akira Amari a dit au président de TEPCO Tsunehisa Katsumata de ne pas reprendre les opérations de son NPP tant que des mesures préventives ne sont pas prises et que la sécurité n’est pas assurée. Jusqu’à ce jour, aucun événement inhabituel dans les autres centrales nucléaires relativement proches de la zone touchée par le séisme, comme les NPPs de Shika et de Fukushima n’a été signalé.

carte des centrales nucléaires au Japon

carte prise sur leblogfinance.com

SCHIEFFER

Dans un récent rapport, l’OTAN a dénoncé la transparence et a qualifié de danger les fuites de documents gouvernementaux comme celles révélées par Wikileaks. Le rapport ne s’arrête pas là, puisqu’il qualifie Anonymous de « menace transnationale » qui doit être « infiltré » et les leaders doivent être « poursuivis ». On pourrait se demander qui représente une menace entre l’OTAN qui possède un arsenal militaire conventionnel et nucléaire et Anonymous, seulement armé d’ordinateurs qui n’a jamais détruit  d’infrastructures et de vies humaines.

Anonymous a décidé de répondre à l’OTAN qui ne semble pas avoir tout à fait compris les intentions du groupe. Ce communiqué est presqu’un véritable manifeste d’Anonymous qui rappelle les principes de base d’Anonymous et de ce que doit être une démocratie respectueuse des libertés individuelles:

Message à l’OTAN
Salutations, membres de l’OTAN. Nous sommes Anonymous.
Dans une publication récente, vous avez qualifié Anonymous de menace pour « les gouvernements et les peuples ». Vous avez aussi prétendu que le secret est « un mal nécessaire » et que la transparence n’est pas toujours la voie à suivre.
Anonymous aimerait vous rappeler que les gouvernements et les peuples, contrairement aux fondements supposés de la « démocratie », sont des entités distinctes avec des buts et des désirs souvent conflictuels. Quand le peuple et le gouvernement s’opposent, Anonymous se range toujours du côté du peuple qui doit avoir la priorité sur le gouvernement. La seule menace que représente la transparence pour un gouvernement est que cela l’oblige à rendre des comptes au peuple de ses actes et à en assumer les conséquences face au suffrage populaire. Votre propre rapport en cite un exemple parfait, l’attaque d’HBGary par Anonymous. Si le fait qu’HBGary agissait pour le compte de l’armée et des forces de sécurité est sans rapport, leurs actions n’en étaient pas moins illégales et moralement répréhensibles. Anonymous ne tolère pas que les gouvernements et/ou l’armée puissent se considérer au-dessus des lois et utiliser le cliché bidon de la « sécurité nationale » pour justifier des activités illégales et trompeuses. Si le gouvernement viole la loi, il doit en assumer les conséquences devant le scrutin populaire. Nous n’acceptons pas le statut quo actuel où un gouvernement peut raconter une histoire en publique et en dire une autre en privé. La malhonnêteté et le secret minent complètement le concept d’auto-détermination. Comment les citoyens peuvent-ils décider pour qui voter s’ils n’accordent aucune crédibilité aux acteurs politiques ?
Un gouvernement élu est censé « représenter » la nation qu’il gouverne. Cela signifie que les actions du gouvernement ne sont pas menées au nom des dirigeants, mais au nom du peuple tout entier. Il est inacceptable que le peuple, dans beaucoup de cas, n’ait absolument aucune confiance dans des politiques décidées en leur nom, derrière des portes clauses.
Anonymous et Wikileaks sont des entités distinctes. Les actions d’Anonymous ne sont ni soutenues ni ordonnées par Wikileaks. Cependant, Anonymous et Wikileaks ont un point commun : ils ne représentent une menace pour aucune organisation – à moins que cette organisation ne fasse quelque chose de mal et essaie de le dissimuler.
Nous ne voulons menacer aucun mode de vie. Nous ne souhaitons imposer aucun dictat. Nous ne voulons terroriser aucune nation.
Nous ne voulons que retirer le pouvoir à des intérêts particuliers pour le redonner au peuple, ce qui dans une démocratie n’aurait jamais du arriver.
Les gouvernements font la loi mais cela ne leur donne pas le droit de la violer. Si les gouvernements ne faisaient rien de sournois ou d’illégal, il n’y aurait rien d’embarrassant dans les révélations de wikileaks ou de scandaleux dans les actions d’HBGary. Les scandales ne résultent pas des révélations de Wikileaks ou d’Anonymous, mais du contenu même de ces révélations. La responsabilité de ce contenu ne relève que des décideurs politiques qui, comme toute entité corrompue, croyaient qu’ils étaient au-dessus des lois et qu’ils ne seraient jamais pris.
La réaction des gouvernements et des grandes entreprises, le plus souvent, a été de se demander « comment on peut éviter une telle fuite à l’avenir ». Les conseils donnés vont de l’amélioration de la sécurité à la diminution du nombre d’autorisations aux données sensibles et d’une plus grande répression des informateurs à la censure de la presse.
Notre message est simple : ne mentez pas aux gens et vous n’aurez pas à vous soucier de la révélation au publique de vos mensonges. Ne soyez pas corrompus et vous n’aurez pas à vous inquiétez que votre corruption soit dévoilée. Ne violez pas la loi et vous n’aurez pas à avoir peur d’avoir des problèmes.
N’essayez pas de concilier vos deux faces en essayant d’en cacher une. Ayez en une seule qui soit honnête et démocratique. Vous n’avez pas peur de nous comme une menace pour la société. Non, vous nous craignez parce que nous sommes une menace à votre hiérarchie établie. Anonymous a prouvé, ces dernières années, qu’une hiérarchie n’était pas nécessaire pour accomplir un progrès significatif. Peut être que ce que vous craignez chez nous, c’est que les gens prennent conscience de votre propre inanité à une époque qui a vu la dépendance des gens vis à vis de vous se renforcer. Votre vraie terreur n’est pas dans un collectif d’activistes, mais dans le fait que vous et tout ce pourquoi vous vous battez, par le cours des évènements qui change et par le progrès technologique, ne sont maintenant qu’un accessoire.
En conclusion, ne faîtes pas l’erreur de vous attaquer à Anonymous. Ne faîtes pas l’erreur de croire que vous décapitez un serpent sans tête. Si vous décapitez une tête d’une hydre, dix repousseront à sa place. Si vous arrêtez un Anon, dix autres viendront nous rejoindre pour venger cette voix dissidente que vous étouffez.
Votre seule chance de vaincre ce mouvement qui relie chacun d’entre nous est de l’accepter. Ce n’est plus votre monde désormais mais le notre, celui du peuple.
Nous sommes Anonymous
Nous sommes légion
Nous ne pardonnons pas
Nous n’oublions pas
Redoutez-nous…