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Les affrontements continuent dans les pays du Golfe où les gouvernements sont prompts à réprimer les manifestations dans un bain de sang.

Le Yemen est dans un état de quasi guerre civile et semble suivre un scénario à la Libyenne. Des défections se font jour dans la diplomatie et dans l’armée. Les chefs de la tribu la plus puissante du Yemen, les hashid, ont rejoint l’insurrection. Les insurgés du sud-est et chiites dans le Nord sont passés à l’offensive. 6 policiers yéménites sont morts dans une attentat à la bombe à Aden dans le sud du pays (almotamar.net). La police de Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, a annoncé avoir saisi une cargaison de 16 000 pistolets à destination du Yemen (emirates 24/7). Le président Saleh acculé à la sortie par la population civile et la communauté internationale, essaie de se maintenir au pouvoir.

L’operation Yemen des Anonymous est en court. Vous pouvez avoir plus d’infos sur le pad, ici.

N’oublions pas non plus le Bahreïn, dont le sacrifice de la population semble être le pris à payer pour l’intervention en Libye. L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis qui ont envoyé des soldats au Bahreïn pour réprimer les manifestations soutiennent les bombardements des forces armées libyennes. On signale une fusillade dans la mosquée de Tubli, il y aurait des femmes et des enfants parmi les victimes.  La répression est particulièrement violente au Bahreïn comme le montre cette vidéo sur youtube qui montre des policiers tabasser un homme lors de la fouille de son véhicule:

On signale aussi que le corps de l’activiste Hani abdul aziz, kidnappé alors qu’il était hospitalisé, a été retrouvé sans vie.  Une vidéo a été posté en hommage aux opposants tués:

Le dernier rapport des nations-unies la semaine dernière faisait état de 418 morts en Côte d’Ivoire depuis la mi-décembre 2010 (paris-match) mais le nombre de tués ne cesse de croître. Les exactions quotidiennes des milices pro-Gbagbo ou LMP (La Mort Partout) font plusieurs victimes chaque jour. La Côte d’Ivoire fait face à la suppression des subsides pour sanctionner le gouvernement de Gbagbo qui vit sur les fonds de trésorerie. Ainsi, le chômage augmente de manière affolante, les fonctionnaires ne sont presque plus payer et les rebelles ont repris les armes pour chasser Gabgbo du pouvoir. La Côte d’Ivoire fait face à une situation de guerre civile qui se mêle à des pénuries alimentaires et une dure situation économique. L’accroissement des tensions est propice aux exécutions sommaires, les milices LMP ne reculent devant rien pour faire taire les opposants. Une vidéo sur youtube montre le quartier d’Abobo après un raid d’une milice pro-Gabgbo. ATTENTION! LES IMAGES PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ:

Lundi soir, on signalait un plusieurs raids pro-Gabgbo:

ALERTE !! LMP (La MORT PARTOUT) vient de LACHER UNE MILICE au quartier laurRier 9 sur la rte de bingerville face genie 2000 #CIV2010

Alerte!! Descente musclée de miliciens chez l’oncle du PR ADO: 1 mort+1homme (Konaté Siaka) enlevé, une voiture 4X4 volée immat 785 #Clifci

Aujourd’hui, la même personne twittait encore:

RT: @gabnorev: 16h20 – 23 mars Abidjan –Obus lancés sur Abobo kennedy vers 14h00, bilan: 4 morts signalés. #ivorycoast #civ2010 #clifci #civ

La Côte d’Ivoire vit dans la peur des attaques qui peuvent survenir à tout moment et faucher en un rien de temps des vies innocentes. La violence des partisans du président Gbagbo est aveugle et ne fait aucune distinction, il suffit d’être d’une ethnie différente, de vivre dans un quartier opposé au pouvoir et d’être d’une autre religion pour subir les attaques. On parle de plusieurs mosquées brûlées par les milices.

Abidjan, la capitale économique du pays, connait un exode très important. Les habitants s’entassent dans les bus pour quitter la ville qui devient déserte. Cependant, le manque de véhicules de transport en commun par rapport à la demande qui explose s’est traduite par une hausse des prix. Une fois embarqué, les passagers ne sont pas au bout de leur peine car les miliciens arrêtent les véhicules et dépouillent les passagers (rfi). L’agence des nations unies pour les réfugiés (UNHCR) parle de 300 000 déplacés à Abidjan soit environ 7,5% des habitants de la ville (un peu moins de 4 millions de personnes habitent Abidjan), principalement de quartier d’Abobo qui a subi les attaques les plus violentes des milices pro-gouvernementales (cf la vidéo ci-dessus).

L’ONU doit-elle intervenir en Côte d’Ivoire comme elle l’a fait en Libye?

C’est l’une des questions qui se pose de plus en plus sur la Côte d’Ivoire où la situation est devenue très critique. Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a déjà une mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, présente en depuis 2004 pour rétablir l’ordre après la guerre civile et mettre en place les accords de paix entre gouvernement et rebelles signés en 2003. La protection des civils fait partie des missions de l’ONUCI:

Le GTI devra, entre autres tâches :

Vérifier que le Premier ministre ivoirien dispose de tous les pouvoirs et de toutes les ressources dont il a besoin pour s’acquitter de ses fonctions ;

Participer à l’élaboration d’une feuille de route en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006. Cette feuille de route traite diverses questions dont la nomination d’un nouveau Premier ministre et la mise en œuvre des questions en suspens, telles que le désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des anciens combattants, le démantèlement et le désarmement des milices, l’identification et l’inscription des électeurs ;

– l’application par les Forces nouvelles du programme de DDR ;

– la mise en œuvre de l’opération d’identification ;

– l’élimination des incitations à la violence et à la haine dans tous les médias ;

– le désarmement et démantèlement immédiats des milices sur l’ensemble du territoire national ;

le non-recours par toutes les parties ivoiriennes à la force, à la violence, et toutes formes de manifestations de rue de nature à créer des troubles. [NLDR: surligné par l’auteur]

Le dispositif de l’ONUCI comprend, au 31 août 2006, environ 8000 Casques bleus, provenant de 55 pays, quelques 400 officiers de police d’une vingtaine de nationalités différentes et à peu près 1000 civils issus de plus de 60 nations, dont une majorité d’Ivoiriens. Conformément à la résolution 1528, la force française LICORNE, forte de 4000 hommes soutient les troupes de l’ONUCI, en tant que « force d’action rapide ».

Le site anglophone de l’ONUCI dit aussi explicitement dans le chapitre « loi et ordre (law and order), qu’une des missions des forces mandatées par l’ONU est « de contribuer à la protection des civils » (Help to protect civilians). Il faut reconnaître que l’ONUCI a tout simplement échoué dans sa mission et que l’ONU, par sa passivité, répète les erreurs qu’elle a pu commettre en Bosnie où des civils ont été massacrés sans que les casques bleus interviennent. Pour autant, cela n’empêche pas le général Abdul Afiz, qui commande les forces de l’ONUCI, d’avoir qualifié hier son bilan de « réussite totale » (sic) et de réécrire complètement l’histoire:

En plus d’avoir apporté notre soutien à la Commission électorale indépendante, nos unités étaient déployées d’une manière permanente et visible sur le terrain et nous avons fait des patrouilles intensifiées de jour et de nuit dans des zones sensibles et de violences potentielles et assuré la protection des civils et humanitaires en danger immédiat », a indiqué le Chef de la force, rappelant en outre que les élections s’étaient déroulées dans des conditions apaisées avec un taux de participation de plus de 80%.
S’agissant de la crise postélectorale, le Général Hafiz a tenu à indiquer que la Force continuait d’accomplir sa mission. « Nous protégeons l’Hotel du Golf où se trouvent le Président élu et les membres du gouvernement, les installations de l’ONUCI, le personnel de l’ONUCI et nos équipements », a-t-il souligné. Il a ajouté que sur le terrain, le force onusienne continuait d’assurer sa liberté de mouvements, continuait ses patrouilles et dans la mesure du possible, assurait la protection des civils en danger imminent de violence.

Déjà, une première solution serait mettre des gens compétents à la tête de l’ONUCI, ce ne serait pas plus mal. Il ne faut pas oublier non plus que l’armée française est présente depuis 2002 dans le cadre de l’opération licorne sous mandat de l’ONU. Les forces françaises lors de la dernière guerre civile ont déjà démontré leurs compétences de rétablissement de l’ordre. Pourquoi ne font-elles rien actuellement? Le gouvernement français a montré son empressement à faire respecter les droits de l’Homme en Libye, et c’est tout à son honneur, il devrait en faire de même en Côte d’Ivoire où des soldats sont déjà sur place sous mandat de l’ONU pour maintenir la paix.

Que fait la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao)? Elle vient d’appeler l’ONU à l’aide mais exclue toute intervention militaire (20minutes). L’heure n’est plus de savoir s’il faut recompter les voix ou organiser de nouvelles élections, mais de protéger les civils. La place d’un dirigeant, élu ou non, qui se rend responsable d’exactions de masse n’est pas au pouvoir mais devant un tribunal, pour répondre de ses crimes. En massacrant ses propres citoyens, un chef d’Etat perd tout légitimité.

La journée du 18 mars a été particulièrement meurtrière au Yemen, le dernier bilan d’après des sources médicales fait état de 52 tués et 126 blessés à Sanaa, la capitale du pays. L’armée a tiré à balles réelles sur la foule de manifestants qui réclament le départ du président Abdallah Abuh Saleh au pouvoir depuis 32 ans. Les manifestants n’avaient que des pierres pour se défendre face à des tirs nourris en provenance de toits ou de bâtiments.

L’armée yéménite n’est pas à son premier coup d’éclat dans la matière, elle avait déjà montré une forte prédisposition à réprimer durement les manifestations par des tirs d’arme à feu ou des gazs paralysants.

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

manifestant à Sanaa, capitale du Yemen, le 18 mars

Un journaliste était parmi les victimes hier. Il devient de plus en plus difficile pour les envoyés des journaux étrangers de faire leur métier sur place. Iona Craig, reporter freelance qui publie souvent pour USA today et the Irish Times raconte:

Je n’arrive toujours pas à croire à quelle point j’ai eu de la chance quand les balles ont sifflé à nos oreilles et ce qui avait touché mon épaule n’était qu’un simple caillou

Le président Saleh a déclaré l’état d’urgence, grand classique du chef d’État apeuré par son peuple qui se révolte. Des photos de corps ont été mises en ligne par les opposants, âme sensible s’abstenir. Cliquez ici.

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com

manifestant tué à Sanaa le 18 mars, photo de ye25feb.com